Gentrification

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La gentrification (du mot anglais gentry[1], « petite noblesse »), embourgeoisement en français[2] ou boboïsation (du terme bobo) dans la presse[3], est un phénomène urbain par lequel des personnes plus aisées s'approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d'une couche sociale supérieure.

Ce néologisme est employé pour la première fois par la sociologue Ruth Glass dans son ouvrage London: aspects of change[4], étudiant le phénomène à Londres dans les années 1960.

Gentrification est un mot anglais utilisé pour la description de phénomènes urbains au Royaume-Uni dans les années 1960. Il a par la suite été repris, développé et approfondi au Royaume-Uni et aux États-Unis[5]. Ce n'est qu'au début des années 2000 que le terme « gentrification » apparaît dans les milieux académiques français (en francisant la prononciation).

Le processus de gentrification résulte de l’accroissement de l’intérêt porté à un certain espace. Les premiers « gentrifieurs » peuvent appartenir à des communautés d’artistes aux faibles revenus, ce qui contribue à l’attractivité du quartier. Ensuite, diverses étapes de hausse des investissements dans le secteur immobilier par les acteurs privés et publics conduisent au développement économique du quartier, à une augmentation de l’attractivité des commerces et une baisse du taux de criminalité. Par ailleurs, la gentrification peut entrainer des migrations de population.

Profil social d'un quartier[modifier | modifier le code]

Le quartier de Harlem à New York, anciennement un ghetto afro-américain défavorisé, aujourd'hui en reconquête par les classes aisées qui le rénovent et se l'approprient.

Tout au long du Moyen Âge et jusqu'à l'époque moderne, la place en ville étant rare et limitée (notamment par les nécessaires fortifications), le transport étant difficile et cher, et l'appartenance se déterminant sur des critères surtout ethniques ou professionnels, riches et pauvres ont vécu côte à côte, voire dans les mêmes immeubles. Il existait néanmoins, déjà, des segmentations géographiques, des quartiers populaires, souvent mal famés (comme les zones portuaires), s'opposant à des quartiers où la classe supérieure était plus présente.

Les moyens de transport se développant, permettant à la ville de s'étendre, et le capital financier supplantant progressivement les autres critères de distinction et de regroupement, une spécialisation des quartiers s'est développée au cours du XIXe siècle.

Les quartiers peuvent être plus ou moins attractifs selon les époques. Tel endroit, hier huppé, laisse progressivement la place à une population plus nombreuse et plus pauvre, parce que les ressources se sont taries, ou parce que les classes supérieures ont trouvé mieux ailleurs. Tel autre quartier, parce qu'il dispose d'attraits naturels, que des inconvénients ont été supprimés (décharges, industrie polluante, zone de délinquance, etc.), ou que des avantages nouveaux sont apparus (une nouvelle industrie, une liaison rapide avec les centres économiques, un parc qui le rend agréable, etc.), ou (non exclusif) parce que la classe sociale intermédiaire s'est accrue et ne trouve plus de place suffisante dans les secteurs qu'elle occupait antérieurement, (re)devient d'un rapport qualité/prix intéressant[6].

Un même quartier peut d'ailleurs se transformer successivement selon ces deux modalités. C'est le cas du Marais, au centre de Paris : quartier aristocratique lors de sa création au XVIe siècle, avec ses hôtels particuliers, devenu populaire et insalubre aux XIXe et XXe siècles, est redevenu attractif pour les classes sociales les plus aisées depuis les années 1980[7] grâce à une politique de rénovation urbaine. Le même phénomène a eu lieu dans le quartier du Sablon à Bruxelles, où il a produit un néologisme local : la « sablonisation »[8].

Analyse sociologique[modifier | modifier le code]

Le centre historique de Salvador de Bahia est aussi un lieu de gentrification.

