Zoulous
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| Zoulous du Natal en habit traditionnel | ||||||||||||||
| Populations significatives par régions | ||||||||||||||
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| Population totale | ||||||||||||||
| 11 183 000 | ||||||||||||||
| Langue(s) | ||||||||||||||
| Zoulou | ||||||||||||||
| Religion(s) | ||||||||||||||
| christianisme, religions traditionnelles | ||||||||||||||
Les Zoulous sont un peuple d'Afrique Australe en partie sédentarisé ; cette ethnie se trouve en Afrique du Sud.
Le peuple zoulou (son nom vient de l’expression ama zoulou le peuple du ciel) fut unifié par le roi Chaka, qui fit de son clan de 1 500 personnes une nation redoutable par la conquête et l'assimilation. L'unification zouloue est en partie responsable du mfecane, la vague chaotique d'émigration de clans au-delà des rivières Tugela et Pongola, nouvelles limites du KwaZulu.
Reconnus pour leur armée formidable (le impi), les Zoulous se heurtent aux colons boers et à l'armée britannique au XIXe siècle (noter la victoire zouloue à la bataille d'Isandhlwana pendant la guerre anglo-zouloue de 1879). La majeure partie des Zoulous aujourd'hui sont cultivateurs, mais l'urbanisation en a attiré un grand nombre au cours du XXe siècle. Les Zoulous urbains se trouvent principalement au Witwatersrand, zone minière dans la province de Gauteng comprenant Johannesburg ; et à Durban (dont le nom zoulou est eThekwini), port important du KwaZulu-Natal. La vannerie, la garniture de perles, et le chant zoulous sont célèbres.
Sur le plan politique, les Zoulous sont actuellement profondément divisés entre partisans du Congrès national africain (ANC) et ceux du Parti de la Liberté Inkatha (IFP). De violentes émeutes éclataient entre ces partis en attendant la première élection de l'après-apartheid. L'IFP l'a emportée au KwaZulu-Natal, mais son vote est légèrement en recul aux élections récentes. Depuis quelques années l'IFP s'est joint à une coalition d'unité avec l'ANC.
Sommaire |
[modifier] Histoire
La patrie d'origine des Zoulous semble se situer dans la région de la Tanzanie moderne. Leur présence en Afrique du Sud remonte au XIVe siècle. Tout comme les Xhosas qui se sont installés en Afrique du Sud au cours des vagues migratoires bantoues antérieures, les Zoulous ont assimilé de nombreux sons des langues san et khoï, celles des premiers habitants de la contrée. De ce fait, le zoulou et le xhosa ont préservé de nombreuses consonnes à clics (sons qu'on ne rencontre qu'en Afrique du Sud), en dépit de l'extinction de nombreuses langues san et khoï.
Le zoulou, comme toutes les langues indigènes d'Afrique du Sud, était une langue orale jusqu'à l'arrivée de missionnaires européens, qui l'ont transcrit en utilisant l'alphabet latin. Le premier document rédigé en zoulou fut une traduction de la Bible, parue en 1883. En 1901, John Dube, un zoulou du Natal, créa le Ohlange Institute, le premier établissement d'enseignement indigène d'Afrique du Sud.
[modifier] Les origines
Les zoulous étaient à l’origine un clan mineur, fondé en 1709 par kaNtombhela Zoulou, dans ce qui est aujourd’hui le KwaZulu-Natal. Ils appartenaient au groupe des Nguni qui occupait la région. Les Nguni ont migré de la côte est de l’Afrique et se sont installés en Afrique du Sud aux alentours de 800 après J.-C.
[modifier] Le Royaume zoulou
Les Zoulous créent en 1816 un puissant royaume sous le conquérant Chaka qui, doté comme ses prédécesseurs d'un large pouvoir sur la tribu, mène l'armée du puissant Empire Mweta, prend la suite de son mentor Dingiswayo et fait d'une confédération de tribu hétérogènes un empire sous l'hégémonie zouloue.
[modifier] Guerre contre les Anglais
Le 11 décembre 1878, les Britanniques délivrèrent un ultimatum aux 14 chefs représentant Cetshwayo. Les clauses de l’ultimatum étaient inacceptables du point de vue du roi zoulou. Les forces britanniques traversèrent la rivière Thukela à la fin de décembre 1878. Le 22 janvier 1879, les zoulous défirent les Britanniques à la bataille d'Isandhlwana mais ils furent a leur tour sévèrement défaits le lendemain à Rorke's Drift. La guerre se termina finalement par la défaite zouloue le 4 juillet 1879 après de grandes difficultés pour les anglais, l'armée zouloue se révélant tenace.
[modifier] Colonisation
Après la capture de Cetshwayo un mois après la défaite, les Britanniques divisent le royaume zoulou en 13 potentats. Ces petits royaumes se combattent jusqu'à ce qu'en 1883 Cetshwayo soit réinstallé comme roi du Zululand. Les combats ne cessent pas et le roi est forcé de fuir son territoire par Zibhebhu, l'un des treize roitelets, soutenu par les mercenaires Boers. Cetshwayo meurt en février 1884, peut-être empoisonné, et son fils de quinze ans, Dinuzulu, lui succède. Les guerres intestines se poursuivent pendant des années, jusqu'à l'absorption définitive du Zululand dans la colonie du Cap.
