Colonie israélienne

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Les colonies israéliennes[1] désignent les colonies de peuplement établies par Israël sur des territoires conquis lors de la guerre des Six Jours en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, dans la bande de Gaza, sur le plateau du Golan et dans le Sinaï. Elles comptabilisent environ 500 000 habitants répartis dans près de 150 implantations en Cisjordanie et à Jérusalem-Est et dans environ une trentaine dans le Golan[2],[3],[4],[5].

Les colonies sont construites de manière à offrir aux résidents israéliens des conditions de vie meilleures que dans des endroits équivalents en Israël. La qualité des services offerts aux colons, qui vont de la taille des logements à l'éducation ou autres services publics induit un transfert de capitaux du gouvernement bien supérieur à la moyenne nationale en Israël[6].

La colonisation israélienne est en violation avec le droit international, notamment de la IVe convention de Genève comme rappelé par la Résolution 446 du Conseil de sécurité des Nations unies[7],[8],[9],[10]. L'État hébreu déclare, quant à lui, qu'aucun traité de paix n'a établi de statut juridique sur ces territoires[11], que la présence de communautés juives à Hébron est plurimillénaire ou que leur création à Jérusalem ou en Samarie est attestée dès le mandat britannique sur la Palestine[12],[13]. Depuis 1967, quel que soit le parti au pouvoir, l'État hébreu a implanté des colonies en Cisjordanie. Le mouvement s'est amplifié en 1974 avec la création du Goush Emounim (bloc de la foi) suivi par le Parti national religieux et le Likoud, puis en 2000, avec le gouvernement d'Ariel Sharon[14]. Suite aux Accords de Camp David en 1982, les colonies du Sinaï furent évacuées et en 2005, la totalité des colonies de la bande de Gaza furent démantelées et leurs habitants délogés par l'armée israélienne.

Elles sont également dénommées implantations israéliennes[15] ou colonies juives[16]. Les ouvrages spécialisés, les textes de l'ONU et la presse francophone y font généralement référence en termes de « colonie » tandis que le gouvernement israélien et certains auteurs parlent d'« implantation »[17],[18] ou d'« agglomération » quand leur taille est conséquente[19]. Dans les publications anglophones, on parle généralement d'« Israeli settlement » ou de « Jewish settlement ».

Historique[modifier | modifier le code]

Après la guerre des Six Jours de 1967, Israël conserve les territoires conquis sur ses voisins arabes :

La période 1967 - 1977[modifier | modifier le code]

À la fin de la guerre des Six Jours, le gouvernement israélien travailliste envisage l'annexion de certains de ces territoires, pour constituer des zones tampons et assurer la sécurité de l'État hébreu. D'autres zones sont destinées à servir de monnaie d'échange dans le cadre d'une future paix avec les États arabes voisins.

La gauche gouvernementale crée des implantations juives dans les territoires occupés dès 1968. Elle cible des zones avec de faibles populations palestiniennes, qui sont destinées à être annexées selon le plan Allon. Ces implantations restent cependant peu nombreuses[20].

On voit aussi apparaitre, dans la première moitié des années 1970, des colonies illégales (du point de vue israélien), souvent organisées par le courant nationaliste religieux (mais pas forcément par le Parti national religieux lui-même). Cette politique d'implantations illégales restera très répandue jusqu'en 2005 chez les militants du Grand Israël, face à des autorités souvent passives.

Certaines des colonies (voulues par les travaillistes ou les nationalistes religieux) ont été établies sur des emplacements d'anciennes communautés juives détruites en 1929 (Hébron) et en 1948 (Gush Etzion).

La période 1977 - 2004[modifier | modifier le code]

Colonie de Telem près de Hébron.

En 1977, la droite israélienne (le Likoud) arrive pour la première fois au pouvoir, en alliance avec les nationalistes religieux. Elle souhaite annexer à terme toute la Cisjordanie et toute la Bande de Gaza, au nom de l'unité d'Eretz Israël (la terre d'Israël dans ses frontières bibliques).

