Élections législatives fédérales belges de 2007

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Élections législatives fédérales belges de 2007
10 juin 2007
Représentation de l'assemblée
Diagramme
Gouvernement
Sortant
Élu
Bâtiment du parlement fédéral belge (Palais de la Nation), à Bruxelles

Les élections législatives fédérales belges se sont déroulées le dimanche . Les électeurs ont été amenés à élire les nouveaux membres de la Chambre des Représentants et du Sénat. Les précédentes élections législatives ont eu lieu le .

L'hémicycle de la Chambre se compose de 150 députés, dont 88 seront élus par le groupe linguistique néerlandophone (essentiellement en Région flamande) et 62 par le groupe linguistique francophone (dont 48 en Région wallonne et 14 à Bruxelles).

Le Sénat se compose quant à lui de 74 sénateurs. Quarante sénateurs seront élus directement le 10 juin 2007, dont 25 sénateurs élus par le collège néerlandophone et 15 sénateurs élus par le collège francophone. Vingt-et-un sénateurs sont élus par les parlements des communautés flamande (10 sénateurs), française (10 sénateurs) et germanophone (1 sénateur). En outre, on retrouve 10 sénateurs cooptés : 6 désignés par les 35 sénateurs flamands déjà repris, et 4 désignés par les 25 sénateurs francophones déjà repris. Enfin, les trois enfants du Roi Albert II de Belgique sont considérés comme sénateurs de droit. Il est question de transformer cette Chambre belge en Chambre des Etats sur le modèle de ce type d'assemblée dans les Etats fédéraux comme par exemple le Bundesrat en Allemagne.[réf. souhaitée]

Le vote est obligatoire. Le corps électoral est constitué de tous les citoyens belges âgés de 18 ans accomplis ou plus en date du 10 juin 2007, inscrits dans une commune du Royaume, une ambassade ou un consulat de Belgique et qui ne se trouve pas dans l'un des cas d'exclusion ou de suspension prévus par les articles 6 à 9bis du code électoral[1].

Un minimum légal de 5 % des voix est nécessaire pour qu'un parti puisse être représenté par un ou plusieurs de ses membres à la Chambre ou au Sénat.

Agenda électoral[modifier | modifier le code]

Trois mois avant la date prévue des élections, initialement le , une limitation des dépenses électorales entre en vigueur. Elle est donc en place du jusqu'à l'élection. Un arrêté royal, adopté le et publié au Moniteur belge le , fixe la date de dissolution des Chambres; la liste des articles de la Constitution qui pourront être révisés est également publiée. Cette révision de la Constitution s'inscrit dans le cadre des négociations communautaires entre Flamands et francophones. Ce jour-là, les deux Chambres du Parlement sont dissoutes. Le Gouvernement, quant à lui, est démissionnaire et ne gère plus que les « affaires courantes », c'est-à-dire tout ce qui concerne l'administration et les affaires plus urgentes.

Le , les différents partis qui se présentent aux élections déposent leurs sigles et logos officiels au Ministère de l'Intérieur. À 12 heures, le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael, procède au tirage au sort des numéros nationaux attribués à chacun des partis dont les sigles et logos sont protégés. Le , le Conseil des ministres, après consultation des présidents de parti, de la Cour constitutionnelle, du Conseil d'État, des ministres-présidents des communautés et des régions, décide quels articles révisables de la Constitution seront pris en considération.

Le , le Gouvernement présente sa démission au Roi. Il expédie les affaires courantes jusqu'à ce qu'un nouveau Gouvernement soit formé et nommé par le Roi. Ce jour-là ont lieu les élections dans toutes les circonscriptions électorales du Royaume.

Partis en lice[modifier | modifier le code]

Numéros de liste nationaux[modifier | modifier le code]

Pour le Sénat

  1. Front national
  2. Centre démocrate humaniste
  3. Christen-Democratisch en Vlaams/Nieuw-Vlaamse Alliantie
  4. Vlaams Belang
  5. Mouvement réformateur
  6. Vlaamse Liberalen en Democraten (Open VLD)
  7. Parti socialiste
  8. Groen!
  9. Socialistische Partij Anders-Spirit
  10. Ecolo
  11. Lijst Dedecker
  12. Parti communiste de Belgique (PCB)
  13. Comité pour une autre politique
  14. Rassemblement Wallonie France
  15. Parti du travail de Belgique (PTB+/PvdA+)

Têtes de liste[modifier | modifier le code]

Les listes pour la Chambre sont dressées par province, à l'exception du Brabant flamand et de la région de Bruxelles-Capitale qui sont divisés en deux arrondissements électoraux, Louvain et Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV). Les listes pour le sénat sont introduites sur base linguistiques. Les cinq provinces Wallonnes et l'arrondissement électoral Bruxelles-Hal-Vilvorde pour les francophones, quatre des provinces flamandes, Louvain et Bruxelles-Hal-Vilvorde pour les néerlandophones.

