Ælia Capitolina

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31° 46′ 32″ N 35° 13′ 52″ E / 31.77568, 35.23104

Ruines du cardo d'Ælia Capitolina dans la vieille ville de Jérusalem
Le plan de Jérusalem selon la carte de Madaba (fin du VIe siècle). Le cardo maximus à double portique traverse presque toute la ville, depuis la porte de Damas (à gauche) et vient buter au sud (à droite sur la carte) sur les églises chrétiennes qui ont été construites à partir du IVe siècle. (Voir La carte de Madaba, sur interbible.org.)
Les deux paires de routes principales : cardo (nord-sud) et Decumanus (est-ouest) dans Aelia Capitolina. Les deux cardines convergeaient sur une place semi-circulaire près de la Porte de Damas.

Ælia Capitolina (en latin : Colonia Ælia Capitolina) est le nom donné à Jérusalem par l'empereur Hadrien (Ælius Adrianus), après qu'il l'a en partie rebâtie en 131 et fait occuper par une colonie romaine.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

« Aelia » vient du nom gentilice de la famille d'origine d'Hadrien, Aelius, alors que « Capitolina » indique que la nouvelle cité est dédiée à Jupiter Capitolin, dieu suprême pour lequel Hadrien avait une dévotion particulière et pour lequel les Romains construisirent un temple sur le site du Temple de Jérusalem.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'établissement de cette cité résulte de l'échec de la révolte de Bar Kokhba entre 132 et 135 en Judée. En représailles Jérusalem est entièrement détruite.

La nouvelle ville d'Ælia Capitolina est construite sur l'emplacement de Jérusalem dans des dimensions plus petites que la ville juive, sur le plan d'une colonie romaine[1]. Son plan, est donc fait d'un quadrillage de cardos et de decumanus, dont la principale voie, le Cardo Maximus, flanquée de colonnes et d'échoppes, se termine vers l'emplacement actuel de la rue David. La Chôra de la ville s'étend désormais de l'ancienne frontière de Judée et de Samarie vers le nord, jusqu'à la mer Morte et Hébron vers le sud et jusqu'au territoire de Éleuthéropolis, de Nicopolis et de Diospolis : 80 petites villes et villages y sont inclus[1]. La population d'Aelia Capitolina est désormais composée de vétérans de la Ve légion Macedonia, mais aussi de Grecs et de Syriens en général[1]. Pour sa part, la Xe) légion romaine reconstuit son camp et forme aussi le cœur de la population de la ville[1].

Les Juifs, toutes tendances confondues sont expulsés de la ville comme de l'ensemble de la Chora[1]. Ils y sont interdits de droit de cité sous peine de mort[1] jusqu'à une date inconnue. Cette mesure pourrait avoir été assouplie sous le règne d'Antonin le Pieux. Selon la tradition chrétienne, c'est après cette expulsion que la ville de Jérusalem aurait eu pour la première fois un « évêque » non-circoncis. C'est probablement aussi à partir de ce moment que se forme pour la première fois une église rattaché au mouvement paulinien. Les survivants du mouvement nazôréen créé par Jésus ont été expulsés de la ville avec les autres juifs.

Lorsque l'empereur Constantin adopte le christianisme comme religion personnelle, avant que celle-ci deviennent avec ses successeurs la seule religion licite de l'empire, Jérusalem retrouve son nom d'origine. La mère de Constantin vient à Jérusalem et avec l'aide de l'évêque de la ville essaye d'identifier les différents lieux qui figurent dans le Nouveau Testament. C'est de cette intervention que découlent la position géographique de nombres de lieux de Jérusalem aujourd'hui, comme par exemple le Golgotha ou le jardin de Gethsemani, bien que certains chercheurs contestent la pertinence des emplacements retenus.

Le nom latin « Aelia » est la racine étymologique du mot arabe « Iliya (إلياء) », qui est un des premiers noms arabes de la ville de Jérusalem.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 522.

Articles connexes[modifier | modifier le code]