La droite se lance donc dans un programme beaucoup plus ambitieux : 50 000 colons en 1987, avant la première Intifada, 260 000 colons en 1993, avant les Accords d'Oslo, 440 000 en 2003, après la seconde Intifada[2]. Les zones fortement peuplées de Palestiniens sont également visées, pas seulement les zones vides. Avant 1983, les terres palestiniennes sont largement achetées[réf. nécessaire], pour construire des colonies, des routes, des postes militaires, ou simplement pour éviter les constructions arabes[21].

Deux grands types de colonies apparaissent :

  • Les grands blocs fortement peuplés, généralement assez près des lignes de cessez-le-feu de 1949 (rebaptisées « frontières de 1967 » ou « ligne verte »). Ces colonies sont de petites villes, avec des populations de 20 000 à 30 000 habitants.
  • Les petites colonies dans la profondeur des territoires palestiniens ; elles sont généralement peuplées de colons très idéologiques, souvent du courant nationaliste religieux, de plus en plus radicaux[22]. Certaines ne se composent que de quelques caravanes sur un sommet, avec des populations de l'ordre de la dizaine d'habitants.

À ces colonies, il faut ajouter les quartiers juifs de Jérusalem-est. Après 1967, Israël a en effet réunifié Jérusalem, contre le gré des habitants de la partie arabe. La partie annexée passe de plus de 6 km² (dans ses limites jordaniennes), à 72 km², par l'annexion de villages arabes et de zones non bâties. Des quartiers juifs sont construits dans les zones non peuplées. Ils comptent en 2005 environ 200 000 habitants juifs. Une colonie comme Gilo fait partie de la municipalité de Jérusalem.

Malgré cette volonté d'expansion territoriale, Israël a cependant signé un traité de paix avec l'Égypte en 1979 (les colonies du Sinaï ont été démantelées - voir Yamit), et un traité de paix avec la Jordanie en 1994 (quelques territoires sur la rive orientale du Jourdain rendus à la souveraineté jordanienne). Les frontières avec ces deux pays ne sont donc plus contestées. De même, bien qu'il n'y ait pas de traité de paix signé avec le Liban, Israël reconnaît la frontière libanaise (contestation sur la petite zone dite des « fermes de Chebaa »).

Depuis 2005[modifier | modifier le code]

Carte de situation en 2012.
Constructions israéliennes à proximité de la barrière de séparation.

Depuis la guerre de 1967, la gauche sioniste (qui a créé les premières colonies) a indiqué qu'elle estimait que les colonies devaient rester en nombre limité, et placées près de l'ancienne frontière d'avant la guerre de 1967. Leur crainte est que des colonies trop profondément implantées au sein des zones palestiniennes:

  • rendent impossible toute paix, et condamnent Israël à la guerre permanente ;
  • isolent de plus en plus Israël sur la scène internationale ;
  • obligent à annexer l'ensemble des territoires palestiniens au nom de l'unité d'Eretz Israël, et condamne la majorité juive en Israël (les Arabes seraient devenus majoritaires en Israël + les territoires palestiniens en 2005).

L'objectif de la gauche n'est pas de renoncer à toutes les colonies ou à toutes les annexions, mais d'annexer les plus grosses colonies des zones frontalières, là où ne vivent que peu ou pas d'Arabes palestiniens.

Pendant des années, la droite a condamné ces positions, et a souhaité annexer tous les territoires palestiniens occupés après la guerre de 1967. En 2002-2003, dans un revirement spectaculaire, Ariel Sharon, le Premier ministre israélien et chef du Likoud (droite nationaliste) s'est rallié de fait à l'analyse de la gauche et a annoncé que la croissance démographique et la violence arabe rendaient en pratique infaisable le « Grand Israël » (incluant les territoires palestiniens). Israël devait donc renoncer à « certaines colonies », pour se désengager des zones de populations arabes.

