Bataille de Saumur

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Bataille de Saumur
Épisode de la prise de Saumur
Épisode de la prise de Saumur
Informations générales
Date 9 juin 1793
Lieu Saumur
Issue Victoire vendéenne
Belligérants
Flag of France.svg Républicains Drapeau de l'Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
Commandants
Jacques-François de Menou
Charles Duhoux de Hauterive
Antoine Joseph Santerre
Louis-Alexandre Berthier
Guy Coustard de Saint-Lo
Louis de Lescure
Jacques Cathelineau
Henri de La Rochejaquelein
Jacques Nicolas Fleuriot de La Fleuriais
Jean-Nicolas Stofflet
Jean-Louis de Dommaigné
Gaspard de Marigny
Forces en présence
8 000 à 18 000 hommes[1],[2] 20 000 à 30 000 hommes[1],[2]
Pertes
1 500 morts ou blessés[1],[2]
3 000 à 11 000 prisonniers (relâchés)[1],[2]
50 à 80 canons capturés[2]
66 morts
400 à 500 blessés[3],[1],[2]
Guerre de Vendée
Coordonnées 47° 15′ 36″ N 0° 04′ 37″ O / 47.26, -0.07694444444444447° 15′ 36″ Nord 0° 04′ 37″ Ouest / 47.26, -0.076944444444444

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Saumur.

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Saumur.

La bataille de Saumur a lieu lors de la guerre de Vendée. Le , la ville de Saumur est prise d'assaut par les Vendéens.

Prélude[modifier | modifier le code]

Vers le début du mois de juin 1793, les généraux vendéens constatent que les forces républicaines se concentrent dans les environs de Saumur et de Thouars et devinent une offensive imminente. Le plan de campagne, mis au point par Berthier et approuvé par le général en chef Biron prévoie de lancer quatre colonnes de 10 000 hommes qui partiraient depuis Les Ponts-de-Cé, Saumur, Chinon et Niort[2],[4],[5].

Aussi le 2 juin, 20 000 à 30 000 Vendéens se rassemblent à Cholet et Châtillon-sur-Sèvre dans le but d'attaquer Saumur. L'armée est commandée par Louis de Lescure, Jacques Cathelineau, Henri de La Rochejaquelein, Jean-Nicolas Stofflet, Gaspard de Marigny et Jacques Nicolas Fleuriot de La Fleuriais qui remplace Charles de Bonchamps, blessé à la bataille de Fontenay-le-Comte[2],[4],[5].

La bataille[modifier | modifier le code]

Quelques jours après, les Vendéens entrent en contact avec les avant-gardes républicaines et s'emparent de Vihiers. Le 7 juin, ils mettent en fuite, à Concourson-sur-Layon, 1 500 soldats inexpérimentés placés sous les ordres de François Leigonyer et s'emparent de Doué-la-Fontaine. Saumur étant protégée au nord et au nord-est par la Loire et à l'ouest par le Thouet, les Vendéens traversent donc le Thouet à Montreuil-Bellay afin de pouvoir attaquer Saumur par le sud-est[2],[4],[5].

De Saumur, le général Charles Duhoux de Hauterive envoie plusieurs courriers pour réclamer des renforts, il demande particulièrement au général François de Salomon, alors à Thouars de regagner Saumur. Celui-ci obéit mais le 8 juin, à la tombée de la nuit, la colonne de Salomon forte 3 500 à 5 000 hommes trouve la ville de Montreuil-Bellay occupée par les forces vendéennes. Salomon essaye de profiter de l'obscurité pour tenter une percée mais il est repoussé par une décharge d'artillerie suivie d'une attaque de flanc des troupes d'élite vendéennes commandées par Fleuriot. Les troupes républicaines mises en déroute abandonnent leurs canons et s'enfuient jusqu'à Parthenay perdant 102 hommes tués et 800 prisonniers[2],[4],[5].

Saumur a selon les estimations 8 000 à 18 000 hommes pour sa défense, commandés par le général Jacques-François de Menou qui remplace Duhoux lequel ne s'était pas encore totalement remis de sa blessure à la bataille de Chemillé[1],[2],[4],[5].

Dans l'après-midi du 9 juin, les Vendéens sont devant les entrées sud-est de Saumur. Suivant le plan établi par Lescure, ils se divisent en trois colonnes, la première commandée par Jacques Cathelineau occupe la droite et doit attaquer en longeant la Loire, la colonne du centre est commandée par Henri de La Rochejaquelein, secondé par Jean-Nicolas Stofflet et Fleuriot, sur la gauche la troisième colonne commandée par Lescure a traversé la rivière et se trouve à l'ouest du Thouet. À trois heures de l'après-midi, toutes les colonnes vendéennes se lancent à l'attaque[2],[4].

Au sud-est, les offensives de La Rochejaquelein et de Cathelineau sont cependant contenues par le château et les troupes de Berthier. Mais Lescure, au sud-ouest, passe à côté des redoutes de Bounan puis s'empare du pont Fouchard sur le Thouet. Lescure poursuivit son avancée mais est freiné par l'intervention de la Légion germanique. Les Allemands repoussent les Vendéens à trois reprises, puis les cuirassiers républicains lancent une charge qui met en déroute les forces de Lescure. Cependant Marigny déploie efficacement ses canons dont les tirs arrêtent les cuirassiers qui sont ensuite chargés de flanc par la cavalerie de Dommaigné. Lescure rallie ses troupes et les Vendéens reprennent l'avantage. Cependant Domaigné est tué et Lescure est blessé par une balle à l'épaule. Les républicains sont battus et prennent la fuite, Menou et Berthier sont blessés et Pierre Bourbotte, blessé également et ayant eu son cheval tué sous lui, manque de peu d'être capturé par les Vendéens ; il est sauvé par François-Séverin Marceau-Desgraviers, alors lieutenant-colonel[2],[4].