La gentrification commence lorsque des groupes sociaux relativement aisés découvrent ou redécouvrent un quartier offrant les avantages nouveaux précités et décident d'y migrer. Ce processus se traduit par la réhabilitation des bâtiments et l'accroissement des valeurs immobilières. C'est ainsi le contraire du phénomène de paupérisation urbaine.

La gentrification se traduit aussi par une pression plus forte des nouveaux habitants sur les pouvoirs publics, pour qu'ils améliorent le quartier (moins de bruit, encore plus de protection et d'équipements, destructions massives de logements populaires au profit d'un habitat plus haut de gamme, etc.). L'enjeu de la réussite scolaire des enfants est devenu central pour une couche sociale dans son désir de reproduction, et c'est notamment la qualité de l'école qui constitue le tropisme autour duquel la société s'organise.[réf. nécessaire]

Les plus pauvres qui habitaient le quartier avant sa gentrification ne peuvent plus suivre en matière de loyer et doivent chercher ailleurs, par exemple dans des quartiers moins chers qui offrent moins d'avantages (zones excentrées ou mal desservies par les réseaux) et plus d'inconvénients (bruit, pollution, délinquance, climat, etc.). Si cela leur est difficile (par manque d'offre ailleurs, par exemple), ils réagiront, eux aussi, pour pouvoir rester sur place, et réclameront des logements sociaux, un contrôle des loyers, etc.

La gentrification est souvent considérée d'abord d'un bon œil, comme une solution à certains problèmes auxquels doivent faire face les politiques urbaines ; elle peut cependant aussi être vue comme un problème dès lors qu'elle mène à une ségrégation spatiale accrue[9]. Éric Maurin dans Le Ghetto français analyse ce phénomène comme une forme de ségrégation. Le processus de développement et d'expansion urbaine procède souvent par « l'expulsion » des « plus faibles économiquement » vers des zones moins demandées. Ce phénomène engendre potentiellement des problèmes sociaux, surtout s'il se produit rapidement. Les pouvoirs publics sont sollicités pour réduire l'impact du processus, en maintenant un certain degré de mixité sociale.

Pour Jean-Pierre Garnier, sociologue et urbaniste, « la gentrification en France est intimement liée aux processus de métropolisation des grandes villes telles que Lille, Nantes, Rennes, Bordeaux, Strasbourg ou encore Lyon[10]. » Selon lui, la concentration progressive d’activités décisionnelles (finance, assurance, hautes technologies, pôles de recherche) dans le contexte de la mondialisation draine une nouvelle population qui cherche à se loger, entraînant avec elle la mutation de certains quartiers.

Gentrification et dynamiques commerciales [modifier | modifier le code]

La gentrification comprend aussi une dimension commerciale. Au sein de ces quartiers gentrifiés, certains types de commerces sont remis au goût du jour, offrant des produits chers et de qualité (pâtisserie de luxe par exemple). Cette évolution explique donc en partie le maintien voire le renouveau des commerces de proximité dans les grandes villes, ainsi que le regain d’intérêt pour les marchés, sous leur forme traditionnelle ou sous de nouvelles formes (marchés spécialisés dans les arts ou la brocante, marchés bio, etc.).

À un autre niveau, le processus de gentrification contribue également à l'émergence de nouvelles centralités urbaines au sein des anciens quartiers populaires, que ce soit dans le domaine des loisirs — avec de nombreux cafés et restaurants, boîtes de nuit, etc. — ou dans le domaine de la culture. L'exemple de Paris en témoigne où, depuis les années 1990, se sont développées de nouvelles centralités de ce type dans l'Est et le Nord (Batignolles[11], Bastille, Oberkampf, canal Saint-Martin, avenue Philippe-Auguste, etc.), parallèlement à la gentrification de ces quartiers, de même que ceux de BerlinPrenzlauer Berg notamment) et de Bruxelles (autour de la rue Dansaert et des Halles Saint-Géry)[12].

