Thomas Ier de Savoie

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Thomas Ier de Savoie
Thomas Ier, selon un dessin de 1701
Thomas Ier, selon un dessin de 1701

Titre comte de Maurienne
comte de Savoie
(1189-1233)
Autre titre Marquis en Italie
Prédécesseur Humbert III
Successeur Amédée IV
Distinctions Vicariat impérial de Lombardie (1226)
Biographie
Dynastie Humbertiens
Maison de Savoie
Naissance
Aiguebelle (Maurienne)
Décès (à 54 ans)
Moncalieri (Piémont)
Père Humbert III
Mère Béatrice de Vienne
Conjoint Marguerite de Genève
Enfants Amédée IV
Humbert
Béatrix
Thomas II
Aimon
Guillaume de Savoie
Boniface
Amédée
Pierre II
Philippe
Boniface
Alice
Agathe
Marguerite
Avita

Armoiries Savoie Ancien.svg

Thomas Ier de Savoie, dit « le Gibelin » ou encore « L'Ami des communes », né le 27 mai 1178 au château de Charbonnières à Aiguebelle et mort le 1er mars 1233 à Moncalieri, fut le 9e comte de Savoie et de Maurienne et marquis en Italie de 1189 à 1233.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Thomas est né le au château de Charbonnières, résidence comtale des Humertiens, situé à Aiguebelle dans la vallée de la Maurienne[1],[Note 1].

Il est le fils d'Humbert III le Bienheureux, comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne, et de sa quatrième épouse Béatrice de Vienne, fille de Gérard Ier, comte de Mâcon et de Vienne[3],[4]. Sa naissance est un grand soulagement pour son père qui après trois mariages sans descendance masculine, désespérait d'avoir un jour un héritier masculin[3],[4],[5]. La venue du nouvel héritier est annoncée au comte Humbert par saint Anthelme, l'évêque de Belley, alors mourant[6]. L'évêque meurt le [7].

Régence[modifier | modifier le code]

Thomas n'a que onze ou douze ans lorsque son père meurt le [3],[8]. Le cousin de son père, Boniface, marquis de Montferrat devient son tuteur[9],[10],[11]. Un conseil de régence est établi et est composé de son tuteur, sa mère, Béatrice, garde toutefois une grande influence[12],[13]. Le conseil comtal constitué généralement de la noblesse, et dans une moindre mesure auprès des ecclésiastiques issus toutefois du même sérail, a du très probablement jouer un rôle durant cette période[14]. Son rôle est, dans les usages, d'aider le comte dans la gestion de son domaine, notamment dans les affaires féodales, la haute justice, les finances ainsi que la politique tant intérieure qu'extérieure du comté[14]. Il peut également avoir un rôle lors des décisions de mariage ainsi que de remplacer le comte lors de son absence[14].


Lorsqu'il atteint sa majorité en [10], Thomas possédait l'énergie, les dispositions militaires, et le charisme qui faisaient défaut à son père. Son tuteur, Boniface de Montferrat, se trouve dans le parti des Gibelins, ce qui permet au comté de se rapprocher à nouveau dans le giron de l'Empereur après quelques décennies à avoir soutenu le parti de la Papauté[15],[11]. Malgré son jeune âge, il entreprit de conquérir de nouveaux territoires au nord-ouest. En 1191, il concède à la vallée d'Aoste une charte des franchises, reconnaissant son droit à l'autonomie politique et administrative[10]. L'évêque d'Aoste profite des tensions entre le comté et l'Empereur pour obtenir une plus grande puissance temporelle et notamment « le tiers de toutes les recettes publiques »[16]. Par la suite, il soutint l'empereur Frédéric II contre la papauté. Cette nouvelle orientation politique est notamment motivée par la menace qu'a encouru le comté peu avant l'hiver de 1187 où les troupes impériales avaient envahi le Piémont et le Val de Suse[17]. Cette orientation vaut le surnom de Thomas le Gibelins[18],[19]. Il utilisera d'ailleurs par la suite plus facilement la « bannière traditionnelle de l'Empereur» à « l'aigle de sable en un champs d'or » que « la croix d'argent sur champs de gueules »[20]. Pour l'historien du XIXe siècle Victor Flour de Saint-Genis, « Avec Boniface, la Savoie tourne du pape à l'empereur, des Guelfes aux Gibelins ; de religieux, le règne devient guerrier[21]. »

