Galaktotrophousa

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Icône russe « Galaktotrophousa », Mlekokapitelniza/ Икона Божией Матери avant le XVIIIe siècle.

Une icône Galaktotrophousa (« Panagia è Galaktotrophousa », Παναγια Γαλακτοτροφουσα, du grec gala (Γαλα) : « lait » et trophein (τροφουσα) : « nourrir », « allaitant ») dite aussi « Lactotrophousa », en latin « Virgo Lactans », en russe Mlekopitatelniza (« Млекопитательница ») et en anglais, « Virgin nursing », italien, « Madonna del latte » ou « Maria che allatta », représente la Vierge Marie allaitant.

Un type pictural[modifier | modifier le code]

La « Madonna Lactans » ou « Galaktotrophousa » est un type iconographique : la Vierge Marie est représentée allaitant l'enfant Jésus.

La plus ancienne image de la Vierge donnant le sein à son bébé, Jésus, est la Vierge Marie allaitant Jésus et le prophète Balaam, une peinture murale de la Catacombe Sainte Priscille, Rome, du IIe siècle. Ce type iconographique galaktotrophousa existe depuis l'époque byzantine, au VIIIe siècle, un peu plus rare en Russie mais très populaire chez les chrétiens d'Orient, et dans l'art copte, car selon les Évangiles et le Livre de l'Apocalypse de Saint Jean, Joseph et Marie s'enfuient en Égypte pour fuir les soldats d'Hérode, dans le désert, où l'Enfant Jésus fut allaité : « Et la femme s'enfuit dans le désert, où elle avait un lieu préparé par Dieu, afin qu'elle y fût nourrie pendant mille deux cent soixante jours. »

Article détaillé : Fuite en Égypte.

Ce type byzantin correspond à la Virgo lactans, la Vierge allaitant reproduite sur les peintures, enluminures, statues. On en trouve une représentation très ancienne au Monastère Sainte-Catherine du Sinaï. Elle est vénérée en Égypte : sa représentation la plus ancienne est celle de Saqqara, Monastère de Saint Jérémie, cellule 1725[1] datant du VIe siècle) ; au Monastère des Syriens de Deir al-Surian[2], en Éthiopie, à Chypre où il existe un Monastère de la Vierge Galaktotrophousa, etc.

Cette représentation picturale de la Vierge est mentionnée par le pape Grégoire le Grand, et une représentation en mosaïque probablement au XIIe siècle se trouve sur ​​la façade de l'église Santa-Maria-in-Trastevere à Rome, bien que quelques autres exemples existent d'avant la fin du Moyen Âge. Elle continue à être trouvée dans les icônes orthodoxes (comme Galaktotrophousa en grec, Mlekopitatelnitsa en russe), en particulier en Russie et aussi en Crète vénitienne.

L'emploi de cette représentation semble s'être accrue avec l'Ordre cistercien au XIIe siècle, dans le cadre de la recrudescence générale dans la théologie mariale et la dévotion et semble-t-il dans la lutte contre les hérésie concernant l'Incarnation.

L'allaitement maternel au Moyen Âge était habituellement confié à des nourrices par les classes moyennes et supérieures, et la représentation a été liée à la Vierge d'humilité, une représentation qui a montrait la Vierge dans des vêtements plus ordinaires que les habits royaux dans les images du couronnement de la Vierge, et souvent assise sur le sol. L'apparition d'un grand nombre de ces représentations en Toscane au début du XIVe siècle aurait été une révolution visuelle pour la théologie de l'époque, par rapport aux représentations ordinaires de la Reine du Ciel et elles étaient aussi très populaires dans la péninsule ibérique. Après le Concile de Trente au milieu du XVIe siècle, les écrivains cléricaux ont déconseillé de représenter la nudité dans les sujets religieux, et l'iconographie « Madonna Lactans » commença à disparaître.

