Agrippa Ier

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Agrippa Ier
Pièce de monnaie figurant Agrippa Ier vers 42
Pièce de monnaie figurant Agrippa Ier vers 42
Titre
Roi de Batanée (printemps 37)
Prédécesseur Philippe le Tétrarque (inter-règne romain de 34 à 37)
Successeur Empire romain (légat de Syrie)
Roi de Batanée, de Galilée et de Pérée (39)
Prédécesseur Hérode Antipas
Successeur Empire romain (légat de Syrie)
Roi de Judée (janvier 41)
Prédécesseur Marullus (préfet de Judée)
Successeur Cuspius Fadus (procurateur de Judée)
Biographie
Dynastie Hérodiens
Date de naissance ~11 ou 10 av. J.-C.
Date de décès ~44
Père Aristobule IV
Mère Bérénice, fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand
Conjoint Cypros III, fille de Phasaël, neveu d'Hérode le Grand
Enfant(s) Agrippa II, Bérénice, Drusilla, Mariamne

Agrippa Ier (en latin : Marcus Julius Agrippa), parfois appelé Hérode Agrippa, né vers 10 av. J.-C. et mort à Césarée vers 44, est un prince hérodien qui est le dernier roi juif de Judée. Petit fils d'Hérode Ier le Grand, fils d'Aristobule IV et de Bérénice, nièce d'Hérode, il passe son enfance et sa jeunesse à la cour impériale de Rome où il se lie avec les prince impériaux Drusus, fils de Tibère, et Claude avec lesquels il entretient des relations d'amitié.

Tombé en disgrâce à la suite de la mort de Drusus, il mène une vie aventureuse et dispendieuse, s'endettant fortement pour gagner les faveurs de la cour. Rentré en grâce, Tibère le fait tuteur du fils de Drusus et Agrippa se rapproche du prince Caligula. L'avènement de ce dernier au trône marque son élévation à des fonctions royales : roi de Batanée et de Trachonitide en 37, il obtient les anciennes tétrarchie de Philippe II et de Lysanias, puis la Galilée et la Pérée en 39, après la disgrâce et l'exil de son frère Hérode Antipas.

À la suite de l'assassinat de Caligula, il joue à Rome un rôle de premier plan dans l'accession de Claude à la tête de l'empire en 41 et il se voit doté des anciens territoires d'Archélaos, l'Idumée, la Judée et la Samarie, régnant ainsi sur un territoire aussi vaste que l'ancien royaume d'Hérode le Grand.

Porteur d'une double identité juive et romaine, il joue un rôle d'intercesseur en faveur des Juifs auprès des autorités romaines et, sur le plan intérieur, laisse espérer à certains de ses sujets juifs la restauration d'un royaume indépendant. Poursuivant la politique d'évergétisme hérodienne par de grands travaux, il s’aliène néanmoins une partie de ses sujets grecs et syriens tandis que ses ambitions régionales lui valent l'opposition du légat impérial de la province romaine de Syrie, Marsus. Il meurt subitement - peut-être empoisonné - en 44.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Agrippa est le fils d'Aristobule IV, un des enfants d'Hérode Ier le Grand, roi de Judée, et de Mariamne l'Hasmonéenne. Sa mère est Bérénice, fille de Salomé, fille d'Antipater et sœur d'Hérode le Grand, qui est une proche d'Antonia Minor, fille de Marc-Antoine et d'Octavia, sœur d'Auguste[1]. Hérode le Grand est donc à la fois le grand-père paternel et le grand-oncle maternel d'Agrippa, qui nait vers 11 ou 10 avant J.-C., vraisemblablement en Judée[2]. Ses parents marquent le statut romain de ce prince juif en lui donnant le nom d'un proche collaborateur de l'empereur Auguste, Marcus Vipsanius Agrippa mort deux ans plus tôt[1].

Hérode le Grand est un souverain considéré comme un usurpateur cruel par ses sujets mais dévoué à la cause impériale romaine qu'il favorise grandement dans son royaume[3]. Son règne est marqué par les intrigues familiales nombreuses - il a eu dix épouses - et sanglantes[4]. Ainsi, en 29 av. J.-C., le roi exécute son épouse Mariamne[5] par jalousie[3], et, l'année suivante, la mère de celle-ci[4]. En 7 av. J.-C., alors qu'Agrippa n'a que trois ans[6], Hérode fait exécuter son père à la suite d'intrigues de palais qui aboutissent également à l'exécution, trois ans plus tard, d'Antipater - un fils qu'il a eu avec Doris - ainsi qu'à celle de Costobar, grand-père maternel d'Agrippa[7]. Hérode fait en outre disparaitre un grand nombre de membres de la dynastie hasmonéenne et de ses partisans, qui s'en trouve presque anéantie[3]. Le roi épargne cependant les enfants d'Aristobule, les garçons Agrippa, Hérode et Aristobule le Mineur ainsi que les filles Hérodiade et Mariamne[7].

Agrippa descend ainsi à la fois des dynasties hasmonéenne et hérodienne mais la condamnation à mort de son père pour trahison semble l'écarter d'une logique de succession[1].

Cour impériale[modifier | modifier le code]

Buste de Drusus, vers 21

En 5 av. J.-C., le jeune Agrippa est envoyé par Hérode le Grand à la cour impériale de Rome[5] en compagnie de sa mère Bérénice ainsi que de ses frères et sœurs[8]. Il y est soutenu par l'amie de sa mère, Antonia Minor, belle-sœur de Tibère - devenu empereur en 14 - et mère du futur empereur Claude ainsi que par l'impératrice Livie, qui était l'amie de sa grand-mère[6]. Il y est élevé avec les enfants de la famille impériale dont Claude, qui a le même âge que lui, ainsi que Drusus, le jeune fils de Tibère, auquel il s'attache particulièrement[5]. Il vit ainsi toute sa jeunesse dans la capitale de l'empire et connaît personnellement presque tous les membres de la famille impériale. L'avenir d'Agrippa semble alors établi par ses relations privilégiées avec l'héritier présomptif de Tibère et, pour donner le change à ses hôtes, il mène grand train à l'instar de son ami qui a une fâcheuse réputation de prodigalité, d'immoralité et d'excès[9]. Il doit bientôt s'endetter pour assurer cette vie fastueuse[5]. Mais cet avenir s'obscurcit avec la mort de Drusus en 23[10], l'isolant et le laissant démuni face à ses créanciers[11] d'autant que sa mère Bérénice meurt vraisemblablement à la même époque[9]. Après la mort de son fils, Tibère bouleversé, réagit en écartant les amis de celui-ci de sa cour[12].