Le jeune comte Thomas Ier de Savoie hérite de son père environ 25 positions stratégiques (châteaux) situé sur les territoires composés du comté de Maurienne, de la Novalaise (aujourd'hui l'Avant-pays savoyard appelé aussi Bugey savoyard), de la dTarentaise, du Val de Suse, de la Vallée d'Aoste, du Chablais, du Bugey, mais aussi en Piémont et en Viennois[15]. En 1191, « les marquis de Montferrat et de Saluces, rétablissent à Turin l'autorité du comte »[21].

La Genealogia comitum Sabaudiæ (« Généalogie des comtes de Savoie ») décrit qu'à l'occasion d'une fête le jeune comte rencontre la fille du comte de Genève : « Le comte Thomas était jeune et beau et dansait et chantait mieux que nul autre. Si prit par la main la fille au comte de Genève, et, chantant longuement ensemble, furent si amoureux l'un de l'autre... il commença à parler d'amour en disant : demoiselle je suis si épris de votre amour que si de moi n'avez merci, il me conviendra de mourir [...][22] » Vers mai 1196, il épouse Béatrice-Marguerite de Genève[12],[23],[24]. Les Chroniques raconte que le comte de Genève destinait sa fille au roi de France[25]. Le couple aura de nombreux enfants, le chiffre de dix dont huit garçons est celui généralement retenu[23],[26],[27], même si d'autres sources avancent jusqu'à neuf autres enfants, dont des enfants illégitimes[1].

Comte de Savoie[modifier | modifier le code]

Dessin d'un sceau comtal (date inconnue)

Affirmation du pouvoir comtal[modifier | modifier le code]

Thomas étend ses droits en Bugey, dans le Pays de Vaud, à Carignano et dans le Piémont et prend le titre de « seigneur de Piémont ». Il reçoit la confirmation de ses droits en 1207 pour l'ensemble de son héritage par Philippe de Souabe, roi des Romains[12]. Il obtient à cette occasion des droits sur le château de Moudon (Pays de Vaud)[28]. Le comte Thomas obtient par un diplôme du roi des Romains, Philippe de Souabe, en 1207, Chieri, ville marchande à proximité de Turin, et Testona (auj. Moncalieri), dans le Piémont[12]. Dés les années 1211-1212, il lance avec Aymon II de Faucigny des attaques contre les évêques de Genève[29].

L'investiture en pays de Vaud se fait contre la famille de Zähringen, qui appartient au parti guelfe[30]. Une opposition provient de Roger de Vico Pisano, évêque de Lausanne, lui aussi guelfe[28],[30]. Anciennement le château de Moudon appartenait aux évêques de Lausanne, mais l'évêque reste maître de la ville[28],[31]. Une guerre s'engage durant laquelle le comte fait brûler le château de Lucens (Pays de Vaud), qui est une résidence épiscopale[30],[32]. En 1219, en signant un traité de paix à Burier — un prieuré bénédictin de Montreux — avec le nouvel évêque, Berthold de Neuchâtel, Thomas affirme ses droits sur Moudon, et marque désormais son implantation dans le nord du lac Léman, en pays de Vaud[12]. Le comte obtient de fait la souveraineté sur la ville de Moudon[33], bien que l'évêque en conserve la suzeraineté[34],[35]. La ville deviendra le centre du pouvoir de la maison de Savoie pour le Pays de Vaud[28],[34].

Au cours de la fin de l'année 1218, à la suite d'un contrat passé le 1er juin[36], le comte Thomas marie sa fille Marguerite à Hartmann IV de Kybourg[1],[12],[37], fils du comte Ulrich. Cette alliance permet ainsi de rapprocher « deux lignages héritiers des Zähringen »[12], famille ducale possessionnée dans la partie nord de la Suisse (Rheinfelden, Fribourg et Berne). Le dernier de la branche aînée des Zähringen disparait au cours de l'année et l'héritage passe aux Kybourg[38],[37].

