Pietermaritzburg

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Pietermaritzburg
Hôtel de ville de Pietermaritzburg (1900)
Hôtel de ville de Pietermaritzburg (1900)
Administration
Pays Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud
Province KwaZulu-Natal
District Umgungundlovu
Municipalité Msunduzi
Démographie
Population 177 499 hab. (2001)
Densité 273 hab./km2
Géographie
Coordonnées 29° 22′ S 30° 14′ E / -29.37, 30.23 ()29° 22′ Sud 30° 14′ Est / -29.37, 30.23 ()  
Altitude 596 m
Superficie 64 900 ha = 649 km2
Localisation

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Pietermaritzburg

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Pietermaritzburg

Pietermaritzburg est une ville d'Afrique du Sud, capitale de la province du KwaZulu-Natal. Elle est familièrement appelée tout simplement « Maritzburg » ou encore sous ses initiales de PMB.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Plusieurs lignes ferroviaires desservent la Gare de Pietermaritzburg.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation de Pietermaritzburg[modifier | modifier le code]

Church street à la fin du XIXe siècle

Au temps de l'Empire zoulou, le site de la future ville de Pietermaritzburg était un lieu-dit appelé Umgungundlovu (« place des éléphants »)

La ville est fondée en 1838 sous l'appellation Pieter Mauritz Burg par les Voortrekkers, à la suite de la bataille de Blood River[1] et rend hommage à Piet Retief, un chef boer tué peu de temps auparavant par les Zoulous ainsi qu'à Gert Maritz. L'appellation actuelle date de mars 1839.

La capitale de la république boer de Natalia[modifier | modifier le code]

Elle fut la capitale de l'éphémère république boer de Natalia, avant de devenir celle du Natal après l'annexion de cette colonie en 1843 par les Britanniques.

La capitale du Natal puis du KwaZulu-Natal[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni fit de Pietermaritzburg le siège de son administration dans la colonie du Natal.

Fort Napier fut alors construit pour abriter une garnison.

En 1846, le Natal Witness, premier journal de la colonie, fut publié.

En 1872, un jardin botanique de 46 hectares fut aménagé.

Le prince impérial[modifier | modifier le code]

En 1879, le jeune prince impérial, Louis-Napoléon, fils de Napoléon III, officier de l'armée britannique est stationné à Pietermaritzburg. Il vient ainsi remercier l'hospitalité de la reine Victoria en venant combattre les zoulous au sein de l'armée britannique. Il est tué par les zoulous au cours d'une reconnaissance après une résistance héroïque mais vaine.

L'impératrice Eugénie de Montijo viendra se recueillir sur les lieux du décès de son fils quelques mois plus tard.

Gandhi[modifier | modifier le code]

C'est à Pietermaritzburg que le futur Mahatma Gandhi, alors avocat indien, est expulsé du train dans lequel il voyageait parce qu'il n'était pas blanc et qu'il voyageait en première classe. Aujourd'hui, une statue en bronze de Gandhi trône sur Chuch Street au centre-ville.

Une capitale provinciale[modifier | modifier le code]

Parlement du KwaZulu-Natal à Pietermarizburg
L'université du KwaZulu-Natal
L'église du vœu (1841)
Maison restaurée et reconstituée d'Andries Pretorius (1843)
Statue de Piet Retief,
œuvre de Coert Steynberg (1962)
Musée Voortrekker
Maison victorienne
(Comrades Marathon House)

En 1893, le Natal forme son premier gouvernement. Un parlement est construit près de l'hôtel de ville.

En 1901, des camps de concentration regroupant des enfants et des femmes boers furent aménagés dans la région.

Au cours du XXe siècle, Pietermaritzburg gardera son statut de capitale administrative du Natal bien qu'éclipsée par le grand port économique de Durban située à 80 km au sud.

En 1994, elle doit partager son statut de capitale de la nouvelle province du Kwazulu-Natal avec Ulundi, l'ancienne capitale du bantoustan du Zoulouland.

Pietermaritzburg devient ainsi le siège du parlement alors qu'Ulundi est le siège du gouvernement et de l'administration centrale mais les infrastructures de la ville zoulou se révèlèrent rapidement insuffisantes pour assumer une telle charge.

En 2004, le choix de Pietermaritzburg comme capitale unique du KwaZulu-Natal est imposé par le nouveau gouvernement ANC de la province.

Démographie[modifier | modifier le code]

La ville compte 230 000 habitants et fait partie de la nouvelle municipalité de Msunduzi qui compte 600 000 habitants (75 % noirs).

