Ministry

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher

Ministry

Description de l'image  Ministry, Mera Luna 2006.JPG.
Pays d'origine Drapeau des États-Unis Chicago, États-Unis
Genre musical Metal industriel
Metal alternatif
EBM
New Wave
Années d'activité 19812008, 2011-présent
Labels Wax Trax!
Warner Bros. Records
Sanctuary Records
Thirteen Planet Records
Site officiel www.ministrymusic.org
Membres Al Jourgensen
Tommy Victor
John Bechdel
Mike Scaccia
Sin Quirin
Tony Campos
Jimmy DeGrasso
Anciens membres Paul Barker
Louis Svitek
Rey Washam
Martin Atkins
Bill Rieflin
Joey Jordison
Paul Raven
Entourage Killing Joke
Skinny Puppy
Fear Factory
Jello Biafra
Prong
Pigface

Ministry est un groupe de metal industriel américain fondé par Al Jourgensen en 1981 à Chicago[1]. Figure de proue du mouvement industriel aux États-Unis, Ministry a influencé largement des formations subséquentes comme Nine Inch Nails, White Zombie, Marilyn Manson ou encore Rammstein. Le respecté magazine Alternative Press a déjà qualifié Jourgensen de grand-père de l'industriel.

Un film sur leur carrière, intitulé Fix - The Ministry Movie, était prévu pour l'été 2010, avec comme invités plusieurs stars du rock de l'entourage du groupe comme Trent Reznor et Maynard James Keenan.

Sommaire

[modifier] Pré-Ministry

Né à Cuba en 1958, Allen Jourgensen (alias Alain ou Al) grandit à Denver au Colorado mais déménage à Chicago dans l'Illinois après ses études universitaires. En 1979, Jourgensen rejoint le groupe glam-rock Special Affect (avec entre autres le futur chanteur de My Life with the Thrill Kill Kult, Groovie Mann) mais quitte la formation l'année suivante. En 1981, il forme Ministry après s'être lié d'amitié avec les propriétaires de la boutique de disques Wax Trax, intéressés par la fondation d'un label à côté du magasin.

[modifier] Les débuts

Après un premier simple intitulé Cold Life qui paraît sur le tout nouveau (mais bientôt légendaire) label Wax Trax Records, Ministry signe sur Arista et sort un premier album intitulé With Sympathy (Work For Love en Europe) en 1983. Voulant s'éloigner de l'étiquette électro-pop de ce premier opus, Jourgensen retourne rapidement chez Wax Trax pour retravailler le son de Ministry. La tournée de 1984 avec les pionniers belges de l'électronique Front 242 a manifestement influencé Jourgensen[réf. nécessaire] qui prend une direction plus agressive avec des chansons comme Everyday is Halloween.

En 1985, après avoir mis sur pied son fameux projet des Revolting Cocks, Jourgensen signe sur le major Sire/Warner et produit le transitif Twitch l'année suivante avec l'aide d'Adrian Sherwood et Keith Leblanc. L'émergence triomphante de Ministry survient en 1988 avec la parution de l'album The Land of Rape and Honey, considéré par les spécialistes comme « l'année-zéro » de l'ère du rock industriel[réf. nécessaire]. Jourgensen mélange les guitares abrasives avec des échantillonnages provenant du cinéma culte sur un arrière plan de rythmes militaires et de hurlements. L'album définit un genre nouveau, unissant la pensée DIY (Do It Yourself) du punk rock aux technologies électroniques en pleine évolution. C'est également durant cette période que le bassiste Paul Barker (ex-Blackouts), le vocaliste Chris Connelly (ex-Fini-Tribe) et le batteur Bill Rieflin (ex-Blackouts) se joignent à Ministry.

