Longue paume

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La longue paume est une forme de jeu de paume. Ce jeu d'origine française[1] est très pratiqué du Moyen Âge au XVIIIe siècle en France, mais aussi dans le reste de l'Europe. La longue paume donne notamment naissance à des sports comme la balle au tambourin, le fistball et le ballon au poing.

Histoire[modifier | modifier le code]

Certains auteurs font le lien entre cette discipline et les jeux de balles pratiqués pendant l'Antiquité. La filiation entre la sphaerista antique et les jeux modernes de tennis ou de balle au tambourin via la paume est désormais réfutée par les historiens du sport en raison de l'existence de nombreux « chaînons manquants ou sans consistance »[2]. De nos jours, la longue paume est encore pratiquée en Picardie, plus particulièrement dans l'est de la Somme et le nord de l'Oise ainsi qu'à Paris, au Jardin du Luxembourg.

Le jeu[modifier | modifier le code]

De quel matériel doit-on disposer ?

Pour y jouer il vous faut disposer d’une balle. Elle est composée d’une sphère de liège recouverte d’un genre de flanelle : elle pèse entre 12 et 20 g. Son diamètre est de 5,5 cm. La raquette, cordée avec des cordes en nylon semblables à celles utilisées pour les raquettes de tennis, mesure au maximum 72 cm de long (2/3 pour le manche, 1/3 pour le tamis).

Quelles sont les règles de la longue paume ?

Pour être mise en jeu valablement, la balle doit franchir, de volée, la distance qui sépare la ligne de tir de la corde. Après mise en jeu, la balle peut être rechassée de part et d’autre, les échanges pouvant se poursuivre soit de volée, soit du premier bond. L’objectif de la longue paume est de faire mourir la balle dans le camp adverse. Ce sont ensuite les joueurs qui, par leur force ou leur adresse, délimitent leurs camps.

Deux genres de parties

•La partie terrée se joue entre 2 équipes de 6 joueurs, en 6 ou 7 jeux,

•La partie enlevée se joue entre 2 équipes de 4 joueurs, en 5 jeux, . Une ligne appelé « rapport » limite le terrain du seul côté tir (située à 7 m de la ligne de tir). Les parties enlevées peuvent également se jouer entre équipes de 2 joueurs ou individuellement sur des terrains limités des deux côtés. Dans ce cas, une zone neutre de 7 à 8 mètres remplace la corde.


Jouons[modifier | modifier le code]

Partons donc du Tennis, et remontons…

C’est un Tennis qui n'aurait pas oublié un aspect important de gagne- terrain. Imaginons un match à 2, 4, (ou 6), où le filet, obstacle à franchir à chaque échange, est remplacé par une zone neutre délimitée au sol (un fossé), à franchir à chaque échange, sur un terrain le plus long possible (Gagne-terrain)

•Le joueur doit renvoyer la balle, de volée ou après un rebond, par dessus le filet, pardon…, le fossé.

•Une balle dans le fossé est " faute " et donne un " quinze " à l’adversaire (ah oui, le Tennis a gardé cette façon de compter). Y compris au service.

•Une balle qui sort directement du terrain sur les côtés est " faute " et donne un " quinze " Attention, les lignes ne font PAS partie du terrain (ça, le Tennis n’a pas gardé).

•Une balle frappée par 2 joueurs d'une même équipe est " faute " et donne un " quinze ".

•Une balle qui touche le corps est " faute " et donne un " quinze ".


Une balle qui a fait 2 rebonds dont au moins 1 dans le terrain, et n'a pas été touchée, est morte, ne peut plus être renvoyée, MAIS… cette balle morte qui continue à rouler dans le terrain gagne du terrain et doit être arrêtée (on dit "coupée" ) par un joueur le plus tôt possible !

Ce " quinze " n’est pas encore marqué, il est en sursis et doit être confirmé. L’équipe qui n’a pu renvoyer cette balle peut récupérer son erreur.

L’arbitre marque l’endroit où la balle a été " coupée " (arrêtée) en déposant un repère (" la chasse ") et les équipes changent de côté. On dit qu’elles "traversent ".

La nouvelle équipe au "Tir" (service) essaie de faire " mourir " la balle au-delà de la chasse posée. Si elle réussit, elle aura gagné plus de terrain, elle aura donc le " quinze ", sinon, l’équipe adverse marquera le " quinze ".

Il faut donc, non seulement faire en sorte que l’équipe adverse ne puisse pas renvoyer la balle, mais il faut aussi que cela se passe le plus loin possible.

Aucun jeu moderne n’a gardé ce principe !

