Combat de Toucheneau (1832)

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Combat de Toucheneau
Informations générales
Date 30 mai 1832
Lieu Saint-Germain-du-Pinel (Ille-et-Vilaine)
Issue Victoire des Orléanistes
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Royal Standard of King Louis XIV.svg Chouans
Commandants
• Malnoë
Alexandre de Courson de La Villevallio
Jean-François Le Nepvou de Carfort
Forces en présence
103 hommes[1] 800 hommes[1]
Pertes
5 morts[1]
3 blessés[1]
40 morts[1]
40 blessés[1]

Guerre de Vendée et Chouannerie de 1832

Batailles

Toucheneau · La Hautière · Le Chêne · La Penissière · Riaillé
Coordonnées 48° 00′ 44″ nord, 1° 09′ 58″ ouest

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Combat de Toucheneau

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Combat de Toucheneau

Le combat de Toucheneau ou combat de Touchenault se déroule le lors de l'insurrection légitimiste de 1832, près de la ferme de la Gaudinière en Vergeal.

Prélude[modifier | modifier le code]

Un combat aurait déjà eu lieu au même endroit (même s'il est orthographié différemment) lors de la deuxième chouannerie en mai 1796, opposant des chouans aux troupes républicaines.

Article détaillé : Combat de Toucheneau (1796).

En 1832, dans le cadre du soulèvement légitimiste, une petite armée de chouans se forme dans le pays de Vitré en Ille-et-Vilaine ; elle est membre de l'Armée catholique et royale. Cette troupe est commandée par Malnoë, Alexandre Courson de Villevalio et Jean-François Le Nepvou de Carfort. Quelques anciens combattants de la première chouannerie s'y joignirent comme Louis Hubert et Pierre Carré dit Piquet[1].

Les Chouans de Vitré sont signalés aux autorités dès la fin du mois de mai alors que la date de soulèvement prévue par la Duchesse de Berry avait été fixée pour début juin[1].

Le 26 mai les Chouans pillent la maison du maire de Val d'Izé puis 450 d'entre eux se rassemblèrent à Parcé le 27. Deux jours plus tard une première escarmouche éclate aux Bretonnières, près de Saint-M'Hervé face à un détachement de soldats. L'affrontement fait quelques blessés[1].

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le , 800 chouans se réfugient dans les landes de Touchenault (Toucheneau), près de la ferme de la Gaudinière en Vergeal, à la limite de Saint-Germain-du-Pinel. Ils y sont attaqués par les troupes orléanistes, fortes de 65 gardes nationaux de Vitré, 35 soldats du 56e régiment d'infanterie de ligne et du 16e régiment d'infanterie légère et 3 gendarmes dirigés par le général de Castres[2].

Les paysans, peu aguerris, sont mis en déroute. Les vétérans Hubert et Piquet sont tués au combat alors qu'ils gardaient un prisonnier nommé Dubourg, enrôlé de force par les chouans puis condamné à mort par un conseil de guerre improvisé pour tentative de désertion et espionnage[1].

« (...) Toutes les mesures furent prises pour envelopper les Chouans dont on apprît la présence à la ferme de Toucheneaux. Quatre-vingt hommes de la garde nationale de Vitré et trente hommes du 46e sont transportés sur des voitures d'artillerie vers la grande lande. Le capitaine Dumas, commandant le détachement qui suivait les Chouans depuis la veille, se porte sur Domalain, appuyé par un second détachement et par les gardes nationales de La Guerche et de Rhetiers. D'autres troupes sont dirigées sur Pocé, Saint-Aubin-des-Landes, Saint-Jean et Châteaubourg, tandis que les voltigeurs du 46e marchent à la rencontre des bandes par Cornillé, donnant la main à la garde nationale de Louvigné, et soutenus par un détachement de gendarmes sous les ordres du lieutenant Liébert. Enfin les compagnies du 16e léger, revenues du Pertre à Argentré, reçoivent l'ordre de prendre position à droite de la route de La Guerche. »

« (...) Il était cinq heures et demie du soir, et le nombre total des insurgés pouvait s'élever de trois cent cinquante hommes à quatre cents. Les chouans, protégés par le bois de châtaigniers qu'ils occupaient, ouvrirent le feu sur la garde nationale de Vitré et deux compagnies d'infanterie. L'engagement fut vif et soutenu de part et d'autre. Les balles sifflaient dans l'air, obscurci par la fumée de la poudre. Les hommes tombaient çà et là des deux côtes en criant Vive le roi !, mais les uns ajoutaientVive Louis-Philippe !, les autres Vive Henri V !. Cependant l'avantage de la position demeurait aux chouans, dont les adversaires combattaient à découvert. (...) Les chouans continuèrent à se maintenir dans le bois avec une bravoure désespérée jusqu'à la venue de la nuit. Lorsque le jour tomba, ils commencèrent à lâcher pied, comprenant qu'à la faveur de l'obscurité, ils pourraient aisément s'échapper en se dispersant, grâce à la connaissance parfaite qu'ils avaient du pays. (...)[3] »

Pertes et conséquences[modifier | modifier le code]

Les chouans déplorent 40 morts et 40 blessés, les orléanistes 5 morts et 3 blessés. Quelques paysans sont capturés, mais beaucoup affirment avoir été enrôlés de force et tous furent relâchés à l'exception des chefs[1].

Le 18 février 1833, six chefs insurgés passent en jugement à Rennes. Deux d'entre eux, Chadeysson, ancien garde du corps de Charles X et Tharin, dit Capitaine Cancan, sont condamnés à la déportation, les autres sont relâchés[1].

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adolphe Orain, La Chouannerie en pays gallo, La Découvrance éditions, .