Agrippa dilapide le reste de sa fortune en essayant de gagner les faveurs des affranchis de Tibère[13] et, âgé d'une trentaine d'année, il quitte précipitamment Rome pour la Judée[11]. La période suivante le voit vivre différentes péripéties et scandales liés au besoin d'assurer son train de vie sans jouir des revenus en conséquence[10].

Retour en Palestine[modifier | modifier le code]

Il se retrouve dans un fort à Malatha d'Idumée, en compagnie de son épouse Cypros, une de ses cousines, fille de Phasaël, dont le père appelé lui aussi Phasaël était le frère d'Hérode le Grand[11] qu'il a épousée probablement aux alentours de 26 et qui lui donne un premier fils prénommé Agrippa[14]. Il y mène une existence modeste loin du faste de la cour impériale et y pense même au suicide[12]. Toutefois sa femme va s'entendre avec Hérodiade[11], désormais la femme d'Antipas[12].

Celle-ci vient d’accepter de quitter son premier mari « encore vivant » pour épouser un autre de ses oncles, Hérode Antipas, tétrarque de Galilée[15]. En effet, Philippe le Tétrarque est « mort sans enfant » (34) et Antipas espère tout à la fois que les territoires de son demi-frère vont lui être confiés par Tibère et que celui-ci lui donnera le titre de roi[16],[17]. Le mariage avec Hérodiade qui descend de la dynastie légitime des Hasmonéens participe de cette stratégie[16],[17].

Hérodiade influe sur Antipas et celui-ci procure de l'argent à Agrippa, lui offre de s'installer à Tibériade et lui confie la magistrature civique d'agoranome de la ville - organisateur des marchés de l'agora - qui lui occasionne un revenu régulier[11].

Toutefois cette situation est de courte durée. Agrippa accepte dans un premier temps, mais il donne bientôt l'impression de ne pas se satisfaire de ce qui lui est donné[11]. Il trouve rapidement cette charge ennuyeuse dans une petite ville de province dépourvue des équipements de la civilisation romaine qui l'a vu grandir. Il se brouille avec son oncle Antipas au cours d'un banquet à Tyr et, vers 32 ou 33, se rend en Syrie romaine dont son ami Lucius Pomponius Flaccus, est devenu légat[12].

Après quelques années, il est disgracié par une intervention de son propre frère Aristobule le Mineur, qui le dénonce auprès de Flaccus pour avoir reçu un pot-de-vin afin de défendre les intérêts de Damas contre Sidon dans un différend frontalier porté devant son ami légat[12].

Il se décide alors à tenter un retour à Rome où Tibère, qui devait avoir fait son deuil de la mort de Drusus accepterait peut-être de recevoir à nouveau les anciens amis de son fils[18].

Retour vers Rome[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de Tibère

Agrippa emprunte une somme de vingt mille drachmes[19] pour s'embarquer à Anthédon vers Alexandrie[18] non sans avoir été relancé par le gouverneur romain de Yabné, Herennius Capiton, pour les dettes contractées vis-à-vis du trésor de l'Empire[18]. Celui-ci lui envoie la troupe mais, profitant de la nuit, Agrippa embarque et parvient à gagner Alexandrie où il obtient un nouveau financement de l’alabarque Alexandre Lysimaque, frère de Philon d'Alexandrie et chef de la communauté juive d'Alexandrie[11]. Ce haut fonctionnaire, appartenant à une des très rares familles juives de citoyens romains, est un grand propriétaire foncier et, à l'instar d'Agrippa, un ami du futur empereur Claude. Lysimaque refuse de prêter l'argent directement à Agrippa dont la réputation de prodigalité n'est plus à faire mais traite avec l'épouse de celui-ci dont il admire le dévouement à son mari. C'est muni de ce capital de deux cent mille drachmes[19] qu'Agrippa s'embarque au printemps 36 - ou peut-être plus tôt[20] - vers l'Italie[1].

Tibère, retiré à Capri, le reçoit et fait bon accueil à l'ancien compagnon de son fils, un accueil bientôt tempéré par un courrier du gouverneur de Yabné à propos des dettes[18]. Mais Antonia la Jeune aide Agrippa à sortir de ce nouvel embarras en lui avançant la totalité de la somme due[21] - trois cent mille drachmes[19] - et il retrouve la faveur impériale[18].

L'empereur demande à Agrippa de prendre en charge le fils de Drusus, son petit-fils Tiberius Gemellus, alors adolescent et l'un des deux héritiers désignés de Tibère[1] avec son petit-neveu Caïus Caligula, petit fils de la protectrice d'Agrippa, Antonia[18]. Ce dernier entreprend de gagner les faveurs et l'amitié de Caïus, imité en cela par un autre prince sans royaume, Antiochos de Commagène[13] et parvient à contracter un prêt d'un million de drachmes auprès d'un affranchi samaritain de l'empereur pour mener son projet à bien auprès de l'étoile montante de Rome. Si on ne sait pas précisément dans quelles condition s'est nouée l'amitié entre les deux hommes, elle devait valoir pareil investissement[21].

