Philippe de Belgique (1837-1905)

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Philippe de Belgique

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Philippe Comte de Flandre photographié par Camille Silvy à Londres le 25 juin 1861.

Titre

Prince héritier de Belgique [1]

22 janvier 186917 novembre 1905
(&&&&&&&&&&01344736 ans, 9 mois et 25 jours)

Prédécesseur Léopold de Belgique,
duc de Brabant
Successeur Albert de Belgique
Biographie
Titulature Prince de Belgique
Duc de Saxe
Prince de Saxe-Cobourg-Gotha
Comte de Flandre (1840-1905)
Dynastie Maison de Saxe-Cobourg et Gotha
Nom de naissance Philippe Eugène Ferdinand Marie Clément Baudouin Léopold Georges de Belgique
Naissance 24 mars 1837
Laeken (Belgique)
Décès 17 novembre 1905 (à 68 ans)
Sépulture Crypte royale de Laeken
Père Leopold Ier de Belgique
Mère Louise-Marie d'Orléans
Conjoint Marie de Hohenzollern-Sigmaringen
Enfants Baudouin de Belgique
Albert Ier Red crown.png
Résidence Palais de Flandre
Religion Catholicisme romain
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Princes héritiers de Belgique

Philippe Eugène Ferdinand Marie Clément Baudouin Léopold Georges de Belgique, duc de Saxe, prince de Saxe-Cobourg et Gotha, comte de Flandre, né le 24 mars 1837 au château de Laeken et mort le 17 novembre 1905 à Bruxelles est un Prince de Belgique, fils du roi Léopold Ier et de la reine Louise née princesse d’Orléans, et le frère du roi Léopold II. Le 22 janvier 1869, il devient l'héritier présomptif de son frère, suite au décès de son neveu le prince Léopold (fils du roi Léopold II).

Un Prince éloigné des responsabilités[modifier | modifier le code]

Bien qu'il ne joue pas un rôle majeur dans l'histoire de son pays, il donne naissance au roi Albert Ier devenant ainsi l'ancêtre de tous les membres actuels de la dynastie belge. Sénateur de droit, il ne siège cependant jamais à la Chambre haute. Frappé d'une surdité précoce, il refuse le trône de Grèce en 1863[2], de même qu'il avait décliné l'offre d'épouser Isabelle de Bragance, fille héritière de l'Empereur Pedro du Brésil[3]. En 1866, il refuse le titre de prince régnant des principautés roumaines[4][5].

Famille[modifier | modifier le code]

Il épouse le 25 avril 1867 la princesse Marie de Hohenzollern-Sigmaringen (1845-1912), qui lui donne cinq enfants :

  1. Baudouin, prince de Belgique, prince de Saxe-Cobourg et Gotha, duc en Saxe, né à Bruxelles le 3 juin 1869, héritier présomptif de 1869 à 1891, et décédé à Bruxelles à vingt-et-un ans, le 23 janvier 1891[6]
  2. Henriette, princesse de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg et Gotha, duchesse en Saxe, née à Bruxelles le 30 novembre 1870 et décédée à Sierre (Suisse) le 29 mars 1948. Elle épouse le 12 février 1896 le prince Emmanuel d'Orléans, « duc de Vendôme » (1872-1931). Descendance : Louise (1896–1973), Sophie (1898-1928), Geneviève (1901–1983) et Charles-Philippe (1905–1970).
  3. Joséphine de Belgique, princesse de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg et Gotha, duchesse en Saxe, née à Bruxelles le 30 novembre 1870 et décédée à Bruxelles le 18 janvier 1871. Elle était la jumelle d'Henriette.
  4. Joséphine de Belgique, princesse de Belgique, princesse de Saxe-Cobourg et Gotha, duchesse en Saxe, née à Bruxelles le 18 octobre 1872 et décédée à Namur le 6 janvier 1958. Elle épouse le 28 mai 1894 Charles-Antoine, Prince de Hohenzollern (1868-1919). Descendance : Stéphanie (1895–1975), Marie-Antoinette (1896-1965), Albert (1898-1977) et Henriette (1907-1907).
  5. Albert, prince de Belgique, prince de Saxe-Cobourg et Gotha, duc en Saxe, né à Bruxelles le 8 avril 1875 et mort à Marches-les-Dames le 17 février 1934, roi des Belges du 23 décembre 1909 au 17 février 1934 sous le nom d’Albert Ier.

