Primelin

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Primelin
Prevel
Primelin
Le Loc'h, plage et port marquant la limite entre les communes de Primelin et Plogoff.
Blason de Primelin Prevel
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Douarnenez
Intercommunalité Cap-Sizun
Maire
Mandat
Alain Donnart
2014-2020
Code postal 29770
Code commune 29228
Démographie
Gentilé Primelinois
Population
municipale
722 hab. (2015 en diminution de 3,48 % par rapport à 2010)
Densité 83 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 01′ 35″ nord, 4° 36′ 36″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 59 m
Superficie 8,67 km2
Localisation

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Prevel

Primelin [pʁimlɛ̃] (en breton : Prevel) est une commune française du Cap Sizun, dans le département du Finistère, en région Bretagne.

L'adjectif dérivé est primelinois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Primelin est une commune de la baie d'Audierne, limitrophe de Plogoff, à l'ouest, Cléden-Cap-Sizun et Goulien au nord, et Esquibien, à l'est, bordée au sud par l'Océan Atlantique, sur lequel s'ouvrent les petits ports de Porstarz, au sud, et du Loc'h, à l'ouest.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Lanprimel, Primel Lan, Primelen en 1368 et enfin Primelin[1].

Primelin vient de saint Primel ou Primaël[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Primelin de fournir 18 hommes et de payer 118 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[2].

Révolution française[modifier | modifier le code]

La paroisse de Primelin, qui comprenait alors 97 feux, élit deux délégués, Marc Le Normant et Michel Kerloch, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[3].

La loi du « relative à la circonscription des paroisses du district de Pont-Croix » donne à la paroisse d'Esquibien comme succursales Primelin, Audierne et l'Île-de-Sein[4].

Jean-Marie Violant, ancien commis au greffe de la juridiction du marquisat de Pont-Croix, ouvrit une école à Primelin (abandonnant celle qu'il tenait antérieurement à Beuzec-Cap-Sizun) en vertu de la loi du 5 nivôse an II () qui rendait l'école primaire obligatoire et gratuite. Le 12 pluviôse an II () il déclare : « Je le dirai que j'ai 40 élèves qui fréquentent mes écoles avec la plus grande assiduité (...). La municipalité a fait et fait tout ce qui est en elle pour me seconder en cette partie »[5].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Lors du recensement de 1906 à Primelin, on comptait 39 patrons pêcheurs, 49 marins pêcheurs en activité, 14 marins pêcheurs au chômage, 1 marin de commerce en activité et 2 marins de commerce au chômage ; on dénombrait aussi 16 soudeurs et 2 ouvrières d'usines qui travaillaient dans les conserveries d'Audierne et de Plouhinec[6].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Primelin porte les noms de 59 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; 10 d'entre eux au moins sont des marins morts en mer, dont Victor Korner et Marc Ladan, décorés de la Médaille militaire ; 1 au moins (Jean Normant) est mort sur le front belge à Rossignol dès le  ; 1 au moins (Pierre Morvan) est mort en Grèce dans le cadre de l'expédition de Salonique ; François Quéré, un marin, est mort de maladie à Singapour ; 1 au moins (Jean Yves Kersaudy) est mort en captivité en Allemagne ; la plupart des autres sont morts sur le sol français, dont Jean Michel Kersaudy et Jean Yven, décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre, Jean Kerninon, Alain Le Corre, Clet Moullec, décorés de la Croix de guerre[7].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le bâtiment de transport Nièvre, de la Marine nationale, s'échoua le sur les rochers de Porstarz, près de Primelin, en baie d'Audierne et fut perdu, mais les 59 hommes d'équipage furent sauvés[8].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Primelin porte les noms de 20 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; au moins 12 d'entre elles sont des marins disparus en mer. Jean Pierre Douarinou[9] est mort en déportation le à Flensbourg (Allemagne) ; il avait alors un peu plus de 18 ans[10].

L'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Six soldats originaires de Primelin (Jean Berriet, Marc Danzé, Henri Guillou, Émile Louarn, Barthélémy Masson, Raymond Péron) sont morts pendant la Guerre d'Indochine et deux (Jean Chapalain, Simon Hélias) pendant la Guerre d'Algérie[11].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1925 1942 Jean-Yves Hélias SFIO  
? ? Yves Urcun    
1971 ? 1983 Pierre Guével PS  
1983 1989 Jean Jaffry PS  
1989 1995 Henri Simon PS  
1989 1995 Jean Le Borgne    
2001 en cours Alain Donnart DVG Retraité Fonction publique

Jumelages[modifier | modifier le code]

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8157958411 0591 1221 1691 2061 3071 278
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 3441 4021 4691 3631 4741 4031 4241 5001 526
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6081 6341 6421 5461 5211 5441 5801 3701 354
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 2641 1771 0851 023931787750742718
2015 - - - - - - - -
722--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Tous les ans, pendant trois jours à l'Ascension, Primelin héberge l'un des huit sites du Mondial Pupilles de Football.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'éperon barré de la pointe du Kastel datant de l'âge du fer[14].

L'église paroissiale Saint-Primel, au bourg de Primelin. L'édifice actuel date du XVIIIe siècle (entre 1773 et 1776), avec utilisation de nombreuses pierres de l'édifice précédent construit au XVIe siècle. Le clocher, daté de 1776, est de type baroque, amorti par un dôme à lanternon. Une tourelle octogonale donne accès à la galerie à balustrade classique. Le porche latéral sud, comme celui de la chapelle de Saint-Tugen, a son tympan ajouré. Le pardon de Saint Primel est célébré le premier dimanche du mois d'août.