[modifier] La renommée

Jourgensen, un héroïnomane notoire, a longtemps fait partie du fameux cercle de « l'élite junkie » de Chicago avec les William S. Burroughs, Timothy Leary, River Phoenix et autres. Dans les publications spécialisées, ses escapades folles ont fait sa renommée alors que les histoires abracadabrantes à son sujet se multipliaient. Un jour il entre avec son chopper dans le studio pour capter le son du moteur (Stainless Steel Providers) et une autre fois il enregistre un comparse qui s'étouffe dans ses vomissures durant une surdose (Breathe). Sans se soucier d'avoir mauvaise réputation, Jourgensen se compare lui-même à un « rollerball » et entretient vigoureusement son étiquette de mauvais garçon du rock alternatif.[réf. nécessaire]

En 1989 il se lie d'amitié avec le chanteur de Skinny Puppy, Nivek Ogre, lui aussi toxicomane. Leur collaboration permet à Jourgensen de co-produire l'album Rabies de Skinny Puppy alors que Ogre participe aux enregistrements de Beers, Steers and Queers des Revolting Cocks et de The Mind is a Terrible Thing to Taste. En décembre, Ministry entreprend la tournée nord-américaine qui les fera entrer dans la légende.[réf. nécessaire] Jourgensen réinvente la notion de supergroupe en plaçant sur scène deux batteurs, un bassiste, trois guitaristes et une rotation bien garnie de collaborateurs aux claviers et aux microphones dont l'ex-Dead Kennedys Jello Biafra. Une clôture en fer encercle la scène (semblable à une cage de lutte professionnelle) et certains spectateurs y grimpent pour se lancer dans la foule. Avec en arrière-plan un écran géant qui diffuse des « snuff movies » et des images de propagande, Jourgensen et sa bande offrent une performance choc rarement vue pour l'époque. Le concert de Chicago de cette tournée fut capté pour la vidéo et l'album en concert In Case You Didn't Feel Like Showing Up Live parut en 1991.

[modifier] Le sommet et la chute

En 1991, Connelly et Ogre ne sont plus dans l'entourage de Jourgensen mais Barker et Rieflin sont toujours là. Ministry recrute alors Gibby Haynes des Butthole Surfers et Michael Balch de Frontline Assembly pour l'enregistrement de ce qui sera leur plus grand succès[réf. nécessaire] : Jesus Built My Hotrod. Inspiré du film de John Huston, Le Malin (Wise Blood), l'extrait est le meilleur vendeur de Warner cette année-là et le vidéo-clip est un succès sur MTV[réf. nécessaire]. L'album-concept Psalm 69 (1992) est rapidement certifié platine avec les fameux singles N.W.O. et Just One Fix. La popularité du groupe atteint des sommets et Ministry se retrouve en tête d'affiche du Lollapalooza en 1992.

Après la gloire, la descente aux enfers débute en 1993 alors que Jourgensen et Barker déménagent au Texas pour monter un studio et établir les bases d'un nouvel album. Plusieurs problèmes techniques minent le studio (qui est situé dans un ancien bordel) et l'endroit fait l'objet d'une descente de police en 1995, menant à l'arrestation de Jourgensen pour possession de drogues[réf. nécessaire]. Le duo retourne à Chicago pour compléter Filth Pig qui paraît enfin en 1996. L'album possède un son rock-métal plus conventionnel et est reçu froidement par les fans et les critiques.

En 1999 un collaborateur proche de Ministry, William Tucker, décède subitement et fait prendre conscience à Jourgensen de sa propre vulnérabilité. Il entreprend, d'une certaine façon, sa cure de désintoxication avec la parution de Dark Side of the Spoon (« le côté sombre de la cuiller », jeu de mots avec le célèbre album des Pink Floyd, The Dark Side of the Moon - la cuillère étant l'un des instruments employés par les héroïnomanes). L'album passe presque totalement inaperçu malgré un extrait sur la trame sonore du film Matrixee et une nomination pour un Grammy (Bad Blood). Jourgensen se prépare à dissoudre le groupe en 2000 quand soudainement il reçoit un appel du cinéaste Steven Spielberg. Suivant les désirs du concepteur de A.I. Intelligence artificielle, le défunt Stanley Kubrick, Spielberg souhaite que Ministry joue dans le film. Le groupe offre ainsi une performance avec What About Us? durant le « Flesh Fair », un derby de démolition de robots. What About Us? parait sur le Greatest Fits de 2001, une compilation qui met fin au contrat de Ministry avec Warner.

