Marie-José de Belgique

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Marie-José de Belgique

Marie-José Charlotte Sophie Amélie Henriette Gabrielle de Belgique, princesse de Belgique puis, par son mariage, reine consort d'Italie est née à Ostende, en Belgique, le et morte à Thonex, le .

Elle était la fille du roi Albert Ier de Belgique et de la reine née Élisabeth Wittelsbach, duchesse en Bavière. Elle avait deux frères : le roi Léopold III et le prince-régent Charles. Elle était donc la tante de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg, des rois Baudouin Ier et Albert II de Belgique.

Biographie[modifier | modifier le code]

La princesse Marie-José de Belgique fut élevée dans une famille très attachée aux valeurs traditionnelles, dans une ambiance de culture au sein de laquelle elle étudie le piano et le violon et se passionne pour les activités sportives. Pour le violon, elle eut comme professeur Eugène Ysaÿe[1] Elle éprouve une sympathie pour les idées socialistes.

Alors que la Belgique et l'Allemagne entrent en guerre, Marie-José, ses frères et sa mère quittent la Belgique pour l'Angleterre le 31 août 1914, à bord du Jan Breydel. Elle fréquenta jusqu'en janvier 1917, le couvent des Ursulines. Vers la fin de la guerre, elle fut envoyée en Italie, au Collegio de la Santissima Annunziata à Villa di Poggio Imperiale où elle étudia du 22 mars 1917 à l'été 1919. À la fin de la guerre, Marie-José rentre en Belgique[1].

Éduquée pour contracter un mariage royal, elle est destinée au sortir de l'enfance au prince héritier Humbert de Savoie. La première rencontre avec son futur époux qui avait alors 13 ans, a lieu le 7 février 1918, au château de Lispida à Battaglia Terme, près de Padoue[1] ce qui déplait fort à sa grand-tante Marie-Sophie de Bavière, la dernière reine des Deux-Siciles qui avait âprement lutté pour l'indépendance de son royaume face aux menées de la Maison de Savoie en 1860.

À l'automne 1919, elle fut envoyée à l'Institut du Sacré-Cœur de Linthout à Bruxelles et suivit des cours de 13 à 18 ans.

Le mariage avec Humbert de Savoie, a lieu le 8 janvier 1930 en la chapelle Pauline du Palais du Quirinal, à Rome, et Marie-José quitte la Belgique pour l'Italie. Le couple habita Turin au Palais royal de février 1930 à novembre 1931 puis déménagea à Naples.

Le couple aura quatre enfants :

  • Victor-Emmanuel (12 février 1937), épouse le 7 octobre 1971, Marina Doria (1935-) (ses déboires judiciaires amèneront certains partisans de la monarchie à préférer comme chef de la Maison royale d'Italie et prétendant au trône son cousin Amédée, duc d'Aoste)

Le 10 mai 1940, les nazis franchissent les frontières belge, néerlandaise et luxembourgeoise et pour la première fois Marie-José se sentit étrangère et abandonnée à elle-même. Elle voulait quitter immédiatement le pays et partir en Suisse retrouver sa mère mais Umberto parvint à la calmer en lui disant que l'Italie avait besoin d'eux. L'Italie se retrouve par son alliance, pour un temps, victorieuse du côté de l'Allemagne nazie et le 10 juin, Benito Mussolini annonce sa déclaration de guerre à la France et à l'Angleterre. Le 17 octobre 1940, elle rencontre Hitler au Berghof[1]. Selon les témoignages de Romano Mussolini, le fils de Benito Mussolini, Marie-José aurait entretenu une relation romantique avec le Duce, bien que n'étant pas connue pour avoir soutenu le régime fasciste[2].

Mais la débâcle est proche car au premier semestre de 1943, l'Axe collectionne les défaites. En 1943, l'armée américaine débarque en Sicile et le roi Victor-Emmanuel III d'Italie, beau-père de Marie-José, congédie Mussolini le 25 juillet 1943 et s'allie avec les nouveaux vainqueurs. Le 6 août 1943, son beau-père la convoque dans son bureau et lui ordonne de quitter Rome dans les 24 heures, avec ses quatre enfants. La famille se réfugie dans le Piémont, à Sant'Anna di Valdieri. Après l'annonce officielle de l'armistice le 8 septembre, Marie-José reçoit l'ordre de sa Majesté de partir pour la Suisse. En septembre 1943, la presse suisse[3] signale la présence de la princesse avec ses quatre enfants, à Montreux (Vaud) à l'hôtel Excelsior et son retour pour l'Italie en mai 1945[4]. Elle a franchi le Col du Grand-Saint-Bernard, le 8 septembre 1943[5]. Cependant, comme Hitler voulait faire enlever le petit prince héritier, le Général Guisan ordonna, par mesure de sécurité de loger Marie-José à Oberhofen sur le lac de Thoune. En effet les SS se trouvaient à Évian, sur l'autre rive du lac Léman[1].

