Enron
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Logo de Enron |
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| Création | Omaha, Nebraska,1931 |
|---|---|
| Dates clés | 1985, prend le nom d'Enron |
| Disparition | 2001 |
| Personnages clés | Kenneth Lay, fondateur et PDG
Jeffrey Skilling, PDG |
| Forme juridique | Disparu (faillite) |
| Slogan(s) | « Ask Why » |
| Siège social | Houston, Texas |
| Activité(s) | Energie |
| Produit(s) | Gaz naturel, Courtage |
| Effectif | 22 000 (avant 2001) 300 en 2007 |
| Site d’entreprise | www.enron.com |
| Capitalisation | 7e mondiale en 2000 |
| Chiffre d’affaires | $111 milliards (2001) |
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Enron fut l'une des plus grandes entreprises américaines par sa capitalisation boursière. Outre ses activités propres dans le gaz naturel, cette société texane avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l'électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l'État de Californie. En décembre 2001, elle fit faillite en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de l'électricité ; elles avaient été masquées en bénéfices via des manipulations comptables. Cette faillite entraîna dans son sillage celle d'Arthur Andersen, qui auditait les comptes d'Enron.
Sommaire |
[modifier] Histoire
[modifier] Les débuts
Née en 1985, de la fusion d'Houston Natural Gas et de Internorth of Omaha, Enron était l'une des plus grandes entreprises mondiales et la 7ème entreprise américaine. Elle était selon les comptes, à la tête d'un chiffre d'affaires de 139 milliards de dollars. Quand l'entreprise démarra ses activités, elle était à la tête d'un réseau de gazoducs tout à fait respectable. Le nom Enron vient de l'assemblage du préfixe "En" de Energy, du suffixe "On" de Exxon et de "ter" pour la phonétique. Donnant ainsi Enteron /EnterOn). Malheureusement ce mot veux dire intestin en anglais scientifique et les lettres "t" et "e" seront enlevée pour conserver: Enron.
Au début des années 1990, Enron entreprit une diversification en créant un marché de dérivés de sur les matières énergétiques puis sur l'ensemble des matières premières (en 2001, on en comptait environ 2'100). Enron avait pour but d'être une chambre de compensation, surnommée la "Gas bank", pour les produits traités, mais trés rapidement elle était elle même d'un coté ou de l'autre de la transaction, générant ainsi d'avantage de profit que les simples commissions de courtage. Enron devint dès lors un spéculateur plus qu'un négociant.
Ce développement se fit sous la bienveillance du sénateur Texan Phil Gramm, dont l'épouse était présidente de la Commodity Futures Trading Commission (Commission des Valeurs mobilières, CFTC). Dans le même temps, une vaste campagne de communication fut lancée pour persuader les consommateurs, par exemple, qu'une dérégulation du marché (cf. déréglementation) ferait tomber leur facture de 43 %[réf. nécessaire].
[modifier] Fraudes et manipulations
En interne, Enron créa plus de 3 000 sociétés offshores. Le but de ces sociétés étaient de pouvoir sortir des actifs ou des passifs du bilan puisque ces sociétés étaient considérées comme des filiales externes. Ces sociétés, dont les sièges sociaux étaient installés dans les îles Caïmans, les Bermudes ou les Bahamas rendant ainsi le bilan plus "présentable" - les informations sur ces filiales étant seulement indiquées dans les petites annexes en bas de page des documents d'information financière, permettant ainsi de tromper les actionnaires, les salariés et les autorités.
L'entreprise poursuivait simultanément sa politique de communication agressive. Ainsi, son charismatique Président Kenneth Lay envoya aux salariés un courrier leur annonçant que le cours de l'action gagnerait 800 % avant l'année 2010.
[modifier] Exemple de montage financier d'Enron
L'objectif est le suivant : qu'Enron emprunte de l'argent sans que cela apparaisse dans ses comptes. L'opération implique trois acteurs : Enron, une société offshore d'Enron (Jedi) et une banque (appelons-la banque A). Tous sont complices du montage. L'opération est ici légèrement simplifiée.