En 2003, Ariel Sharon annonce un retrait intégral de la Bande de Gaza. Entre les 17 et 22 août 2005, vingt-cinq colonies sont démantelées (dont quatre en Cisjordanie), et huit mille colons évacués, dont sept mille par la police ou l'armée israélienne. Le 12 septembre, c'est l'armée qui quitte la bande de Gaza, mettant fin à trente-huit ans de colonisation. Le traumatisme chez les colons, souvent issus du courant sioniste religieux, est fort mais on[Qui ?] note relativement peu de violence[réf. nécessaire]. Israël détruit toutes les constructions hormis certains édifices publics et des synagogues qui ont été complètement vidées. Des serres sont laissées en état afin d'aider l’économie palestinienne mais certaines sont pillées[23]. Après le retrait, plusieurs synagogues sont incendiées et détruites malgré les appels au calme lancés par les autorités palestiniennes[24]. A Neve Dekalim une croix gammée nazie a été peinte sur les murs de la synagogue tandis que les drapeaux du Hamas et du Jihad islamique ont été accrochés sur le toit[25].

Le Likoud a éclaté entre partisans (Kadima) et opposants (Likoud) du retrait. Selon une interview réalisée par Meron Rapoport pour le quotidien israélien Haaretz, M. Weisglass, conseiller d'Ariel Sharon, a déclaré que « le général Sharon a décidé de rendre Gaza, qu’il n’a jamais considéré comme d’« intérêt national », afin de sauver les colonies de Cisjordanie, et, plus important encore, d’empêcher tout accord négocié avec les Palestiniens. « Ce que nous avons fait vise à geler le processus de négociation. Et, en gelant le processus de négociation, vous empêchez la création d’un Etat palestinien et vous empêchez la discussion sur la question des réfugiés. (...) Le désengagement comporte la bonne dose de formol nécessaire pour qu’il n’y ait pas de processus de négociation avec les Palestiniens»[26].

En 2006, le successeur d'Ariel Sharon, Ehud Olmert (ancien dirigeant du Likoud passé à Kadima), a décidé de démanteler certaines colonies illégales (construites sans autorisation gouvernementale bien que pour l'ONU, toutes les colonies soient illégales). Le 1er février 2006, la colonie d'Amona (en) a ainsi été évacuée puis détruite, avec des heurts non négligeables (250 blessés légers, 2 graves). La tension chez les colons (surtout les sionistes religieux) est très grande. Le gouvernement n'a pas caché son souhait d'une poursuite des retraits de certaines colonies, sans les définir de façon exacte.

Au printemps 2006, le premier ministre d'Israël Ehud Olmert annonce dans un entretien avec des journalistes, que le retrait unilatéral israélien de Judée et Samarie était inéluctable[27].

D'après une étude menée par l'organisation israélienne la paix maintenant en novembre 2006 sur la base de documents officiels obtenus de l'administration civile israélienne, 32,38 % des colonies de Cisjordanie se sont établies sur des terres privées palestiniennes. L'étude dénonce 131 colonies construites totalement ou partiellement sur ces terres privées et 31 qui ne les empiètent pas[28]. Ces chiffres sont contestés par les dirigeants des colonies et de l'administration militaire qui n'avancent aucune preuve.[réf. nécessaire]

En octobre 2010, alors qu'une majeure partie de la communauté internationale, dont les États-Unis, attend d'Israël une nouvelle suspension des constructions dans les colonies de Cisjordanie, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou affirme qu'il accepterait ce moratoire contre la reconnaissance par l’Autorité palestinienne d'Israël en tant qu'État juif ; Mahmoud Abbas et la direction palestinienne rejettent cette revendication en précisant qu'elle n'a jamais été imposée à d'autres pays, y compris arabes, pour établir des relations de paix et que l'Autorité palestinienne reconnaît déjà l’État d'Israël[29]. Saëb Erakat considère que « Cette question n'a pas de rapport avec le processus de paix ni avec les obligations qu'Israël n'a pas remplies.» et rajoute « Nous la rejetons aussi bien en bloc que dans le détail »[30]. En mai 2011, Benyamin Nétanyahou admet que certaines colonies pourraient se retrouver, à terme, en territoire palestinien, de façon à atteindre cette « paix historique » mais il refuse dans le même temps des frontières correspondant à celles de la ligne d'armistice de 1967[31].


