Moshe Dayan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Moshe Dayan.

Moshe Dayan (en hébreu : משה דיין) (né le , mort le ) était un militaire et un homme politique israélien.

Son enfance[modifier | modifier le code]

Moshe Dayan est né dans le kibboutz Degania, situé en Palestine alors sous domination ottomane, non loin du lac de Tibériade. À l'âge de 14 ans, il rallie la Haganah puis est affecté aux « Special Night Squads » dans les rangs desquels il sera marqué par l'influence du major Orde Charles Wingate, un officier britannique pro-sioniste, et qui instillera à l'embryon d'armée juive la doctrine visant à « porter le combat au cœur du secteur d'activité de l'ennemi » plutôt que de privilégier la « défense statique »[1].

Ses premiers combats[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est intégré dans les forces britanniques durant deux ans, puis intégré dans la 7e Division d'infanterie australienne, qui combat les forces de Vichy en Syrie. C'est durant cette période qu'il perd l'usage de son œil gauche, par l'enfoncement du binoculaire de sa paire de jumelles, atteint par une balle ennemie. Après cette blessure, il se met à porter un cache-œil. Dayan sera décoré à l'issue de la guerre, par l'armée britannique.

Dans la Haganah[modifier | modifier le code]

Au cours de la guerre de 1948, Dayan occupe plusieurs postes de responsabilité croissante, notamment dans la vallée du Jourdain et dans la région centre. Très apprécié de David Ben Gourion, futur premier Premier Ministre du jeune État d'Israël, il sera son protégé, tout comme le jeune Shimon Peres.

Moshe Dayan suit alors une carrière militaire fulgurante, et devient chef d'État major de Tsahal de 1955 à 1958, notamment lors de la guerre de 1956 contre l'Égypte.

Entrée en politique[modifier | modifier le code]

En 1959, Dayan entre en politique et rejoint les rangs du Mapaï, le grand parti de gauche israélien. Il est ministre de l'agriculture jusqu'en 1964. Peu apprécié de Levi Eshkol, qui prend la place de Ben Gourion après son départ du Mapai en 1965, il est cependant nommé ministre de la Défense en 1967, pour faire face à la grave crise qui menace Israël.

La guerre des Six Jours et la guerre du Kippour[modifier | modifier le code]

Bien que n'ayant pas pris part ni aux combats, ni même à la planification de ceux-ci (qui sont plutôt l'œuvre des généraux Yitzhak Rabin et Uzi Narkiss), Moshe Dayan a clairement été identifié comme un acteur prépondérant de la guerre des Six Jours. Il en a tiré une énorme popularité, aussi bien en Israël même qu'à l'extérieur. Cette gloire légitime doit être relativisée au vu des critiques qui lui seront adressées au lendemain de la guerre du Kippour. L'excès de confiance identifié à Dayan et qui habitera Israël durant les six années qui séparent ces deux conflits est en effet une des raisons des pertes énormes subies par Tsahal durant les premiers jours de combat. Cet échec cuisant provoquera un retournement complet de Dayan, qui sera près d'évoquer la chute du 3e temple, ou l'usage d'armes de destructions massives pour faire face à ce qui s'annonçait comme une possible défaite israélienne durant les premiers jours. Mais Dayan reprit le dessus, avec l'aide des États-Unis et de généraux israéliens comme Ariel Sharon.

Le déclin[modifier | modifier le code]

Le conflit du Kippour affecta le moral et la santé de Moshe Dayan. Il se retire de la vie politique brièvement en 1977, puis revient pour un court passage comme ministre des affaires étrangères sous le gouvernement de Menahem Begin. Il participera aux accords de paix de Camp David, et décédera peu après, en 1981, d'un cancer du côlon. Il est enterré dans le moshav où il a grandi : Nahalal.

Autres aspects[modifier | modifier le code]

Moshe Dayan est le père de Yael Dayan, ancien membre de la Knesset engagée dans les rangs de la paix, et du cinéaste Assi Dayan.

Auteur de quelques ouvrages, Dayan était un archéologue renommé en Israël, mais aussi controversé, nombre de ses découvertes ayant quitté le domaine public en infraction avec la loi. Sa collection personnelle fut vendue à l'État d'Israël après sa mort.

Ce qui suit est un poème rédigé par Dayan vers la fin de sa vie.

À la fin du jour

J'ai suivi mon chemin sans montrer mon chagrin ni ma joie,

j'ai vécu ma vie

Je ne pouvais faire que deux choses :

Semer le blé, le labourer, le moissonner et combattre les fusils qui menacent nos maisons

Que chacun de vous cultive la terre de nos ancêtres avec l'épée à portée du lit

À la fin de vos jours, prenez-la et remettez-la à vos enfants

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zeev Schiff, A History of the Israeli Army, MacMillan Publishing Company, 1985, p. 14-15.