Partis francophones[modifier | modifier le code]

Parti Sénat Liège Hainaut Luxembourg Namur Brabant wallon BHV
  PS Anne-Marie Lizin Michel Daerden Elio Di Rupo André Perpète Claude Eerdekens André Flahaut Laurette Onkelinx
  MR Armand De Decker Didier Reynders Olivier Chastel Philippe Collard Sabine Laruelle Charles Michel Olivier Maingain
  CDH Francis Delpérée Melchior Wathelet Catherine Fonck Josy Arens Maxime Prévot André Antoine Joëlle Milquet
  Ecolo Isabelle Durant Muriel Gerkens Jean-Marc Nollet Cécile Thibaut Georges Gilkinet Thérèse Snoy Zoé Genot
  FN Michel Delacroix Michaël Bollen Patrick Cocriamont Pierre Beneux Daniel Canivet Grégory Duquenne Maryvonne Vermonden

Partis néerlandophones[modifier | modifier le code]

Parti Sénat Flandre-Occidentale Flandre-Orientale Anvers Limburg Louvain BHV
  CD&V-N-VA Yves Leterme Hendrik Bogaert Pieter De Crem Inge Vervotte Jo Vandeurzen Carl Devlies Herman Van Rompuy
  Open VLD Guy Verhofstadt Vincent Van Quickenborne Karel De Gucht Bart Somers Patrick Dewael Rik Daems Maggie De Block
  SP-A-SPIRIT Johan Vande Lanotte Renaat Landuyt Freya Van den Bossche Christine Van Broeckhoven Peter Vanvelthoven Bruno Tobback Hans Bonte
  VB Frank Vanhecke Koen Bultinck Guy D'haeseleer Gerolf Annemans Bert Schoofs Hagen Goyvaerts Filip De Man
  Groen! Vera Dua Wouter De Vriendt Stefaan Van Hecke Meyrem Almaci Johan Danen Peter Lombaert Tinne Van der Straeten
  LDD Lieve Van Ermen Jean-Marie Dedecker Martine De Maght Jurgen Verstrepen Marc Similon Dirk Vijnck Isabelle Van Laethem

Résultats[modifier | modifier le code]

Élections au Sénat[modifier | modifier le code]

Résultats des élections fédérales au niveau national au Sénat[2]
Inscrits 7 720 796
Abstentions 688 412 8,92 %
Votants 7 032 384 91,08 %
Bulletins enregistrés 7 032 384
Bulletins blancs ou nuls 404 257 5,75 %
Suffrages exprimés 6 628 127 94,25 % 40 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
FN (FR) Néant 150 461 2,27 %
1 / 40
+/-0
cdH(FR) Néant 390 852 5,9 %
2 / 40
0
CD&V/N-VA(NL) Néant 1 287 389 19,42 %
9 / 40
+3
VB(NL) Néant 787 782 11,89 %
5 / 40
+/- 0
MR(FR) Néant 815 755 12,31 %
6 / 40
+1
Open VLD (NL) Néant 821 980 12,4 %
5 / 40
-2
Parti socialiste (FR) Néant 678 812 10,24 %
4 / 40
-2
Groen!(NL) Néant 241 151 3,64 %
1 / 40
+1
sp.a-Spirit (NL) Néant 665 342 10,04 %
4 / 40
-3
Ecolo (FR) Néant 385 466 5,82 %
2 / 40
+1
Lijst Dedecker (NL) Néant 223 992 3,38 %
1 / 40
+1
Autres listes Néant 179 145 2,7 %
0 / 40


Élections à la Chambre[modifier | modifier le code]