[modifier] L'après-Warner

Après des rumeurs faisant état de la signature de Ministry sur le label de Mike Patton, Ipecac, Jourgensen signe finalement sur Sanctuary Records en 2002. Le label publie immédiatement le DVD et l'album live de la tournée SphincTour de 1996. Ravivé par sa participation à A.I. et son nouveau contrat de disque, Jourgensen retourne au Texas avec Barker pour enregistrer Animositisomina, un retour vers le son originel de Ministry. En 2004, le partenaire de Jourgensen depuis 18 ans, Paul Barker, annonce son départ. Cela ne ralentit pas Jourgensen qui est motivé plus que jamais à poursuivre son combat principalement en raison de la présence des Républicains à Washington.

Jourgensen s'implique de plusieurs façons contre la Guerre en Irak en faisant partie d'organismes comme Punkvoter.com et en participant à la compilation Rock Against Bush. En juin 2004, Jourgensen présente sa plus récente version du New World Order avec la sortie de l'album Houses of the Molé. Toutes les chansons du disque commencent par la lettre W, une attaque sans équivoque envers George W. Bush. 2005 marque le 25e anniversaire du groupe et une anthologie est disponible sous le nom de Rantology. Le nouvel extrait de Rantology, The Great Satan est en compétition pour un Grammy en 2006. Jourgensen forme son propre label, 13th Planet Records, au printemps 2006 avec la sortie des nouveaux albums de Ministry (Rio Grande Blood) et des Revolting Cocks (Cocked and Loaded). Jourgensen s'installe à El Paso au Texas.

La dernière tournée du groupe a eu lieu en 2008, avec deux nouveaux membres : Tony Campos (Static-X) et Jimmy DeGrasso (ancien membre de Suicidal Tendencies et de Megadeth)[2].

Le 7 août 2011, l'organisation du Wacken Open Air annonce la reformation du groupe pour un show en 2012[3].

Le même mois, le groupe annonce la sortie d'un douzième album[réf. nécessaire] ; il est actuellement en studio, le nouvel album s'intitule Relapse et devrait sortir le 3 mars 2012.

[modifier] Discographie

[modifier] Albums Compilation

[modifier] Albums Live

[modifier] Albums Best Of

[modifier] Albums Remixes et Reprises

[modifier] Projets

1000 Homo DJs

Fondé en 1987 par Al Jourgensen (alias « Buck Satan ») et Paul Barker (alias « Officer Aggro »). Le matériel de 1000 Homo DJs provient principalement des pièces inutilisées des albums de Ministry The Land of Rape and Honey et The Mind is a Terrible Thing to Taste. La légende dit qu'un jour Jourgensen a entendu une mauvaise version remixée d'une chanson des Revolting Cocks et que le patron de Wax Trax Records, Jim Nash lui aurait répondu que seuls un millier de DJ homosexuels allaient entendre ce disque[réf. nécessaire]. Venant de la part de Nash (lui même homosexuel), Jourgensen a bien ri et retenu le nom. En 1990, Trent Reznor (alias « Ike Krull ») de Nine Inch Nails a enregistré le classique Supernaut de Black Sabbath avec Jourgensen pour ce projet. Devant la menace de poursuites judiciaires de la part de TVT Records, il fut décidé de créditer Jourgensen pour le chant, créant ainsi la rumeur de l'existence d'une version alternative avec la voix de Reznor. À un moment, Jello Biafra (alias « Count Ringworm ») a également participé à 1000 Homo DJs.