À l'inverse, à New York, la gentrification tend à éliminer les petits commerces indépendants du centre-ville au profit de chaînes (Starbucks) ou de boutiques de luxe qui peuvent acquitter des loyers de plus en plus élevés[13]. La contrepartie, avec la disparition des petites stations services, est la difficulté grandissante des automobilistes à faire le plein à Manhattan.

Impacts[modifier | modifier le code]

Un des changements les plus visibles apportés par la gentrification se trouve dans l'habitat. En général, les zones à gentrifier sont vétustes et détériorées. Néanmoins, ils présentent des aménités, comme un intérêt historique, qui attirent les potentiels « gentrifieurs »[14]. Ces derniers acquièrent et restaurent des maisons, souvent individuelles.  Un autre phénomène observé est celui de l’aménagement de lofts, souvent dans des bâtiments industriels abandonnés ou dans des appartements vétustes. Si l'amélioration de l’habitat est la partie la plus visible du phénomène de gentrification, il existe aussi un grand nombre de changements moins ostensibles que les arrivants apportent dans leur nouveau quartier.

La gentrification a été encouragée par les municipalités, souvent sous la forme de politiques urbaines de restructuration. L’objectif de ces politiques est notamment de disperser les résidents aux faibles revenus du centre-ville vers la banlieue, de favoriser les mobilités centre-périphérie, et de valoriser les banlieues comme option résidentielle[15]. La pression sur les ressources publiques qui accompagne souvent la concentration de la pauvreté est relâchée grâce au processus de gentrification, puisqu’il permet une mutation des caractéristiques sociales des habitants dans un sens positif pour les municipalités. Les mouvements de réhabilitation ont majoritairement été efficaces pour restaurer l’offre abondante de logements anciens et détériorés. Cette réhabilitation peut être vue comme une alternative à l’expansion des villes aux États-Unis, puisque les centres-villes offrent déjà des infrastructures (routes, transports publics…) intactes.

Pour certains, la gentrification conduit aussi à la réduction du capital social des zones qu’elle affecte. Les communautés qui y vivent ont en effet un lien fort avec l’identité et l’histoire du quartier, et les disperser peut donc avoir un effet négatif[16].

Flux de populations[modifier | modifier le code]

Le déplacement des populations à faibles revenus résultant de la gentrification a été un enjeu central pendant des décennies. L’une des théories les plus communes est que l’arrivée de populations aisées dans des quartiers plus pauvres entraine une augmentation du prix du logement, ce qui pousse les plus pauvres à quitter le quartier. Bien qu’il soit évident que la gentrification contribue à l’augmentation du prix du foncier, de nombreuses études montrent que dans certaines circonstances, la gentrification peut avoir des effets bénéfiques comme une baisse du taux de criminalité, ou encore une amélioration de l’économie locale[17].

Par exemple, une étude de 2016 démontre que près de 10 000 familles hispaniques ont dû partir de Pilsen à Chicago (Illinois), qui était à l’origine un quartier d’immigrants d’Europe de l’Est, devenu en majorité mexicain dans les années 1970. Avec la gentrification, des populations plus aisées ont emménagé dans la zone. En effet, Chicago dans son ensemble a connu un processus de gentrification et de migration de population rapide dans la décennie précédente. Quand des populations jeunes et blanches, souvent aisés, emménagent dans des quartiers historiquement mexicains, les groupes ethniques qui vivaient originellement dans le quartier sont poussés à partir, du fait de l’augmentation des prix des loyers[18].

Mutations économiques[modifier | modifier le code]

Les mutations économiques entrainées par la gentrification apparaissent souvent comme bénéfiques pour les municipalités. En effet, l’afflux de « gentrifieurs » étend l’assiette de l’impôt local et profite aux commerces du quartier. C’est  pourquoi les politiques urbaines font souvent référence à la gentrification comme étant un processus bénéfique. La diminution de la part de logements inoccupés et l’augmentation du coût de la propriété qui accompagnent le processus peuvent permettre de stabiliser les quartiers en difficulté. Aux États-Unis, la gentrification permet ainsi de redonner de l’intérêt au centre urbain, qui apparait alors comme une alternative résidentielle à la banlieue[19].

