Plozévet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Plozévet
Mairie de Plozévet.
Mairie de Plozévet.
Blason de Plozévet
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Plonéour-Lanvern
Intercommunalité Communauté de communes du Haut Pays Bigouden
Maire
Mandat
Pierre Plouzennec
2014-2020
Code postal 29710
Code commune 29215
Démographie
Gentilé Plozévétiens
Population
municipale
2 972 hab. (2012)
Densité 109 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 59′ 00″ N 4° 25′ 32″ O / 47.98333, -4.425424747° 59′ 00″ Nord 4° 25′ 32″ Ouest / 47.98333, -4.4254247  
Superficie 27,18 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte administrative du Finistère
City locator 14.svg
Plozévet

Géolocalisation sur la carte : Finistère

Voir sur la carte topographique du Finistère
City locator 14.svg
Plozévet

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Plozévet

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Plozévet
Liens
Site web Site de la commune

Plozévet [plozevɛt] est une commune française du département du Finistère, dans la région Bretagne, située à mi-distance entre Quimper et la Pointe du Raz, dans le pays Bigouden.

Plozévet fait partie, avec neuf autres communes, de la communauté de communes du Haut Pays Bigouden.

Cette commune est célèbre dans le monde universitaire parce qu'elle a été l'objet, au début des années 1960, d'une vaste enquête pluridisciplinaire sous la direction de Monique et Robert Gessain du musée de l'Homme, avec la participation d'Edgar Morin.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Plouhinec Mahalon Guiler-sur-Goyen Rose des vents
N Landudec
O    Plozévet    E
S
Pouldreuzic

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1741, une épidémie de dysenterie sévit : « Dans chacune des paroisses de Goulien, Plogoff, Esquibien, Plouinec, Plozévet, Mahelon, Poulan, Beuzet-Cap-Sizun, Pouldergat, Douarnenez, on compte le chiffre énorme de dix à douze morts par jour »[1].

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le drame du naufrage des Droits de l'Homme[modifier | modifier le code]

Le menhir des Droits de l'Homme sur la plage de Canté
Le menhir des Droits de l'Homme et son inscription commémorative

Le , le vaisseau de 74 canons "Droits de l'Homme", qui participait aux Guerres de la Révolution française (Première Coalition), s'échoue sur un banc de sable sur la commune de Plozévet. La revue Le Monde illustré raconte ainsi le drame en 1882 lors d'une cérémonie au pied du menhir commémorant le drame :

« En janvier 1797, un drame des plus émouvants avait pour théâtre le fond de la Baie d'Audierne (...). Le vaisseau français Les Droits de l'Homme, parti de Brest avec 650 hommes d'équipage et 580 soldats de la légion des Francs qu'il devait débarquer en Irlande, fut empêché par les tempêtes d'atteindre le lieu de sa destination. Il erra pendant plusieurs jours, faisant voile vers la France, lorsqu'à 25 lieues de Penmarch il fut attaqué par deux vaisseaux anglais, L'Indéfatigable et L'Amazone. (...) La lutte dura treize heures. L'Indéfatigable finit par s'éloigner, L'Amazone s'échoua, mais les Droits de l'Homme [démâté] n'était pas en meilleur état. L'inhospitalité des riverains d'alors ne leur fut pas moins funeste que la lutte contre les Anglais : le feu de l'ennemi, les coups de mer qui faisaient chavirer les canots, la cruauté des habitants qui coupèrent les câbles de sauvetage, il n'en fallait pas tant pour expliquer comment les cadavres de 650 hommes furent rejetés sur la grève de Canté. (...) Déjà en 1840, une pierre mégalithique avait reçu de la part d'un Anglais sauvé par l'équipage du Droits de l'Homme, le major Pipon, une inscription commémorative. (...) Cette année, les députés du Finistère, MM Hémon et Arnoult, ont réussi à faire classer ce vieux menhir au nombre des monuments historiques (...). Quatre boulets provenant du combat du ont été déposés au pied du menhir[2]. »

Sur le menhir est écrit : « Ici, autour de cette pierre druidique, sont inhumés environ six cent naufragés du vaisseau Les Droits de l'Homme, brisé par la tempête le . Le major Piron, né à Jersey, miraculeusement échappé à ce désastre, est revenu sur cette plage le , et dûment autorisé, a fait graver sur la pierre ce témoignage durable de sa reconnaissance ».