Acid Horse

En 1989, deux membres de Cabaret Voltaire, Richard H. Kirk (Harold Sandoz) et Stephen Mallinder (Tennessee King) collaborent avec Al Jourgensen pour la chanson No Name, No Slogan.

Lard

Projet de Jello Biafra avec Al Jourgensen et Paul Barker. Après la mort du batteur Jeff Ward (également un collaborateur de Nine Inch Nails), William Rieflin l'a remplacé à la batterie. Un premier EP intitulé The Power of Lard sort en 1989 suivi par l'album The Last Temptation of Reid (1990) sur l'étiquette Alternative Tentacles de Biafra. L'album est très bien reçu par les critiques et la chanson Forkboy s'est même retrouvée sur la bande sonore du film Natural Born Killers produite par Trent Reznor. Il faudra attendre à 1997 pour une suite au projet Lard avec Pure Chewing Satisfaction alors qu'en 2000 un autre EP paraît sous le nom de 70's Rock Must Die.

Lead Into Gold

Concept solo du bassiste de Ministry, Paul Barker. Au fil des ans, quatre disques ont été produits sous ce nom : Idiot (1989), Chicks-And-Speed: Futurism (1990), Age of Reason (1990), Low And Slow (1991).

Pailhead

Collaboration entre Al Jourgensen et Ian MacKaye de Fugazi et Minor Threat. La chanson I Will Refuse fut d'abord produite par les Revolting Cocks sous le titre Stick, avec Chris Connelly au micro en novembre 1986. En 1988, la chanson est retravaillée avec MacKaye et parait sur l'étiquette Wax Trax avec No Bunny sur le côté B. Un EP de six pistes (Trait) incluant le populaire Man Should Surrender sort quelques mois plus tard.

Programming The Psychodrill (PTP)

Projet initié pour la composition d'une chanson pour le film Robocop en 1987. C'est lors de l'enregistrement de Show Me Your Spine que Jourgensen rencontra pour la première fois Nivek Ogre de Skinny Puppy. Le nom du projet provient d'un collage de J.G. Ballard. En 1990, le simple Rubber Glove Seduction paraît sur Wax Trax Records.

Revolting Cocks

Le plus important projet d'Al Jourgensen, qui peut être considéré comme du Ministry mélangé avec de la musique country. Revolting Cocks (ou RevCo) fut d'abord formé par Jourgensen avec quelques membres de Front 242 et Luc Van Acker en 1985. Au cours des années, plusieurs musiciens ont été attachés aux Revolting Cocks dont Trent Reznor (Nine Inch Nails), Nivek Ogre (Skinny Puppy) et divers membres de KMFDM, Killing Joke, Prong, Jesus Lizard et Frontline Assembly. L'idée de former un supergroupe industriel (menant au Pigface de Martin Atkins) provient des Revolting Cocks. Les RevCo ont trois albums à leur actif - Big Sexy Land (1986), Beers Steers and Queers (1990) et Linger Fickin' Good (1993) - mais ils se sont surtout fait connaître avec leurs reprises d'Olivia Newton-John (Let's Get Physical) et de Rod Stewart (Do Ya Think I'm Sexy?). En 2006, un nouvel album parait sur 13th Planet Records, Cocked and Loaded, avec Jello Biafra et Gibby Haynes parmi les invités.

[modifier] Cinéma

Trois chansons du groupe, Fear (is big buiness), Palestina et Khyber pass, sont utilisées dans le film Démineurs (The Hurt Locker) de Kathryn Bigelow.

[modifier] Liens externes

[modifier] Références

  1. Michka Assayas, Dictionnaire du rock, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », Paris, 2000, (ISBN 2-221-09224-4), article "Ministry"
  2. Actualité du site Blabbermouth.net
  3. [1]
Outils personnels
Espaces de noms
Variantes
Actions
Navigation
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils
Autres langues