Tandis que les personnes propriétaires de leur logement dans les zones en cours de gentrification vont bénéficier de la hausse des prix du logement, les personnes qui louent leur logement, au contraire, ne vont pas avoir de réelle compensation à leur évincement du quartier[20].

La pression économique et les prix du marché du logement dépendent de la vitesse de la gentrification. Les pays Anglophones présentent un nombre relativement important de propriétaires plus mobiles. Les pays germanophones ont quant à eux une part de locataires plus importante, qui jouent un rôle beaucoup plus forts dans les municipalités, coopératives, ou syndicats. La gentrification y est donc plus lente et la mixité sociale plus importante[21].

Débats sur les conséquences de la gentrification[modifier | modifier le code]

La gentrification, pour certains auteurs, conduirait à un cloisonnement de l’espace et de la société, tandis que pour d’autres, elle serait facteur de diversité et de mixité sociale.

Position d'Anne Clerval[modifier | modifier le code]

Pour Anne Clerval, la mixité sociale valorisée dans les discours des gentrifieurs ne serait qu’une stratégie de distinction sociale visant à les distinguer des populations vivant dans les quartiers bourgeois. Selon Anne Clerval, l’installation des gentrifieurs dans des quartiers historiquement populaires serait en réalité subie : les gentrifieurs sont en effet des personnes appartenant à la « petite bourgeoisie intellectuelle », qui n’ont pas les moyens de s’installer dans les beaux quartiers, mais qui tiennent néanmoins à rester dans le centre-ville. Les populations plus aisées qui s’installent dans les quartiers populaires se mélangent effectivement peu à la population du quartier. Elles adoptent des stratégies d’évitement, notamment en refusant d’inscrire leur enfant dans l’école publique de quartier.

Par ailleurs, d’après Anne Clerval, la gentrification aurait des effets néfastes pour les catégories populaires de la population, puisqu’elle conduit rapidement à une augmentation des loyers. Par conséquent, un quartier en gentrification deviendrait rapidement homogène et aisé, les populations les moins aisées en étant évincées.

Contrairement à ce qui est souvent soutenu, la création et le maintien de logements sociaux ne profiteraient pas aux classes populaires dans les quartiers en gentrification. En effet, dans des villes comme Paris, une grande partie des logements sociaux sont destinés aux personnes occupant des professions intermédiaires, et non aux ouvriers et employés. Les catégories populaires de la population finissent donc par quitter le centre pour la périphérie[22]. Dans sa thèse[23], elle soutient que l'accès au parc social par les gentrifiés issus de l'immigration est davantage compliqué par les instances bureaucratiques, ce qui précarise leur situation.

Position de Jacques Lévy[modifier | modifier le code]

Jacques Lévy adopte une position tout à fait différente sur les conséquences de la gentrification. Pour lui, la « gentry » serait composée des cadres et professions intellectuelles et supérieures et des professions intermédiaires, qui représente 55 % de la population active dans le cas de l’Ile-de-France. Le centre-ville de la métropole parisienne serait donc tout à fait représentatif de la région, et un lieu de mixité sociale importante.

Selon Jacques Lévy, la mixité sociale serait utile en ce qu’elle « rend la société visible à elle-même », contrairement à ce que soutient Anne Clerval pour qui la mixité sociale n’est qu’artificielle dans les quartiers gentrifiés. Les gentrifieurs auraient donc un rôle bénéfique de « défaiseurs de ghetto ». En choisissant de s’installer dans des quartiers populaires, ils contribueraient à l’ouverture du centre-ville et à son rayonnement, en permettant d’enrayer la dynamique du communautarisme dans les quartiers populaires.

La gentrification serait donc un processus permettant de stopper la mise en place de ghettos. Par la mixité sociale qui en découle, l’espace public serait ainsi valorisé[24].