Résultats des élections fédérales à la Chambre[3]
Inscrits 7 720 796
Abstentions 688 719 8,92 %
Votants 7 032 077 91,08 %
Bulletins enregistrés 7 032 077
Bulletins blancs ou nuls 360 717 5,13 %
Suffrages exprimés 6 671 360 94,87 % 150 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
FN (FR) Néant 131 385 1,97 %
1 / 150
+/-0
cdH (FR) Néant 404 077 6,06 %
10 / 150
+2
CD&V/N-VA (NL) Néant 1 234 950 18,51 %
30 / 150
+8
VB (NL) Néant 799 844 11,99 %
17 / 150
-1
MR (FR) Néant 835 073 12,52 %
23 / 150
-1
Open VLD (NL) Néant 789 445 11,83 %
18 / 150
-7
PS (FR) Néant 724 787 10,86 %
20 / 150
-5
Groen! (NL) Néant 265 828 3,98 %
4 / 150
+4
sp.a-Spirit (NL) Néant 684 390 10,26 %
14 / 150
-9
Ecolo (FR) Néant 340 378 5,1 %
8 / 150
+4
Lijst Dedecker (NL) Néant 268 648 4,03 %
5 / 150
+5
Autres listes Néant 192 555 2,89 %
0 / 150


Projection graphique de la composition de la Chambre :

Belgique - Chambre 2007.png

Les partis représentés au Parlement ne proposent plus de listes dans toute la Belgique : les partis flamands, émettent des listes en Flandre et à Bruxelles, tandis que les partis wallons et bruxellois francophones, soumettent des listes en Région wallonne et à Bruxelles. Par conséquent, il est intéressant de connaître le détail des votes par corps électoral.

Corps électoral flamand[modifier | modifier le code]

Résultats des élections fédérales pour les partis en Flandre
Suffrages exprimés 3 985 722 88 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
CD&V - N-VA Néant 1 224 801 30,73 %
30 / 88
VB Néant 783 341 19,65 %
17 / 88
Open VLD Néant 775 677 19,46 %
18 / 88
sp.a-Spirit Néant 675 189 16,94 %
14 / 88
Lijst De Decker Néant 266 765 6,69 %
5 / 88
Groen! Néant 259 949 6,52 %
4 / 88


Parmi les 30 députés sous étiquette CD&V - N-VA, 5 élus appartiennent effectivement à la N-VA; les 25 autres étant encartés CD&V.

Le commentaire qu'en fait le directeur du CRISP, Vincent de Coorebyter dans l'hebdomadaire Le Vif/L'Express est clair : « Le sort de la Belgique est entre les mains de séparatistes »[4]. Cet observateur veut souligner par là le fait que, tant dans l'aile flamande du parlement fédéral belge que dans le Parlement flamand proprement dit (élu en 2004), les partis demandeurs de plus d'autonomie pour la Flandre (et par voie de conséquence pour les autres entités fédérées belges), sont largement prépondérants, notamment le CD&V et le Vlaams Belang mais aussi la Lijst Dedecker. À eux trois, ils obtiennent 52 sièges sur les 88 dévolus aux parlementaires flamands à la Chambre belge.

Corps électoraux bruxellois et wallon[modifier | modifier le code]

Résultats des élections fédérales pour les partis à Bruxelles
Suffrages exprimés 456 036 14 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
MR Néant 148 372 32,54 %
6 / 14
PS Néant 102 134 22,4 %
3 / 14
cdH Néant 68 703 15,07 %
3 / 14
Ecolo Néant 67 211 14,74 %
2 / 14
VB Néant 15 136 3,32 %
0 / 14
Open VLD Néant 13 768 3,02 %
0 / 14
FN Néant 13 603 2,98 %
0 / 14
CD&V - N-VA Néant 10 146 2,22 %
0 / 14
sp.a - Spirit Néant 9 201 2,02 %
0 / 14
Groen! Néant 5 879 1,29 %
0 / 14
Lijst De Decker Néant 1 883 0,41 %
0 / 14


Résultats des élections fédérales pour les partis en région wallonne
Suffrages exprimés 1 952 211 48 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
MR Néant 641 824 32,88 %
17 / 48
PS Néant 607 961 31,14 %
17 / 48
cdH Néant 324 556 16,63 %
7 / 48
Ecolo Néant 262 934 13,47 %
6 / 48
FN Néant 114 936 5,89 %
1 / 48


Résultats des élections fédérales pour les partis francophones
Suffrages exprimés 2 352 234 62 sièges à pourvoir
Liste Tête de liste Suffrages Pourcentage Sièges acquis Var.
MR Néant 790 196 33,59 %
23 / 62
PS Néant 710 095 30,19 %
20 / 62
cdH Néant 393 259 16,72 %
10 / 62
Ecolo Néant 330 145 14,04 %
8 / 62
FN Néant 128 539 5,46 %
1 / 62