[modifier] Les années de l’Apartheid
[modifier] Le Bantoustan du KwaZulu
Sous l’Apartheid, le Bantoustan du KwaZulu (Kwa signifiant terre de) fut créé en 1970 sous le nom de Zululand (il prit son nom actuel en 1977). On prévoyait que tous les zoulous deviendraient citoyens du KwaZulu, perdant ainsi leur citoyenneté sud-africaine. La patrie ainsi crée était composée d’une multitude de terres éparses. Des centaines de milliers de zoulous vivant en dehors du KwaZulu furent dépossédés et furent déplacés par la force dans de moins bonnes terres. En 1993, environs 5,2 millions de zoulous vivaient dans le KwaZulu et environ 2 millions dans le reste de l’Afrique du Sud.[réf. nécessaire] Le ministre en chef du KwaZulu fut, de sa création en 1970 jusqu’en 1994, Mangosuthu Buthelezi. En 1994, la province du Natal fut rattachée au KwaZulu, le tout formant désormais, le KwaZulu-Natal.
[modifier] Inkatha Freedom Party
En 1975, Buthelezi recréa le Inkatha YaKwaZulu, prédécesseur du Inkatha Freedom Party (ou IFP). Cette organisation était théoriquement un mouvement de protestation contre l’apartheid, mais plus conservatrice que l’ANC. Par exemple, Inkatha était opposé à la lutte armée et aux sanctions contre l’Afrique du Sud. Inkatha était à l’origine en bons termes avec l’ANC, mais les deux organisations entrèrent en opposition en 1979 suite aux émeutes de Soweto.
À cause de ses positions de plus en plus en faveur du gouvernement de l’apartheid, Inkatha fut la seule grande organisation reconnue comme représentative des opinions des noirs sud-africains par le gouvernement de l’apartheid : l’ANC et les autres mouvements furent bannis. À la différence des leaders du Transkei, du Ciskei, du Bophuthatswana et du Venda, Buthelezi n’a jamais accepté la pseudo-indépendance offerte lors de la politique du Separate Development, en dépit de fortes pressions de la part du gouvernement blanc.[réf. nécessaire]
[modifier] Violence politique
Dès 1985, des membres de mouvements d’opposition s’engagèrent dans des luttes sanglantes. La violence politique apparut d’abord entre les membres du Inkatha et de l’ANC, ce qui donna lieu à des atrocités commises des deux côtés. On suppose qu’elles furent alimentées par le gouvernement de l’apartheid a travers une aide plus ou moins directe à l’Inkatha.[réf. nécessaire] Les violences continuèrent tout au long des années 80 et s’accentuèrent dans les années 90 lors des premières élections nationales de 1994.
[modifier] Les Zoulous aujourd'hui
Le départ des hommes, obligés de s'en aller à la recherche d'un travail, a provoqué l'éclatement de la cellule familiale, sur laquelle reposait l'organisation sociale zouloue. Et la polygamie, qui était naguère la règle, est devenue l'exception : il est difficile dans les conditions économiques d'aujourd'hui d'entretenir plusieurs épouses.
[modifier] Musique
"SIYAHAMBA" on trouve beaucoup de document sur ce chant(sur internet) et chanté par beaucoup de chorales en France !• Siyahamba (Afrique du Sud, chant traditionnel zoulou). Certains affirment que les Zoulous ont développé une tradition vocale extraordinaire parce que, faute d'arbres de grande taille, ils ne pouvaient fabriquer d'instruments. Cette tradition a évoluée, intégrant les chants religieux à quatre voix apportés par les colonisateurs européens. Siyahamba s'inscrit dans le courant des chants de dévotion a capella. Ses paroles signifient: "Nous marchons dans la lumière de Dieu".
[modifier] Langue
[modifier] Religion
[modifier] Notes
[modifier] Voir aussi
- Chaka
- Royaume zoulou
- KwaZulu
- Zoulouland, le territoire
- Zoulouland, une bande-dessinée retraçant l'histoire de la guerre anglo-zouloue ainsi que l'histoire de Chaka Zulu.
- Zoulou
- Démographie de l'Afrique du Sud
- Liste des groupes ethniques d'Afrique
[modifier] Bibliographie
[modifier] Ouvrages anciens
(ordre chronologique)
- (en) Nathaniel Isaacs, Travels and adventures in eastern Africa, descriptive of the Zoolus, their manners, customs, etc. etc. : with a sketch of Natal, Edward Churton, Londres, 1836, 2 vol.
