La Pietà (Michel-Ange)

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La Pietà
La Pietà
La Pietà
Artiste Michel-Ange
Date 1498 — 1499
Type Statue en marbre
Technique Sculpture
Dimensions (H × L × l) 174 × 195 × 69 cm 951[Quoi ?]
Localisation Basilique Saint-Pierre (Drapeau du Vatican Vatican)
Coordonnées 41° 54′ 08″ N 12° 27′ 12″ E / 41.902222, 12.45333341° 54′ 08″ N 12° 27′ 12″ E / 41.902222, 12.453333  

Géolocalisation sur la carte : Vatican

(Voir situation sur carte : Vatican)
La Pietà (Michel-Ange)

La Pietà est une statue en marbre de Michel-Ange de la basilique Saint-Pierre du Vatican à Rome, représentant le thème biblique de la « Vierge Marie douloureuse » (Mater dolorosa en latin ou Pietà), tenant sur ses genoux le corps du Christ descendu de la Croix avant sa Mise au tombeau, sa Résurrection et son Ascension.

La sculpture est une commande du cardinal français Jean Bilhères de Lagraulas, dit aussi Jean Villiers de la Groslaye, abbé de la basilique Saint-Denis, cardinal et ambassadeur de France auprès du pape, « à la vie irréprochable et à la foi sérieuse »[1]. Elle était destinée à orner le monument funéraire en mémoire du roi défunt Charles VIII, mort le 7 avril 1498, dans la chapelle Santa Petronilla, dite « des rois de France » de l’ancienne basilique Saint-Pierre. Le contrat pour la Pietà fut signé le 27 août 1498 pour une somme de quatre cent cinquante ducats d'or en monnaie pontificale. Elle était achevée au printemps 1499[2].

Composition[modifier | modifier le code]

Ce qui est frappant en regardant cette œuvre est l'âge de la Vierge particulièrement jeune. Contrairement à d'autres Pietà, comme celle dite de Villeneuve-lès-Avignon d'Enguerrand Quarton ou celle de Bronzino, Michel-Ange donne plus d'importance à la beauté de la Vierge qu'à sa douleur.

Ce mélange entre la beauté païenne et la religion est une caractéristique que l'on retrouve très fréquemment dans l'œuvre, voire dans la vie, de l'artiste.

Le Christ quant à lui est représenté selon son âge et semble donc plus vieux que sa mère. Michel-Ange s'en est expliqué à Ascanio Condivi : « Ne sais-tu pas que les femmes chastes se conservent beaucoup plus fraîches que celles qui ne le sont pas ? Combien plus par conséquent une vierge, dans laquelle jamais n'a pris place le moindre désir immodeste qui ait troublé son corps… ».

Comparé à la Vierge, le corps du Christ apparaît un peu petit, donnant ici encore de l'importance à Marie. Le corps de Jésus forme un S qui s'équilibre avec le reste de la sculpture, notamment avec les riches drapés du vêtement de la Vierge. Le bras droit du Christ tombe naturellement. La Vierge semble y répondre par le geste paume ouverte de son bras gauche.

La position des deux mains de Marie est fondamentale pour la compréhension de l’œuvre. La main droite, crispée, mobilise toutes les forces de Marie pour retenir le corps de son fils. La main gauche, avec la paume ouverte, l’index tendu, le majeur ainsi que l’annulaire légèrement repliés, atteste de la nature douce et charitable de la Vierge Marie, de son pardon (main tendue), mais aussi de son malheur (majeur et annulaire repliés).

Jésus ne bouge pas car il est déjà mort sur sa croix qu'il avait lui-même portée jusqu'au mont Golgotha à l'endroit qui a servi de scène à sa crucifixion.

Présentation[modifier | modifier le code]

  • Représentation : La Vierge Marie assise sur un rocher, tenant le Christ mort sur ses genoux.
  • Date de réalisation : entre 1498 — 1499.
  • Emplacement d'origine et actuel : Basilique Saint-Pierre de Rome
  • Outils : ciseau et marteau à sculpture
  • Dimensions : 1,74 m de hauteur ; 1,95 m de longueur, 0,69 m de largeur.
  • Destinataire : le cardinal français Jean Bilhères de Lagraulas.
  • Notoriété : La Pietà est une des plus célèbres œuvres d'art de tous les temps, qui a assuré la notoriété de Michel-Ange.

Les symboles[modifier | modifier le code]

  • La forme de la sculpture est triangulaire: le triangle est le symbole de la Sainte Trinité. Cette forme permet également de mettre en valeur le visage de la Vierge.
  • Le visage du Christ n'exprime aucune souffrance, celui de la Vierge aucune tristesse : elle est recueillie et accepte la volonté divine.

Les petites imperfections[modifier | modifier le code]

  • La taille des personnages : debout, la Vierge serait beaucoup plus grande que le Christ (imperfection ou traduction symbolique, ou même construction perspective, le groupe étant vu d'en bas).
  • Les genoux de la Vierge sont désaxés, ce qui forme un socle pour le Christ.
  • L'âge des personnages : les deux personnages sont très jeunes, alors que la Vierge devrait logiquement être plus âgée. Mais ceci est volontaire : Michel-Ange avait dit : « La mère devait être jeune, plus jeune que son fils pour paraître éternellement vierge, tandis que son fils, qui a pris notre nature humaine, doit être, dans le dépouillement de la mort, un homme comme les autres ».

Divers[modifier | modifier le code]

  • Michel-Ange créa une sorte de contraste entre la Vierge et le Christ : le corps du Christ est très fluide et poli, contrairement au manteau de la Vierge qui contient des plis profonds.
  • Le Christ forme une diagonale.
  • La sculpture est en ronde bosse, c'est-à-dire que toutes les différentes parties ont tous leurs contours.
  • La Pietà est la seule œuvre signée par l'artiste (Signature MICHAL.AGELUS BONAROTUS FLORENT.FACIEBAT située sur le bandeau de la Vierge).
  • La Pietà a été sculptée par l'artiste dans un seul bloc de marbre, ce qui souligne bien l'immense talent de Michel-Ange car les erreurs étaient alors impossibles à corriger…
  • Le 21 mai 1972, jour de la Pentecôte, un déséquilibré du nom de Lazlo Toth, a mutilé la sculpture en la frappant de quinze coups de marteau, et a notamment brisé le nez de la Vierge. L'œuvre d'art a depuis été restaurée et est à présent protégée derrière une vitre blindée.
  • Les travaux de restauration de cet acte de vandalisme ont fait apparaître sur la main gauche de la Vierge le monogramme de Michel-Ange resté caché pendant près de 500 ans : un M. dessiné sur la paume avec les lignes de la main.

Citations[modifier | modifier le code]

« Comment main d'artisan a-t-elle pu si divinement accomplir, en si peu de temps, une œuvre aussi admirable ? Cela relève du miracle : qu'un rocher informe ait atteint une perfection telle que la nature ne la modèle que si rarement dans la chair. »

— Giorgio Vasari

[réf. insuffisante]

« J'ai vu un ange dans le marbre et j'ai seulement ciselé jusqu'à l'en libérer. » Michel-Ange[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Famille chrétienne numéro 1800 du 14 juillet 2012, p. 10
  2. Ludwig Goldscheider, Michel-Ange, édition française, Phaedon, 2003

Articles connexes[modifier | modifier le code]