Ariel (ville)

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Ariel
Blason de Ariel
Héraldique
Image illustrative de l'article Ariel (ville)
Noms
Nom hébreu (he) אֲרִיאֵל
Nom arabe (ar) اريئيل
Administration
Région Cisjordanie
Type de localité Colonie israélienne
  Ville (depuis 1998)
Maire
Mandat
Eliyahu Shaviro
2013
Démographie
Population 17 849 hab. (2011[1])
Densité 1,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 32° 06′ 22″ N 35° 11′ 16″ E / 32.106, 35.187897 ()32° 06′ 22″ Nord 35° 11′ 16″ Est / 32.106, 35.187897 ()  
Superficie 1 467 700 ha = 14 677 km2 [2]
Divers
Fondation 1978
Localisation

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Liens
Site web http://go.ariel.muni.il/
Vue d'Ariel
Un quartier d'Ariel

Ariel (en hébreu : אֲרִיאֵל) est une colonie israélienne et une ville située en Cisjordanie, à 3 kilomètres au nord de la ville palestinienne de Salfit, à 60 kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, à environ 17 kilomètres à l'est de la Ligne verte et 34 kilomètres à l'ouest du Jourdain.

La colonie a été fondée en 1978, elle a le statut de ville depuis 1998. Sa population, fin 2011, s'élevait à 17 849 habitants[1], dont 7 000 immigrants arrivés en Israël après 1990[3]. Elle est la quatrième plus grande colonie juive en Cisjordanie après Modiin Illit, Betar Illit et Ma'aleh Adumim[4], et c'est la plus grande colonie qui ne se trouve pas près de la Ligne verte.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ariel (prononcé Ari'el), signifie littéralement « Lion de Dieu ». « Ari » (Lion en hébreu) est également synonyme de bravoure et de courage et il est aussi le symbole de la tribu de Juda. Ariel dans la Bible hébraïque est l'un des noms de Jérusalem et du Temple de Jérusalem (Esaïe 29:1-8). En juillet 2009, le conseil municipal a approuvé la proposition du maire de nommer la ville d'après le nom de l'ancien Premier ministre Ariel Sharon. La décision finale est finalement prise par le gouvernement israélien[5].

Histoire[modifier | modifier le code]

Début 1978, un groupe d'Israéliens se forme pour trouver un emplacement dans les collines de la partie nord de la Cisjordanie pour créer un nouveau quartier résidentiel. Le groupe a fait une demande officielle au gouvernement pour se voir accorder un terrain pour construire une nouvelle communauté et se voient offrir trois options par l'armée, la zone proche de l'« arbre solitaire »qui deviendra plus tard Barkan (en), la région qui deviendra plus tard Kfar Tapuach (en) et une colline près de Kifl Haris (en) qui était connu pour les Arabes locaux sous le nom de Djebel Mawat, la colline de la mort, en raison du terrain inhospitalier[6].

Le chef de ce groupe, Ron Nachman (en), a choisi l'endroit en raison de son emplacement stratégique sur une route jordanienne possible en cas d'invasion vers le centre principal de population d'Israël : le Gush Dan, métropole de Tel Aviv. Au printemps 1978, quelques-uns des hommes du groupe montent des tentes sur la colline choisie et en août 1978, un total de quarante familles sont venues y vivre.

Les membres initiaux du groupe étaient passés par un processus de sélection dans le but de mettre sur pied un mélange de qualité correcte d'adultes peu qualifiés, ainsi que de jeunes familles qui seraient préparés psychologiquement pour supporter la fondation d'une nouvelle implantation à partir de zéro avec peu d'infrastructures et de confort moderne. Il n'y avait pas de routes goudronnées ou de chemins. L'eau a été fournie périodiquement par un camion-citerne. L'électricité a été fournie par un générateur car aucun réseau électrique n'existait dans la région. Les tentes ont été remplacées par des blocs de béton préfabriqués qui servaient de quartiers d'habitation, d'écoles et une infirmerie. Le 1er septembre 1978, la rentrée scolaire a été officiellement lancée.