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir
Article détaillé : Naufrage du Droits de l'Homme.

L'enseignement à Plozévet[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale de Plozévet en 1899 (photographie de Louis Rousselet)

L'enseignement à Plozévet[3] :

  • 1835 : acquisition de la maison du curé pour l'ouverture d'une école publique ;
  • 1861 : construction d'une école publique mixte route d'Audierne ;
  • 1882-1884 : l'école mixte devient école de filles, une école de garçons est construite à l'emplacement de l'actuelle mairie ;
  • 1903 : laïcisation de l'école de filles ;
  • 1926 : construction d'une école à Pors-Poulhan. Elle fonctionnera jusqu'en 1968 ;
  • 1928 : construction de l'école de Saint-Démet, qui sera ouverte jusqu'en 1974. Une école primaire libre de filles est ouverte ;
  • 1933 : inauguration de l'école Georges-Le Bail, route de Pont-l'Abbé, qui accueille les garçons. Les filles occupent désormais l'actuelle mairie, jusqu'alors école de garçons ;
  • années 1960 : les écoles deviennent mixtes ;
  • 1968 : début de la construction du CES, actuel collège ;
  • 1978 : fermeture de l'ancienne école de filles.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Henri Collin, alors âgé de 23 ans, qui se comportait en tyran à l’égard de sa femme et de ses beaux-parents qui continuaient à vivre dans la ferme dont ils lui avaient légué l’exploitation par une donation, étrangla le son beau-père Jacques Bourdon, dont le corps fut retrouvé dans un champ, parce que ce dernier lui réclamait de l’argent et des livraisons de céréales, ce qui était prévu par le contrat de donation. Condamné à mort par la Cour d’assises du Finistère le , il fut guillotiné publiquement à Quimper le [4].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Plozévet au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Gustave Geffroy parcourt la région en 1904 et la décrit ainsi :

« Je poussai plus loin que Plouhinec, toujours suivant la côte, par le sentier des douaniers. C'est d'une désolation, d'une solitude sans pareilles. J'ai marché, je crois bien, toute une journée sans rencontrer un être humain, en dehors des arrêts dans les villages, et encore les villages donnaient-ils, eux aussi, l'impression de la solitude, tant ils étaient mornes ce jour-là, tous les hommes à la mer, toutes les femmes aux champs, des enfants assis sur les seuils, graves comme des vieillards, une femme derrière un comptoir, des visages entrevus plutôt que vus, à quelque vitre sombre. Pour arriver à l'un de ces villages, il fallait quitter le bord sauvage de la mer, s'engager dans des sentiers bordés de petits murs faits de pierres superposées, ou franchir ces landes dont la rude verdure peut seule résister à l'âpreté et à la violence du vent. Il y avait seulement, de temps à autre, quelque pauvre champ de pommes de terre ou de blé, clos de pierre, où se lisait le dur et touchant effort du laboureur pour arracher un peu de vie à cette terre déshéritée. L'un de ces villages est Plozévet, je devrais dire l'un de ces abris. Les maisons sont réunies autour d'une église au fin clocher[5]. »

La foire de la Trinité et la quête du beurre à la Belle Époque[modifier | modifier le code]

La foire de la Trinité à Plozévet en 1900 (photographie d'Augustin de Croze)
La foire de la Trinité à Plozévet vers 1900, la "Saint-Herbot" (quête de beurre, de génisses et de veaux)

La foire de la Trinité était alors un événement très important à Plozévet comme en témoigne ce texte datant de 1900 :