La chapelle Saint-Tugen, au lieu-dit Saint-Tugen a été construite entre 1535 et 1582 sur le site d'une ancienne chapelle tréviale mentionnée en 1118, à l'initiative du seigneur de Lézurec, René du Menez. Devant l'affluence des pèlerins, elle a été agrandi plusieurs fois entre 1610 et 1750.

La chapelle Saint-Théodore, au lieu-dit Saint-Théodore. Édifice de plan rectangulaire avec chevet à pans coupés et clocheton à dôme, datant de 1672, restauré à la fin du XIXe siècle par les soins de Mgr Théodore Lamarche, évêque de Quimper et Léon. Le pardon a lieu le troisième dimanche de septembre.

La chapelle Saint-Chrysanthe, dans la vallée nord-est du hameau de Kerscoulet. Ce petit édifice de plan rectangulaire, avec chevet arrondi et clocheton à dôme, reconstruit en 1856, comporte une fontaine à l'entrée. Le pardon est célébré le dimanche précédant la fête de l'Ascension.

Le manoir de Lézurec entre les lieux-dits Loval et Croix-Denis ; une chapelle dans ce manoir est dédiée à sainte Marguerite et désaffectée depuis longtemps. Il s'agit d'un édifice de plan rectangulaire, avec chevet arrondi et clocheton à dôme. Il porte la date 1626 au-dessous de la niche extérieure qui abrite la statue en pierre de la sainte.

Le monument aux morts de Primelin est un des rares monuments aux morts d'inspiration pacifiste du Finistère. Œuvre de Véronique Millour et Philippe Meffroy, il représente un enfant qui repousse et ébranle une pile de quatre blocs symbolisant les guerres du passé ; un cinquième bloc vierge, à terre, invite à ne pas reconstruire le mur et à ne jamais y poser le dernier bloc. Il fut inauguré le 11 novembre 1994.

Légende[modifier | modifier le code]

Paul Sébillot raconte la légende suivante à propos de Saint-Tugen :

« Suivant la croyance du Cap Sizun, les chiens enragés sont obligés avant de mourir de venir rendre compte de leur conduite à saint Tugen de Primelin. Celui qui a été mordu doit tâcher de devancer le chien et pour cela il court à la chapelle, fait trois fois le tour de la fontaine et regarde au fond de l'eau : si celle-ci reflète sa figure, il peut se rassurer, le saint a entendu sa prière et il l'a exaucée ; si l'eau reproduit l'image du chien, c'est que l'animal a déjà passé et a caché à saint Tugen ce qu'il a fait ; le saint n'a plus de pouvoir et le patient tombe de rage à l'instant.[15] »

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Henri Royer (peintre), né en 1870, artiste peintre, professeur à l'école nationale supérieure des Beaux-Arts, membre du Conseil supérieur de l'enseignement des Beaux-Arts, ancien vice-président des Artistes Français, officier de la Légion d'honneur depuis 1931, a séjourné à Saint-Tugen. (cf. journal L'Ouest-Éclair du 10/11/1938). Le tableau EX-VOTO représente une scène dans la chapelle de Saint-Tugen.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Envorioù ur c'haper droch, Eugène Chalm, Hor Yezh, 1984 (souvenirs d'un capiste sot), ouvrage en breton, dans lequel l'auteur, né en 1919, instituteur en retraite, raconte ses souvenirs d'enfance à Primelin dans le hameau de Kerscoulet, et rapporte aussi ceux de sa mère et de sa grand-mère. Prix Roparz Hemon en 1998.
  • Ur breizhad skolaer er Mezven 1938-1942, (un Breton, instituteur en Mayenne) Eugène Chalm, Hor Yezh, 2000, (ISBN 2-910699-36-6), récits personnels, souvenirs de jeunesse à Primelin et en Mayenne, avant et pendant la guerre.
  • La chapelle Saint-Tugen en Primelin, Toscer. C., Mémoires de la Société d'archéologie et d'histoire de Bretagne, 1987.
  • Saint-Tujan au Cap-Sizun, chanoine H. Pérennès, paru en 1936, réédité en 2005 par Le Livre d'Histoire, monographies des villes et villages de France, (ISBN 2-84373-303-0).
  • La Révolution au fond du Cap-Sizun de l'abbé Corentin Parcheminou, paru en 1935, réédité en 2003 par Le Livre d'Histoire-Lorisse, Paris, (ISBN 2-84373-286-7).


Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Primelin »
  2. "Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2
  3. "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2
  4. " Collection complète des lois promulguées sur les décrets de l'assemblée nationale, imprimée par ordre de l'assemblée nationale", tome 12, 1791, consultable http://www.archives-finistere.fr/medias/medias.aspx?INSTANCE=exploitation&PORTAL_ID=portal_genere_EACCPF_C000274.xml « Copie archivée » (version du 23 août 2015 sur l'Internet Archive)
  5. Daniel Bernard, L'enseignement primaire dans le district de Pont-Croix (Finistère) en l'an II et en l'an III, revue "Annales de Bretagne", 1936, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115337d/f172.image.r=Plogoff.langFR
  6. Archives départementales du Finistère, 6M698
  7. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=34466
  8. Journal L'Ouest-Éclair no 14805 du 23 mai 1937, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660900f/f4.image.r=louvign%C3%A8-de-bais?rk=15622394;4
  9. Jean Pierre Douarinou, né le à Primelin
  10. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=34466
  11. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=34466
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  14. L'ouest de la Cornouaille dans les tourments de l'histoire, guide de découverte sur le patrimoine fortifié du Pays Bigouden, du Cap-Sizun et du Pays de Douarnenez, Syndicat Mixte, Pointe du Raz, (ISBN 9782952581004), p. 2, et voir : Plan d'interprétation du patrimoine bâti de l'ouest de la Cornouaille.
  15. Paul Sébillot, "Le Folk-lore de France", 1904