En pratique, pour éviter de " traverser " trop souvent, après la pose d’une chasse rouge, l’équipe au " Tir " engage une nouvelle fois pour poser une deuxième chasse, bleue. Après avoir " traversé ", et sauf faute directe, le résultat du premier échange de balle sera comparé à la première chasse posée, la rouge et donnera un " quinze "; on enlève cette chasse rouge. Le résultat du deuxième échange sera comparé à la deuxième chasse posée, la bleue, et donnera aussi un " quinze "; on enlève la chasse bleue. L’équipe au " Tir " reste alors en place jusqu’à ce que 2 nouvelles chasses soient posées, etc.

La Fédération Française de Longue Paume est une fédération délégataire créée en 1921. Elle compte en 2008, 4 500 licenciés dont 1 162 licenciés sportifs pour 38 clubs et organise plus de 250 compétitions annuellement.

Sites internets[modifier | modifier le code]

Forum de discussion[modifier | modifier le code]

Site des sociétés[modifier | modifier le code]

Terrains actuels de longue paume[modifier | modifier le code]


Dans l'Aisne


Dans la Somme




L'origine de quelques expressions courantes, verbe et substantif[modifier | modifier le code]

  • « Epater la galerie », se disait d'un joueur de courte paume qui épatait le public qui se trouvait sur un balcon entourant en partie la salle de jeu. disposée autour du terrain et nommé galerie.
  • « Jeu de main, jeu de vilain ». Les premiers possesseurs de raquettes (les plus riches), commentaient ainsi le jeu des paysans (vilains) qui jouaient à la main.
  • « Qui va à la chasse perd sa place » vient de la notion de chasse (forme de gagne-terrain) pratiquée en courte paume aussi bien qu'en longue paume. À la fin de cette phase de jeu, les joueurs changent de côtés de terrain et le serveur perd sa place favorable (la source la plus probable de cette expression vient du chapitre 27 de la Genèse (Bible) où Jacob prend la place d'Esaü parti à la chasse pour recevoir la bénédiction de son père).
  • « Les enfants de la balle » À l'origine, on nommait ainsi les enfants des paumiers (fabricants des balles) réputés pour leur jeu exercés qu'ils étaient depuis leur plus jeune âge. Les comédiens jouant parfois leurs pièces dans les salles de paume, leurs enfants qui exerçaient le même métiers furent ainsi surnommé. Cette expression a donc eu les deux sens : celui d'une personne exerçant la même profession que ses parents et celui de comédien, acteur, artiste.
  • « Prendre la balle au bond » synonyme d'opportunisme. Tient son origine de l'équivalent de la reprise de volée en tennis. Un paumiste réussissant cette figure était remarqué pour son adresse à saisir l'occasion.
  • « Tomber à pic » Si la balle tombe au pied du mur du fond, côté dedans, elle marque une " chasse pic ". Avoir la possibilité de réaliser ce point à un moment décisif de la partie, assure un avantage non-négligeable au bon moment.
  • « Rester sur le carreau » Le sol d'un jeu de paume était autrefois constitué de carreaux, qui donnérent ensuite le nom au sol même du jeu. L'expression vient donc de la chute d'un joueur ou de sa défaite.
  • « Chassé-croisé » « Deux chasses posées, traversez ! » crie le marqueur ou le commissaire.
  • Peloter c'était jouer sans enjeu en attendant partie, simplement pour le plaisir[6].
  • Tripot, salle de jeu de paume, a progressivement eu une autre acception, celle de lieu de jeu d'argent. Ainsi on lit dés 1726, chez Lesage[7] comme définition de tripot « maison particulière dont les maîtres reçoivent des joueurs à des fins lucratives; maison de jeu, cabaret où l'on joue »[8]. La fréquentation et les mœurs de ces maisons clandestines ont ensuite donné à tripot le sens de lieu de débauche, d'endroit mal famé.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Wojciech Liponski (s.d.), L'encyclopédie des sports, Poznan, Atena, 2003 (éd. fra., Paris, Grund et UNESCO, 2005), p. 256
  2. Bernard Merdrignac, Le sport au Moyen Âge, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2002, p. 193, (ISBN 2868477461)
  3. Présentation du terrain de Matigny
  4. Terrain de Rosières
  5. Terrain du jardin du Luxembourg
  6. Étymologie de peloter sur le dictionnaire en ligne du C.N.R.T.L.
  7. in Le Diable boiteux des romanciers du XVIIIème siècle., éd. Etiemble, t. 1, p. 284
  8. Tripot sur sur le dictionnaire en ligne du C.N.R.T.L.