- (fr) Adulphe Delegorgue, Voyage dans l'Afrique Australe : notamment dans le territoire de Natal dans celui des Cafres Amazoulous et Makatisses et jusqu'au tropique du Capricorne, exécuté durant les années 1838, 1839, 1840, 1841, 1842, 1843 & 1844, A. René, 1847, 2 vol.
- (en) Henry Callaway (R. P.), The religious system of the Amazulu : izinyanga zokubula, or, divination, as existing among the Amazulu, in their own words, J.A. Blair, Springvale (Natal), 1870, 448 p. (rééd. ultérieures)
- (en) David Leslie, Among the Zulus and Amatongas : with sketches of the natives, their language and customs; and the country, products, climate, wild animals, &c. being principally contributions to magazines and newspapers, Wm. Gilchrist, Glasgow, 1875, 436 p.
- (en) James Anson Farrer, Zululand and the Zulus : their history, beliefs, customs, military system, home life, legends, etc., etc., and missions to them, Kerby & Endean, Londres, 1879 (2e éd.), 151 p.
- (fr) Paul Deléage, Trois mois chez les Zoulous et les derniers jours du Prince impérial, E. Dentu, 1879, 370 p.
- (fr) Bénédict Henry Révoil, Les zoulous et les cafres : mœurs, coutumes, guerre avec les anglais, etc., Librairie de J. Lefort, Lille, 1880, 196 p.
- (en) Walter Robert Ludlow, Zululand and Cetewayo : containing an account of Zulu customs, manners, and habits, after a short residence in their kraals, with portrait of Cetewayo, and 28 illustrations from original drawings, Simpkin, Marshall, and Co, Londres, 1882, 219 p.
- (fr) Émile de La Bédollière, Au pays des zoulous et des cafres, Barbou, Limoges, 1882, 88 p.
- (en) Josiah Tyler (Rev.), Forty years among the Zulus, Congregational Sunday-school and publishing society, Boston, Chicago, 1891, 300 p.
[modifier] Écrits contemporains
- (en) Donald R. Morris, The washing of the spears : a history of the rise of the Zulu nation under Shaka and its fall in the Zulu War of 1879, Simon & Schuster, New York, 1971, 1965, 655 p.
- (en) Credo Vusa'mazulu Mutwa, Zulu shaman : dreams, prophecies, and mysteries, Destiny Books, Rochester (Vt), 2003 (éd. 1996 : Song of the Stars), 224 p.(ISBN 9780892811298)
- (en) Jonathan Sutherland et Diane Canwell, The Zulu kings and their armies, Pen & Sword Military, Barnsley (South Yorkshire, England), 2004, 198 p. (ISBN 9781844150601)
- (en) Alex Zaloumis, Zulu tribal art, AmaZulu Publishers, Le Cap, 2000, 301 p.
- (fr) Véronique Faure, Ethnicité et stratégies nationalistes : les Zoulous et l'Inkatha, Université de Bordeaux 4, 1996, 2 vol., 712 p.
- (fr) Philippe Gervais-Lambony, L'Afrique du Sud et les États voisins, Paris, Masson & Armand Colin Editeurs, 1997, 253 p.
- (fr) François Lafargue, Les Zoulous en Afrique du Sud : Eveil d'un pays, réveil d'une ethnie, Centre de recherches et d'analyses géopolitiques, 1996, 708 p.
- (fr) Tidiane N'Diaye, L'Empire de Chaka Zoulou, L'Harmattan, Paris (Collection Études africaines) 2002, 250 p.
- (fr) Tidiane N'Diaye, L'Éclipse des Dieux, Editions du Rocher, Paris 2004, 317 p.
- (fr) Sylvain Guyot, Rivages zoulous : l'environnement au service du politique en Afrique du Sud, Karthala, 2006, 250 p. (ISBN 9782845867673)
- (fr) John Mack, Les Zoulous, Granger frères, 1981, 48 p. (ISBN 9780885515035)
- (fr) Jean Sévry, Chaka, empereur des Zoulous : histoire, mythes et légendes, L'Harmattan, 1991, 251 p. (ISBN 9782738408365)
[modifier] Discographie
- (fr) Colenso Abafana Benkokhelo, Afrique du Sud : polyphonies Zulu, Buda Records, Paris, 1997 (CD)
- (en) Spirit of the Zulu, Traditional Music Of The Zulu & North Sotho, The Gold Collection, 2005 (2 CD)
[modifier] Filmographie
- (en) Zoulou, film britannique réalisé par Cy Endfield (1964)
- (en) L'Ultime attaque (Zulu Dawn), film américain de Douglas Hickox (1979)
- (fr) Ubuhle Bembali (La beauté des fleurs), film documentaire musical français d'Emmanuelle Bidou, Ministère de la culture et de la communication, Centre national de la cinématographie, Paris, 2002, 57’ (VHS)
- (fr) Amours zoulous, film documentaire français d'Emmanuelle Bidou, 2004 ?, 52'
[modifier] Liens externes
- (en) Zulu Information (Arts & Life in Africa, The University of Iowa)
- (en) Chronology for Zulus in South Africa (fiche du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 2004)

