Comté de Genève

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Comté de Genevois

IXe siècle1416

Blason
Informations générales
Statut Comté
Capitale Genève, puis Annecy/La Roche

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le comté de Genevois désignait autrefois l'une des principautés du Saint-Empire. Son territoire s'étendait aux terres autour de la cité de Genève, correspondant approximativement au canton homonyme et à la province actuelle du Genevois. Le comté est acheté, en 1401, par le comte voisin, Amédée VIII de Savoie.

Territoire[modifier | modifier le code]

Vers le VIe siècle, Genève devient le centre d'un pagus, le pagus major Genevensis ou Comitatus Genevensis, correspondant au diocèse de Genève[1].

Ce dernier est constitué :

  • pagus minor Genevensis ou territorium Genevense (bas-Genevois) ;
  • pagus minor Albanensis constitué de l'Albanais, des régions d'Annecy et de Rumilly, et de la vallée de Faverges ;
  • pagus minor Alingiensis ou Chablais (64 paroisses), mais appartenant aux comtes de Maurienne, futurs comtes de Savoie ;
  • pagus minor Falciniacus ou le haut-Faucigny.

Le comté est délimité au nord par le lac Léman ; à l'est, le territoire du Faucigny, avec les Bornes comme frontière, et dont les seigneurs étaient vassaux des comtes[2] ; au Sud, la Savoie - pagus Savogensis (Comté de Savoie, appelée aussi Sabaudia ou Savoie Propre) ; à l'ouest, le pays de Gex, dont les seigneurs dépendent des comtes[2].

Qualification[modifier | modifier le code]

Comes gebennensis : Comté de Genevois (ou Comté de Genève)[3]?

Dans la mesure où seul l'évêque de Genève possède le pouvoir tant spirituel que temporel sur la ville, et que le comte n'a autorité que sur le reste du territoire, on peut en déduire que le titre devrait être donc "de Genevois".

Histoire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Histoire de la Savoie et Histoire de Genève.

L'apparition du comes gebennensis est douteuse mais attesté à partir du XIe siècle. Ces comtes de Genevois contrôlent un territoire important des Préalpes. Mais il faut relativiser cette domination. Le pouvoir temporel sur la cité genevoise leur échappe à la faveur des évêques de Genève[4], placé sous la suzeraineté de l'empereur du Saint-Empire romain germanique. Il est d'ailleurs le supérieur féodal du comte de Genève. Les seigneurs de Genève, qui ne possèdent que deux districts en périphérie de Genève avec les bailliages de Gaillard et de Ternier, ne détiennent que deux pouvoirs : celui d'avoué - ou « défenseur civil et armé de l'Église » - et celui d'exécutant des sentences criminelles[3]. Toutefois, ceux-ci possédaient une propriété dans la ville dans le château-fort du Bourg-de-Four ou château de Genève (aujourd'hui disparu).

De nombreuses tensions apparaissent donc entre les deux autorités. Au XIIe siècle, les comtes tentent d'obtenir un pouvoir temporel sur la cité, mais sans succès. Le 10 octobre 1219, à Desingy, Aymon de Grandson obtient l'hommage de Guillaume II de Genève pour le comté, alors que Humbert de Genève, son frère aîné, est encore comte. Il confisque ainsi le pouvoir et le transmet à ses fils, tandis que les fils de son frère, Pierre et Ebal, émigrent en Angleterre et meurent sans descendance. Il semble qu'à cette période, le comte établit définitivement sa capitale dans la cité d'Annecy[5].

Parmi les grands feudataires de la maison de Genève, nous relevons : « Terny, Viry, Compey son le meillou maison du Genevey, Salenove e Menton ne le craignon pas d'un bouton »[6].

Le comté de Genevois, passé à la mort du comte Robert (1394) à la famille de Thoire-Villars (Humbert en 1394, puis Odon en 1400). Odon vend pour 45 000 francs d'or le comté à Amédée VIII de Savoie et entre définitivement dans l'apanage des comtes de Savoie[7].

Comtes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des comtes de Genève.

(ou comtes de Genevois)

Possessions[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive des possessions tenues en nom propre ou à titre de fief des comtes de Genève :

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour cette citation et le découpage suivant, organisation décrite par l'ouvrage J.-J. Vernier, Études historiques et géographiques sur la Savoie, Le Livre d'Histoire - Res Universis,‎ 1896, édition 1993 (ISBN 2-7428-0039-5, ISSN 0993-7129), p. 47-48.
  2. a et b « La vassalité des seigneurs de Faucigny envers le comte genevois se déduit du Plait de Seyssel de 1124, auquel le comte arriva cum comitatu vironim, entre autres Rodulfi de Fulciniaco », note de bas de page de l'article "Du pouvoir que la Maison de Savoie a exercé dans Genève" par E Mallet (p.181), paru dans Mémoires et Documents de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève, Tome VII, 1849 (Consulter le livre).
  3. a et b Article "Du pouvoir que la Maison de Savoie a exercé dans Genève" par Édouard Mallet (pp. 177-290), paru dans Mémoires et Documents de la Société d'Histoire et d'Archéologie de Genève, Tome VII, 1849 (Consulter le livre).
  4. Les évêques de Genève possédaient ainsi les régales, c'est-à-dire des pouvoirs de ban, de la justice, de la seigneurie sur tous les habitants, des droits de gîtes, de plait général, de forage du vin, de rivage, de corvées, de mutation d'immeubles après décès, de marché, de péage, de monnaie, de confiscation de biens criminels. (Plait de Seyssel, de 1124)
  5. Christian Regat et François Aubert, Châteaux de Haute-Savoie : Chablais, Faucigny, Genevois, Cabèdita,‎ 1999, 193 p. (ISBN 978-2-8829-5117-5), p. 20.
  6. Joseph de Champeaux, Devises. cris de guerre, légendes, dictons,‎ 1890, p. 75.
  7. Bernard Demotz, Le comté de Savoie du XIe au XVe siècle : Pouvoir, château et État au Moyen Âge, Genève, Slatkine,‎ 2000, 496 p. (ISBN 2-05101-676-3), p. 58.