Une flatterie d'Agrippa à Caligula va cependant lui causer des ennuis : souhaitant dans une conversation que la mort de Tibère ne tarde plus afin que puisse lui succéder le jeune prince, ce propos est rapporté à Tibère qui ordonne l'arrestation de l'indélicat[18]. Ce dernier, ami du probable prochain empereur, bénéficie d'une captivité confortable et est élargi par Caligula peu après la mort de Tibère le 16 mars 37[21].

L’avènement au trône de son ami commence la fortune d’Agrippa : l'empereur, pour libération, lui offre une chaîne d’or « du même poids que la chaîne de sa captivité »[22]. Il lui octroie, outre le titre de roi et le diadème qui en est le signe, les territoires de Philippe, mort peu de temps auparavant[18], tétrarque de Gaulanitide, Batanée, Trachonitide et d'Auranitide[11], quatre territoires situés au nord-est du lac de Tibériade. Caligula lui a en outre conféré les ornements prétoriens, une dignité qui permet à certains non-sénateurs de siéger parmi eux lors des fêtes publiques[23]. « Ce retournement de situation tout à fait exceptionnel paraît avoir beaucoup impressionné les contemporains d'Agrippa »[22].

Agrippa ne montre cependant aucun empressement prendre en charge les affaires de son royaume et ce n'est qu'en 38 qu'il se rend à Jérusalem pour un court séjour, car les réseaux d'influences se tissent davantage à Rome où réside souvent le pouvoir réel[21].

Troubles en Palestine[modifier | modifier le code]

Ruines de la cité fortifiée de Gamala, enjeu de la guerre entre Arétas IV et Hérode Antipas. (On entrevoit au fond, le lac de Tibériade.)

Pendant son séjour à Rome, plusieurs événements ont lieu en Palestine qui créent une situation très tendue. En premier lieu, vers 36, ou 29 selon certains chercheurs[24], les armées d'Arétas IV et d'Hérode Antipas se sont affrontées aux alentours du territoire de Gamala occasionnant une cuisante défaite à ce dernier[15]. En 36, les Romains et le légat de Syrie Lucius Vitellius sont engagés dans un affrontement décisif contre les Parthes et leur roi Artaban III[25]. La même année, Vitellius renvoie le préfet de Judée Ponce Pilate au terme d'un mandat de dix années, « pour qu'il s'explique auprès de l'empereur, sur ce dont l'accus[e]nt les juifs ». Il démet le grand prêtre Caïphe, par trop lié à Pilate, et restitue aux prêtres du temple la supervision des cérémonies des grandes fêtes cultuelles juives[26]. À la mort de Tibère, Vitellius « fait jurer par le peuple fidélité à Caligula »[15],[6].

Prise de pouvoir[modifier | modifier le code]

Agrippa rentre dans ses territoires en été 38, après que la situation a été éclaircie sur place par Lucius Vitellius, envoyé par Caligula.

Sur le chemin de son nouveau royaume, Agrippa passe par Alexandrie vers juillet 38 où il loge vraisemblablement chez l'alabarque Lysimaque dont sa fille Bérénice épousera le fils Marcus Alexandre quelques années plus tard[27]. Il règne alors dans la ville une ambiance anti-juive qui dure depuis quelque temps déjà[28]. Lors de festivités, le nouveau roi y est la cible d'une mascarade populaire anti-juive mettant un scène un idiot du nom de Karabas, préfigurant le conflit judéo-alexandrin qui agite la ville de 38 à 41[29]. Le gouverneur romain d'Alexandrie, Flaccus, parait laisser se dérouler l'agitation populaire hostile à Agrippa qu'il jalouse, protégé d'un empereur dont il a attiré la disgrâce et qui le fait d'ailleurs exécuter peu après[30]. Ces troubles amènent les deux partis - Juifs et Grecs alexandrins - à envoyer chacun trois délégués à l'empereur pour trancher le conflit plus profond qui oppose les deux communautés[31]. Philon est au nombre de la délégation juive[32].

Le retour d'Agrippa Ier auréolé d'un titre royal excite la jalousie de sa sœur Hérodiade qui presse son mari Antipas de réclamer pour lui-même le titre de roi à Rome[22]. En 39, Antipas se résout alors à se rendre auprès de Caligula pour tenter d'obtenir cette faveur impériale, ce qui va précipiter sa perte. Informé de ce voyage, Agrippa Ier dépêche à Rome son plus fidèle affranchi, porteur d'une lettre pour l'empereur. Il y accuse Antipas de fomenter un complot avec les Parthes et d'avoir accumulé sans le dire à l'Empereur, des stocks d'armes dans ses arsenaux de Tibériade, probablement dans l'intention de préparer sa revanche contre le roi Arétas IV qui l'avait défait quelques années auparavant. Si la seconde accusation est probablement vraie, la première est douteuse. Pour autant Caligula déchoit, bannit et exile Hérode Antipas dans le sud des Gaules[22] où l'accompagne librement son épouse[33]. Agrippa reçoit quant à lui les territoires d'Antipas - la Galilée et la Pérée - ainsi que tous les biens confisqués au tétrarque et à son épouse[22].

La statue de Caligula[modifier | modifier le code]

Représentation dans le Temple[modifier | modifier le code]

Caligula entend développer le culte impérial et se placer de son vivant au-dessus de la politique des mortels et a dans l'idée d'imposer son statut divin à l'empire, quelles qu'en soient les conséquences politiques[34]. C'est dans cette optique qu'il conçoit de faire ériger sa propre statue en or sous l'apparence de Zeus[35] dans le Temple de Jérusalem, pour des motivations incertaines[36].