Débat politique[modifier | modifier le code]

Un certain nombre de thèmes sont évoqués de part et d'autre :

  • Les Palestiniens arguent du fait que la politique des colonies constitue un effort de s'approprier des territoires ou même saboter un traité de paix qui inclurait la souveraineté palestinienne, et que les colonies elles-mêmes sont un vol de terres qui appartiennent aux Palestiniens.
  • L'ONU, les divers gouvernements européens, une minorité israélienne, et beaucoup d'ONG regardent des colonies de façon à peu près semblable, arguant du fait qu'elles violent le droit international en rendant la vie difficile pour des Palestiniens dans les secteurs concernés.
  • Les sionistes religieux affirment que l'ensemble de Eretz Israël appartient de droit aux Juifs, pour des raisons historiques et religieuses (« Terres données par Dieu »).
  • Certains sionistes laïcs, surtout à droite, considèrent que Eretz Israël appartient de droit aux Juifs, mais plus pour des raisons historiques que religieuses.
  • Beaucoup d'Israéliens arguent du fait que les colonies ont une importance stratégique et tactique, perturbant les activités de terrorisme arabe.
  • Les sondages montrent en 2005 que beaucoup d'Israéliens considèrent que les petites colonies implantées en profondeur au sein des populations arabes posent trop de problèmes sécuritaires (difficulté à les défendre et provocation permanente à l'encontre des Palestiniens). Ils considèrent également que conserver les territoires où se trouvent ces colonies implique de conserver des territoires où se trouvent plusieurs millions d'Arabes, qui mettent en danger la majorité juive en Israël. Pour ces deux motifs (sécuritaire et démographique), ce courant de l'opinion se montre assez favorable au démantèlement des petites colonies. Mais l'attachement aux grands blocs de colonies reste également majoritaire.

Depuis 1967, le problème a pris une nouvelle forme avec les revendications palestiniennes sur les territoires israéliens administrés depuis 1967 de la Bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Ces revendications ont pris la forme de violences politiques palestiniennes puis de négociations avec l'État d'Israël au cours du processus de paix israélo-palestinien depuis 1991. La Jordanie a retiré toutes ses revendications sur la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Situation juridique[modifier | modifier le code]

Statut juridique[modifier | modifier le code]

La BBC indique en 2009 qu'une large partie de la communauté internationale juge illégale l'occupation des Territoires par Israël depuis 1967 et que l'art. 49 de la quatrième convention de Genève sur la protection des civils en temps de guerre s'applique à la rive occidentale du Jourdain, à la bande de Gaza et aux hauteurs du Golan. Cette position est soutenue par le CICR, diverses entités américaines et la Cour internationale de justice. La Cour suprême d'Israël a déclaré en 2004 qu'Israël occupe ces régions à la manière d'un État belligérant (occupatio bellica)[32].

L'art. 8,2,b,VIII du Statut de Rome de la Cour pénale internationale (1998) définit « le transfert, direct ou indirect, par une puissance occupante d'une partie de sa population civile, dans le territoire qu'elle occupe » comme un crime de guerre.

Sans distinguer celles qui étaient nouvelles ou rétablies (Hébron ou Gush Etzion), le Conseil de sécurité des Nations unies et l'Assemblée générale ont condamné plusieurs fois Israël pour la construction et l'agrandissement de ces colonies[réf. nécessaire].

Point de vue de la communauté internationale[modifier | modifier le code]

La résolution 242 (1967) des Nations unies demande à Israël de se retirer « des territoires occupés » (version officielle française) ou « from occupied territories » (version officielle anglaise). À partir de l'époque de Reagan, les USA ont rejoint la position israélienne pour qui cette résolution demande de se retirer seulement « de territoires occupés ». La version en langue anglaise est favorable aux Israéliens qui disent que l'ONU ne leur a jamais demandé de se retirer de tous les territoires qu'occupe l'État hébreu ; la version en français est favorable aux Palestiniens qui disent que l'ONU a demandé aux Israéliens de se retirer de tous les territoires qu'occupe l'État hébreu[33].

