Albert II (roi des Belges)

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Albert II
Le roi Albert II de Belgique en mars 2010.
Le roi Albert II de Belgique en mars 2010.
Titre
6e roi des Belges
9 août 199321 juillet 2013
(19 ans, 11 mois et 12 jours)
Premier ministre Jean-Luc Dehaene
Guy Verhofstadt
Yves Leterme
Herman Van Rompuy
Yves Leterme
Elio Di Rupo
Prédécesseur Baudouin
Successeur Philippe
Héritier présomptif du trône de Belgique
17 juillet 195131 juillet 1993
(42 ans, 0 mois et 14 jours)
Monarque Baudouin
Prédécesseur Baudouin de Belgique,
duc de Brabant
Successeur Philippe de Belgique,
duc de Brabant
Biographie
Titre complet Voir Titulature
Dynastie Maison de Belgique
Nom de naissance Albert Félix Humbert Théodore Christian Eugène Marie de Belgique
Date de naissance 6 juin 1934 (80 ans)
Lieu de naissance Laeken (Belgique)
Père Léopold III de Belgique
Mère Astrid de Suède
Conjoint Paola Ruffo di Calabria
Enfant(s) Philippe Red crown.png
Astrid de Belgique
Laurent de Belgique
Religion Catholique romain
Résidence Château du Belvédère

Signature

Albert II (roi des Belges)
Rois des Belges

Albert II de Belgique, de son nom complet Albert Félix Humbert Théodore Christian Eugène Marie de Belgique (né le 6 juin 1934 au château du Stuyvenberg), est le 6e roi des Belges après la mort de son frère Baudouin et jusqu'à son abdication le 21 juillet 2013. Titré à sa naissance prince de Liège[1], il est le second fils du roi Léopold III et de la reine Astrid, née princesse de Suède[2]. Il est le frère cadet de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte et de Baudouin.

Il prête serment devant les Chambres réunies le 9 août 1993 en néerlandais, français et allemand. Le 3 juillet 2013, il annonce sa décision d'abdiquer le 21 juillet 2013, jour de la fête nationale belge. Son fils aîné le prince Philippe, duc de Brabant, lui succède.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse (1934-1951)[modifier | modifier le code]

Son enfance et son adolescence sont marquées par la mort accidentelle de sa mère, le 29 août 1935, à Küssnacht, en Suisse et la Seconde Guerre mondiale. Il passera celle-ci en France, en Espagne mais surtout à Bruxelles. Le 6 juin 1944 marque le dixième anniversaire du jeune prince mais aussi le débarquement de Normandie. La famille royale est alors emmenée en Allemagne, puis en Autriche, où elle est libérée le 7 mai 1945 par les troupes américaines. Cette libération ne signifie pas le retour au pays. La « question royale » oblige la famille royale à s'exiler en Suisse jusqu'en juillet 1950. Le 11 août 1950, le frère aîné d'Albert, le prince Baudouin, duc de Brabant, devient prince royal, puis roi des Belges le 17 juillet 1951, le lendemain de l'abdication de son père, le roi Léopold III.

Le prince de Liège (1951-1993)[modifier | modifier le code]

De retour en Belgique, le prince Albert entreprend sa formation militaire dans la force navale belge. Il sera promu aspirant en 1953, enseigne de vaisseau en 1954, lieutenant de vaisseau en 1957, capitaine de frégate en 1959, capitaine de vaisseau en 1964 et enfin Amiral de flottille en 1971.

En 1954, il obtient son premier rôle officiel : la présidence du conseil général de la Caisse générale d'épargne et de retraite (CGER). Il y restera jusqu'à sa suppression en 1991.

Le prince de Liège[1] devient le parrain de son neveu, le grand-duc Henri de Luxembourg (né en 1955) et de sa demi-sœur, la princesse Marie-Esméralda de Belgique (née en 1956).

Le 2 juillet 1959, il épouse à Bruxelles Paola Ruffo di Calabria, issue d'une famille princière italienne. Ils s’installent au château du Belvédère. Suite à l'absence d'héritier du couple royal, ce sont le prince Albert et la princesse Paola qui vont assurer l'avenir de la dynastie avec leurs trois enfants : Philippe (né le 15 avril 1960), Astrid (née le 5 juin 1962) et Laurent (né le 19 octobre 1963). À la fin des années 1960, le couple princier connaîtra une crise conjugale et un divorce sera envisagé avant leur réconciliation.

En 1958, il devient président de la Croix-Rouge de Belgique, sénateur de droit et président d'honneur du Comité olympique et interfédéral belge (COIB). En 1962, il accepte la présidence d'honneur de l'Office belge du commerce extérieur et effectue une centaine de missions économiques partout dans le monde. Le prince Albert occupe ces fonctions jusqu'à son accession au trône.