Après la mort du prince Léopold, fils de Léopold II, l’héritier présomptif du trône devient Baudouin, fils de Philippe et Marie, mais celui-ci meurt à vingt-et-un ans; permettant au fils cadet des Flandre Albert, d'être l’héritier.

Philippe meurt dans son palais rue de la Régence le 17 novembre 1905.

Un prince fortuné[modifier | modifier le code]

Aux obligations officielles et aux couronnes qui lui ont été proposées, le comte de Flandre préfère mener une vie confortable dans l'intimité de son palais bruxellois au milieu de « ses gens » (environ 70 personnes), de ses objets d'arts, de ses superbes chevaux et surtout de ses précieux livres. Il constitue une extraordinaire bibliothèque : 30 000 volumes reliés, placés sur des rayons totalisant près de 1,2 km de long. Depuis le départ des Arenberg[7] , elle était considérée comme la plus belle bibliothèque privée de Belgique, voire d'Europe[8].

Le comte de Flandre est avant tout un grand propriétaire terrien. Outre une résidence en Suisse, (aux bord du lac des Quatre-Cantons), il est devenu propriétaire dans la Campine d'un "bien noir" (sécularisé à la Révolution française) : l'ancienne abbaye de Postel[9], dont les dépendances couvrent une étendue de plus de 4.452 hectares d'un seul tenant (communes de Rethy, Mol, Gheel, Dessel). En Ardenne, il possède la forêt de Muno qui se rattache au magnifique domaine des Amerois, acquis en 1869[10].

À Bruxelles, il réside dans le « palais de Flandre », à l'angle de la place Royale et de la rue de la Régence[11]. Un palais qui accueillera par la suite (en 1921) la Banque de Bruxelles et qui est actuellement le siège de la Cour des Comptes. Le Comte de Flandre s'y installe en mai 1868 un an après son mariage avec la cousine du Roi de Prusse, Marie de Hohenzollern-Sigmaringen.

Selon les différentes sources, on estime qu'à sa mort, son père, le roi Léopold Ier laisse une fortune évaluée entre 60 et 80 millions. Léopold Ier a notamment bénéficié de la dot somptueuse de son épouse. Et, de fait, son beau-père, le roi des Français Louis-Philippe Ier, a versé un million en espèces (200 millions aujourd'hui), un trousseau et des bijoux estimés à 300.000 francs-or et un mobilier style Empire qui décore aujourd'hui encore des salons du palais de Bruxelles. La fortune de Léopold Ier était tant immobilière (4.300 ha) que mobilière. Il possédait de gros intérêts dans la Société générale, de la Banque nationale et de Cockerill. Tout cela fut acquis dans d'excellentes conditions qui amenèrent des plus-values considérables. Dans le partage opéré à la mort de Léopold Ier, le Comte de Flandre est considérablement avantagé. Il reçoit une plus grande partie du portefeuille du Roi et obtint le domaine de Campine en compensation de l'abandon de ses droits au partage des domaines d'Ardenne et de Ciergnon. On estime que le comte de Flandre possède à la fin de sa vie une trentaine de millions de francs environ (soit 6 milliards d'aujourd'hui). Actionnaire de Cockerill il y aurait placé 5 millions de francs, sans compter qu'il a certainement investi dans d'autres entreprises. Il faut ajouter qu'il bénéficiait d'une dotation de l'État de 150 000 F portée à 200 000 F lors de son mariage (40 millions aujourd'hui).

En temps normal, les écuries du Comte occupent une trentaine de personnes, les cuisines une dizaine et la maison une quarantaine. Quand la famille se rend aux Amerois (Bouillon), le personnel comprend un maître d'hôtel, un chef de cuisine, un sommelier, un pâtissier et son aide, quatre filles de cuisine, deux huissiers, quatre valets de pied, un argentier, quatre valets de chambre, trois frotteurs, deux hommes de peine, deux chauffeurs, un chef d'écurie, un piqueur, des cochers et des palefreniers.

À ce personnel régulier, il faut ajouter les « gens » recrutés sur place : cinq laveuses, cinq repasseuses, des lingères et d'autres serviteurs. Les domestiques d'intérieurs chaussent des souliers à boucles et des bas de soie noires. Les repas comportent quatre tables servies dans des salles différentes. La première, celle des princes et des dames d'honneur; la deuxième, celle du personnel supérieur: maître d'hôtel, institutrices, huissiers, femme de chambre; la troisième, celle des valets de pied et des filles de quartier; la quatrième: celle des cuisiniers.

