Martin Drolling

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Martin Drölling

Nom de naissance Martin Drölling
Naissance 19 septembre 1752
Bergheim (Haut-Rhin)
Décès 16 avril 1817 (à 64 ans)
Paris
Nationalité Français
Activités Artiste peintre
Élèves Michel Martin Drolling
Louise-Adéone Drölling

Martin Drolling[1], né le 19 septembre 1752 à Bergheim, alors appelé Oberbergheim, et mort à Paris le 16 avril 1817, est un peintre français de portraits et de scènes de genre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Intérieur d'une cuisine (1815), détail, musée du Louvre, Paris.

D'origine alsacienne, Martin Drolling naît dans une famille nombreuse dont le père, Martin Drölling, clerc du tabellion local, a épousé Catherine Schobler. Il découvre la peinture par hasard et décide d'en faire l'apprentissage. Malgré quelques réticences son père signe le contrat pour quatre années avec un peintre local. Un conflit éclate bientôt entre le maître et l'élève qui n'a plus rien à apprendre de son patron. Il le quitte pour poursuivre son apprentissage à Strasbourg où il partage l'atelier avec le peintre Maratti.

Il s'installe à Paris, où il entre à l'école des beaux-arts le 4 juin 1779[2]. Il obtient un contrat chez un marchand qui lui offre 30 sous par tableaux. Lorsqu'il achève sa formation artistique vers 1780, il épouse Madeleine Welker, qui meurt peu après[3].

Il se remarie le 4 mai 1785 avec Louise Elisabeth Belot[4], fille d'un marchand de couleurs pour peintres, avec laquelle il a trois enfants. L'aîné, Michel Martin Drolling, naît en 1789 et sera également peintre. Le deuxième, Marius, naît le 27 février 1794, et sa benjamine, Louise-Adéone Drölling, dite « Madame Joubert », naît en 1797[5].

Le couple emménage rue de Seine. Il reçoit les conseils d'Élisabeth Vigée Le Brun qui l'emploie comme assistant pour la peinture d'objets dans ses toiles. Elle le présente à Jean-Baptiste Greuze. Il montre de l'habileté pour les scènes d'intérieur, les copies et les portraits.

Il commence par travailler à la Manufacture de Dilh et Guérhard, associés de la Manufacture du duc d'Angoulême, au 22 rue de Bondy à Paris 10e arrondissement[6], dans l'ancien Hôtel de la marquise de Ferrières. C'est là qu'il rencontre Alexandre Brongniart, qui fut nommé directeur de la Manufacture nationale de Sèvres en 1800.

De 1802 à 1813, il œuvre en qualité de peintre-décorateur à la Manufacture nationale de Sèvres. Son épouse meurt en février 1803, il élèvera seul Michel-Martin et Louise-Adéone, alors âgés de 14 et 6 ans.

Il lutte toute sa vie contre la pauvreté. En 1816, il met un tableau en loterie pour payer son logeur[7]. Il meurt à Paris le 16 avril 1817, à quelques jours de l'ouverture du Salon qui verra la foule se presser - enfin ! - devant ses tableaux.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dessins, aquarelles[modifier | modifier le code]

  • Portrait de sa femme et de son fils Michel-Martin, dessin, musée Magnin, Dijon

Peintures[modifier | modifier le code]

Portrait de la fille de l'artiste, musée Magnin, Dijon.

Peintures sur porcelaine[modifier | modifier le code]

  • Vers 1800, Une nymphe et un Amour, assiette en porcelaine, montée en tableau connue par l'inventaire après décès de Dilh qui l'avait chez lui.
  • 1800, Portrait de Dihl, peinture sur porcelaine dure, production de la Manufacture dite Manufacture du duc d'Angoulême[11], musée national de Sèvres.
  • Avant 1812, Service à thé qui figure sur le portrait qu'il a fait de sa fille en 1812 conservé au musée des beaux-arts de Strasbourg.
  • 1812, Barbier Égyptien, assiette en porcelaine, datée de 1812 mettant en scène trois personnages (deux hommes et un enfant), sujet copié d'après une œuvre de Dominique Vivant Denon, musée national de Sèvres.

Salons[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Correspondance[modifier | modifier le code]

Une partie de sa correspondance, est conservée au département des arts graphiques du Musée du Louvre, principalement les lettres qu'il adresse à son fils Michel-Martin et à sa fille Louise Adéone soit 28 lettres autographes à son fils Michel-Martin et 37 lettres de Michel-Martin à son père au cours de son séjour à Rome entre 1811 et 1816. Cette correspondance, augmentée de plusieurs lettres conservées par les descendants du peintre, a été déchiffrée par Carole Blumenfeld et publiée en 2009 dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français.