De plus, l'article 35 de la charte des Nations unies interdit toute modification des frontières par la force. Selon cette résolution, l'occupation elle-même est illégale ; la colonisation l'est dans tous les cas, quelle que soit la nature de l'occupation.[réf. nécessaire]

Même si, en 1949, la fixation des frontières n'a pas été faite par l'ONU, mais par les lignes de cessez-le-feu nées de la guerre, l'ONU considère ces lignes comme constitutives des frontières de fait, sous réserve d'accords modificatifs entre les parties.[réf. nécessaire]

Point de vue israélien[modifier | modifier le code]

Pour les différents gouvernements israéliens, le Plan de partage de la Palestine de 1947 a été rendu caduc par son refus par les Arabes et en conséquence, il n'y aurait donc pas de frontières internes fixées à l'intérieur de l'ancienne Palestine mandataire. De plus, après la signature des accords d'armistice israélo-arabes de 1949, les lignes militaires établies ne sont alors pas considérées comme une frontière politique définitive. Israël défend aujourd'hui le point de vue que ses frontières peuvent donc évoluer.

Bien que tous les secteurs en question aient été capturés par Israël pendant la guerre de 1967, l'annexion éventuelle de chacun d'eux est l'objet d'argumentations particulières :

  • Jérusalem a été à l'origine envisagé comme secteur international sous l'administration de l'ONU dans le plan de 1947. Son annexion par Israël et son incorporation dans les limites municipales de Jérusalem reflètent l'abandon unilatéral du plan par la partie arabe.
  • Le Golan aurait été cédé illégalement par le Royaume-Uni au mandat français de la Syrie et est donc annexé par Israël, sans préjudice d'un futur traité de paix avec la Syrie.
  • Tant que l'Égypte et la Jordanie occupaient Gaza et la Cisjordanie, il n'y avait aucun projet de créer un État palestinien. C'est la preuve de l'abandon par tous, y compris la partie arabe, du plan de partage de 1947. Compte tenu de l'abandon du plan de partage, ces territoires peuvent être légitimement revendiqués par Israël.

D'un point de vue sémantique, les Israéliens préfèrent parler de « settlement » en anglais — terme repris par la plupart des journalistes anglophones[34] — qu'ils traduisent en français par « implantation » ou, plus récemment, par « communauté juive »[18],[34], réfutant le terme « colonie » dans lequel ils perçoivent un sens péjoratif. Ilan Pappé explique que les sionistes, qui utilisaient le terme « coloniser » jusqu'à la fin du XIXe siècle, créent plus tard, pour éviter la référence à l'impopulaire colonialisme, le terme « settlement », qu'ils analysent : « Oui, c’est coloniser, mais ce n’est pas comme “coloniser”, c’est une chose différente »[non pertinent][35].

Malgré cela et certaines condamnations internes de ces colonies, Israël affirme que la construction serait légale en vertu des accords d'Oslo II qui lui accorderaient le droit de construire à l'intérieur de la zone C[citation nécessaire][36], partie du territoire de Cisjordanie sous contrôle exclusif israélien en attendant son transfert à l'autorité palestinienne[37],[38],[39]. La Cour Suprême d'Israël a jugé en juin 2005 que ni la Cisjordanie ni Gaza ne faisaient partie du territoire national[réf. souhaitée].

Points de vue des pays arabes et de l'Autorité palestinienne[modifier | modifier le code]

À l’origine, le point de vue des pays arabes est assez similaire au point de vue israélien : il n’y a pas de frontière légale et légitime interne à l’ancienne Palestine mandataire, dans ses frontières de 1922. Ce refus est par contre interprété dans un sens visant à la destruction de l’État d'Israël.

À compter de 1977, l’Égypte se rallie à la position de l'ONU, suivie par la majorité des pays arabes et par l’Autorité palestinienne dans les années 1990. Cette acceptation des frontières de 1949 ne signifie pas forcément la fin de l’état de guerre, compte tenu de l'occupation israélienne de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza.

Conséquences de la colonisation[modifier | modifier le code]

Barrière de séparation à Jérusalem Est.