De plus, les gens d'écuries ont leurs propres cuisines. Et toutes les tables reçoivent à volonté le boire et le manger. Le transport comprend huit chevaux d'attelage; les dix poneys de la Comtesse de Flandre, six chevaux de selles et un âne pour la promenade des enfants. Du côté des voitures (hippomobiles pour la plupart), on recense trois ducs, deux landaus, une calèche, une clarence, un phaéton, un break, deux victorias, un omnibus et enfin un fourgon qui journellement amène les provisions de bouche depuis Florenville.

Le Comte de Flandre était le Belge le plus taxé sur ses signes extérieurs de richesse.

Commandements dans l'armée[modifier | modifier le code]

Le 16 décembre 1846, le prince Philippe est nommé sous-lieutenant au régiment des Guides. Par la suite, il sera nommé lieutenant le 18 septembre 1851, capitaine-commandant le 16 septembre 1852, major le 8 avril 1853, lieutenant-colonel le 16 décembre 1853, colonel le 21 juillet 1854, général-major le 21 juillet 1855 et finalement lieutenant-général le 22 juin 1865[12].

Le comte de Flandre est investi le 10 février 1859 du commandement de la brigade de Grosse Cavalerie (formée du régiment des Guides et du 2e régiment de Cuirassiers) et est investi le 11 novembre 1869 du commandant supérieur de la cavalerie[13].

En 1870, durant la guerre franco-allemande, suite à la mise de l'armée sur le pied de guerre, le comte de Flandre commande le IIe corps d'armée de l'armée d'Observation. Ce corps était composé de la 4e et 5e division et d'une brigade de cavalerie[14].

Armoiries[modifier | modifier le code]

Titré comte de Flandre en 1840, Philippe reçoit des armoiries en rapport avec cette situation. Bien qu'il n'y ait pas eu d'arrêté royal comme cela allait être le cas plus tard, il semble avoir porté jusqu'en 1869 un écu d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules (Flandre), chargé de l'écusson écartelé de Grande-Bretagne et de Saxe qui avait été concédé à son père Léopold par le prince régent.

Après la mort de son neveu le prince Léopold, duc de Brabant en 1869, il devient l'héritier présomptif du trône et adopta des armes plus "belges": il porte désormais les armes de son frère aîné, au lion d'or armé et lampassé de gueules (Brabant/Belgique), avec l'écusson, mais brisées d'un lambel de gueules, rappelant ainsi les trois couleurs du drapeau belge.

Ces armes sont simplifiées par l'arrêté royal du 13 juillet 1880 qui régit encore l'héraldique de la maison royale de Belgique. L'écusson de Grande-Bretagne et de Saxe, concédé personnellement à son père et qu'il n'aurait donc pas dû porter fut remplacé par un simple écusson de Saxe.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En qualité de deuxième fils du roi Léopold Ier, il porte le titre de comte de Flandre.
  2. Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, pp.120-123
  3. Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, pp. 108-120.
  4. Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, pp.155-157.
  5. Titre qui sera accepté par son beau-frère Charles de Hohenzollern-Sigmaringen.
  6. Damien Bilteryst, Le prince Baudouin, frère du Roi-Chevalier, Bruxelles, Editions Racine, 2013, 336 p
  7. Célèbre famille qui résidait dans ce qui est devenu le palais d'Egmont et quitta le pays suite à la Première Guerre mondiale).
  8. Un manuscrit de sa bibliotheque offert par Bruno Christiaenssens entièrement digitalisé est visible sur le site de L'Irpa (Institut royal du Patrimoine artistique).http://www.kikirpa.be/object=50007969
  9. Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, p.72
  10. Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, p.217
  11. Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, p.185.
  12.  Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, 2014, p.36
  13. Historique des Guides, Club Royal des Officiers du Régiment des Guides. http://www.clubroyaldesguides.be/en/histoire/historique-des-guides
  14. Eric Dodémont, La guerre franco-allemande de 1870 spécialement vue de la Belgique, 2000. http://users.skynet.be/histoire/1870_9.html

 Bibliographie[modifier | modifier le code]

Damien Bilteryst, Philippe Comte de Flandre, Frère de Léopold II, Bruxelles, Editions Racine, juin 2014, 336 p. ISBN 978-2-87386-894-9

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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