Du côté wallon et francophone, la chose qui frappe le plus, c'est la défaite du Parti socialiste : celui-ci avait toujours occupé la première place en Région wallonne depuis l'instauration du suffrage universel. En 2007, ce parti, en récoltant 29,6 % des voix, cède la première place aux libéraux du Mouvement réformateur de Didier Reynders, qui eux obtiennent 31,2 % des suffrages exprimés. Ces résultats ont fortement mis en cause la présidence d'Elio Di Rupo, sans que cependant les mandataires socialistes actuels s'expriment publiquement à ce sujet. L'ancien président socialiste Guy Spitaels, s'exprimant dans Le Soir et à la télévision, le jeudi 14 juin, semble avoir poussé Elio Di Rupo à annoncer qu'il se consacrerait à la présidence du PS et qu'il abandonnerait la présidence du Gouvernement wallon, poste dont Guy Spitaels estimait qu'il devait être occupé par une personne s'y consacrant à temps plein.

Si le MR et le PS font jeu égal en sièges (le PS étant battu en voix), à la Chambre belge en ce qui concerne les députés wallons, le PS domine toujours le Parlement wallon. Le MR domine aussi la représentation fédérale francophone (Wallons + Bruxellois francophones).

Sondages préélectoraux[modifier | modifier le code]

Si les différentes enquêtes pré-électorales ont dessiné les grands mouvements de voix, notamment le score important du CD&V, elles en ont sous-estimé certaines des amplitudes. Ainsi, l'ampleur du recul du sp.a, de la progression des familles écologistes et l'importante percée de la Lijst Dedecker n'ont pas été anticipées pas plus que la régression du PS, perdant son leadership politique en Wallonie au profit des libéraux pour la première fois depuis l'apparition du suffrage universel en Belgique[5],[6],[7].

Conséquences et crise institutionnelle[modifier | modifier le code]

  • Le 11 juin, Johan Vande Lanotte démissionne de la présidence du SPA.
  • Le 11 juin, Elio Di Rupo annonce la mise sous tutelle de l'union socialiste communale de Charleroi et de la fédération socialiste de Charleroi. Il demande par ailleurs la démission du bourgmestre et de tous les échevins PS de Charleroi.
  • Le 12 juin, l'ensemble du collège des bourgmestre et échevins de Charleroi démissionne (y compris l'échevin CDH Jean-Jacques Viseur), conformément au souhait d'Elio Di Rupo.
  • Le 12 juin, la majorité PS-CDH à la Région wallonne change en urgence avec le soutien de l'opposition une disposition du décret Courard régissant la loi électorale communale pour dénouer la situation à Charleroi en supprimant l'obligation de l'appartenance du bourgmestre à la liste qui a fait le plus de voix et éventuellement permettre de nouvelles élections communales.
  • Le 12 juin, après avoir consulté les principaux dirigeants politiques, le roi Albert II nomme Didier Reynders informateur.
  • Le 14 juin, l'ancien président du PS Guy Spitaels, sortant de sa réserve, réagit à la défaite électorale socialiste en demandant à Elio Di Rupo de ne plus cumuler les différents mandats qu'il occupe et de choisir entre ses mandats de bourgmestre de Mons, président du parti et ministre-président de la Région wallonne, et en exprimant ses regrets face à la déconnexion entre les structures dirigeantes du PS et la population, et plus largement face à la passivité du socialisme européen.
  • Le 15 juin, Elio Di Rupo décide de l'anticipation de l'élection à la présidence du PS, qui aura lieu en juillet plutôt qu'en octobre. Il annonce qu'il sera candidat et qu'il renoncera à la charge de ministre-président de la Région wallonne s'il est réélu.
  • Le 20 juin, Didier Reynders informe le roi.
  • Le 13 septembre, Jean-Luc Dehaene est nommé "démineur".
  • Le 21 juillet, lors du Te Deum, Yves Leterme entonne La Marseillaise sur le parvis de la cathédrale de Bruxelles.
  • Le 23 août, Yves Leterme jette l'éponge.
  • Le 30 août, Herman Van Rompuy est nomme "explorateur" par le roi.
  • Le 30 septembre, Leterme est de nouveau nommé formateur.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]