Hornuss

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Le Hornuss sur son Bock, prêt à être frappé par le fouet.

Le hornuss est un jeu traditionnel pratiqué en Suisse. Le principe consiste à frapper à l’aide d’une longue tige flexible un palet, le hornuss (littéralement le frelon) et à le placer hors de portée de l’équipe adverse. Le hornuss est mis en mouvement à l'aide d'une tige flexible, appelée le fouet et est envoyé à plus de 150 km/h en direction des joueurs de l'équipe adverse. Ceux-ci doivent intercepter le hornuss à l'aide d'une palette, qu'ils peuvent également lancer en l'air.

Il s'agit d'un sport traditionnel essentiellement pratiqué dans la partie germanophone du pays. On compte environ 5 000 actifs en 2005[1] répartis entre 271 sociétés. Les équipes participent aux différents championnats selon leur niveau, aux rencontres intercantonales et sont invitées, à tour de rôle, à la fête fédérale de lutte et des jeux alpestres qui a lieu tous les trois ans[2],[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Pour certains, l’origine de ce sport remonte aux jeux de cannes et de paumes romano-germaniques. Pour d’autres, il s’inscrit dans la tradition d’anciens jeux campagnards comme la Mazza grisonne ou le Tsan du val d’Aoste. Seule certitude, la première mention du hornuss remonte à 1575, dans un ouvrage de l’écrivain Johann Fischart.

Ce sport est alors l’apanage de l’Emmental bernois. En 1625, un écrit officiel de cette région mentionne qu’une chorale aurait été perturbée par le bruit que faisaient les adeptes du hornuss. Les rencontres dominicales de hornuss ont été pendant près d’un siècle une pomme de discorde avec l’église qui s’indignait que l’on puisse ainsi perturber la quiétude dévolue au jour du Seigneur. Il fallut attendre 1886 pour que le Synode de l’Église du canton de Berne abroge l’interdiction de jouer le dimanche.

L'association fédérale de hornuss est fondée en 1902[1].

Organisation du jeu[modifier | modifier le code]

Chaque frappeur fait face à une équipe adverse dont le but unique est de descendre le hornuss à la volée.

Si le hornuss atterrit sur le champ de jeu sans avoir été intercepté, l’équipe étant à l’interception est pénalisée d’un numéro.

La trajectoire et la vitesse du hornuss varient selon la longueur du fouet, elles exigent des intercepteurs placés à l’avant du terrain des réactions rapides si le projectile vole bas. Les joueurs placés à l’arrière doivent faire preuve d’une bonne acuité visuelle et de talents de coureurs. L’équipe encaissant le plus petit nombre de numéros gagne, même si le nombre de points réalisés à la frappe est inférieur à ce lui de l’équipe adverse. Le travail défensif en commun prime sur les performances individuelles à la frappe.

Le terrain[modifier | modifier le code]

Il est appelé champ.

Les progrès techniques exigent aujourd’hui des aires de jeu mesurant jusqu’à 350 mètres, parfois plus.

Le champ est subdivisé en points qualifiants la prestation du frappeur. Dans cette zone, on note les distances de frappe et les numéros tombés.

En dehors du champ et dans la prolongation du champ de jeu, seule la distance est notée.

Quelques signes conventionnels sont nécessaires au bon déroulement du jeu. Le frappeur doit signaler qu’il est prêt en donnant un coup à vide. Si un numéro est réalisé, l’arbitre le signale par un drapeau blanc, ou en brandissant une palette ou sa feuille de jeu.

La palette[modifier | modifier le code]

L'équipement des intercepteurs, la palette et le casque.

L’outil de l’intercepteur est la palette. Il s'agit d'un panneau en bois collé, en frêne ou en orme, avec une couche extérieure de placage en bois de peuplier ou de saule.

Il a une dimension de 60x60cm et pèse 4 kg environ.

Il existe également des palettes dont la surface de réception est en matière synthétique. Le casque souvent porté de nos jours protège les joueurs contre les ricochets du hornuss ou les palettes en chute libre. Pour les jeunes, le casque est obligatoire sur le terrain.

L’interception[modifier | modifier le code]

Dès que le hornuss est lancé, les intercepteurs disposent de 4 à 8 secondes pour apprécier son vol et le descendre. En courant, le joueur parcourt 30 mètres ou plus pour atteindre le point de chute prévu.

Le hornuss se déplace à une vitesse approximative de 180km/h, ce qui correspond environ à 50m/s. Les hornuss mal lancés ont une trajectoire instable et peuvent dévier subitement de leur course. Le vent, la pluie ou l’environnement influent également sur la trajectoire du projectile. Ces facteurs exigent un comportement prudent de la part de l’intercepteur.

Terminologie[modifier | modifier le code]

  • Interception: arrêter le hornuss avec la palette
  • L’intercepteur: joueur disposé sur le champ de jeu
  • Le chef d’équipe: chargé de fixer le hornuss sur le bock
  • Le bock: rampe de lancement du hornuss
  • Le hornuss: projectile à frapper, donnant son nom au jeu; appelé frelon en français
  • Le numéro: hornuss qui n’a pas été intercepté par les joueurs
  • Le point: point calculé en fonction de la distance parcourue par le hornuss non intercepté
  • La palette: panneau destiné à intercepter le hornuss en plein vol
  • Le fouet: outil servant à frapper le hornuss
  • Le Träf: bois pressé disposé à l’extrémité du fouet et servant de propulseur
  • Le champ: partie de l’aire de jeu commençant 100 mètres après l’emplacement du bock

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Jeux nationaux » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.
  2. Culottes de jute, frelons et gros cailloux, article swissinfo.ch du 23 août 2001, consulté le 25 août 2010.
  3. « Hornuss » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]