Élections législatives françaises de 1945

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Élections législatives françaises de 1945
21 octobre 1945
Type d’élection  élection législative en France
Électorat et résultats
Votants 19 152 716
  
77,8 % Red Arrow Down.svg 7,7 %
USSR stamp M.Thorez 1965 6k.jpg
PCF – Maurice Thorez
Voix 5 024 174 Green Arrow Up.svg 234,4 %
  
26,23 %
Députés élus 159 Green Arrow Up.svg 87
Maurice Schumann (1969).jpg
MRP – Maurice Schumann
Voix 4 580 222
  
23,91 %
Députés élus 150 Green Arrow Up.svg 150
Guy Mollet Archief.PNG
SFIO – Guy Mollet
Voix 4 491 152 Green Arrow Up.svg 7,2 %
  
23,45 %
Députés élus 146 Red Arrow Down.svg 3
Clemenceau, Michel (cropped).jpg
Modérés – Michel Clemenceau
Voix 3 001 063 Red Arrow Down.svg 28,6 %
  
15,67 %
Députés élus 53 Red Arrow Down.svg 169
Édouard Herriot 01.jpg
Parti radical – Edouard Herriot
Voix 2 018 665 Red Arrow Down.svg 12,2 %
  
10,54 %
Députés élus 71 Red Arrow Down.svg 42
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
De Gaulle I
Aucune (gouvernement d'unité nationale sans parlement élu)
Législature élue
Ire Assemblée constituante de la IVe République
Reportage télé sur les élections.

Les élections législatives se déroulent le et ont pour but l'élection d'une Assemblée constituante.

Contexte[modifier | modifier le code]

C'est la première élection nationale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le projet soumis au référendum du 21 octobre 1945 prévoit une Assemblée constituante élue pour une durée limitée de sept mois. Les Français répondent favorablement aux deux questions posées par le dit référendum (« faut-il une nouvelle constitution ? » — 96 % de « oui » — et « faut-il limiter les pouvoirs de l'Assemblée constituante élue simultanément ? »).

Les femmes et les militaires ont le droit de vote.

Résultats[modifier | modifier le code]

C'est une victoire historique pour la gauche marxiste (PCF), et même pour la gauche dans son ensemble. Le Parti communiste, qui avait déjà effectué une percée lors des élections de 1936, devient le premier parti, alors que le Mouvement républicain populaire (MRP), parti démocrate-chrétien issu de la Résistance situé au centre-droit de l'échiquier politique et parti soutenu par le général de Gaulle, fait son entrée au Parlement. L'UDSR est également un parti issu de la Résistance, mais elle n'obtient guère plus que des résultats modestes. Le Parti radical-socialiste, qui était pourtant la première force politique française de l'entre-deux-guerres, doit se contenter de résultats catastrophiques, et la droite, discréditée car étant associée par l'opinion à la collaboration menée par Laval pendant la guerre, et particulièrement divisée, perd les deux tiers de son électorat.

Il y a 5,6 % de femmes députées[1].

Chiffres[modifier | modifier le code]

  • Participation électorale :
Participation Nombre de personnes  % des inscrits +/-
Inscrits 24 622 862 100 % -
Votants 19 657 603 79,8 % -
Abstentions 4 965 259 20,1 % -
Suffrages exprimés 19 152 716 77,8 % -
  • Résultats :
Partis Sièges +/-  % des sièges suffrages exprimés  % des votes
PCF et apparentés 159 +87 en augmentation 27,1 % 5 024 174 26,2 %
MRP 150 +150 en augmentation 25,6 % 4 580 222 23,9 %
SFIO 146 -1 en stagnation 24,9 % 4 491 152 23,4 %
Modérés (droite) 53 -169 en diminution 9,1 % 3 001 063 15,6 %
Radicaux & UDSR 71 -42 en diminution 12,1 % 2 018 665 10,5 %
Divers 7 +7 en augmentation 1,2 % 37 440 0,7 %

Groupes parlementaires[modifier | modifier le code]

Parti Sièges
  Parti communiste français 159
  Mouvement républicain populaire 150
  Section française de l'Internationale ouvrière 146
  Union démocratique et socialiste de la Résistance 42
  Parti républicain de la liberté 39
  Parti républicain, radical et radical-socialiste 29
  Républicains indépendants 14
  Non-inscrits 7
Totale 586

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les trois principaux partis, PCF, SFIO et MRP, forment la nouvelle majorité parlementaire chargée de rédiger la nouvelle constitution dans le cadre du tripartisme. Mais ils tentent en vain de s'entendre sur les institutions : si les communistes et les socialistes sont favorables à l'instauration d'un régime parlementaire monocaméral, le MRP exige qu'une seconde assemblée et un président de la République disposant de réels pouvoirs soient inclus dans le projet constitutionnel. Le projet des seuls PCF et SFIO, non soutenu par le MRP et le général De Gaulle, est rejeté par référendum à 53 % des voix le 5 mai 1946. L'Assemblée est dissoute.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Magazine Le Monde 2 des 18-19 avril 2004, page 89.