L'initiative de Caligula horrifie les sujets juifs de l'Empire et entraîne des troubles dans la diaspora à Rome, mais aussi à Alexandrie, Thessalonique, Antioche et en Palestine[37], en particulier en Galilée[38], où Caligula a enjoint au nouveau proconsul de Syrie, Publius Petronius de placer de gré ou de force, la statue dans le Saint des saints »[39], violant l'aniconisme judaïque dans le lieu le plus sacré de cette religion[40]. Petronius dispose des troupes armées nécessaires - deux légions romaines et des auxiliaires - qu'il caserne à Ptolémaïs, en Phénicie, dans l'éventualité d'un soulèvement[41] et il a pour mission d'accompagner la procession de la statue - en cour de fabrication à Sidon - à travers la Judée, jusqu'à Jérusalem[42].

La population se précipite en nombre à Ptolémaïs, soutenue par les autorités religieuses juives, puis à Tibériade où les troubles se poursuivent pendant une quarantaine de jours[43]. Petronius s'y rend rencontrer les notables ainsi qu'Aristobule frère d'Agrippa - en l'absence de ce dernier qui est à Rome, en présence et sous la pression de la foule. Convaincu de l'imminence d'une importante révolte Petronius temporise auprès de l'empereur par un échange de courriers[44] exposant - au risque de sa vie[34] - les difficultés de la situation[45] : les habitants de Galilée sont proches de la révolte générale[39], ainsi que les Juifs de Judée, les paysans risquant d'incendier les moissons juste avant leur récolte[43], tout en se préparant à la guerre[42]. La première réponse de l'empereur est assez modérée mais certains sources font état d'une réponse « furieuse » de Caligula à Pétronius[46], n'envisageant aucun compromis[34].

Intervention d'Agrippa[modifier | modifier le code]

Pièce frappée sous Agrippa Ier. Profil de Caligula à gauche, Germanicus sur son char de triomphe, à droite.

Pendant ces évènements, Agrippa est à Rome et il est possible qu'il ait appris l'affaire de Caligula lui-même[43] ce qui le plonge dans un conflit entre ses deux identités, juive et romaine[34]. Mais, à l'issue de quelques jours de réflexion, il prend le parti et le risque d'aider ses compatriotes juifs dans la défense du Temple menacé de profanation[47] : pour Josèphe, il s'agit d'une discussion au cours d'un banquet[48] ; pour Philon, il s'agit d'une requête adressée à l'empereur dont il rapporte la teneur, quoiqu'en des termes qui laissent transparaître une certaine exagération[49] du rôle d'Agrippa[50]. Quoi qu'il en soit, la démarche ne manque pas de courage pour l'aventurier qu'il a été jusque là[34] et le texte de Philon reflète les idées qui devaient figurer dans la requête[51], quelle que soit sa forme : Agrippa y relève avec gratitude tous les bienfaits dont il a été l'objet de la part de l'empereur mais explique qu'il les échangerait volontiers contre une seule chose : « que les institutions ancestrales ne soient pas dérangées. Car qu'en serait-il de ma réputation parmi mes compatriotes et les autres hommes ? Ou bien je dois être considéré comme un traître à moi-même ou bien je dois cesser d'être compté au nombre de tes amis ; il n'existe pas d'autre choix... »[52].

Dans un premier temps, Caligula semble céder à la supplique de son ami et instruit Pétronius de ne rien entreprendre à Jérusalem, tout en mettant en garde les populations juives de ne rien entreprendre contre les sanctuaires, les statues et les autels érigés en son honneur[43], ainsi que semble en attester une reproduction de la lettre de Caligula par Flavius Josèphe[53]. Mais l'empereur paraît[50] revenir plus tard sur sa décision[54] et c'est le meurtre de Caligula qui semble mettre un terme définitif à l'entreprise et éteint les velléités de soulèvement populaire. Flavius Josèphe raconte encore comment l'empereur, suspectant Pétronius d'avoir été soudoyé pour enfreindre ses ordres lui ordonne de se suicider mais ce courrier arrive après l'annonce de la mort de Caligula[55], dans laquelle Josèphe voir un effet de la Providence[43].

Ce succès même temporaire d'Agrippa témoigne des relations étroites qui le lient avec les personnalités les plus importantes du monde romain, qui vont se trouver confirmées lors de la succession de l'empereur assassiné[50].

Mort de Caligula et installation de Claude[modifier | modifier le code]

Buste en bronze de Claude

Le 24 janvier 41[56], Caligula est assassiné par une conspiration de grande ampleur, impliquant notamment le commandant prétorien Cassius Chaerea ainsi que plusieurs sénateurs. Les conjurés entendent revenir à une république[57]. C'est pourtant Claude, l'oncle de Caligula, qui est poussé au pouvoir impérial par les anti-républicains dans des conditions curieuses[28] au centre desquelles Agrippa, l'ami d'enfance de ce prince érudit excessivement timide, affligé d'un handicap physique et sans ambition particulière[57], est un soutien omniprésent[58].

Si l'on en croit Flavius Josèphe et l'historien romain Dion Cassius[57], Agrippa joue en effet un rôle non négligeable dans le choix du nouvel empereur[58]. C'est Agrippa qui mène une escouade de la garde prétorienne au palais à la recherche de Claude qui s'y est dissimulé par peur d'être assassiné[58]. À l'instigation d'Agrippa - un prince dont la carrière dépend étroitement des faveurs d'un souverain - les prétoriens proclament Claude empereur car sans souverain, la garde perd sa raison d'être[59]. Ce dernier tient à dire que c'est contre son gré mais Agrippa le rassure et le persuade d’accepter l'Empire[58].

Agrippa se rend ensuite au Capitole où les sénateurs sont réunis en conclave[59] et joue les intermédiaires entre ceux-ci et Claude[58]. Agrippa a inspiré à Claude une réponse à ces derniers, « conforme à la dignité de sa puissance »[60] et il les persuade d'abandonner avec sagesse leur idée de république alors qu'un nouvel empereur est acclamé par les prétoriens - dont il signale qu'ils encerclent la réunion - qui n’attendent plus que leur soutien enthousiaste[59]. Les sénateurs proclament Claude empereur, auquel Agrippa, mis à part pour les régicides Cassius Chaerea et Lupus, recommande la clémence vis-à-vis des conjurés[57].

