Vlaams Belang

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Vlaams Belang
Image illustrative de l'article Vlaams Belang
Logo officiel
Présentation
Président Gerolf Annemans
Fondation 1978
Siège Place Madou 8/9
1210 Bruxelles
Idéologie Nationalisme, populisme, euroscepticisme, identitarisme
Couleurs Noir & jaune
Site web www.vlaamsbelang.org/
Représentation
Représentants
12 / 150
Sénateurs
4 / 71
Flag of Wallonia.svg Flag Belgium brussels.svg Dgbelgiens.svg
Dans les entités fédérées
Site web www.vlaamsbelang.org
Représentation
Parl. flamand
19 / 124
Parl. bruxellois[1]
1 / 89
Au niveau européen
Site web www.vlaamsbelang.org
Représentation
Représentants
1 / 785

Le Vlaams Belang (Intérêt flamand), qui s'appelait Vlaams Blok (Bloc flamand) jusqu'au , est un parti politique nationaliste flamand (Belgique), connu, y compris en dehors de son pays, pour ses idées conservatrices, nationalistes, et séparatistes. Aux élections du Parlement flamand du , le Vlaams Belang a recueilli 15,30 % des votes, maintenant ainsi sa place de deuxième parti flamand, derrière le CD&V (chrétiens-démocrates), et ce malgré une chute de près de 10 % de son nombre d'électeurs. Un an plus tard, aux élections fédérales flamandes, le Vlaams Belang a encore reculé en n'enlevant que 12,6 % des voix et douze sièges de députés, ce qui le place au rang de cinquième parti flamand[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Aux élections du , le Vlaams Blok était une sorte de cartel réunissant deux dissidences de la Volksunie : le Vlaams Nationale Partij (« Parti national flamand ») de Karel Dillen et le Vlaamse Volkspartij (« Parti populaire flamand ») de Lode Claes. Ces deux partis s'étaient séparés de la Volksunie, le parti nationaliste flamand, suite à un désaccord sur le pacte d'Egmont[3].

Karel Dillen fut le seul élu et la tendance qu'il représentait finit par prendre l'ascendant : le Vlaams Nationale Partij fusionna définitivement avec l'aile radicale du Vlaams Volkspartij pour former le Vlaams Blok. Lode Claes disparut de ce nouveau parti. Karel Dillen décrivit dans un Manifest van het rechts Vlaams-nationalisme (« Manifeste du nationalisme flamand de droite ») les conceptions fondamentales du parti.

Le 18 novembre 1992, le Parlement flamand vote une motion qui condamne le programme « anti-immigrés » du Vlaams Blok.

Schéma de partis nationalistes flamands

Transformation du Vlaams Blok en Vlaams Belang[modifier | modifier le code]

Le , lors d'un congrès réuni à Anvers, le Vlaams Blok se dissout et refonde un nouveau parti avec les mêmes personnes et essentiellement le même programme : le Vlaams Belang.

Le congrès faisait suite à la décision de la Cour de cassation de Belgique, le 9 novembre, de confirmer un précédent arrêt de la cour d'appel de Gand, le , qui condamnait pour racisme et xénophobie plusieurs associations « proches » du Vlaams Blok : Vlaamse Concentratie (VC), Nationaal Vormingsinstituut (NV) et Nationalistische Omroepstichting (NOS), à de lourdes amendes pénales et risquait d'entraîner, à court terme, une mise hors-la-loi du parti lui-même. En effet, la loi dit qu'un parti que la justice qualifie de "raciste" peut se voir priver de sa dotation publique. Or le VB ne pouvait prendre le risque de voir ainsi s'échapper une partie non négligeable de ses finances.

Le parti change donc de nom, tout en conservant les mêmes initiales (VB) et les mêmes couleurs, le noir et le jaune, qui sont celles de la Flandre. En prévision de l'arrêt du 9 novembre, qui était attendu, le parti avait préalablement modifié ses statuts, renonçant à demander « le renvoi vers leur pays [d'origine] de larges groupes d'immigrés non-européens », et fait désormais campagne pour une non-acceptation de ceux qui « rejettent, nient ou combattent notre culture ».