Son premier fils, Amédée, est son successeur désigné[26]. Il marie sa fille aînée, Béatrix au comte de Provence et de comte de Forcalquier, Raymond Bérenger V[23],[27]. Son second fils, Humbert meurt, en 1223[26]. Leur frère, Aymon, reçoit en apanage le Vieux Chablais, dont il deviendra le seigneur à la mort de leur père[26].

En 1224, le comte Thomas signe un traité de paix avec Landric ou Landry de Mont, évêque de Sion[39]. L'évêque reçoit à cette occasion le château de Morges (Pays de Vaud) en fief, et s'engage à aider le comte si le château de Chillon est attaqué[39].

Quelques auteurs du XXe siècle ont considéré que le comte a participé à la croisade des Albigeois, voire à la Quatrième croisade[40], toutefois, ni la politique gibeline, ni les sources ne permettent d'indiquer cette possibilité[17]. D'ailleurs, le chercheur Gérard Zuchetto indique que le troubadour Peire Raimon (en) se réfugie à la cour du prince de Savoie à la veille de la croisade[41]. Il réalise une composition « comte vaillant de Savoie » qui désigne probablement le comte[41].

Son soutien auprès de l'Empereur Frédéric II, lui permet d'obtenir, en 1226[42], le titre de vicaire impérial de Lombardie, devenant ainsi son représentant officiel[43],[44].

Politique religieuse[modifier | modifier le code]

La politique envers la Papauté reste un axe important pour le comte Thomas. Le comte profite d'avoir de nombreux enfants, et notamment cinq de ses plus jeunes garçons, pour leur faire embrasser une carrière ecclésiastique[26],[45] : — Guillaume, Amédée, Philippe, Boniface, Pierre, Thomas, Alix et Agathe[46] —. Les deux filles se succèdent à la tête de l'abbaye de Saint-Pierre de Lyon[46]. Thomas et Pierre seront chanoine avant de devenir des seigneurs laïcs[46]. Guillaume devient évêque de Valence, doyen de Vienne, puis prince-évêque de Liège et de Winchester, tandis que Boniface est fait évêque de Belley avant de devenir archevêque de Canterbury, Philippe sera archevêque de Lyon et évêque de Valence avant de devenir comte de Savoie , enfin Amédée est évêque de Maurienne[46],[23],[1].

La politique de soutien aux monastères reste un axe important pour le comte, comme pour ses prédécesseurs. L'abbaye d'Hautecombe bénéficie des largesses de Thomas en obtenant le droit d'obtenir ce qui était nécessaire à son fonctionnement dans le comté tout en étant exempté des « droits de péage de minage, de vente de lod, ni à tout autre redevance »[45]. La protection est d'ailleurs plus importante avec le droit d'acquérir des fiefs dans le domaine comtal[45]. Enfin, en 1203, le comte donne à l'abbaye des droits sur les paroisses et ses habitants de Méry, Clarafond et Drumetaz[45],[47]. Les autres monastères sont également dotées. En 1195, il fait une donation de ses biens en Val de Suse à l'abbaye du Betton, dans le Val Gelon[45]. Entre 1197 et 1200, il lègue des biens à l'hospice du Mont-Cenis[45]. Des dons seront faits en 1207, puis 1216, à la chartreuse d'Aillon, dans les Bauges[45].

Plusieurs actes, non datés et répertoriés par le Régeste genevois, indiquent que le comte apporte sa protection à la chartreuse d'Arvières, dans le Valromey[48], celle d'Aillon, dans les Bauges[49]. En, 1207, il confirme les droits de l'abbaye d'Aulps et apporte également sa protection[50].

En 1222, le comte devient l'avoué de la chartreuse de Vallon (Chablais)[51].

Chartes de franchises[modifier | modifier le code]

Ruth Mariotte Löber observe que les comtes de Savoie utilisent les chartes de franchises dans les bourgs de leur domaine comme un mode de gestion. Ainsi les comtes donnent ces chartes pour des raisons stratégiques, parfois militaires, politiques ou économiques mais sans réclamations par les gens du peuple. Lorsque la charte est établit la justice est garantie par le comte et les habitants obtiennent des libertés. Bénéficient de ces avantages, les villes qui sont situées sur les limites du domaine comtal, sur les axes majeurs reliant l'Europe du Nord à la péninsule italienne, passant notamment par le col du Mont-Cenis, qu'ils contrôlent[52],[53].

