Métier (activité)

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Un métier est d'abord l'exercice par une personne d'une activité dans un domaine professionnel, en vue d'une rémunération.
Par extension, le métier désigne le degré de maitrise acquis par une personne ou une organisation du fait de la pratique sur une durée suffisante de cette activité (expérience et savoir-faire acquis, voire amélioration des pratiques si ce métier le permet).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Dérivé de l'ancien français « mestier » (XI° siècle), hérité du latin populaire « misterium » et du latin classique « ministerium ». Signifie initialement le « besoin », puis le « service » ou la « fonction » [1]

Définitions[modifier | modifier le code]

En gestion des ressources humaines, la notion de métier peut être résumée comme l'ensemble des savoir-faire (ou capacités techniques) acquis, par l'apprentissage ou l'expérience, par l'individu.

Selon G.Le Boterf (en 2000) le métier se définit traditionnellement par quatre grandes caractéristiques :

  1. un corpus de savoirs et de savoir-faire essentiellement techniques ;
  2. un ensemble de règles morales spécifiques à la communauté d'appartenance (exemple des comptables qui obéissent aux principes comptables) ;
  3. une identité permettant de se définir socialement (« je suis secrétaire », « je suis ingénieur »...) ;
  4. une perspective d'approfondir ses savoirs et ses savoirs-faires par l'expérience accumulée ( apprentissage via la pratique et l'expérience ou learning by doing ).

La notion de métier est souvent synonyme de la notion de profession ou d'activité professionnelle.

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir du début du IIe millénaire, les personnes exerçant un même métier dans les villes alors en développement se sont organisées en communautés de métiers, appelées corporations à la fin de l'Ancien Régime. Les communautés de métier avaient un pouvoir de réglementation très strict en matière d'organisation du travail, de la production, et de la commercialisation, comme en témoigne le Livre des métiers rédigé en 1268 par Étienne Boileau, prévôt de Paris à la fin du règne de saint Louis.

En France, certains abus du système corporatif ont conduit à la suppression des corporations par Turgot en février 1776, suivie rapidement par leur rétablissement en août de la même année, et à leur suppression définitive pendant la Révolution, par le décret d'Allarde des 2 et 17 mars 1791, puis confirmée par la loi Le Chapelier du 14 juin 1791.

On parle aujourd'hui quelquefois de corps intermédiaires, mais il s'agit d'une notion assez différente, puisque les syndicats regroupent le plus souvent des métiers différents, tout en étant organisés par métiers et par secteurs géographiques. En outre, les syndicats ont essentiellement pour mission de défendre les intérêts des travailleurs, et non de faire respecter la réglementation relative à une profession, dans la mesure où elle existe. Dans ce sens, l'équivalent des communautés de métier du Moyen Âge et de l'époque moderne serait plutôt les ordres professionnels dans les professions réglementées (ordre des médecins, conseil national des barreaux, ordre des pharmaciens, etc.).

Formation[modifier | modifier le code]

  • Les métiers demandent des durées de formation et d'apprentissage, ainsi que des niveaux de qualification variés ; ces facteurs, plus ou moins liés à la loi de l'offre et de la demande, déterminent, en partie, leur rémunération.
  • L'exercice d'un métier est fréquemment précédé d'un apprentissage plus ou moins long (stages, statut d'apprenti, compagnonnage).
  • L'exigence d'une période d'essai - au départ de tout contrat de travail- témoigne de ce que l'employé prouve « qu'il a une compétence minimale du métier » ou en tous cas « qu'il a la volonté et l'aptitude à l'acquérir » dans le cadre d'un processus d'apprentissage des spécificités de son futur poste.

Accès à l'exercice d'un métier[modifier | modifier le code]

  • Le libre accès aux métiers est en principe garanti à tous : En France par exemple, cette garantie est assurée par le principe constitutionnel de « libre exercice des métiers du commerce et de l'industrie »
  • Cela dit l'accès à certains métiers ou professions peut être réglementé par la puissance publique lorsque l'intérêt général fait qu'il est préférable que le principe de libre exercice soit tempéré par des exigences minimales fixées par la réglementation :
    • Exigences de capacité : Les activités médicales par exemple ne peuvent être exercées que par des personnes titulaires des diplômes correspondants ( médecins, infirmières...)
    • Exigences de prudence : Les activités notariales par exemple ne peuvent être exercées que par des personnes titulaires des diplômes concernés et détenteurs de la charge correspondante.
  • La pratique de certains métiers peut être fortement influencée ( du point de vue de la notoriété, de l'avancement ou de la rémunération ) par des distinctions attachées à la reconnaissance d'un haut niveau dans la discipline concernée. Cette reconnaissance est le fruit d'un concours :
    • Concours du meilleur ouvrier de France pour les métiers manuels,
    • Concours de l'agrégation pour les métiers de l'enseignement,
    • Concours et formation des grandes écoles pour les métiers d'encadrement ou certaines spécialités, etc.


