Savoyard (langue)

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Savoyard
Savoyâ
Parlée en France
Région Savoie
Nombre de locuteurs 35 000 [1]
Typologie syllabique
Classification par famille
Statut officiel
Régi par Institut de la langue savoyarde
Codes de langue
IETF frp
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

Savoyard, (dialecte du pays de l'Albanais)
Artiklyo prômi

To lô étre umin naisson libro è égalo ê dinyitâ è ê drai. É son fo’ dè raizon è dè konchêssa è daivon aji lôz on avoué lôz âtro djê on èspri dè fratarnitâ.
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Panneau bilingue français-arpitan, installé en Savoie en 2014.
Les parlers savoyards font partie du domaine linguistique arpitan.
Les dialectes arpitans dans les deux départements savoyards.

Le savoyard est le nom communément donné au francoprovençal ou arpitan parlé en Savoie. Cette langue est comprise dans la charte européenne des langues minoritaires.

Cependant, le savoyard est lui-même subdivisé en de nombreux sous-dialectes dans presque toutes les grandes vallées.

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l'Empire romain la capitale des gaules était Lyon (Lugdunum) et fut le centre culturel et linguistique de la gaule lyonnaise se qui à déclencher une latinisation du centre est de la France ( Val d'Aoste, Vaud et Valais compris) faisant un "premier savoyard et arpitan" avec du latin et du celte des peuples de cette région(allobroges, Anaresb etc). Puis les invasions barbares (principalement des Burgondes) apportèrent leurs culture ainsi que leur langue. Il faut donc noter des ressemblances avec les langues celtiques (ex: Nant ou nan= ruisseau, torrent), Burgondes (restent peut présentantes). Mais aussi avec l'occitan, et quelques unes avec la langue d'oc, mais surtout avec le Latin. Le savoyard fut et reste une langue géographiquement variable car la formation d'une langue unitaire francoprovançale ne fut pas faciliter par les répartitions territoriales qu'a connue la région Rhône-alpes. Seul la Savoie, le Val d’Aoste, le Vaud, le Genevois et le Valais connurent une indépendance linguistique plus grande (car n’étant pas rattacher à la France). Le francoprovançale a ce pendant continuer à être utiliser dans la majeur partie des alpes du nord (Dauphiné, lyonnais, Bresse incluent). mais l'école obligatoire en français, la guerre 14/18 et la modernisation n'ont fait qu’accéléré le mécanisme de diminution de la langue savoyarde déjà enclencher. Mais on voit une augmentation du nombre de personnes qui se mettent à parler le savoyard depuis les années 1980.

Particularités[2][modifier | modifier le code]

Institut de la Langue Savoyarde (I.L.S.).

Parmi les dialectes francoprovençaux, le savoyard possède certaines spécificités, d'une part de traitement phonétique, d'autre part de corpus lexical.

On cite souvent, comme particularisme phonétique, la palatalisation du groupe latin /ca/, qui, selon les cas, évolue en đ (région d'Annecy), st dans le Val d'Arly, ts en Maurienne et Val d'Aoste. Ainsi, *chan < campus donne [đã], [stã] ou [tsã] suivant les vallées.

Parmi le corpus lexical, outre les espèces végétales propres à l'étage montagnard : verne, varoche (aulne vert), frasse (hêtre), darbè (sapin)… on trouve aussi, par exemple, beaucoup de termes liés à la météorologie : bacan (mauvais temps), coussie (tempête), royé (averse), ni[v]ole (nuage)… à l'environnement : clapia, pierrier (éboulis), égra (sorte d'escalier de pierre), balma (grotte), tova (tourbière), lanche (ou lanste) (champ en pente) à l'origine du mot savoyard devenu français avalanche, en savoyard ava (dessendre) et lanche ou lanste(champ, champ en pente), et des expressions originales comme « faré la pota », faire la moue, « être loin », s'en aller… Autant de créations linguistiques qui distinguent fortement le parler francoprovençal des dialectes d'oïl et d'oc.

Le savoyard doit ses différences en rapport aux autres dialectes de l'arpitan notamment aux emprunts à l'italien, dû aux rapports entre le Duché de Savoie et ce qui est maintenant l'Italie septentrionale. Cela explique aussi une grande proximité avec le Valdôtain.

Le francoprovençal parlé dans les Alpes a fait l'objet d'une étude détaillé au Centre de dialectologie de l'Université de Grenoble, d'abord sous la direction de Gaston Tuaillon, maintenant retraité, et actuellement sous celle de Michel Contini, son successeur.

Ouvrages en francoprovençal ou arpitan savoyard[modifier | modifier le code]

Panneau bilingue à Sallanches. « A'rvi pâ » signifie: A bientôt, à la prochaine.

Ces dernières années, des bandes dessinées ont été traduites dans la variété savoyarde de l'arpitan[3]. C'est le cas notamment avec Fanfoué des Pnottas, une production chablaisienne, traduite par Marc Bron, président de l'Association des Enseignants de savoyard (AES). Ce dernier a également adapté un album de Gaston Lagaffe, devenu Gust Leniolu.

En 2007, l'Aliance Culturèla Arpitana a lancé à Cervens (Chablais) l'album L'afére Pecârd, traduction de L'affaire Tournesol en francoprovençal. Dans cette aventure de Tintin, le héros parle la variété savoyarde de l'arpitan, avec des tournures empruntés en particulier à la région de Thônes. L'album est écrit dans une orthographe standardisée.

il y a aussi de nombreux dictionnaire dont un remarquablement complet qui est "La giettaz; le patois du haut val d'Arly" fait par les derniers patoisants de la giettaz.

Opinion[modifier | modifier le code]

Selon un sondage réalisé par les étudiants de l'IUT d'Annecy-le-Vieux sous la direction de Marc Bron, président de l'Association des Enseignants de savoyard et pour le compte d'un journal régionaliste en février 2001[4]  :

  • 71 % des personnes interrogées souhaitent conserver le savoyard ;
  • 37 %, l'apprentissage par l'école ;
  • 31 %, les cours du soir ;
  • 40 %, la mise en place de menus bilingues dans les restaurants, des panneaux à l'entrée des agglomérations écrits dans les deux langues et la possibilité de choisir la savoyard comme langue en option au baccalauréat ;
  • 4 personnes sur 5 déclarent l'avoir déjà entendu utiliser dans une conversation ;
  • 7 % seulement le parlent ;
  • une personne sur deux pense que le savoyard doit être transmis aux générations futures et qu'il faut mettre en place des écoles bilingues pour les familles qui le souhaitent.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon in Vingt-cinq communautés linguistiques de la France, tome 1, p. 204, Geneviève Vernes, éditions L’Harmattan, 1988.
  2. Interview de Gaston Tuaillon. Le francoprovençal, langue oubliée, Gaston Tuaillon
  3. «L'affaire Tournesol» vient d'être traduite en arpitan, terme qui désigne les patois alpins parlés de Lyon à Aoste en passant par Savièsein Le Nouvelliste, Sion, 31 mars 2007.
  4. Le Portable, Annecy, N°6, février 2001

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]