La construction des grands blocs de colonies divise aujourd'hui la Cisjordanie en plusieurs zones et n'assure pas aux Palestiniens une continuité territoriale. Présentés par l'État hébreu comme des points fondamentaux de la sécurité du pays, l'expansion des colonies, la construction de la barrière de séparation — parfois à plusieurs kilomètres à l'intérieur de la ligne verte — les routes protégées et réservées aux colons pour relier Israël, et les barrages et points de passages militaires, entravent lourdement la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie ; le Bureau International du Travail de l'ONU estime que « 80 % des colonies de Cisjordanie sont établies complètement ou en partie sur des terres palestiniennes privées »[7].

En Cisjordanie comme dans le Golan, l'utilisation par les colonies de la grande majorité des ressources naturelles (terre, eau...) se fait au détriment de la population, des entreprises et de l'agriculture autochtones, et constitue une entrave à leur développement économique et social[7]

La vie économique et sociale de la population syrienne du plateau du Golan a toujours été basée sur l'agriculture mais la confiscation par Israël de certaines terres, les déracinements d'arbres et la destruction de semis ainsi que les privilèges accordés aux Juifs d'accès à l'eau et d'obtention des permis de construire met à mal l'équilibre de la société syrienne encore présente ; par ailleurs, le quota d'eau alloué aux colons israéliens, dix fois supérieur à celui accordé aux Syriens, ainsi qu'une politique de prix croissants selon la quantité demandée, contribuent à réduire l'égalité des chances et la libre concurrence[40].

Malgré le démantèlement des colonies de la bande de Gaza, l'ONU considère toujours ce territoire sous occupation israélienne ; le Conseil des droits de l'Homme tient Israël pour « responsable de ses actes en ce qui concerne Gaza au regard du droit international humanitaire et des droits de l’homme »[41].