Métiers du secteur « privé »[modifier | modifier le code]

La plupart des personnes n'exercent qu'un seul métier à la fois, celui-ci pouvant être plus ou moins spécialisé. Cependant, en France, plus d'un million de personnes exercent plusieurs métiers en même temps.

Le fait de « connaitre un métier » n'implique pas forcément une pratique à titre permanent. Nombre de mères de familles peuvent avoir un métier mais choisissent - quand elles le peuvent- de rester au foyer pour élever leurs enfants.

L'exercice d'un métier peut-être épisodique soit par libre choix, soit du fait de l'état du marché du travail : la législation française du travail prévoit l'activité salariée à temps partiel (mi-temps, 1/2 ou 1/4 de temps...) et divers modes d'interruption en dehors des congés annuels (année sabbatique, congé formation...).

L'exercice d'un métier bénéficie d'un statut juridique et fiscal :

Du fait des promotions, des mutations libres ou contraintes, des changements technologiques, des tensions du marché du travail, davantage de personnes ( via la mobilité géographique, sectorielle ou intra-professionnelle) exercent successivement plusieurs métiers tout au long de leur vie professionnelle.

Métiers du secteur « public »[modifier | modifier le code]

Dans la fonction publique, le cumul d'activités est interdit ou réglementé. En France, l'exercice d'un métier confère à son titulaire un statut, assorti de protections et d'obligations.
On distingue les métiers de la Fonction publique d'État, les métiers de la Fonction publique Territoriale, les métiers de la Fonction publique Hospitalière.

Métiers saisonniers[modifier | modifier le code]

Métiers manuels[modifier | modifier le code]

Les Métiers dits « manuels » font l'objet d'une controverse régulière du fait du constat récurrent que nombre de demandes d'emplois ne trouveraient pas preneur parmi les nationaux, ce qui impliquerait l'emploi d'une main d'œuvre étrangère ou temporaire, voire d'un travail au noir et justifierait -à la limite- le recours à la délocalisation . Les analyses divergent sur les causes de cet état de fait :

  • La pénibilité de ces métiers
  • L'insuffisance de reconnaissance et de rétribution de ces métiers

Autres usages du terme[modifier | modifier le code]

  • L'expression « avoir du métier » caractérise le degré de compétence d'un professionnel ayant une réelle expérience de la pratique et des usages d'un métier donné. Cette expérience peut être reconnue même chez des personnes autodidactes, en particulier par le processus de validation des acquis de l'expérience (VAE).
  • Dans l'industrie, les termes « métier », « savoir-faire » ou l'anglicisme « know-how » sont fréquemment utilisés pour désigner les pratiques et connaissances acquises qui améliorent la compétence d'une équipe ou d'une organisation. Ce « métier » n'est pas directement vendable à un client mais contribue à renforcer le contenu, la pertinence, la régularité ou la qualité des biens et services offerts . L'amélioration du « métier » résulte de la recherche et développement, des processus de formation, de la maitrise et du perfectionnement des outils et méthodes de travail, de l'expertise individuelle, de la communication et du partage .
  • Le regain actuel en faveur du repérage et de l'amélioration des compétences explique la création au sein d'un nombre croissant d'organisation de fonctions telles que «responsable métier», ou de pratiques telles que « réunion métier »...

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire étymologique Larousse, Paris 1971

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Latreille : « La Naissance des métiers en France (1950-1975), Étude psycho-sociale » , Presses Universitaires de Lyon, Editions de la Maison des Sciences de L'homme , 1980, ISBN 2-7297-0088-9
  • Abel Poitrineau : « Ils travaillaient la France : Métiers et mentalités du XVI° au XIX° siècle » , Armand Colin Paris 1992, ISBN 2-200-21177-5

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]