Situation juridique[modifier | modifier le code]

La communauté internationale dans son ensemble considère Ariel comme toutes les colonies israéliennes de Cisjordanie illégales au regard du droit international mais le gouvernement israélien conteste ce point de vue[7].

Statut politique[modifier | modifier le code]

Les différents gouvernements israéliens ont insisté sur le fait qu'Ariel devrait être inclus dans les futures frontières d'Israël dans le cadre de tout futur traité de paix[8].

Le Ministère israélien de l'Intérieur a donné à la municipalité d'Ariel le statut de conseil municipal en 1998. En janvier 2010, le Premier Ministre Benyamin Netanyahou, accompagné de personnalités de premier plan dans sa coalition gouvernementale, a déclaré Ariel la « capitale de Samarie », et faisant partie intégrante d'Israël[4]. En décembre 2010, 35 membres de la Knesset ont demandé au gouvernement d'annexer Ariel à Israël[9]. Des représentants palestiniens se sont opposés à l'incorporation d'Ariel en Israël dans tout accord futur en faisant valoir que l'enclave interromprait l'intégrité territoriale du futur état palestinien et comprend un bassin aquifère important.[réf. nécessaire] L'avenir d'Ariel n'est donc pas clair : « aussi bien obstacle à un accord israélo-palestinien, il pourrait également servir de compromis crucial pour les négociateurs martelant sur un accord final »[8].

Économie[modifier | modifier le code]

La ville possède plusieurs centres commerciaux et deux zones industrielles (divisées en industrie légère et lourde) ainsi qu'une bibliothèque. En juillet 2008, Israël a approuvé la construction de vingt-sept nouvelles usines, achevées en septembre 2009[10].

Géographie[modifier | modifier le code]

Ariel est enclavée en Cisjordanie, à environ 17 kilomètres à l'est de la Ligne verte et 34 kilomètres à l'ouest du Jourdain, frontière occidentale de la Jordanie. Ariel est adjacente à la ville palestinienne de Salfit et au sud-ouest de Naplouse. Elle est à environ 30 kilomètres à l'est de Petah Tikva, et 42 kilomètres à l'est de Tel Aviv à laquelle elle est reliée par l'autoroute 5 (en) et à 60 kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, à laquelle elle est connectée par l'autoroute 60 (en).

La juridiction d'Ariel s'étend sur 14,677 km2[11] et est limitrophe des villes et villages palestiniens de Salfit, Marda (en) et Iskaka (en).

Éducation et culture[modifier | modifier le code]

Article connexe : Université d'Ariel.

Ariel est le siège de l'Université d'Ariel, fondée en 1982. Son effectif actuel est de 12 000 étudiants, composé d'étudiants Juifs comme Arabes. Le 24 décembre 2012, après de nombreuses batailles juridiques, l'ancien Centre universitaire d'Ariel de Samarie est devenu entièrement accrédité et reconnu comme la huitième université israélienne.

Le statut d'université est une question de prestige mais permet aussi un financement gouvernemental accru pour la recherche ainsi que la capacité de délivrer des diplômes de doctorat.

Financée par l'État, l’Ariel Center for the Performing Arts (en) a ouvert le 8 novembre 2010 avec une représentation de Piaf (en) par la compagnie de théâtre de Beer-Sheva[12]. Ces représentations ont été boycottées par plus de soixante acteurs israéliens, écrivains et metteurs en scène, dont Joshua Sobol (en) qui refusent de jouer dans les colonies. Le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le ministre de la Culture Limor Livnat et la chef du parti centriste Kadima, Tzipi Livni, ont condamné le boycott et ont proposé de couper les financements pour ceux qui y ont participé[13],[14].

Le boycott a été soutenu par Amos Oz, David Grossman et Avraham Yehoshua[15] mais il a été contesté par Amnon Shamosh (en) qui a suggéré que « le boycott joue le jeu des extrémistes de droite en liant l'art et la politique »[16]. Cent cinquante acteurs américains ont soutenu le boycott[17]. Cependant, cinq acteurs israéliens se sont retirés du boycott, indiquant qu'ils considéraient avoir fait erreur. Deux d'entre eux ont indiqué que le boycott n'était pas le bon chemin à prendre[18].