Royaume agrandi[modifier | modifier le code]

Évolution du Royaume d'Agrippa Ier

Si l'on en croit ces récits, cet épisode fait du nouvel Empereur un obligé de son ami d'enfance[57] et ce dévouement lui vaut une récompense de taille : Agrippa voit ses possessions augmentées de la majeure partie de l'ancien royaume d'Archélaos - la Judée, l'Idumée et la Samarie - mais aussi la ville d'Abila dans l'Anti-Liban[61] de telle sorte que le souverain règne désormais sur un territoire aussi vaste que celui de son grand-père Hérode le Grand[59].

D'après Dion Cassius, Claude octroie en outre à son ami le rang consulaire et l'autorise « à paraître au sénat et à exprimer sa gratitude en grec ». Enfin, pour marquer le statut considérable du souverain, un traité est ratifié avec le Sénat et le peuple de Rome sur le Forum[62], qui reprend les anciens traités d'amitié et d'alliance judéo-romaines[57]. Agrippa y est déclaré rex amicus et socius Populi Romani - comme l'avait été son grand-père en 40 av. J.-C. - et le texte est conservé sur des tablettes de bronze au temple de Jupiter Capitolin[63].

Ces nouvelles charges décident Agrippa à considérer que sa place est désormais sur ses territoires et il s'embarque peu après pour la Judée[62]. C'est la même année que Bérénice, fille d'Agrippa, s'unit sous le parrainage de l'empereur[63] à Marcus, le fils de l'alabarque d'Alexandrie Alexandre Lysimaque que Claude a fait libérer de la captivité à laquelle l'avait réduit Caligula[57].

L'accession au trône de Claude marque également la restauration de plusieurs autres royaumes d'Asie Mineure[64]. Hérode, le frère d'Agrippa reçoit également un titre royal, se voit attribuer la principauté de Chalcis, précédemment rattaché au royaume d'Iturée[65] et se voit honoré à Rome du titre de préteur[62]. Il épouse alors Bérénice dont le jeune époux est mort peu après le mariage[57].

Règne d'Agrippa Ier[modifier | modifier le code]

Judaïsme dans l'Empire[modifier | modifier le code]

Un édit de Claude rappelle les privilèges reconnus aux Juifs alexandrins qui peuvent vivre selon leurs lois et que rien ne peut écarter de l'observance de la Torah[66], bientôt suivi d'un second édit qui étend les privilèges alexandrins aux Juifs de la diaspora à travers tout l'empire[67].

Agrippa et son frère Hérode de Chalcis jouent aussi le rôle d'intercesseurs en faveur des Juifs auprès de l'empereur[67]. Leurs compétences sont non seulement reconnues mais encore étendues à l'ensemble des communautés juives de l'Empire par la volonté de Claude lui-même. Ils ont aussi le statut de censeurs des mœurs juives : ils veillent au respect de la Torah par les communautés de la Diaspora[67].

Quelques mois après le meurtre de Caligula, des habitants de la cité phénicienne de Dôra (proche de Beyrouth) ont introduit une statue de Claude dans la principale synagogue de la ville[67]. Pour tous ceux qui se sont dressés contre les projets de Caligula c'est une véritable provocation[67]. Agrippa intervient immédiatement et demande l'application du décret de Claude[68]. Il agit ici en tant qu'ethnarque des Juifs, puisque Dôra n'est pas situé sur son territoire. Pétrone, le proconsul de Syrie donne immédiatement l'ordre aux magistrats de Dôra de retirer la statue, en faisant référence à l'édit de Claude[68].

Administration du royaume[modifier | modifier le code]

Vestiges du palais hérodien à Césarée

Outre la reconnaissance qu'il doit éprouver à son égard, Claude a probablement également vu dans la nomination d'Agrippa, héritier des Hérodiens et des Hasmonées mais aussi attaché aux Julio-Claudiens par des relations personnelles, un facteur de stabilité qui pourrait débarrasser l'administration impériale de la gestion d'une province aux troubles endémiques[65].

Agrippa a manifestement hérité du faste de son grand-père et de son désir de reconnaissance au-delà de ses frontières[69]. Sur un plan intérieur, Agrippa essaie de contenter tant ses sujets Juifs que païens et se partage d'ailleurs entre sa capitale religieuse, Jérusalem, et sa « petite Rome », Césarée[69]. Il favorise les pharisiens, s'aliénant de la sorte une partie de ses sujets grecs. Il entreprend également le grand chantier d'élever les remparts de sa capitale historique[69] et de l'étendre au nouveau quartier nord[62] grâce à un financement du trésor du Temple, ce qui laisse espérer à certains de ses sujets juifs la restauration d'un royaume indépendant ou au moins une forme retrouvée de souveraineté[70].

Il poursuit la politique d'évergétisme externe à la Judée d'Hérode[65] en finançant la construction d'ouvrages de prestiges - théâtre, amphithéâtre et thermes - dans des libéralités qui bénéficient essentiellement à la colonie romaines de Bérytos[69]. Il offre également des spectacles et des jeux, notamment avec des gladiateurs, même si cela contrevient aux prescriptions juives[65], ce qu'il fait accepter en utilisant des criminels condamnés.

Sur un plan religieux, dès son arrivée, Agrippa se forge la réputation d'un homme très pieux qu'il sait entretenir ainsi qu'en atteste la Mishna qui relate une cérémonie finement orchestrée où le roi est acclamé et obtient la légitimité des prêtres au Temple de Jérusalem[1] dans lequel son grand-père Hérode n'avait jamais été admis. C'est ainsi le premier hérodien à pénétrer dans le Temple depuis Antigone Mattathiah, même s'il se contente d'assister aux célébrations sans sacrifier lui-même[71]. Agrippa use à trois reprises de sa prérogative de nommer les grand-prêtres du Temple au cours de son court règne, choisissant alternativement parmi les dynasties sacerdotales des Anân et des Boëthos. Si son inclination pour la parti pharisien est traditionnellement admise et souvent expliqué par sa défiance envers les prêtres sadducéens, le témoignage des actes des Apôtres - qui le nomment « Hérode » - lui prête un certaine attention à ces derniers[69] lorsqu'il les suit pour exécuter Jacques, fils de Zébédée et emprisonner Pierre, accusés de ne pas suivre la Torah[68].