Une variante latine est connue sous le nom de Lactatio de saint Bernard (Lactatio Bernardi en latin) basée sur un miracle ou une vision concernant St Bernard de Clairvaux où la Vierge arrose le saint d'un flux de lait sur ​​les lèvres (dans certaines versions, il est éveillé, priant devant une image de la Madone, dans d'autres représentations il est endormi). Dans l'art, il se met à genoux devant une madone généralement Lactans, et lorsque Jésus prend le sein, la Vierge serre sa poitrine et il est reçoit une giclée de lait à une distance impressionnante. Ce lait a été diversement interprété : il lui aurait donné la sagesse, montre que la Vierge était sa mère (et celle de toute l'humanité en général), ou l'aurait guéri d'une infection oculaire. Sous cette forme, la Vierge allaitant est passée dans l'art baroque.

Un autre type de représentation, aussi obsolète après le Concile de Trente, montre Marie découvrant sa poitrine, dans un geste de supplication traditionnelle des femmes en demandant miséricorde au Christ pour les pécheurs dans Déisis ou dernières scènes de jugement[3].

Références évangéliques[modifier | modifier le code]

« Or il advint, comme Jésus parlait ainsi, qu'une femme éleva la voix du milieu de la foule et lui dit : « Heureuses les entrailles qui t'ont porté et les seins que tu as sucés ! » - Mais il dit : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et l'observent ! » (Évangile de saint Luc 11, 27-28).

Signification[modifier | modifier le code]

Il est possible d'effectuer une comparaison entre le lait de la vie sortant de la poitrine et du cœur de Marie et la parole de Jésus dans le récit de sa Passion : « J'ai soif », puis le sang jaillissant de la plaie du côté de Jésus-Christ, donnant vie à l'Église, et à toute l'humanité assoiffée de salut et de miséricorde. Les textes byzantins font de nombreuses allusions à ce thème dans les homélies et les hymnes. Le lait symbolise aussi la Parole de Dieu et l'évangile.

« Depuis le temps où Jésus, en mourant sur la Croix, a dit à Jean « Voici ta Mère » ; depuis le temps où ‘le disciple la prit chez lui’, le mystère de la Maternité spirituelle de Marie a eu son accomplissement dans l’histoire avec une ampleur dans limite… Maternité veut dire sollicitude pour la vie du fils. Or donc, si Marie est mère de tous les hommes, son empressement pour la vie de l’homme est de portée universelle. L’empressement d’une mère embrasse l’homme tout entier. La maternité de Marie commence par sa sollicitude maternelle pour le Christ. Dans le Christ, au pied de la Croix, elle a accepté Jean, et elle a accepté tout homme et tout l’homme. Marie les embrasse tous avec une sollicitude particulière dans l’Esprit Saint. C’est Lui, en effet, comme nous le professons dans le ‘Credo, celui qui ‘donne la vie’. C’est Lui qui donne la plénitude de la vie ouverte vers l’éternité. La maternité de Marie est donc une participation à la puissance de l’Esprit Saint, de celui qui ‘donne la vie’. Elle est en même temps l’humble service de celle qui dot d’elle même : ‘Voici la servante du Seigneur’ »

Luc 1, 38 (Jean Paul II, homélie à Fatima, 13 mai 1982).

Légende[modifier | modifier le code]

  • Selon la tradition, Marie et son fils se réfugient dans une la grotte, appelée « la Grotte du lait », située très près du lieu où aujourd'hui est construit l'église de la Nativité, à Bethléem.
  • Le chardon-Marie (silybum marianum) est le symbole de la lactation de la Vierge : selon la légende la Vierge Marie, cacha sous les feuilles d'un grand chardon l'Enfant Jésus aux soldats d'Hérode et quelques gouttes de lait tombèrent sur les feuilles, qui en ont gardé marque blanche sur les nervures. Cette plante favoriserait la lactation.

D'autres thèmes[modifier | modifier le code]

Les catholiques ont également représenté dès le Moyen Âge la Vierge allaitante (Virgo lactans).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]