Église Notre-Dame de Laeken

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50° 52′ 43″ N 4° 21′ 19″ E / 50.8786, 4.35528 ()

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Église royale Notre-Dame de Laeken (Bruxelles)

L'Église Notre-Dame de Laeken est une église néo-gothique du XIXe siècle, se trouvant à l’extrémité de l’avenue de la Reine, à Laeken (Bruxelles). Construite sur ordre de Léopold Ier pour y recevoir la dépouille de sa femme la reine Louise-Marie d'Orléans (dont l’avenue rappelle le souvenir), elle sert depuis lors de nécropole à la famille royale belge.

Histoire[modifier | modifier le code]

Première église[modifier | modifier le code]

On ne peut que conjecturer l'origne de l'église de Laeken qui était peut-être déjà un domaine à l'époque carolingienne. Ainsi selon un érudit du XVe siècle, elle aurait été consacrée par le pape Léon III (pape de 795 à 816) qui y serait passé en compagnie de l'empereur Charlemagne. Un autre érudit, Quentin Hennin, curé de Laeken au XVIe siècle, affirme qu'elle aurait été fondée par deux vierges, qui l'édifièrent à la mémoire de leur frère, duc de Germanie, mort en livrant bataille aux infidèles «à la vue de Bruxelles»[1]. Si les auteurs contemporains trouvent la première de ces histoires plus vraisemblable, elle n'en demeure pas moins invérifiable.

Il est certain qu'il y avait au XIIIe siècle une église gothique au centre du village de Laeken. Une curieuse légende est liée à sa construction. Chaque matin, les ouvriers qui avaient commencé à en bâtir les fondations, trouvaient leur travail de la veille détruit. Le quatrième jour, ils se dissimulèrent pour surprendre les responsables. Ils se retrouvèrent face à la Vierge Marie, Sainte-Barbe et Sainte-Catherine. La Vierge laissa sur place un fil indiquant l'orientation et les dimensions à donner à l'oratoire. En 1633, ce fil, qui faisait l'objet d'une vénération et auquel on attribuait des pouvoirs miraculeux, fut dérobé. Le coupable de cette profanation fut écartelé et brûlé sur la Grand-Place de Bruxelles. Outre ce fil, on vénérait dans ce sanctuaire une statue de Notre-Dame à laquelle la tradition et de nombreuses légendes attribuaient également un pouvoir miraculeux.

Au XVIIe siècle, le parrainage actif de l'archiduchesse Isabelle ajoute à la notoriété de l’endroit et font de l’église un lieu de pèlerinages assidus. Elle organisait des grandes processions pédestres qui partaient de la cathédrale de Bruxelles et qui aboutissaient à l'église de Laeken. Elle se reposait alors au château de Coensborgh, drève Sainte-Anne, avant de rentrer en "voiture". Des illustrations d’époque montrent l’église surmontée d’une tour centrale carrée, prolongée d’un côté d’une chapelle dédiée à Sainte Barbe et déjà entourée d’un petit cimetière.

À partir de 1781, les derniers gouverneurs des Pays-Bas autrichiens, Marie-Christine d'Autriche et Albert de Saxe-Teschen font construire à proximité de l’église de Laeken le château de Schoonenberg (ou de Beaumont) qui leur sert de résidence d’été. Le château devient plus tard propriété de Napoléon Ier, puis de Guillaume d’Orange qui l’agrandit. Léopold Ier, le premier roi des Belges, le choisit comme résidence privée. Sous le nom de château de Laeken, il est encore aujourd’hui la résidence des souverains belges.

Nouvelle église[modifier | modifier le code]

Bien que décédée à Ostende (1850), Louise-Marie d'Orléans souhaitait être enterrée à Laeken. Son corps reposera quelques années dans l’ancienne église de Laeken. Pour honorer la mémoire de son épouse, Léopold Ier conçut le projet d’une nouvelle et grande église de Laeken. Par un arrêté royal du 14 octobre 1850, le gouvernement autorisa la construction de l'édifice et organisa un concours, dont le règlement stipulait que l'église devait pouvoir contenir 2 000 personnes et que son le prix ne devait pas excéder 800 000 francs[2]. En 1852, le jury retint un des projets présentés par un certain Paul Du Bois, pseudonyme de Joseph Poelaert, alors jeune architecte de 34 ans. Le projet initialement retenu était un édifice assez simple en briques avec des bandeaux en pierre et dont la façade était surmontée d'une seule flèche couverte d'ardoises. En 1853, le jury proposa de modifier le projet dans le sens d'une plus grande monumentalité, avec une façade néogothique dotée de trois flèches. Ceci entraînait un dépassement du budget initial, qui fut le premier d'une longue série. Léopold Ier posa lui-même (en 1854) la première pierre du nouvel édifice. En 1865, Poelaert, absorbé par le projet du palais de justice de Bruxelles, abandonna la direction des travaux. Plusieurs architectes lui succédèrent: Auguste Payen, Antoine Trappeniers, Louis de Curte et Alphonse Groothaert. Le bâtiment est monumental et bien que consacrée en 1872 l’église ne sera achevée qu’en 1909, à la suite d'une longue interruption des travaux. Ce sera Léopold II, soucieux de l’embellissement des lieux, qui charge un architecte de Munich, le baron Heinrich von Schmidt, d’achever la façade principale, les porches monumentaux et la tour centrale. (voir page sur Joseph Poelaert) Comme on voulait, pour des raisons urbanistiques, que la façade principale de l'église soit orientée vers le centre de Bruxelles, le chœur n'est pas orienté vers l'est, comme c'est le cas en général, mais vers le nord-est.

Curiosités[modifier | modifier le code]

Chœur de l'ancienne église, au centre du cimetière
  • La très ancienne statue de la Vierge Marie (XIIIe siècle) qui se trouvait dans l’ancienne église a trouvé sa place dans la nouvelle église Notre-Dame.
  • Sous une chapelle octogonale derrière l’abside de l’église se trouve la crypte royale. Tous les souverains de Belgique, et membres proches de la famille royale, décédés depuis 1850 y sont enterrés.
Article détaillé : Crypte royale (Belgique).
  • Même si l’ancienne église, vu son état avancé de délabrement, fut démolie en 1894 son chœur fut préservé et survécut comme chapelle au centre du cimetière attenant à la nouvelle église.
  • Le cardinal Joseph Cardijn, qui, comme jeune vicaire à Laeken (1912) y posa les fondements de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), est enterré dans l’église Notre-Dame.

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Métro de Bruxelles
Ce site est desservi par la station de métro : Bockstael.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Cosyn, Laeken ancien et moderne, Imprimerie scientifique Charles Bulens,‎ 1904
  • Antoon Sanderus, Chorographia sacra Brabantiae (...), Bruxellae, apud Philippum Vleugartium,‎ 1659-1660.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arthur Cosijn, Laeken ancien et moderne, Imprimerie scientifique Charles Bulens, 1904, p. 47
  2. Arthur Cosyn, Laeken ancien et moderne, Imprimerie scientifique Charles Bulens, 1904, p. 41