Après avoir laissé ses enfants à Glion et sa voiture à Martigny, le 25 avril 1945, la princesse part pour l'Italie à pied et à ski par le col du Grand-Saint-Bernard. En Italie, une voiture, accompagnée d'un détachement de partisans, attend la princesse. L'accueil fut chaleureux. De retour à Rome quelques mois plus tard, les difficultés commencèrent pour la maison de Savoie et le 9 mai 1946 le roi Victor-Emmanuel III abdique et, en compagnie d'Elena de Savoie, quitte à jamais l'Italie pour l'Égypte. Montés sur le trône d'Italie le 9 mai 1946, Humbert II et Marie-José ne règneront qu'un seul mois (24 jours). Le référendum du 2 juin 1946 instaure la république en Italie. Marie-José est donc la dernière reine d'Italie et est surnommée « la Reine de mai ». Le roi Humbert II quitte le trône sans abdiquer et se retire au Portugal, le 13 juin 1946 précédé de toute la famille royale. La treizième disposition transitoire de la nouvelle Constitution, entrée en vigueur, le 1e janvier 1948, lui interdira le retour en Italie[1].

En exil, le roi Humbert et la reine Marie-José se séparent en août 1947 (lui vit au Portugal et elle pour des raisons de santé, trouve refuge à Merlinge près de Genève, en Suisse avec son fils), mais continuent d'apparaître ensemble lors des événements familiaux et conservent un profond respect et une grande amitié l'un envers l'autre. En 1953, ils passent leur vacances ensemble. La reine Marie-José écrit plusieurs livres sur ses parents et l'histoire de la Maison de Savoie[6].

En 1983, la reine Marie-José perd son époux le roi Humbert II (le 18 mars), puis ses deux frères, le roi Léopold III (le 25 septembre) et le prince Charles-Théodore (le 1er juin). Quelques années plus tard, elle est autorisée par l'État italien à séjourner à nouveau dans son pays d'adoption. Durant son exil, Marie-José voyage beaucoup, l'Égypte, l'Inde, la Chine, la Pologne, la Russie, au Moyen-Orient... Après avoir obtenu une dérogation partielle à l'interdiction d'entrée en Italie (10 décembre 1987), Marie-José se rend à Aoste le 1e mars 1988 puis à Turin. En 1991, elle quitte la Suisse pour s'établir au Mexique, à la Villa Lupo, à Cuernavaca. Elle reviendra en Suisse, à Vésenaz près de Genève en 1996.

Elle s'éteint le 27 janvier 2001 à l'Hôpital Cantonal de Genève et elle est inhumée aux côtés de son époux à l'abbaye d'Hautecombe en Savoie. L'émotion causée par son décès incite les parlementaires italiens à abroger la loi d'exil imposée aux princes de la famille : le fils et le petit-fils de Marie-José pourront fouler le sol italien à partir de 2002. Une victoire posthume pour la « Reine de mai ».

Ouvrages publiés[modifier | modifier le code]

  • La Maison de Savoie. Tome I : Les origines - le comte vert - le comte rouge. Préface de Benedetto Croce. P., Albin Michel. 1956. Reprint à Milan en 1989, pour le compte de la Fondazione Umberto II & Maria-Josè di Savoia.
  • La Maison de Savoie - Amédée VIII, la jeunesse.
  • La Maison de Savoie - Amédée VIII, le duc qui devint pape, Paris, Albin Michel, 1962.
  • Emanuele Filiberto di Savoia. Un valoroso guerriero, un principe illuminato.

Articles connexes[modifier | modifier le code]


Référence[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Marie-José de Savoie, la reine de mai, Luciano Regolo, Éditions Les racines de l'histoire, 2001
  2. http://www.oggi.it/focus/personaggi/2011/08/30/rivelazioni-mussolini-amo-maria-jose/
  3. Journal de Genève, 9 septembre 1943
  4. Journal de Genève, 1 mai 1945
  5. Annales Valaisannes, 2003 Anouchka Winiger
  6. Le Figaro, 15 octobre 2007