Le profil du « gentrifieur »[modifier | modifier le code]

Les « gentrifieurs » typiques sont aisés, qualifiés, employés dans le secteur tertiaire ou encore peuvent être autoentrepreneurs[25]. Par conséquent, ils sont prêts et capables de prendre le risque d’investir dans le marché de l’immobilier. Il s’agit souvent de personnes seules ou de jeunes couples sans enfant qui n’ont donc pas de revendications en termes d’accès à l’éducation[26]. Les « gentrifieurs » sont généralement à la recherche de logements peu coûteux proches de leur lieu de travail et habitent souvent déjà dans le centre-ville, soit parce qu’ils y étudiaient, soit parce qu’ils n’ont pas envie de déménager en périphérie. Ainsi, la gentrification n’est pas tant le résultat d’un retour vers le centre-ville, qu’un moyen d’y rester[25].

Le « gentrifieur » type a des préférences en termes de consommation. Par conséquent, leur installation dans un quartier entraine une rapide expansion des restaurants, magasins et lieux de divertissement branchés[26]. Holcomb et Beauregard décrivent ces populations comme étant attirées par les prix bas et les modes de vie non conventionnels[25].

Étonnamment, les personnes qui participent et initient le processus de gentrification deviennent marginalisés avec l’expansion du phénomène.

Exemple de Paris[modifier | modifier le code]

D'après Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, on assiste actuellement à un processus général d'embourgeoisement à Paris : les catégories moyennes et supérieures de la population s'y installent massivement, au détriment des plus modestes qui se trouvent évincés des quartiers centraux[27].

Dans son ouvrage Paris sans le peuple, Anne Clerval détaille les différents facteurs de la gentrification de la capitale française depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Tout d'abord, les travaux de rénovation et d'embellissement mené par Haussmann, le centre-ville a été revalorisé et réinvesti par les populations bourgeoises.

la boulangerie « Maison Landemaine », rue Oberkampf. Paris. 2017

Plus tard, dans les années 1960, les pouvoirs publics, en rénovant des quartiers populaires, ont participé à la disparition des logements sociaux et à l'éviction progressive des catégories les moins aisées. Dans les années 1990, le prix des loyers à Paris a été dérèglementé, ce qui a entrainé une très forte augmentation des prix du logement et un recul toujours plus important des quartiers populaires[28].

L'exemple de la rue Oberkampf[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1990, la rue Oberkampf est devenue un synonyme de lieu à la mode : elle est désormais qualifiée de quartier branché, elle abrite de nouvelles centralités commerciales et de loisir développées en dehors de schémas concertés d’urbanisme commercial.

La rue appartient à un quartier central ancien. Elle est située entre, d'une part, des zones aisées, possédant une forte concentration commerciale (notamment du commerce de masse comme aux Halles ou de luxe sur les Champs-Élysées) ainsi que d'importantes fonctions touristiques et, d'autre part, des quartiers habités par des populations aux revenus modestes structurés autour de centralités commerciales plus locales et caractérisées par une forte composante d’origine immigrée. Ce genre d'espaces intermédiaires sont aujourd’hui fortement marqués par des processus de gentrification, progressant à Paris d'Ouest en Est[29].

Brasserie Triplettes. Décembre 2017. Un symbole de la gentrification à Belleville ?

Belleville : un quartier en gentrification ? [modifier | modifier le code]

Le quartier de Belleville est souvent présenté comme un des espaces les plus populaires de Paris, à l'image de sa forte mixité sociale. Pourtant, l’embourgeoisement urbain ne manque pas de toucher les quartiers historiquement populaires de l’est parisien[30], à l'image du 18e arrondissement de Paris et du quartier de la Goutte-d'Or.