Afin de lui rendre hommage, la Fédération des Entreprises de Belgique et la fondation Roi Baudouin créent en 1984 le fonds Prince Albert, qui remet chaque année des bourses pour la formation de jeunes cadres belges qui ont l'intention de se lancer dans l'exportation.

Albert II visitera le Congo en 1968 pour célébrer la création d'une école belge Le Prince de Liège, le Congo créé par son arrière-grand-oncle Léopold II devenu indépendant en 1960 sous l'égide de son frère Baudouin.

Albert II, sixième roi des Belges (1993-2013)[modifier | modifier le code]

Étendard personnel du roi Albert II.

Suite au décès de son frère Baudouin, Albert prête serment le 9 août 1993 comme sixième roi des Belges. Contrairement à ses cinq prédécesseurs, il règne sur un État fédéral, dont il a signé la nouvelle constitution le 17 février 1994. Albert II estime que son rôle principal est d'encourager et de soutenir l'entente entre le niveau fédéral, les trois régions et les trois communautés. Il prône une meilleure connaissance des trois langues nationales et dénonce en 2006 le « séparatisme explicite ou feutré ».

Partisan d'une société multiculturelle, il dénonce régulièrement dans ses discours le racisme et la xénophobie et soutient activement le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme. Depuis son accession au trône, il n'a reçu en audience aucun représentant de l'extrême-droite et ne les convie pas aux réceptions du Palais royal.

Le roi préside chaque année la cérémonie du 11 novembre à la Colonne du Congrès et accorde son haut patronage à diverses associations patriotiques, comme le Comité national belge du Souvenir et la Ligue royale belge des Vétérans du roi Léopold III.

Lors de l'affaire Dutroux en 1996, le couple royal reçoit durant une semaine tous les parents d'enfants disparus. Le roi prononce ensuite des discours très critiques envers la police et la justice, sans pour autant se fâcher avec le gouvernement Dehaene II. Il milite pour la création à Bruxelles de Child Focus, le centre européen pour enfants disparus et sexuellement exploités, dont la reine Paola devient présidente d'honneur. Au cours de ces mois mouvementés, la monarchie est la seule institution belge à sortir renforcée.

Comme son frère, Albert II est un européen convaincu qui soutient toutes les initiatives en faveur de la construction européenne, comme le passage du franc belge à l'euro ou la création d'une future armée commune. Il accorde aussi beaucoup d'attention aux anciennes colonies belges d'Afrique centrale et à l'image de la Belgique à l'étranger.

Sur le plan religieux, le couple royal est croyant et pratiquant mais, contrairement au roi Baudouin, le roi Albert II garde ses convictions religieuses sur le plan privé et respecte les choix démocratiques du Parlement : il a ainsi apposé sa signature sur la loi dépénalisant l'euthanasie et sur la loi autorisant les mariages homosexuels, malgré l'opposition de l'Église catholique. Les baptêmes de tous ses petits-enfants sont célébrés en privé et ne donnent lieu à aucune cérémonie officielle. Cette attitude est conforme aux vues des défenseurs de la laïcité de l'État.

Durant la crise politique de 2010-2011 qui dura 541 jours (la plus longue de l'histoire politique belge), Albert II montra son agacement dans son discours traditionnel prononcé lors de la Fête Nationale belge, le 21 juillet 2011. Il y rappela fortement son rôle constitutionnel en tenant à mettre en garde sur l'attitude des responsables politiques belges peu favorables à s'entendre pour former un gouvernement et ainsi à trouver un compromis pour sauvegarder l'avenir du pays. Il s'impliqua avec ténacité et fermeté pour aboutir à une issue à cette crise en se présentant comme le dernier rempart contre l'éclatement de la Belgique en deux entités flamande et wallonne. La crise se termina, au grand soulagement d'Albert II, par la nomination du socialiste Elio Di Rupo au poste de Premier ministre le 5 décembre 2011.

Dans le domaine culturel, la reine Paola crée un comité artistique chargé d'intégrer l'art contemporain belge au Palais royal de Bruxelles, construit au XIXe siècle. Des œuvres de Jan Fabre, Marthe Wéry, Dirk Braeckman et Patrick Corillon sont inaugurées en 2002 et 2004. Le roi Albert II accorde notamment son haut patronage aux Amis des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, à la Fédération nationale des compagnies dramatiques, à l'Union des Entomologistes belges, au Cercle d'art théâtral de Bruxelles et à l'Association royale Dynastie et Patrimoine culturel.

Avec son épouse, il a considérablement modernisé la monarchie belge et l'a ouverte aux médias. En 2006, il a supprimé le poste de Grand Maréchal de la Cour, jugé désuet.

