Yitzhak Shamir

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Yitzhak Shamir
רימש קחצי
Yitzhak Shamir, en 1979.
Yitzhak Shamir, en 1979.
Fonctions
5e Premier ministre d’Israël
10 octobre 198313 septembre 1984
Prédécesseur Menahem Begin
Successeur Shimon Peres
7e Premier ministre d’Israël
20 octobre 198613 juillet 1992
Prédécesseur Shimon Peres
Successeur Yitzhak Rabin
Biographie
Date de naissance 15 octobre 1915
Lieu de naissance Ruzhany, Pologne (aujourd'hui en Biélorussie)
Date de décès 30 juin 2012 (à 96 ans)
Lieu de décès Drapeau : Israël Herzliya (Israël)
Nationalité Israélienne
Parti politique Likoud
Conjoint Shulamit Shamir (1944–2011)
Religion Judaïsme

Signature

Yitzhak Shamir
Premiers ministres de l’État d'Israël

Yitzhak Shamir (en hébreu : יצחק שמיר), né le 15 octobre 1915 à Ruzhany en Biélorussie (à l'époque Różana, dans la Pologne de l'entre-deux guerres), et mort le 30 juin 2012 à Herzliya, était un homme politique israélien. Il fut Premier ministre d'Israël de 1983 à 1984 et de 1986 à 1992.

Biographie[modifier | modifier le code]

Activisme[modifier | modifier le code]

Yitzhak Shamir grandit à Ruzinoy, avant d'étudier à Białystok et Varsovie puis d'émigrer en Palestine en 1935. Son patronyme était alors Jaziernicki, mais il le changea plus tard en Shamir.

Il rejoint l'Irgun Zvai Leumi, une organisation armée sioniste de droite, qui commettra de nombreux attentats contre les civils arabes palestiniens entre 1936 et 1939, période de la Grande Révolte arabe en Palestine. Les attentats feront environ 250 morts[1].

Lorsque le groupe se divise en 1940, Yitzhak Shamir suit la faction la plus militante, dirigée par Avraham Stern, plus tard surnommé groupe Stern, ou Lehi, faction qui souhaitait réorienter la lutte armée contre les Britanniques, et ce à la suite de la publication par ceux-ci en 1939 d'un Livre blanc sur la Palestine qui indiquait « le gouvernement de Sa Majesté déclare aujourd’hui sans équivoque qu'il n'est nullement dans ses intentions de transformer la Palestine en un État juif[2] ». Au sein du groupe Stern, Yitzhak Shamir se fait appeler Michael, nom de guerre qu'il a choisi en hommage à l'Irlandais Michael Collins, leader historique de l'IRA en lutte contre les Anglais[3].

En 1941, Yitzhak Shamir est emprisonné par les autorités britanniques. Après la mort de Stern, abattu par les Britanniques en février 1942, le Lehi cesse ses opérations. Yitzhak Shamir s'enfuit en septembre 1942 de son camp de détention et devient le chef du Lehi, qu'il réorganise.

Fin 1943, après l'évasion de membres du Lehi, la direction est réorganisée, et il devient l'un des trois membres du « centre », la direction collective de l'organisation. Il est plus spécifiquement chargé des opérations armées.

L'organisation reprend ses attentats contre les Britanniques à compter du début 1944, en liaison avec l'Irgoun. Sous sa direction opérationnelle, le Lehi fut responsable de nombreuses actions, dont l'assassinat en 1944 du ministre d'État britannique pour le Moyen Orient, Lord Moyne et l'assassinat en 1948 du représentant des Nations unies pour le Moyen-Orient, le comte Folke Bernadotte.

Arrêté le 2 août 1946 dans les rafles qui suivent l'attentat contre l'hôtel King David, commis par l'Irgoun, Yitzhak Shamir est déporté en Érythrée, s'évade de nouveau en janvier 1947, et se réfugie en France, d'où il ne reviendra qu'à l'indépendance d'Israël, en mai 1948. D'août 1946 à mai 1948, le Lehi a fonctionné sans lui, mais il reprend à cette date son rôle de chef des opérations pour les dernières opérations du Stern (contre les villages arabes), qui se déroulent avant l'intégration au sein de Tsahal le 29 mai 1948. Après cette date, le Stern ne conserve qu'une structure opérationnelle à Jérusalem, où sera commis l'attentat contre le médiateur des Nations-Unies, Folke Bernadotte, sur l'ordre du « centre », dont Yitzhak Shamir.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Après l'indépendance d'Israël, Yitzhak Shamir rejoint, de 1955 à 1965, les services secrets (Mossad), où il est surnommé le « Derviche »[4] puis entame une carrière politique : il est élu à la Knesset en 1973 sur la liste du Likoud. Il est président de cette assemblée en 1977, puis ministre des Affaires étrangères en 1980. En 1983, il succède à Menahem Begin au poste de Premier ministre.