D'abord Jedi vend pour un million de dollars de gaz à la banque A. Jedi, contrôlé par Enron, reçoit alors un million de dollars de la part de la banque A (un contrat de livraison de gaz est signé mais cette livraison n'a pas lieu ; seul son paiement est effectué). Enron vend ensuite pour un million de dollars de gaz à Jedi. Enron reçoit donc un million de dollars de cette dernière. Enfin Enron achète à la banque A pour un million cinquante mille dollars de gaz, et paie en plusieurs fois. La banque A recevra, au terme du processus, un million cinquante mille dollars.
Quel est le résultat ? C'est comme si Enron avait emprunté un million de dollars à la banque A et remboursait progressivement son prêt, avec des intérêts. Mais cela apparaît dans les comptes comme une opération commerciale, et permet à Enron de se surendetter sans éveiller les soupçons.
[modifier] La révélation des fraudes et l'effondrement de l'entreprise
Tout commence, ou finit, le 31 octobre 2001 date à laquelle la SEC (le gendarme de la bourse américaine) ouvre une enquête.
Le 2 décembre 2001, la multinationale se déclare en faillite ; le cours de l'action chute de 90 dollars à 1 dollar en quelques mois. Environ 5 000 salariés sont immédiatement licenciés, tandis que des centaines de milliers de petits épargnants qui avaient confié leurs fonds de pension à Enron (environ les deux tiers des actifs boursiers de la firme étaient détenus par des fonds de pension ou des fonds de mutuelle) perdent l'essentiel de leur capital-retraite, car celui-ci était constitué principalement de parts dans l'entreprise.
Des procédures pénales sont ouvertes contre les anciens dirigeants de l'entreprise : le trésorier, Ben Glisan fut condamné à cinq ans de prison. Le directeur financier, Andrew Fastow, à dix ans (son épouse, Lea, fut elle aussi condamnée pour avoir aidé à masquer les comptes).
Le 25 mai 2006, Kenneth Lay, 64 ans, fut reconnu coupable de six chefs d'accusation, dont la fraude et le complot ; mais il décéda d'un infarctus le 6 juillet avant de commencer à purger sa peine. L'ancien numéro deux d'Enron, Jeffrey Skilling fut reconnu coupable de 19 des 28 accusations, dont fraude, complot, fausses déclarations et délit d'initié et condamné à vingt-quatre ans et quatre mois de prison le 23 octobre 2006.
Les anciens partenaires de l'entreprise sont également inquiétés par les poursuites judiciaires, notamment : le cabinet d'Arthur Andersen, Citigroup, JP Morgan, Merrill Lynch, Deutsche Bank, la CIBC, et la Banque Barclays.[1]
[modifier] NatWest
David Birmingham, Giles Darby et Gary Mulgrew (Neil Coulbeck s'est suicidé), trois anciens banquiers britanniques de la NatWest accusés par la justice des États-Unis ont été extradés de leur pays le 13 juillet 2006.
[modifier] Notes et références
- ↑ Multinationales 2005, de Walter Bouvais et Davide Garcia.
[modifier] Voir aussi
- Kenneth Lay et Jeffrey Skilling
- Escroquerie
- Normes IAS/IFRS
- Gouvernance d'entreprise et loi Sarbanes-Oxley
- Enron, l'incroyable scandale. DVD. Par Alex Gibney. Seven 7, 16 mars 2006.
- Enron, la faillite qui ébranla l'Amérique. de Anne-Sylvaine Chassany, Jean-Philippe Lacour. Nicolas Philippe, 15 octobre 2003,. ISBN 2748800575
- Le film Braqueurs amateurs reprend l'histoire d'Enron et fait d'ailleurs une référence à l'entreprise à la fin du film
[modifier] Liens externes
- (en) Site d'Enron
- (en) Documents juridique sur l'affaire Enron
- (fr) Les activités d'Enron
- (en) Enron: The Smartest Guys in the Room (Film documentaire sur le scandale Enron)