Politique[modifier | modifier le code]

Des élections générales sud-africaines de 1910 à celles de 1989, l'arrondissement de Pietermaritzburg est constitué de deux circonscriptions parlementaires, Pietermaritzburg Nord (reconfiguré et appelé Pietermaritzburg City de 1938 à 1970) et Pietermaritzburg Sud (re-délimité au sein d'un district de Pietermaritzburg jusqu'en 1970). En 1974, la délimitation des circonscriptions revient aux divisions nord et sud.
Durant cette période, la franchise électorale accordée aux hommes blancs en 1910 lors de la fondation de l'Union de l'Afrique du Sud a été étendue aux femmes blanches en 1931. A Pietermaritzburg, c'est un électorat blanc très nettement dominé par les anglophones. Politiquement, ceux-ci se tournent d'abord vers les candidats loyalistes qui font passer les intérêts de l'empire britannique avant ceux de l'Union. De 1915 à 1929, le parti travailliste s'impose comme autre force politique, et lors des élections générales sud-africaines de 1920, son candidat remporte la circonscription de Pietermaritzburg-nord qu'il perd en 1929 à cause de la scission interne du parti au plan national[2].
Au début des années 30, la Grande Dépression et le Statut de Westminster accordé à l'Union sud-africaine divisent l'électorat loyalistes entre les impérialistes et les unionistes. De 1933 à 1948, le parti du Dominion et le parti uni sont les deux principales forces politique à se disputer les circonscriptions. La Seconde Guerre mondiale rapproche les deux formations qui finissent par s'allier et s'unir, permettant aux électeurs des 2 circonscriptions de Pietermaritzburg de resserrer leurs suffrages sur les candidats du parti uni, lors des élections générales sud-africaines de 1948, pour faire face aux candidats républicains et pro-apartheid du parti national. Durant les 20 années qui suivent, les deux circonscriptions de Pietermaritzburg sont des bastions du parti uni, parfois mêmes incontestées par le parti national (1961), mais lors des élections générales sud-africaines de 1974, l'éclatement de l'opposition redistribue les cartes électorales. L'électorat évolue et devient moins loyaliste, plus conservateur et plus afrikaner sans remettre en cause toutefois la domination des anglo-sud-africains. Lors du référendum sur la République en 1961, les électeurs de Pietermaritzburg votent non à une écrasante majorité (à 92 % dans la circonscription de Pietermaritzburg city et à 94,9 % dans celle du district) alors que le pays vote oui[2].
L’émergence du parti progressiste sur la gauche et la vitalité du parti national sur la droite prennent cependant en tenaille les candidats du parti uni qui perdent des suffrages d'élections en élections. En 1977, Danie Schutte du parti national remporte la circonscription de Pietermaritzburg nord avant d'être battu lors des 1981 par Graham McIntosh du parti fédéral progressiste (PFP). McIntosh et M.A. Tarr, le député (PFP) de Pietermaritzburg-sud sont, à leur tour, tous deux battus par les candidats du parti national (dont Danie Schutte) lors des élections suivantes en 1987[3]. Pour la première fois depuis 1948, Pietermaritzburg se retrouvait au diapason avec le reste de l'Afrique du Sud blanche même si les deux circonscriptions majoritairement anglophones ont toujours rejeté le nationalisme afrikaner que la victoire du parti national en 1987 est celle d'un nationalisme tempéré et réformiste, proche des positions du parti uni des années 30[2]. Un an plus tard, lors des élections municipales de 1988, le parti national fait coup double en remportant la ville[4].

Néanmoins, lors des élections générales sud-africaines de 1989, Robert Haswell reprend la circonscription de Pietermariztburg-sud pour le parti démocratique (DP) tandis que Mike Tarr, lui aussi du DP et fils de Ashton Tarr, maire de Pietermaritzburg en 1975, s'impose dans la circonscription nord face à Danie Schutte. Haswell rallie le congrès national africain (ANC) en 1992 devenant l'un des 5 premiers parlementaires de l'ANC. En 1995, il est le premier maire ANC de Pietermariztburg et est, jusqu'en 2010, gestionnaire de la municipalité de Msunduzi dans laquelle est intégrée Pietermarizburg depuis 2000. De son côté, Mike Tarr rallie d'abord l'Inkatha Freedom Party en 1993 puis l'ANC en 2002 avant d'être le maire de Msunduzi en 2010 et 2011.

Si la ville historique est plutôt tournée vers l'alliance démocratique, le district municipal est dominé actuellement par l'ANC.

Université[modifier | modifier le code]

En 1909, le collège universitaire du Natal est fondé. En 1922, il absorbe l'institut technique de Durban. En 1949, les deux entités forment la nouvelle université du Natal, bastion de l'opposition libérale au gouvernement d'apartheid et une des premières universités à s'ouvrir aux noirs.

En 2004, l'université du Natal fusionne avec l'université de Durban-Westville pour devenir l'université du KwaZulu-Natal.

Architecture et Tourisme[modifier | modifier le code]

Bien que fondée par des boers, Pietermarizburg est d'architecture victorienne et présente un véritable intérêt touristique et historique pour ceux qui sont intéressés par les guerres anglo-zoulous et anglo-boers. C'est une ville agréable, commerçante possédant plusieurs rues piétionnières animées.