Le président du Vlaams Blok, Frank Vanhecke, qui devrait jouer un rôle comparable dans le nouveau parti (de même que les autres figures marquantes telles que Filip Dewinter) appelait récemment au départ immédiat des immigrés clandestins et à la nécessité, pour les immigrés respectant les conditions de séjour, de « s'adapter à notre manière de vivre, à notre langue et à notre culture ».

Durant la législature 2000-2006, un élu CD&V du district de Deurne passe au Vlaams Belang devenant ainsi le tout premier échevin de ce parti.

Ascension[modifier | modifier le code]

De 1978 à 2004, le parti a connu une ascension lente mais irrésistible jusqu'à recueillir 24 % des votes aux élections du Parlement flamand du , devenant ainsi le deuxième parti flamand, derrière le cartel CD&V/N-VA (démocrates chrétiens + nationalistes).

Année Assemblée voix pourcentage sièges
1978 Chambre 75 635 1,4 % 1
1978 Sénat 80 809 1,5 % 0
1981 Chambre 66 424 1,1 % 1
1981 Sénat 71 733 1,2 % 0
1984 Parlement européen 73 174 1,3 % 0
1985 Chambre 85 391 1,4 % 1
1985 Sénat 90 120 1,5 % 0
1987 Chambre 116 534 1,9 % 2
1987 Sénat 122 953 2,0 % 1
1989 Parlement européen 241 117 4,1 % 1
1991 Chambre 405 247 6,6 % 12
1991 Sénat 414 481 6,8 % 5
1994 Parlement européen 463 919 7,8 % 2
1995 Chambre 475 677 7,8 % 11
1995 Sénat 463 896 7,7 % 3
1995 Parlement flamand 465 239 12,3 % 15
1999 Chambre 613 399 9,9 % 15
1999 Sénat 583 208 9,4 % 4
1999 Parlement flamand 603 345 15,5 % 20
1999 Parlement européen 584 392 15,1 % 2
2003 Chambre 767 605 11,7 % 18
2003 Sénat 741 940 11,3 % 5
2004 Parlement flamand 981 587 24,2 % 32
2004 Parlement européen 930 731 23,2 % 3


Déclin[modifier | modifier le code]

Lors des élections communales à Anvers du 14 octobre 2012, le Vlaams Belang chute à Anvers de 33,51 % à 10,18 % soit un recul historique de plus de 23 %[4].

Cet échec historique est dû à Bart De Wever, leader de la N-VA, qui siphonne les voix du Vlaams Belang et remporte les élections à Anvers avec 37,68 % des voix contre 28,62 % pour la liste de cartel sp.a-CD&V emmenée par Patrick Janssens[4].

Après la victoire de Bart De Wever, le Vlaams Belang, laminé, offre ses services à la N-VA pour monter une coalition, son leader Filip Dewinter déclarant : « Le Vlaams Belang a semé pendant des décennies afin que la N-VA et Bart De Wever puissent maintenant moissonner »[5].

Dans le même temps, la section de Bruxelles du Vlaams Belang dénonce (en français) sur son site le « Frankenstein politico-médiatique NVA, produit sponsorisé par le régime, bricolé pour servir de caisse de résonance d’une partie du patronat flamand et pour réduire l’électorat du Vlaams Belang » avec un programme qui « est sur les questions de la sécurité et de l’immigration un copié-collé de celui du Vlaams Belang »[6].

Programme[modifier | modifier le code]

Le Vlaams Belang milite pour le départ des immigrés et pour l'indépendance de la Flandre, sous prétexte que la Belgique est « une construction artificielle et incohérente  ». Multipliant les accusations de corruption contre le gouvernement, il a contraint plusieurs ministres à démissionner. On trouve aussi dans son programme les thèmes de la sécurité et de la défense de la famille traditionnelle, entre autres par l'instauration d'un salaire pour les hommes et femmes au foyer. En prévision des élections du 10 juin 2007, Filip De Man (qui a notamment déclaré qu'un musulman ne pouvait être un démocrate[réf. nécessaire]) dévoile quelques éléments de la prochaine campagne (cité dans le journal De Morgen) : « Nous retournons à la base, à la source : contre l'immigration massive, pour la protection de notre culture européenne supérieure » [7].