En 1196, le comte Thomas signe un traité de paréage avec l'abbé Rainier de Saint-Rambert-en-Bugey[54],[55],[56]. L'acte permet au comte d'obtenir le château de Cornillon et le bourg de Saint-Rambert[55],[56]. L'intérêt stratégique du site est de disposé d'un péage[56].

Le , les moines de Hautecombe reçoivent des privilèges[54] (achat de fief ou exemption d'impôts), qui seront augmentés en 1235[45]. Deux villes situées sur les rives du Rhône obtiennent des chartes : Yenne en 1215[57], Saint-Genix-sur-Guiers vers 1270[53]. La Villeneuve de Chillon, que le comte a créé à côté du château de Chillon en 1214, place centrale du pouvoir comtal en Chablais, obtient une charte lors de sa fondation[58],[59]. La ville doit servir de port, d'asile pour les voyageurs ainsi que d'un siège de péage[59]. Le château de Chillon et de Villeneuve se trouvent en effet sur l'une des routes menant du nord de l'Europe vers la péninsule italienne et passant par stratégique du col du Grand-Saint-Bernard[53]. Aymon, son fils, fait ajouter un hôpital en 1236[59].

En mars 1232, peu avant le rachat de la cité, Chambéry obtient des franchises[60], ainsi que la ville d'Aoste vers la fin du XIIIe siècle[10]. Les comtes Humbertiens possèdaient des biens dans la seigneurie de Chambéry[61]. La position stratégique de la ville, notamment sur l'axe en direction du Mont-Cenis, n'échappe pas aux de Savoie. Le , Thomas rachète une partie des droits du vicomte de Chambéry, Berlion, sur la ville de Chambéry pour 32 000 sous[60],[62],[63] ou sols forts de Suse[45]. Une partie de l'argent provient notamment d'une contribution de l'abbaye d'Hautecombe (1 000 livres fortes de Suse)[45] et de « prêteurs italiens »[61]. La cité prendra de l'importance sous le règne suivant d'Amédée V qui fait l'acquisition du château et le transforme en résidence comtale[63].

Mort et succession[modifier | modifier le code]

alt.=Cénotaphe du comte, selon l'ouvrage de Guichenon (1658).
alt.=Vue de l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse.

Le comte Thomas meurt le 1er mars 1233, probablement à Moncalieri, située dans le Piémont, proximité de la ville de Turin[64],[65],[66]. Quelques auteurs du XIXe siècle ont pu le faire mourir à Aoste, d'après une mésinterprétation d'un dessin du généalogiste du XVIIe siècle, Samuel Guichenon[Note 2]. Le comte venait de s'engager à nouveau dans une guerre contre l'archevêque de Turin afin d'affirmer son pouvoir sur la région et la ville[66]. Il semble tomber malade, épuisé par les combats[64], après avoir remporté le siège de Moncalieri et voulant les poursuivre le combat en direction de Turin[67]. Selon les Chroniques, il semble qu'il soit à l'origine de la construction du fortin au-dessus de Moncalieri, le futur château de Moncalieri (it), permettant le contrôle du Pô à cet endroit[64].

Selon ses dernières volontés[64], il est inhumé, en Piémont, dans l'abbaye Saint-Michel-de-la-Cluse[1],[68], située à proximité de Moncalieri.

Son premier fils, Amédée, devient comte sous le nom Amédée IV[1],[69]. Le comte Thomas, qui a eu de nombreux enfants, a préparé sa succession en organisant la gestion et la répartition du domaine comtal et des terres en mettant en place une « politique d'inféodation d'apanages, avec hommage de chaque cadet à l'aîné »[69]. Aymon devient seigneur du Chablais[26], qu'il reçoit en apanage de son frère en 1234[70]. Thomas et Pierre, qui poursuivaient une carrière religieuse, deviennent des seigneurs laïcs[26]. Thomas s'installe en Piémont et deviendra comte de Flandres en 1247[26]. Pierre qui a épousé l'héritière du Faucigny, obtient le Chablais lors de la mort de son frère Aymon en 1238, en plus de ses possessions en pays de Vaud[26]. Plus tard, un autre de ses fils, Philippe, deviendra lui aussi comte[1].