Yitzhak Shamir (à gauche), avec Caspar Weinberger, ministre de la défense américain, en 1982.

Malgré sa réputation de faucon du Likoud, Yitzhak Shamir dirige en 1977 la délégation israélienne qui rencontre le président égyptien Anouar el-Sadate et les discussions de paix. Il dirige les négociations israélo-égyptiennes de 1981 et de 1982 afin de normaliser les relations entre les deux pays, ainsi que les négociations avec le Liban qui aboutissent à l'accord de 1983, qui ne fut finalement pas ratifié par le gouvernement libanais.

En tant que Premier ministre, son incapacité à maîtriser l'inflation aboutit, sous sa proposition, à la formation d'un gouvernement de coalition à la suite des élections de 1984, dirigé par Shimon Peres, membre jusqu'alors de l'opposition. Shimon Peres fut Premier ministre jusqu'en septembre 1986, où Yitzhak Shamir lui succéda.

Afin de pouvoir reprendre le poste de Premier ministre, Yitzhak Shamir modéra son image de dur du parti. Réélus en 1988, Shamir et Peres formèrent une nouvelle coalition gouvernementale jusqu'en 1990 où le parti de Peres quitta le gouvernement laissant Yitzhak Shamir avec une faible majorité.

En 1991, le gouvernement Shamir prit part aux négociations de Madrid et ordonna l'opération d'émigration de milliers de juifs éthiopiens vers Israël, l'Opération Salomon.

Durant la première Guerre du Golfe (1990-1991), les États-Unis déployèrent, avec l'accord du gouvernement Shamir, des batteries d'anti-missiles Patriot pour protéger Israël des missiles Scud dont l'Irak le menaçait. En contrepartie, le gouvernement Shamir ne réagit pas aux lancements des missiles Scud envoyés sur Israël.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Yitzhak Shamir quitta la charge de Premier ministre en 1992, puis la direction du Likoud en mars 1993, non sans avoir fermement critiqué la politique envers les Palestiniens de son successeur, Benyamin Netanyahou, qu'il jugeait trop molle.

Après avoir souffert depuis plusieurs années de la maladie d'Alzheimer, Yitzhak Shamir décède le 30 juin 2012[5],[6]. Le président de la République française, François Hollande, déclare à son propos : « Chef du gouvernement, lors de la première guerre du Golfe, alors qu'Israël était attaqué par (l'ancien président irakien) Saddam Hussein, il sut manifester la retenue nécessaire pour protéger son pays. La relation qu'il entretenait avec la France était ancienne et, à la tête du gouvernement d'Israël, il s'est attaché à renforcer les liens d'amitié et de coopération entre nos deux pays »[7].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arie Perliger et Leonard Weinberg, Totalitarian Movements & Political Religions, Vol. 4, No. 3 (2003) 91-118. Voir aussi Marius Schattner, Histoire de la droite israélienne, 1991.
  2. Troisième livre blanc sur la Palestine, mars 1939.
  3. Lucas Enoch, Claudio Stassi: "Stern Gang", Edition La Boite à Bulles, 2014
  4. Roger Faligot, Rémi Kauffer, Le Croissant et la croix gammée : Les Secrets de l'alliance entre l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours, éd Albin Michel, 1990, 308 p.
  5. Israël : mort de Yitzhak Shamir, Le Figaro, 30 juin 2012.
  6. Mort de l'ancien premier ministre israélien Shamir, Le Figaro, 30 juin 2012.
  7. « Hollande rend hommage à "la forte personnalité" de Yitzhak Shamir », sur Le Point,‎ 1er juillet 2012

Liens externes[modifier | modifier le code]

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