Les têtes du parti[modifier | modifier le code]

Le Vlaams Belang est aujourd'hui représenté principalement par deux figures de proue : Filip Dewinter (chef de groupe au Parlement flamand) et Gerolf Annemans (Président).

Élus[modifier | modifier le code]

Reportages[modifier | modifier le code]

En 2004, le journaliste Jean-Claude Defossé réalisa pour la RTBF un documentaire sur le Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok) intitulé « La Face Cachée du Vlaams Blok », essentiellement illustré par des archives du service public audiovisuel belge (RTBF & VRT), dans lequel l'idéologie raciste et xénophobe et le caractère extrémiste de ce parti étaient mis en évidence, notamment concernant ses origines néo-nazies issues de la collaboration SS flamande durant la seconde guerre mondiale ou encore ses liens avec différentes organisations fascistes et criminelles comme le VMO (dont plusieurs membres éminents du parti sont issus) et le Front de la Jeunesse.

Différents faits divers impliquant des membres du parti ou de ces organisations adjacentes ont également été démontrés. Y ont par exemple été dénoncés diverses malversations financières ou des actions violentes (agressions physiques envers des francophones ou la communauté arabo-musulmane, vandalisme, etc.).

Le but de ce reportage était de dévoiler le double discours du Vlaams Blok et de démontrer sa véritable nature d'extrême droite (raciste, xénophobe, anti-francophone, séparatiste, violente), en particulier au public francophone dont une partie de l'électorat pouvait à l'époque être séduit par le programme bruxellois du parti.

En 1995 déjà, l'émission « Stip-Tease » s'était intéressé à la montée du Vlaams Blok et de l'extrême droite en Flandre, particulièrement à Anvers.

Vlaams Belang (asbl)[modifier | modifier le code]

Le Moniteur belge faisant foi, il existe une asbl homonyme Vlaams Belang (nom choisi comme un pied de nez à l'autre) constituée à Liège le 8 novembre 2004, par Thierry Bodson, Marc Goblet, Vincent Grignard et Pierre Heldenbergh.

Cette asbl a pour objet la défense « des valeurs démocratique en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, de s'opposer à la montée des partis d'extrême droite, et de donner l'occasion à l'ensemble des citoyens de manifester leur attachement aux valeurs démocratiques »[8].

À ne pas confondre donc avec le parti politique « Vlaams Belang » qui est, de son nom complet, l'asbl Algemeen Vlaams Belang (en abrégé AVB), constituée à Bruxelles le 22 décembre 2004, par Frank Vanhecke, Gerolf Annemans, Philip Dewinter et Patsy Vatlet[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site du Parlement bruxellois
  2. Teun Pauwels, « Le Vlaams Belang », in Pascal Delwit, Jean-Benoit Pilet, Emilie van Haute (Eds), Les partis politiques en Belgique, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2011, p. 219-235
  3. Pascal Delwit, La vie politique en Belgique de 1830 à nos jours, Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 2010, p. 231.
  4. a et b xxx, « Elections 2012 », RTL Info,‎ Octobre 2012
  5. A.L. avec Belga, « Bart De Wever futur bourgmestre d'Anvers: avec quelle coalition? », RTBF,‎ 15 octobre 2012
  6. Site de la section de Bruxelles du Vlaams Belang
  7. http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/334681/le-vlaams-belang-renoue-avec-sa-ligne-dure.html
  8. (fr)[PDF]Publication aux annexes du Moniteur belge, 22 NOV 2004 sur www.ejustice.just.fgov.be
  9. (fr)[PDF]Publication aux annexes du Moniteur belge, 31 DEC 2004 sur www.ejustice.just.fgov.be

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Euro-Rus, organisation fondée en 2003 par un ancien du mouvement Vlaams Belang

Liens externes[modifier | modifier le code]