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Vers 1196, probablement en mai, le comte Thomas Ier épouse Béatrice-Marguerite de Genève[12],[23],[25] (que l'on trouve mentionnée sous les formes Béatrice de Genève ou Marguerite de Faucigny), fille de Guillaume Ier de Genève, comte de Genève et de Vaud, et Marguerite-Beatrix de Faucigny, fille d'Aymon Ier, sire de Faucigny[1]. Certains historiens ont distingué Béatrix de Genève et Marguerite de Faucigny, et considèrent qu'il y eut deux mariages[71],[72]. Ils auront dix enfants dont 8 fils selon les historiens[27], Eugene L. Cox[26] ou plus récemment Demotz[73],[23]. Les époux et historiens Leguay relèvent que la nombreuse progéniture du comte peut être un avantage[27]. L'aîné héritera des titres et droits de son père, quand à ses fils puinés, ils intègreront les ordres.

D'autres enfants sont parfois ajouté à la fratrie, ainsi le site des Archives départementales de Savoie et Haute-Savoie en indique cinq de plus[1] :

  • Aymon († 1238), seigneur de Valley ;
  • Humbert († 1226) ;
  • Amédée († 1268) évêque de Maurienne (1230-1268) ;
  • Alice, abbesse de Saint-Pierre à Lyon en 1250
  • Agathe, abbesse de Saint-Pierre à Lyon ;

Ainsi que deux ou trois enfants illégitimes (bâtards)[1], dont les deux garçons — Berold et Benoît — sont mentionnés dans l'Histoire généalogique de la royale maison de Savoie (1660), du généalogiste Samuel Guichenon[75].  :

Titres et possessions[modifier | modifier le code]

Thomas, tout comme les Humbertiens, porte indifféremment selon les différents les principaux titres de cette famille « comte de Maurienne et marquis d'Italie » (actes de 1189[76] ou de 1203[47]) ou « comte de Maurienne et marquis en Italie » (acte de 1207[50]), « comte de Maurienne » (autre acte de 1203[77]) ou « comte de Savoie » (actes de 1195, de 1196[76] ou de 1222[51]). Le comte semble toutefois adopter la forme « comte de Savoie et marquis en Italie » qui apparaît dans des actes de 1196, 1206, 1207[78]. Cette titulature était déjà utilisée par son grand-père Amédée III utilisait déjà[78].

L'abbé de Saint-Rambert-de-Joux cède ses droits au comte en 1196 sur le château de Cornillon, en échange de l'intégration au comté[78],[79].

Ses droits sur son héritage sont confirmés en 1207[12]. Il obtient par ailleurs les villes de Chieri et Testona (auj. Moncalieri), dans le Piémont[12]. Il reçoit à la suite d'un traité avec l'évêque de Lausanne, de 1218, la ville de Moudon (Pays de Vaud), même si la cité reste un fief de l'évêque[34].

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'ouvrage La Maurienne médiévale, les auteurs donnent une date de naissance différente, 1189, qui correspond en réalité à la date où il succède à son père. Par ailleurs, la date de mort indiquée est de dix ans trop tôt[2].
  2. Samuel Guichenon a en effet représenté un dessin d'un monument d'Aoste que les historiens ont interprété comme le tombeau du comte Thomas.

Références[modifier | modifier le code]