Au XXIe siècle, Belleville, semble suivre cette trajectoire. L’installation d’un Sephora juste devant la station de métro n’a pas manqué d’alimenter les polémiques autour de la gentrification[31]. On note une multiplication de bars branchés, fréquentés par une population aisée, comme la brasserie Triplettes sur le boulevard de Belleville. Les petits commerces populaires deviennent des supermarchés ou encore des boutiques bio.

Ce processus de gentrification marque le paysage urbain du quartier. Les résidences de la première moitié du XIXe siècle, laissent place à des immeubles de standing à l’esthétique classieuse. Les anciennes cours artisanales et industrielles des faubourgs deviennent des ateliers d'arts bohèmes[32].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Catherine Bidou-Zahariansen (dir.), Daniel Hiernaux-Nicolas, Hélène Rivière d'Arc, Retours en ville, des processus de « gentrification » urbaine aux politiques de « revitalisation » des centres, Paris, Descartes et Cie, 2003, 268 p.[33]
  • Anne Clerval, Paris sans le peuple. La gentrification de la capitale, La Découverte, 2013, 256 p.
  • Anne Clerval, « La Cour de Bretagne, un cas de gentrification dans un quartier populaire », APUR, décembre 2004, 46 p.
  • Sophie Corbillé, Paris bourgeoise, Paris bohème. La ruée vers l'Est, PUF, 286 p.
  • Jean-Laurent Cassely, « Le “bar à céréales” de Londres visé par des manifestants anti-gentrification »[34], Slate, 27 septembre 2015
  • Anïs Collet, Rester bourgeois, les quartiers populaires nouveaux chantiers de la distinction, La Découverte, Paris, 2015, 283 p. (ISBN 9782707175656)
  • Marie Chabrol, Anaïs Collet, Matthieu Giroud, Lydie Launay, Max Rousseau, Hovig Ter Minassian, Gentrifications,
  • Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, « Paris : une mosaïque sociale menacée », Mouvements, 2001
  • Mathieu Van Criekingen et Antoine Fleury, « La ville branchée : gentrification et dynamiques commerciales à Bruxelles et à Paris », 2006,

Films documentaires[modifier | modifier le code]

  • Dans 10 jours ou dans 10 ans[35],[36] de Gwenaël Breës, Belgique, 2008 La mutation du quartier Midi à Bruxelles. En termes officiels, c’est une revitalisation urbaine.
  • À qui appartiennent les villes ? de Claudia Dejá, Allemagne, Arte TV, 2011
  • Les Indésirables : film sur la « destruction » de la rue de la République à Marseille[37],[38] Patrick Taliercio, 2008
  • In Jackson Heights de Frederick Wiseman, sorti en France le 23 mars 2016
  • Mon toit, ma ville, mes droits de Angelika Levi, Arte TV, 2014
  • Main basse sur Pepys Road, mini série de 3 épisodes de 58mins d'Euros Lyn, adaptée du roman de John Lanchester Chers voisins, Arte TV, 2017