Comme la Constitution belge l'y autorise, le roi accorde chaque année une quinzaine de titres de noblesse à des Belges méritants. Voici quelques exemples : les astronautes Dirk Frimout et Frank De Winne, le président du Comité international olympique Jacques Rogge, les hommes d'affaires Maurice Lippens, Albert Frère et Aldo Vastapane, le dessinateur François Schuiten, la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, le peintre Roger Raveel, le cinéaste André Delvaux, la chanteuse populaire Annie Cordy, le musicien de jazz Toots Thielemans, le champion cycliste Eddy Merckx, le mathématicien Pierre Deligneetc. Il y a toutefois lieu de noter qu'il ne s'agit pas d'une prérogative du roi en tant que personne, mais de l'institution royale, c'est-à-dire du roi et de ses ministres. Les anoblissements se font après avis de la Commission consultative pour les faveurs nobiliaires et sur proposition du ministre des Affaires étrangères.

Voyages à l'étranger[modifier | modifier le code]

Comme son frère avant lui, Albert II profita de son règne pour mettre en avant la Belgique sur la scène internationale.

Abdication[modifier | modifier le code]

Le roi Albert II est depuis 2010 l'objet de rumeurs (toujours démenties officiellement) sur une éventuelle abdication en faveur du prince héritier Philippe, son fils aîné, duc de Brabant. Le journal Le Soir s'est fait plus insistant dans sa parution du 2 mars 2012[3] en évoquant l'idée d'une possible abdication le 21 juillet 2013, sans doute due aux conséquences de récents problèmes de santé et d'ordre privé rencontrés par le souverain.

Le 3 juillet 2013, le roi Albert II annonce finalement son abdication par ces mots : « Je constate que mon âge et ma santé ne me permettent plus d'exercer ma fonction comme je le voudrais. Ce serait manquer à mes devoirs et à ma conception de la fonction royale que de vouloir me maintenir en exercice à tout prix. Sans être en mesure d'assumer pleinement mon rôle, c'est une question élémentaire de respect envers les institutions et envers vous, chers concitoyens. Après vingt ans de règne, j'estime donc que le moment est venu de passer le flambeau à la génération suivante. Je constate que le prince Philippe est bien préparé pour me succéder. » Le bilan de son règne est salué par la presse belge, le Soir saluant son « sens aigu des responsabilités dans des crises politiques d'une profonde gravité », la Libre Belgique déclarant qu'il a « incarné un règne fort, courageux et chaleureux »[4].

Le roi Albert II signe l'acte d'abdication le 21 juillet 2013, jour de la fête nationale belge, à 10 h 45[5]. Son fils Philippe lui succède le même jour en prêtant serment devant les chambres réunies. Albert II est le second roi des Belges à abdiquer après Léopold III, qui l'avait fait en 1951 en faveur de son fils Baudouin, frère et prédécesseur d'Albert II.

Titulature[modifier | modifier le code]

  • 6 juin 1934 — 7 juin 1934 : Son Altesse royale le prince Albert de Belgique
  • 7 juin 1934 — 9 août 1993 : Son Altesse royale le prince de Liège, prince de Belgique[1]
  • 9 août 1993 — 21 juillet 2013 : Sa Majesté le roi des Belges
  • depuis le 21 juillet 2013 : Sa Majesté le roi Albert

Après son abdication, le roi Albert garde le prédicat de majesté.

Décorations et distinctions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Belges[modifier | modifier le code]

Il était Grand maître de ces cinq ordre pendant la durée de son règne.

Étrangères[modifier | modifier le code]

Récipiendaire de nombreuses décorations étrangères, Albert II est l’un des seuls chefs d’État européens à être à la fois chevalier de la Toison d’or autrichienne (décernée en 1962 par l’archiduc Otto de Habsbourg) et chevalier de la Toison d’or espagnole (décernée en 1994 par le roi Juan Carlos).

Grades honorifiques[modifier | modifier le code]

Le roi Albert II est docteur honoris causa de l'université catholique de Louvain, l'université Saint-Louis de Baguio City (Philippines), l'université de Gand, université libre de Bruxelles, l'université catholique de Mons et la faculté polytechnique de Mons.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Ordre de succession au trône de Belgique[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Bien qu'historiquement le titre prenne un accent aigu (prince de Liége) la graphie moderne (prince de Liège) est officiellement utilisée. Voir à cet effet la notice biographique du roi Albert II sur le site officiel de la Monarchie belge.
  2. Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d'Europe, Bordas, 1995 (ISBN 2-04-027115-5), tableau 82 p. 40
  3. Autre Roi, autre entourage, autre monarchie, Le Soir, édition du 3 mars 2012.
  4. http://www.lematin.ch/monde/europe/albert-ii-roi-parle-yeux-yeux/story/21378671?track
  5. Succession royale : Albert II a signé l'acte officiel de son abdication, Le Vif/L'Express en ligne, 21 juillet 2013