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  2. Philippe Demario, Jean Prieur, La Maurienne médiévale, St-Cyr-sur-Loire, Alan Sutton, coll. « Passé Simple »,‎ , 95 p. (ISBN 978-2-84253-805-7), p. 7.
  3. a, b et c Palluel-Guillard, p. 11.
  4. a et b Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ , 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5, lire en ligne), p. 81-83.
  5. Jehan d'Orieville, dit Cabaret (traduction de Daniel Chaubet), La Chronique de Savoye, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes »,‎ , 297 p. (ISBN 978-2-90869-795-7, lire en ligne), p. 77-78.
  6. Jacques Lovie, Histoire des Diocèse de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Beauchesne,‎ , 301 p. (ISSN 0336-0539), p. 35.
  7. Jean Prieur, Hyacinthe Vulliez, Saints et saintes de Savoie, La Fontaine de Siloé,‎ , 191 p. (ISBN 978-2-8420-6465-5, lire en ligne), p. 73-75.
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  13. Laurent Ripart, « Non est consuetum in comitatu Sabaudie quod filia succedit patri in comitatu et possessione comitatus Genèse de la coutume savoyarde de l’exclusion des fille », Cahiers lausannois d'histoire médiévale,‎ , p. 295-331 (lire en ligne), p. 302.
  14. a, b et c Demotz 2000, p. 325-327, « Le conseil du comte et son évolution significative ».
  15. a et b Demotz 2000, p. 26.
  16. Bruno Galland, Les papes d'Avignon et la Maison de Savoie : 1309-1409, Collection de l'École française de Rome, 512 p. (ISBN 978-2-72830-539-1), p. 28.
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  29. Matthieu de la Corbière, L'invention et la défense des frontières dans le diocèse de Genève. Étude des principautés et de l'habitat fortifié (XIIe ‑ XIVe siècle), Annecy, Académie salésienne, 2003, 647 pages, p. 293.
  30. a, b et c Léon Menabrea, Des origines féodales dans les Alpes occidentales, Imprimerie royale,‎ , 596 p. (lire en ligne), p. 255.
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  43. Cahiers d'histoire, Volume 19, 1974, Comité historique du centre-est, p. 49.
  44. Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ , 128 p. (ISBN 978-2-877-47804-5), p. 27, L'ouvrage comporte cependant une erreur en mentionnant l'empereur Charles IV, alors qu'il s'agit à cette période de Frederic II.
  45. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Jacques Lovie, Histoire des Diocèse de France : Chambéry, Tarentaise, Maurienne, vol. 11, Beauchesne,‎ , 301 p. (ISSN 0336-0539), p. 36.
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  57. Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane,‎ , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2, lire en ligne), p. 193-194, « Yenne ».
  58. Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane,‎ , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2, lire en ligne), p. 191-192, « Villeneuve-de-Chillon ».
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  61. a et b Thérèse Leguay et Jean-Pierre Leguay, Histoire de la Savoie, Paris, Éditions Jean-paul Gisserot,‎ , 128 p. (ISBN 978-2-877-47804-5), p. 26.
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  69. a et b Demotz 2000, p. 157 et suivantes, Partie 2, Chap. 1 « La solidité de la maison princière ».
  70. a et b Ruth Mariotte Löber, Ville et seigneurie : Les chartes de franchises des comtes de Savoie, fin XIIe siècle-1343, Librairie Droz - Académie florimontane,‎ , 266 p. (ISBN 978-2-60004-503-2, lire en ligne), p. 180, « Sembrancher ».
  71. Auguste Dufour, François Rabut, « Notes pour servir à l'histoire des Savoyards de divers états », Mémoires et documents de Société savoisienne d'histoire et d'archéologie, vol. 11,‎ , p. 218 (lire en ligne).
  72. Alain Boucharlat, Savoie, La Fontaine de Silo2, coll. « Encyclopédies régionales »,‎ (ISBN 978-2-86253-221-9, lire en ligne), p. 22.
  73. Demotz 2000, p. 30.
  74. Jean-François Gonthier, Les châteaux et la chapelle des Allinges, Imprimerie J. Masson,‎ , 171 p., p. 21.
  75. Samuel Guichenon (1660), Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie ou Histoire généalogique de la Royale Maison de Savoie justifiée par titres, fondations de monastères, manuscrits, anciens monumens, histoires, et autres preuves authentiques, chez Jean-Michel Briolo, p. 266.
  76. a et b Léon Menabrea, De la marche des études historiques en Savoie et en Piémont, depuis le XIVe siècle jusqu'à nos jours, et des développements dont ces études sont encore susceptibles, Puthod,‎ , 117 p. (lire en ligne), p. 94.
  77. Régeste genevois, REG 0/0/1/486, acte de 1203, sur le site de la Fondation des Archives historiques de l'Abbaye de Saint-Maurice (Suisse) - digi-archives.org.
  78. a, b et c Demotz 2000, p. 174-175.
  79. Jean-Claude Marquis, Le canton de St Rambert en Bugey (Ain) : vous connaissez ?, J.C. Marquis,‎ , 175 p., p. 29.