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) gentry sur etymonline.com, mot qui vient de l’ancien français.
  2. « embourgeoisement », Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française.
  3. Patrice Godier, Bordeaux métropole : un futur sans rupture, Parenthèses, , p. 60.
  4. Centre for Urban Studies, 1964.
  5. « article gentrification » (consulté le 8 août 2016)
  6. Delphine Gerbeau La gentrification, une politique d’aménagement qui ne dit pas son nom La Gazette des communes, 26 décembre 2016
  7. Les Cahiers de la ville responsable, « Le Marais, modèle typique de gentrification ».
  8. Itinéraire de la rénovation des quartiers anciens à Bruxelles : 8 km à pied à travers le Pentagone et Molenbeek, coll. « Hommes et Paysages », Société royale belge de géographie, 2001, p. 62.
  9. Mathieu Van Criekingen, « Que deviennent les quartiers centraux à Bruxelles ? : Des migrations sélectives au départ des quartiers bruxellois en voie de gentrification », Brussels Studies, no 1,‎ (ISSN 2031-0293, lire en ligne)
  10. Voir sur lemonde.fr.
  11. « Gentrification et politiques publiques à Paris » sur adels.org.
  12. Voir Mathieu Van Criekingen et Antoine Fleury, « La ville branchée : gentrification et dynamiques commerciales à Paris et à Bruxelles », Belgéo, 2006, 1-2, p. 113-134.
  13. « La lente disparition des petits commerces à New York » sur lemonde.fr du 26 avril 2016.
  14. (en) Smith, Neil and Peter Williams, Gentrification of the City,
  15. (en) Lees, Loretta, Tom Slater, and Elvin K. Wyly, The Gentrification Reader, London,
  16. (en) Center for Disease Control, Health Effects of Gentrification. Center for Disease Control,
  17. (en) L. Freeman, « Displacement or Succession? Residential Mobility in Gentrifying Neighborhoods », Urban Affairs Review,‎ , p. 40(4), 463-491
  18. (en) Stéphanie Lulay, « Pilsen Gets Whiter As 10,000 Hispanics, Families Move Out, Study Finds », DNAinfo,‎ (lire en ligne)
  19. (en) Loretta Lees, Tom Slater, Elvin Wyly, The Gentrification Reader, Routledge, , 648 p. (ISBN 0415548403)
  20. (en) Lance Freeman, There Goes the 'Hood: Views of Gentrification from the Ground Up, Temple University Press, , 248 p. (ISBN 978-1592134373)
  21. (en) Gerhard Hard, Dimensionen geographischen Denkens (OSNABRUCKER STUDIEN Z.GEOGRAPHIE), V&R unipress, , 419 p. (ISBN 3-89971-105-X)
  22. Catherine Calvet, « «Habiter Paris est un signe clair de domination sociale» », Libération,‎ (lire en ligne)
  23. Anne Clerval, « Paris intra-muros: dynamiques spatiales, rapports sociaux et politiques publiques », Thèse doctorale, Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne,‎ (lire en ligne)
  24. Sibylle Vincendon, « A Paris, le niveau de mixité est de loin le plus élevé », Libération,‎ (lire en ligne)
  25. a b et c (en) Tim Butler, Gentrification and the Middle-classes, Royaume-Uni, Ashgate Publishing Limited, , 196 p. (ISBN 978-1859723715)
  26. a et b (en) Neil Smith, Peter Williams, Gentrification of the City, Routledge, , 274 p. (ISBN 978-0415611671)
  27. Monique Pinçon-Charlot, Michel Pinçon, « Paris : une mosaïque sociale menacée », Mouvements,‎ (lire en ligne)
  28. Anne Clerval, Paris sans le peuple, la gentrification de la capitale, (ISBN 9782707171283, lire en ligne)
  29. Mathieu Van Criekingen et Antoine Fleury, « La ville branchée: gentrification et dynamiques commerciales à Bruxelles et à Paris », 2006,‎
  30. Yankel Fijalkow et Marco Oberti, « Urbanisme, embourgeoisement et mixité sociale à Paris », Mouvements, vol. no13, no 1,‎ , p. 9–21 (ISSN 1291-6412, DOI 10.3917/mouv.013.0009, lire en ligne)
  31. « Sephora ou brasserie Barbès, quels stigmates pour la gentrification parisienne ? », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  32. Anne Clerval, « Les anciennes cours réhabilitées des faubourgs : une forme de gentrification à Paris, Abstract, Resumen », Espaces et sociétés, nos 132-133,‎ , p. 91–106 (ISSN 0014-0481, DOI 10.3917/esp.132.0091, lire en ligne)
  33. Voir sur cybergeo.eu., Antoine Fleury, Cybergeo : European Journal of Geography, Revue de livres, mis en ligne le 26 mai 2003.
  34. Lire en ligne.
  35. Voir sur film.quartier-midi.be.
  36. Téléchargement gratuit légal.
  37. Voir sur atheles.org.
  38. Téléchargement gratuit légal.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]