Des Juifs religieux et laïques résident à Ariel. La ville dispose de quatorze synagogues.

Questions de sécurité[modifier | modifier le code]

La barrière de séparation israélienne en Cisjordanie était initialement prévue pour s'étendre hors de la frontière israélienne d'Ariel, mais la route a été modifiée en accord avec une décision prise par la Cour suprême d'Israël. Au lieu de cela, Ariel a sa propre barrière de sécurité qui l'entoure sur trois côtés[19].

Jumelage[modifier | modifier le code]

Ariel est jumelée avec :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b [xls] « Locality File », Israel Central Bureau of Statistics,‎ 2011
  2. [PDF] (en) « Local Authorities in Israel 2005, Publication #1295 - Municipality Profiles - Ariel », Israel Central Bureau of Statistics,‎ 2005 (consulté le 3 octobre 2008)
  3. [PDF] (en) « Population and Density Per Sq. Km in Localities Numbering Above 5,000 Residents », Statistical Abstract of Israel, 2006, Israel Central Bureau of Statistics,‎ 31 décembre 2005 (consulté le 20 octobre 2008)
  4. a et b (en) Tovah Lazaroff, « PM: Ariel is the 'capital of Samaria' », The Jerusalem Post,‎ 2010-01-29 (lire en ligne)
  5. Maayana Miskin, « City of Ariel to be Named After Former PM », Israel National News,‎ 13 juillet 2009 (consulté le 4 septembre 2009)
  6. (he) Yifat Madmon, Ariel, sipura shel ir [« Ariel, histoire d'une ville »],‎ 2008, 1e éd., p. 20
  7. (en) « Document de la BBC sur la quatrième convention de Genève, 2009 », BBC (consulté le 25 juillet 2013) : « La Cour suprême d'Israël a déclaré en 2004 qu'Israël occupe ces régions à la manière d'un État belligérant (occupatio bellica) »
  8. a et b (en) Isabel Kershner, « A West Bank Enclave Is on Edge », New York Times,‎ 9 septembre 2010 (lire en ligne)
  9. "Knesset members demand annexation of Ariel settlement", The Palestine Telegraph, 4 décembre 2010.
  10. (en) Tovah Lazaroff, « W. Bank city of Ariel gets OK for 27 new factories », The Jerusalem Post,‎ 14 juillet 2008 (lire en ligne)
  11. [PDF] « Local Authorities in Israel 2005, Publication #1295 - Municipality Profiles - Ariel », Israel Central Bureau of Statistics,‎ 2005 (consulté le 3 octobre 2008)
  12. (en) Chaim Levinson,, « Major theaters raise curtain across Green Line », Haaretz,‎ 25 août 2010 (lire en ligne)
  13. (en) Dan Williams, « Israeli actors boycott theatres in settlements », Reuters AlertNet,‎ 29 août 2010 (lire en ligne)
  14. Donald Macintyre, "Israeli actors refuse to take the stage in settlement theatre", The Independent, 30 août 2010 [1]
  15. Boaz Fyler, "Yehoshua, Oz, Grossman back boycott of Ariel", Ynet News" 08.30.10 full text
  16. (en) Amnon Shamosh, « Culture has no borders », Ynetnews.com,‎ 11 novembre 2010 (lire en ligne)
  17. "Making history: support for Israeli artists who say NO to normalizing settlements", Jewish Voice for Peace full text
  18. (en) Maayana Miskin, « Five Actors Withdraw from Ariel Boycott », israelnationalnews.com,‎ 29 août 2010 (lire en ligne)
  19. Eric Westervelt, "Israeli Settlement Seeks Protection", National Public Radio [2]
  20. a et b Irit Hodorov, « Gemini Sign », Yediot Petah Tikva, Yedioth Ahronoth,‎ 2008-09-26
  21. (en) « Mobile's Sister Cities », City of Mobile (consulté le 26 novembre 2009), under the name "Ariel, Isreal"  [sic]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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