Sa courte administration est ainsi à la foi placée sous la domination de Rome dont il est un instrument de contrôle et la révération en tant que souverain par les Juifs au Temple, témoignant du « clientélisme généralisé dans lesquelles les amitiés personnelles fond[e]nt les relations administratives à travers tout l'Empire »[72].

Ambitions régionales et mort inopinée[modifier | modifier le code]

Pièce de monnaie frappée par Agrippa Ier.

Vibius Marsus, le gouverneur de Syrie qui succède à Petronius, lui est beaucoup moins favorable[73]. Il envoie une série de missives à Claude pour faire part de ses craintes face à la puissance montante d'Agrippa, traduisant la jalousie des compatriotes romains du prince dans la région[62]. De son côté, Agrippa demande maintes fois à l'empereur de démettre le légat[74].

Le légat de Syrie fait interrompre, sur ordre de Claude alerté[62], la fortification de Jérusalem et tempère les ambitions diplomatiques régionales de celui-ci. En effet, Agrippa invite à Tibériade les rois Hérode de Chalcis - son frère -, le roi d'Émèse Sampsigeramos - beau-père de son frère Aristobule - ainsi que trois princes qui avaient été ses compagnons à Rome, Antiochos de Commagène, Cotys d'Arménie et Polémon, roi du Pont[73]. Marsus argue de la possibilité d'une conspiration - même s'il est improbable qu'Agrippa ait envisagé de rompre avec ses proches protecteurs et familiers romains[62] - et les rois se voient enjoints de rejoindre leurs royaumes respectifs sans délai[75].

Agrippa meurt de manière inopinée en l'an 44 - peut-être quelques mois plus tôt[76] - après seulement trois ans de règne sur la Judée, lors des Jeux de Césarée en l'honneur de l'empereur. Patronnant les jeux, il y apparait dans une parure d'argent éblouissante devant la foule qui l'acclame et le compare à un dieu, une remarque blasphématoire pour un juif contre laquelle le roi ne proteste pas. Certains de ses contemporains lisent comme une punition divine à ce blasphème la cause sa mort qui survient peu après[72] : deux jours plus tard, il est pris de violentes douleurs abdominales et meurt après cinq jours d'agonie, à l'âge de cinquante-trois ans[75]. Les causes précises de sa mort sont inconnues mais dès cette époque, les bruits d'empoisonnement circulent[75]. Si une maladie intestinale - ou une péritonite ou encore une appendicite - reste possible[72], plusieurs chercheurs estiment que l'empoisonnement par les Romains inquiets de ses ambitions politiques excessives est vraisemblable[65], voire que c'est une initiative personnelle de Marsus pour atténuer l'hostilité des populations syriennes voisines[75].

Le règne d'Aggripa Ier n'aura ainsi pas duré assez longtemps pour pouvoir en dessiner significativement l’orientation politique[65]. Néanmoins les espoirs de souveraineté retrouvée suscités chez les juifs de Palestine par son avènement ne disparaissent pas avec sa mort et participent probablement des causes qui conduisent à la révolte juive qui éclate une vingtaine d'années plus tard dans l'ancien royaume[77].

Succession[modifier | modifier le code]

Plutôt que de confier le royaume du roi défunt à son fils Agrippa II - jeune homme inexpérimenté qui grandit à la cour impériale, protégé de l'empereur[75] - Claude le rattache à la province romaine de Syrie tandis que la nomination des prêtres et le contrôle du Temple de Jérusalem reviennent à Hérode de Chalcis[65]. C'est également ce dernier qui devient l’intermédiaire privilégié entre les Juifs et les Romains jusqu'à sa propre mort en 48[78].

La mort d'Agrippa est le prétexte pour les populations païennes du royaume à des célébrations et des réjouissances, notamment à Césarée et à Sébasté, que le souverain avait pourtant largement favorisées. L'hostilité des populations syriennes se manifeste également et les statues des trois filles du roi ornant le palais de Césarée sont outragées par des auxiliaires syriens[74]. Pour les Juifs, cette disparition marque la fin des espoirs d'indépendance juive, même symbolique et c'est alors qu'apparaissent des mouvements factieux intransigeants à connotation messianique et anti-romaine[78].

Conscient de l'impopularité de Marsus auprès des Juifs, l'empereur rétablit un fonctionnaire romain - Cuspius Fadus - pour diriger l'ancien royaume d'Agrippa Ier[75]. Mais ce choix, ainsi que l'absence de réaction vis-à-vis de la conduite infâme des auxiliaires syriens, engendre un regain d'agitations à Césarée et ailleurs[74].

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans les sources rabbiniques, le règne d'Agrippa est présenté de manière fort positive et le souverain comme un homme pieux[79], ce qui montre qu'il est en tout cas apprécié chez les pharisiens. Les sources néotestamentaires se remémorent de lui comme d'« Hérode le roi » et lui reprochent la persécution de la communauté de disciples de Jésus de Nazareth à Jérusalem traduite par l'exécution de Jacques, frère de Jean tandis que l’apôtre Pierre ne doit son salut qu'à une intervention miraculeuse[80]. Les Actes des Apôtres s'accordent par ailleurs avec Flavius Josèphe sur l'origine divine de sa mort, occasionnée par son refus impie de rejeter la déification dont il est l'objet par le peuple, témoignant peut-être de l'usage d'une source juive commune[81].

Descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Cypros, Agrippa a donc quatre enfants, l'aîné Agrippa, puis trois filles, Bérénice, Mariamne et Drusilla. Un autre fils, Drusus, est mort en bas âge.

Les unions des filles d'Agrippa participent d'une stratégie matrimoniale consistant à s’allier au parti le plus fortuné possible qui n'est pas exempt de concurrence entre les sœurs[82]. La première des filles, Bérénice épouse le fils de l'alabarque d'Alexandrie. Ce premier époux meurt peu après et Bérénice est alors unie à son oncle paternel Hérode de Chalcis. Après la mort de ce dernier et les insistantes rumeurs d'inceste à son sujet avec son frère Agrippa, elle envisage de se marier avec Polémon II du Pont mais l'accord matrimonial ne se conclut pas. Elle devient enfin la célèbre maitresse de Titus qui la congédie lorsqu'il accède à la charge impériale[19].

La seconde, Mariamne, épouse Julius Archelaus, fils d'un officier de la cour d'Agrippa, dont elle se sépare pour s'unir avec une importante personnalité juive d'Alexandrie, l'alabarque Démétrius. La dernière, Drusilla, nées vers 38, est tout d'abord promise à Gaius Épiphane, fils d'Antiochos IV de Commagène, mais le prince refuse de se faire circoncire pour l'occasion. Drusilla est alors unie à Aziz d'Émèse, un autre prince oriental, qu'elle doit quitter pour épouser le gouverneur de Judée Félix, vers 50[83] qui, selon Flavius Josèphe l'aurait enlevé à son mari[84]. Elle meurt à Pompéi lors de l'Éruption du Vésuve en 79.

Agrippa, l'aîné, né en 27, est élevé à la cour de Rome sous la protection de Claude mais n'est pas choisi par ce dernier pour succéder à son père. Ce n'est qu'en 49 que l'empereur lui octroie la tétrarchie de Chalcis assortie de la dignité royale, après la mort de son oncle Hérode. Prince proche des romains, du côté desquels il se range lors des révoltes juives des années 66-70, il obtient par la suite différents territoires qui concernent plus la Syrie que la Palestine et dont l'étendue variera en fonction des empereurs. Il meurt sans postérité vers 100 et ce qui reste de son royaume est alors rattaché à la province impériale de Syrie[85].

Arbre généalogique[modifier | modifier le code]

 
 
 
Hérode le Grand
 
 
 
Mariamne l'Hasmonéenne
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Bérénice, fille de Salomé, sœur d'Hérode le Grand
 