Élèves[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son nom s'orthographie également Drölling. En allemand le « ö » se prononce « eu », il signe d'ailleurs parfois Drelling.
  2. Laetitia Levrat, op. cit, p. 14
  3. Laetitia Levrat, op. cit., p. 15.
  4. Née en 1761.
  5. Elle épouse en premières noces l'architecte Pagniere, et en secondes noces M. Joubert. Elle est l'une des rares peintres femmes de son époque. Ses œuvres sont conservées aux musée des Invalides, Carnavalet, et Saint-Louis dans le Missouri).
  6. Régine Plinval de Guillebon, op. cit, p. 136 : « Dihl & Guérhard avait fait l'acquisition d'un quadrilatère inclus dans la rue du Temple, rue Meslay, Bd Saint-Martin »
  7. Lettre à son fils le 25 janvier 1816, conservée au Musée du Louvre, département des arts graphiques.
  8. date connue par la lettre à son fils datée du 11 mars 1813 conservée au département des arts graphiques, Musée du Louvre
  9. Œuvre aujourd'hui disparue dont il ne reste qu'une gravure. Elle fut considérée par la critique comme étant son œuvre la plus aboutie.
  10. Dont le glacis aurait été réalisé à partir de mummie, substance à base de cœurs de souverains acquis par Louis-François Petit-Radel, selon une légende née sous la plume de Lenôtre en 1905 et démontée en 1957 par Suzanne Dagnaud, que cite Laetitia Levrat]. Sources : André Castelot, L'Histoire insolite, Paris, Perrin,‎ 1982, 427 p. (ISBN 2-262-00248-7), p. 171
  11. C'est par erreur que la RMN attribue ce portrait au fils de Martin qui n'avait que 11 ans à cette date, voir Régine Plinval de Guillebon, op.cit, p. 298.

Source et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cet article comprend des extraits du Dictionnaire Bouillet. Il est possible de supprimer cette indication, si le texte reflète le savoir actuel sur ce thème, si les sources sont citées, s'il satisfait aux exigences linguistiques actuelles et s'il ne contient pas de propos qui vont à l'encontre des règles de neutralité de Wikipédia.
  • Laetitia Levrat, Martin Drolling thèse [1], 2009-2010.
  • Sur la famille Drölling, on consultera Le Nécrologe Universel du XIXe siècle, dirigé par E. de Saint-Maurice Cabany, t. 6, Paris, 1851, p. 291-298. [lire en ligne]
  • Dictionnaire Bénézit
  • Léonce Bénédite, Histoire des Beaux-Arts 1800-1900, éd. Flammarion, s.d. [1909].
  • Edmond Bapst, Un enfant de Bergheim, Martin Drölling, La Vie en Alsace, 1934.
  • Isabelle Blondé, « Martin Drolling, Droelling, Der(l)ing (dit le Vieux) », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne]], vol. 8, p. 699
  • Denis Lecoq, Drölling Martin
  • Gérard Lemaire, Histoire du Salon de Peinture, éd Klienksieck, Paris, 2004.Mémoire de maîtrise en histoire de l'art, Université de Strasbourg, 1982.
  • Edouard Charton, Le Magasin pittoresque de 1899 (BNF Gallica), vol.17, no 67, p. 92-93.
  • Collectif, Encyclopédie des gens du monde, répertoire universel des sciences, des lettres et des arts. Salon de 1798, article sur Martin Drolling, Paris, Librairie Treuttel & Wurtz, 1837, vol.8, p. 594.
  • Louis Desiré , L’Intérieur d’une cuisine, dans Le Magasin Pittoresque, 1999, vol. 17, no 67. p. 92-93.
  • André Girodie, La noce de village de Martin Drölling , dans les Archives alsaciennes d’histoire de l’art, 12e année, Paris, Strasbourg Istra, 1933, p. 123-128.
  • Frère Édouard Sitzmann, « Martin Drölling », Dictionnaire de biographie des hommes célèbres de l’Alsace, Paris, Édition du Palais Royal, 1909, T.I, p. 402.
  • Marcelle Brunet, Tamara Préaud, Sèvres des origines à nos jours, Fribourg, Office du livre, 1978, p. 256.
  • Régine Plinval de Guillebon, Faïence et porcelaine de Paris, XVIIIe - XIXe siècle, Dijon, Éditions Faton, 1995, p. 95-97-135-137.
  • Jean-Louis Schlienger, Drölling: le peintre du clair-obscur dans Saisons d'Alsace, 2004, p. 88.
  • Carole Blumenfeld, « Les conseils avisés d'un peintre à son fils : la correspondance entre Martin Drölling (1752-1817) et Michel-Martin Drölling (1786-1851) », Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art français, Année 2009, pp.279-333

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