Les touristes ne manqueront pas d'admirer l'hôtel de ville (1900) en brique rouge à l'angle de Church et Commercial Street ainsi que l'église du vœu (1841) édifiée en souvenir du serment d'allégeance formulé par les Voortrekkers à la veille de la bataille de Blood River.

Ils visiteront le musée des Voortrekkers où notamment une salle est consacrée à Louis-Napoléon et à la présence française au Natal.

Ils pourront se promener dans le « garden of remembrance », qui rassemble plusieurs monuments consacrés à la guerre des boers et aux guerres mondiales, puis admirer les beaux édifices et les belles villas victoriennes comme l'Old Colonial Building précédée d'une statue de Gandhi (1990), la Macrorie House (1869) sur Pine Street, Allard House et la chapelle Ste Mary sur Loop Street.

Odonymie[modifier | modifier le code]

En 2005, dix-neuf noms de rues du centre-ville ont changé de nom pour un montant de 350 mille rands (42 372 euros).

Anciens noms Nouveaux noms depuis 2005[5]
Baynes Drift Road[6] Chief Mhlabunzima Road
Berg Street Hoosen Haffejee Street
Bishopstowe Road Harriette Colenso Road
Chapel Street Peter Kerchhoff Street
Commercial Road [7] Albert Luthuli Street
Duncan Mckenzie Drive[8] Peter Brown Drive[9]
Durban Road Alan Paton Avenue
East Street Masukwana Street
Edendale Road Moses Mabidha Road et Selby Msimang Road
Longmarket Street Langlibalele Street
Loop Street Jabu Ndlovu Street
Murray Road (en partie)[10] Gladys Manzi Road
New Greytown Road Bhambatha Road
Newport Drive Archie Gumede Drive
Old Greytown Road Chota Motala Road[11]
Richmond Road Reggie Hadebe Road
Slangspruit Road Skhumbuzo Ngwenya Road
Sweetwaters Road Mbubu Road
333 Church Street AS Chetty building

Sport[modifier | modifier le code]

Chaque mois de janvier, une course marathon en canoë est organisée entre Pietermaritzburg et Durban, sur les rivières Msunduzi et Mgeni à travers la vallée des milles collines jusqu'au barrage d'Inanda (Inanda Dam) puis jusqu'à l'embouchure de la rivière Mgeni.

Depuis 1921, au mois de juin, une course à pied appelée "Comrades Marathon" est organisée entre Pietermaritzburg et Durban.

En avril 2009, Pietermaritzburg est l'hôte d'une coupe du monde de vélo de montagne sanctionnée UCI. Chaque année une manche de l'UCI Mountain Bike World Cup y est organisée.

Environs et desserte[modifier | modifier le code]

La ville est un point d'accès aux Midlands et aux Champs de bataille du Natal.

Elle est desservie principalement par l'aéroport de Durban (ex-Louis Botha Airport).

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Robert Haswell, Pieter Mauritz Burg: the genesis of a Voortrekker hoofdplaats,
  2. a, b et c John Laband et Robert Haswell, [_id=137 Pietermaritzburg 1838-1988: a new portrait of an African city], Pietermaritzburg: University of Natal Press and Shuter & Shooter, 1988, pp 198-200
  3. Minister en 2 Adjunkte verslaan, Die Burger, 7 mai 1987
  4. Botha Party Leads in Municipal Election, New York Times, 27 octobre 1988
  5. Adrian Koopman et John Deane, New names for old Transformation in the streets of Pietermaritzburg
  6. Joseph Baynes (1842-1925) était un fermier, un homme d'affaires et un homme politique local, notamment député au parlement du Natal (1880-1910) et ministre des affaires foncières de la colonie du Natal (1903-1904)
  7. Commercial Road fut d'abord appelé Nelstraat, du nom du voortrekker qui organisa l'agencement des rues de la ville, puis prit le nom de Leathern Street, d'après le nom du maire de Pietermaritzburg, William Leathern (1804-1858).
  8. Le brigadier-général Duncan Mckenzie, chevalier de la légion d'honneur, était un soldat britannique qui a participé à la guerre des Boers, à la répression de la rébellion Bhambatha en 1906 et à la Première Guerre mondiale - Article de Stephen Coan, [_id=53983], 18 janvier 2011, The Witness
  9. Peter McKenzie Brown, petit-neveu de Duncan Mckenzie, est l'un des fondateurs du parti libéral.
  10. Thomas Keir Murray (1855-1936) est un fermier, un homme politique local du XIXe siècle qui fut ministre des Terres et du Travail, secrétaire colonial, membre de l'assemblée de la colonie du Natal (1886-1902) et commandant des Murray's Scouts durant la seconde guerre des Boers.
  11. Mahomed Chota Motala est un vétéran de l'ANC, ambassadeur d'Afrique du Sud au Maroc de 1996 à 1999, mort le 20 mai 2005 à l'âge de 83 ans

Liens externes[modifier | modifier le code]