Aristobule IV
 
Alexandre
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Agrippa Ier
 
Aristobule le Mineur
 
Mariamne
 
Hérodiade
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Hérode de Chalcis
 
Bérénice
 
Agrippa II
 
Mariamne
 
Drusilla
 


Art et culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 106
  2. Il n'y a pas d'attestation de son lieu de naissance mais c'est selon Daniel Schwartz une hypothèse probable ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p.39
  3. a, b et c Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 401
  4. a et b Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 395
  5. a, b, c et d Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p. 225
  6. a, b et c E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 187.
  7. a et b Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 39
  8. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p? 40
  9. a et b Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p? 45
  10. a et b Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 107
  11. a, b, c, d, e, f, g et h Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p. 226.
  12. a, b, c, d et e E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 188.
  13. a et b Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.79
  14. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 47
  15. a, b et c Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 217.
  16. a et b Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 216.
  17. a et b Nikkos Kokkinos, The Herodian Dynasty: Origins, Role in Society and Eclipse, Journal for the Study of the Pseudepigrapha Supplement Series, 1998, Sheffield Academic Press, Sheffield, pp. 267-268.
  18. a, b, c, d, e, f, g et h E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 189.
  19. a, b, c et d Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 6
  20. La chronologie est discutée car la succession des évènements qui suivent parait un peu trop dense pour un laps de temps d'à peine quelques mois. Il est également possible qu'il y ait eu plusieurs voyages à Rome entre 33 et 36 ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, pp. 50-53
  21. a, b, c et d Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 108
  22. a, b, c, d et e Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p. 227
  23. E. Mary Smallwood, The Jews under Roman Rule, p. 190.
  24. Christiane Saulnier, « Hérode Antipas et Jean-Baptiste », in Revue Biblique n° 91, 1984, pp. 362-376 et Étienne Nodet, « Jésus et Jean-Baptiste selon Josèphe », Revue Biblique n° 92, 1985, pp. 497-524 ; cités par Christian-Georges Schwentzel, op. cit., 2011, p.223
  25. (en) Nikkos Kokkinos, « Crucifixion [...] », op. cit., p. 134.
  26. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p. 74
  27. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.81
  28. a et b Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, éd. Atelier, 2007, p. 190, extrait en ligne
  29. Katherine Blouin, Le conflit judéo-alexandrin de 38-41 : l'identité juive à l'épreuve, L'Harmattan, 2005, p. 86-87.
  30. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, pp.81-82
  31. D'une manière générale, les Juifs d'Alexandrie cherchent à améliorer leur statut et obtenir le droit de cité à l'instar de celui de Grecs et Égyptiens hellénisés - ce dont ceux-ci ne veulent pas entendre parler - arguant de l'antiquité de leur présence dans la ville ; cf. Mireille Hadas-Lebel, op. cit., p. 82
  32. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.82
  33. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, pp. 227-228
  34. a, b, c, d et e Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 111
  35. Zeus Epiphanes Neos Gaios
  36. Il y a débat tant sur les motivations de cette affaire que sur ses conséquences ; cf. cf. Monika Bernett, « Roman Imperial Cult in the Galilee », in Jürgen Zangenberg, Harold W. Attridge et Dale B. Martin (dirs.), Religion, Ethnicity, and Identity in Ancient Galilee : A Region in Transition, éd. Mohr Siebeck, 2007, p.348, note 33. Il est possible que ce soit à la suite d'une machination d'Herennius Capiton, le gouverneur de Jamnia - celui qui avait voulu faire arrêter Agrippa avant son départ vers Alexandrie - qui joue sur les antagonismes entre juifs et païens et pousse ces derniers à ériger un autel à l'empereur que les seconds détruisent, en représailles de quoi Caligula aurait ordonné l'érection de la statue colossale dans le Temple ; il est également possible que l'empereur ait été sensible aux arguments de la délégation des grecs d'Alexandrie menée par Apion qui, dans le conflit qui oppose les deux partis, se plaint « privilèges » accordés aux Juifs, dont la délégation est, elle, conduite par Philon d'Alexandrie et attend audience depuis plusieurs semaines. Quoi qu'il en soit, c'est alors, en Italie, que cette dernière délégation apprend « avec horreur » le projet par un coreligionnaire sans qu'on sache si c'est avant ou après l'audience impériale
  37. Suivant Étienne Nodet et Justin Taylor puis François Blanchetière, c'est au cours de cette agitation que serait apparu le terme de « chrétien » forgé par les romains pour désigner des juifs messianisants protestataires similaires aux zélotes ; cf. Étienne Nodet et Justin Taylor, Essai sur les origines du christianisme : une secte éclatée, éd. Cerf, 1998, pp.286-287 ; François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien (30-135), éd. Cerf, 2001, p. 147
  38. François Blanchetière, Enquête sur les racines juives du mouvement chrétien, p. 147
  39. a et b Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.228
  40. Il s'agit en effet moins d'un problème de substitution à YHWH que de l'association de l'empereur divinisé à ce dernier comme synnaos (dieu partageant le même temple) sous forme d'une image ; cf. Monika Bernett, « Roman Imperial Cult in the Galilee », in Jürgen Zangenberg, Harold W. Attridge et Dale B. Martin (dirs.), Religion, Ethnicity, and Identity in Ancient Galilee : A Region in Transition, éd. Mohr Siebeck, 2007, p.347
  41. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p.84
  42. a et b Monika Bernett, « Roman Imperial Cult in the Galilee », in Jürgen Zangenberg, Harold W. Attridge et Dale B. Martin (dirs.), Religion, Ethnicity, and Identity in Ancient Galilee : A Region in Transition, éd. Mohr Siebeck, 2007, p.347
  43. a, b, c, d et e Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.84
  44. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, pp.84-86
  45. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.229
  46. notamment Philon dont, toutefois, la propension à forcer les réactions de ses personnages est fréquente ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, pp.85
  47. Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 112
  48. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p.87
  49. Le neveu de Philon a en effet épousé la fille d'Agrippa
  50. a, b et c Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 113
  51. Jean-Pierre Lémonon, Ponce Pilate, éd. Atelier, 2007, p.191, extrait en ligne
  52. Philon, De Specialibus Legibus, 327 ; cité par Martin Goodman, op. cit., 2009, pp. 112-113
  53. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XVIII, 301, cité par Mireille Hadas-Lebel, op. cit., 2009, p.84
  54. ce point est débattu ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, pp.88-89
  55. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, XIX, 1-201, cité par Mireille Hadas-Lebel, op. cit., 2009, p.84
  56. (en) Major, A., Was He Pushed or Did He Leap? Claudius' Ascent to Power, Ancient History, 22 (1992), p. 25–31.
  57. a, b, c, d, e, f, g et h Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p. 85
  58. a, b, c, d et e Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p. 230.
  59. a, b, c et d Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 114
  60. Flavius Josèphe, AJ XIX, 245, cité par Mireille Hadas-Lebel, op. cit. p. 85
  61. qui avait été le centre d'une petite tétrarchie
  62. a, b, c, d, e, f et g Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 115
  63. a et b Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.231
  64. notamment en Commagène, au Bosphore et au Pont ; cf. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p. 85
  65. a, b, c, d, e, f et g Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 409
  66. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p. 231-232.
  67. a, b, c, d et e Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p. 232
  68. a, b et c Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 233.
  69. a, b, c, d et e Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.87
  70. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.239
  71. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.236
  72. a, b et c Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 116
  73. a et b Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.88
  74. a, b et c Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.90
  75. a, b, c, d, e et f Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.89
  76. depuis les travaux du philologue allemand Eduard Schwartz au début du XXe siècle, il existe un consensus historien qui situe cette mort en mars 44 mais, en 1990, Daniel R. Schwartz fait valoir une série d'arguments exégétiques et numismatiques qui lui font situer l'évènement vers septembre/octobre 43 ; cf. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, pp. 108, 145, 207-208
  77. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p.175
  78. a et b Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.254
  79. Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009, p. 105
  80. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 411
  81. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 147
  82. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, éd. Pygmalion, 2011, p.256
  83. Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990, p. 134
  84. Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, éd. Picard, 2009, p.96
  85. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012, p. 410-411

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Historiens[modifier | modifier le code]

  • Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, éd. P.u.f./Nouvelle Clio, 2012
  • Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011 (ISBN 9782756404721)
  • Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, Paris, A. & J. Picard,‎ 2009 (ISBN 978.2708408425[à vérifier : ISBN invalide]), chap. VI (« Caligula, Agrippa Ier et les Juifs »)
  • Martin Goodman, Rome et Jérusalem, éd. Perrin/Tempus, 2009
  • (en) Nikkos Kokkinos, The Herodian Dynasty: Origins, Role in Society and Eclipse, Sheffield Academic Press, Sheffield, coll. « Journal for the Study of the Pseudepigrapha Supplement Series », 1998 (ISBN 1850756902)
  • (en) Daniel R. Schwartz, Agrippa I : The Last King of Judaea, éd. Mohr Siebeck, 1990
  • (en) E. Mary Smallwood, The Jews Under Roman Rule : From Pompey to Diocletian : A Study in Political Relations, éd. Brill, 1976

Sources antiques[modifier | modifier le code]

Romans et essais[modifier | modifier le code]