Les habitants des colonies israéliennes sont parfois la cible d'attaques de groupes palestiniens. Ainsi, à Itamar, en mai et juin 2002, neuf personnes dont une femme et ses trois enfants sont assassinés[42] et le 12 mars 2011, toujours à Itamar, un couple de colons et ses trois enfants sont égorgés dans leur sommeil[43], provoquant l'indignation chez les Israéliens et les Palestiniens. Le 18 avril suivant, la police israélienne déclare avoir arrêté dans un village voisin deux suspects et cinq complices présumés[44].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, p.706 utilise le terme « colonies israéliennes » pour traiter du concept.
  2. a et b Gérard Chaliand, op. cit., p. 80.
  3. Bureau International du Travail, op. cit. p. 20.
  4. Oudat, Basel.Shouting in the hills, Al-Ahram Weekly, 12–18 June 2008. Issue No. 901.
  5. Statistical Abstract of Israel, no. 60, Israel Central Bureau of Statistics,‎ 2009 (lire en ligne), « Population by District, Sub-District and Religion ».
  6. Palestinian Refugees, Challenges of Repatriation and Development (International Development Research Centre), page 218.
  7. a, b et c « Conférence Internationale du Travail - La situation des travailleurs des territoires arabes occupés », Bureau International du Travail,‎ 2008 (ISBN 9789222195060), p. 19
  8. Assemblée parlementaire Documents de séance Session ordinaire 2002 (troisième partie), juin 2002, Volume VI, vol. VI, Conseil de l'Europe,‎ 24-28 juin 2002, 259 p. (ISBN 9789287150868, ISSN 0252-0656, lire en ligne), p. 218.
  9. « Résolution 7/18 - Les colonies de peuplement israéliennes dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, et le Golan syrien occupé », Conseil des droits de l’homme,‎ 27 mars 2008 (consulté le 18 avril 2011).
  10. « La question de Palestine - Colonies de peuplement israéliennes en territoire palestinien occupé », ONU (consulté le 18 avril 2011).
  11. Antoine Mansour, Palestine: une économie de résistance en Cisjordanie et à Gaza, Vol. 8 Bibliothèque du développement, L'Harmattan, 1983, 232 p. (ISBN 9782858023141) p. 68.
  12. « Mode d'hébergement », sur Ministère du tourisme israélien
  13. (en) « Israeli Settlements and International Law », sur Ministère des affaires étrangères israélien,‎ mai 2001
  14. Gérard Chaliand, .Atlas du nouvel ordre mondial, Robert Laffont, Paris, 2003, 129 p. (ISBN 2-221-10039-5) p. 77.
  15. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, p.679 utilise le terme « implantations israéliennes » pour traiter du concept.
  16. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, p.705 utilise le terme « colonies juives » pour traiter du concept.
  17. Voir par exemple cette Lettre de l'Ambassade d'Israël en France.
  18. a et b Stéphanie Valdmann, « Approches de la diversité des colonies israéliennes », Hérodote 2001/4 (no 103) (ISBN 2707135925), p. 118.
  19. Comme dans le cas d'Ariel ou de Ma'aleh Adumim
  20. Catherine Gouëset, « Israël: comprendre la colonisation des territoires occupés », L'Express,‎ 26 septembre 2010 (lire en ligne).
  21. Antoine Mansour, op. cit. p. 40-41.
  22. Dominique Vidal, Joseph Algazy, Le péché originel d'Israël: l'expulsion des Palestiniens revisitée par les "nouveaux historiens" israéliens, Éditions de l'Atelier, 2002, 222 p., (ISBN 9782708236158) p. 14.
  23. {en} http://www.msnbc.msn.com/id/9331863/
  24. {en} http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/middle_east/article565679.ece
  25. {en} http://www.news24.com/World/News/Jihad-flags-fly-from-synagogue-20050912
  26. Meron Rapoport (journaliste au quotidien Haaretz, Tel-Aviv), Quitter Gaza pour mieux garder la Cisjordanie, Le Monde diplomatique, août 2005.
  27. Olmert se déclare pour le retrait en Judée et Samarie
  28. (en) [PDF] « Construction of Settlements upon Private Land – Official Data », Peace Now,‎ novembre 2006 (consulté le 2 avril 2011).
  29. « Colonies: Nétanyahou propose un gel contre la reconnaissance d'Israël "État juif", refus des Palestiniens », sur Le Point, AFP,‎ 11 octobre 2010 (consulté en 20 décembre 2011)
  30. Nétanyahou échange un gel contre Israël "Etat juif", refus palestinien, lepoint.fr, 11/10/2010
  31. AFP, « Nétanyahou, entre concessions et fermeté », Le Journal du dimanche,‎ 25 mai 2011 (lire en ligne).
  32. Document de la BBC sur la quatrième convention de Genève
  33. « Session ordinaire de 1996, document 7636 », sur Conseil de l'Europe,‎ 23-27 septembre 1996, p. 18 & 19
  34. a et b Michael Illouz et Jean-Marc Pilla, « Sémantique subtile en Israël », Libération,‎ 13 juin 2006 (consulté le 23 juin 2011).
  35. Ilan Pappé, « Soutenir le droit au retour des réfugiés, c’est dire NON au racisme israélien »,‎ 12 janvier 2011 (consulté le 3 juin 2011).
  36. «En zone C, c’est l’administration civile israélienne qui délivre les permis de construire et les ordres de démolitions.» dans http://merblanche.com/vivre-en-zone-c/ .
  37. Texte de l’accord intérimaire israélo-palestinien sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, Washington, le 28 septembre 1995.
  38. Oslo II ou les accords de Taba.
  39. L'importance stratégique pour Israël de la zone E-1 que lui dénient les nations.
  40. Bureau International du Travail, op. cit. p. 22.
  41. Bureau International du Travail, op. cit. p. 18.
  42. (en) « Itamar: Religious West Bank settlers », sur BBC,‎ 21 juin 2002 (consulté le 28 avril 2011)
  43. AFP, « Cisjordanie: une famille de colons israéliens tuée près de Naplouse », NouvelObs,‎ 12 mars 2011 (consulté le 28 avril 2011).
  44. AFP, « Deux Palestiniens arrêtés pour le meurtre d'une famille d'Israéliens », NouvelObs,‎ 18 avril 2011 (consulté le 28 avril 2011).