La nouvelle de la déroute au sud-ouest provoque la panique dans les rangs républicains alors qu'au sud-est ils avaient repoussé les attaques des Vendéens. Menou et Berthier, malgré leurs blessures, veulent lancer une contre-attaque, mais les cavaliers découragés reculent avant même de charger, imités par les fantassins des bataillons d'Orléans. La débâcle devient générale, et un bataillon de sans-culottes parisiens commandé par Santerre qui venait d'arriver en renfort prend la fuite dès qu'ils aperçoit les Vendéens. Tous les soldats républicains se replient sur Tours, La Flèche et Angers[2].

La Rochejaquelein, accompagné seulement d'un officier, s'aventure alors seul dans la ville, 800 Vendéens le suivent et mettent en déroute les soldats du régiment de Picardie, qui forment l'arrière-garde, plusieurs se noient dans la Loire. La ville est presque totalement désertée par les troupes républicaines, seuls 500 soldats saumurois demeurent retranchés dans le château de Saumur. À l'est, le général Guy Coustard de Saint-Lo après avoir rallié des troupes et tente une vaine offensive pour reprendre Saumur mais ses troupes sont écrasées près du pont-Fouchard. 2 000 soldats, encerclés dans les redoutes de Bounan, capitulent et à 7 heures du soir, à l'exception du château, Saumur est aux mains des Vendéens. Ces derniers ne se lancent pas à la poursuite des fuyards, mais se précipitent dans les églises où ils font célébrer un Te Deum. Le lendemain, ils se présentèrent devant le château, faisant marcher devant eux les femmes et les enfants des soldats républicains qui aussitôt acceptent de capituler[2].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les républicains ont perdu 1 500 hommes dans la bataille[1],[2], dont 400 tués. 80 des 110 cuirassiers sont morts lors du combat. Les pertes vendéennes sont trois fois moindre que celles des républicains[1],[2], selon les mémoires de la marquise de La Rochejaquelein, de 60 morts et 400 blessés. Pour Berthre de Bournisseaux, les Vendéens ont 66 morts et 500 blessés[3].

Les Vendéens se saisissent d'un énorme butin ; 50 à 80 canons, 15 000 fusils, et une grande quantité de poudre et de munitions. Le pillage est interdit par les généraux vendéens qui proclament que tout pillard sera fouetté et fusillé en cas de récidive[2].

Les prisonniers républicains sont ensuite relâchés contre le serment de ne plus se battre en Vendée. Leurs cheveux sont rasés afin qu'ils soient reconnus s'ils devaient être repris. Un certain nombre de républicains choisirent de passer dans les rangs vendéens, en particulier un corps de 600 Allemands et Suisses de la légion germanique commandé par le baron de Keller. Les Vendéens retrouvent dans les prisons de Saumur le général Pierre Quétineau qui avait été mis aux arrêts à la suite de sa défaite à la bataille de Thouars. Le général Lescure, conscient que son adversaire vaincu était sous la menace d'une sentence de mort du tribunal révolutionnaire, propose au général républicain de rester parmi eux, sans avoir à trahir sa cause. Pierre Quétineau refuse par conviction et en arguant que le tribunal révolutionnaire pourrait s'en prendre à sa famille. Quétineau retourna alors en territoire républicain où il fut arrêté et condamné à mort à cause de sa défaite. Sa femme connut néanmoins le même sort par la suite[2].

Les officers vendéens se réunissent également en conseil de guerre. Charles de Bonchamps, toujours blessé, arrive à Saumur, suivi de d'Elbée. Après la prise de la ville, des volontaires du nord de la Loire ont rallié l'Armée catholique et royale et certains sont intégrés comme officiers, principalement Piron de La Varenne, Charles d'Autichamp et Antoine-Philippe de La Trémoïlle, prince de Talmont. Ce dernier est nommé général de la cavalerie afin de remplacer Dommaigné, tué durant la bataille. Les officiers vendéens décidèrent ensuite de nommer un général en chef, le 12 juin sur proposition de Lescure, Jacques Cathelineau est élu généralissime de l'Armée catholique et royale[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, p. 247-275.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s et t Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, p. 170-175.
  3. a et b Pierre Victor Jean Berthre de Bourniseaux, Histoire des guerres de la Vendée et des Chouans : depuis l'année 1792 jusqu'en 1815, vol. 2, p. 2. (lire en ligne)
  4. a, b, c, d, e, f et g Yves Gras, La Guerre de Vendée, p. 47-50.
  5. a, b, c, d et e Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, p. 92-97.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hervé Coutau-Bégarie et Charles Doré-Graslin (dir.), Histoire militaire des guerres de Vendée, Economica,‎ , 649 p.
  • Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont,‎ 1912-1931 (réimpr. 2009), 1476 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Yves Gras, La Guerre de Vendée (1793-1796), Economica,‎ , 184 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Jean Tabeur, Paris contre la Province, les guerres de l'Ouest, Economica,‎ , 286 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes[modifier | modifier le code]