« Hier a eu lieu le pardon de la Trinité ; aujourd'hui, sur le vaste quadrilatère (...) qui se détache en avant du hameau de la Trinité, c'est la foire. Splendide débauche de couleurs et de soleil ; parmi les deux boulevards formés latéralement et à angle droit par les tentes de feuillage et de toile, se heurtent en le plus pittoresque fouillis tous les costumes du Cap Sizun. De la poussière, d'âcres odeurs humaines, des fumées de cuisine en plein vent ; puis de véritables troupeaux dont la vente en détail suscite d'assourdissantes clameurs. Des files et des files de charrettes et de chars à bancs, quelques bicyclettes même. (...) Plus loin, près d'un talus (...), des paysans, des enfants, des citadins et des gendarmes, spectateurs attentifs, c'est la danse qui se déroule, éblouissante de coloris, dans un rectangle formé par une quadruple rangée de curieux. (...) Ceux qui ne veulent plus danser s'en vont, sans que la danse en soit troublée et ils rentrent ensuite quand ils ont repris haleine, c'est-à-dire quand hommes et femmes ont bu de pleins bols de bière[6] et surtout d'eau-de-vie. »

« Trois heures viennent de sonner. (...) Le curé de Plozévet va procéder à la vente aux enchères du beurre, des œufs, des volailles et, me dit-on, de quelques génisses, tous dons apportés en fétichiste volition à saint Herbot de la Trinité. (...) Sur l'autel [de la chapelle][7], des molettes et des molettes de beurre, 400 livres me dit-on. Va-et-vient de sabots, des gens entrent et sortent qui enlèvent tout ce beurre sous la surveillance du curé (...)[8]. »

Une vie politique parfois agitée[modifier | modifier le code]

L'opposition entre les "Blancs", majoritaires parmi les électeurs ruraux, et les "Rouges", majoritaires parmi les marins, fut longtemps très forte : en 1910, le marquis de L'Estourbeillon, député royaliste, dénonce les incidents survenus lors des élections législatives dans la deuxième circonscription de Quimper : « ce furent les voies d'accès aux salles de vote et même aux bourgs gardés par des groupes d'individus menaçant et frappant les électeurs ruraux qui venaient voter comme à Treffiagat, Peumerit et Plozévet ; des bureaux et des urnes pris violemment et gardés par des bandes de marins étrangers aux sections de vote, comme à Plobannalec, pour empêcher le vote des cultivateurs »[9].

Le journal L'Aurore dans son édition du écrit : « Des incidents se sont produits dans la deuxième circonscription, notamment dans les communes de Plozévet, Treffiagat, Peumerit, Plovan et Plobannalec. Des rixes se sont produites. Plusieurs électeurs ont été blessés »[10].

La Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Un soldat de Plozévet, Étienne Le Gouil, du 128e régiment d'infanterie, trouva la mort dans la catastrophe ferroviaire de Sillé-le-Guillaume, survenue le et provoquée par la collision entre un train militaire français et un train militaire américain (la catastrophe fit en tout 6 morts parmi les soldats français et 15 parmi les militaires américains et de nombreux blessés)[11].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , un avion américain coule à l'ouest de Plozévet. Neuf aviateurs sont recueillis par la Marine allemande et fait prisonniers[12].

Le gendarme Pierre Brasquer[13], en poste à Pont-Croix, est mort le à l'hôpital de Douarnenez des suites de ses blessures reçues alors qu'il ripostait à l'attaque par une colonne allemande des habitants de Plozévet qui s'étaient rassemblés pour fêter l'arrivée prochaine des troupes alliées[14]. La 63ème Promotion de l' Ecole de Gendarmerie de Châteaulin lui a rendu un hommage solennel en le prenant pour Parrain en juin 2015.

Pierre Trépos, né en 1913 à Plozévet, instituteur à Pont-l'Abbé, puis professeur d'anglais à Quimper, fut fait prisonnier en 1940 et libéré en 1943. Dès son retour, il participa à la Résistance et fut décoré de la Croix de guerre 1939-1945. Il fut ensuite un universitaire spécialiste de la langue bretonne. Il est décédé en 1966[15]

Les enquêtes socio-culturelles de Plozévet[modifier | modifier le code]

L'enquête se déroule entre 1961 et 1965. Une centaine de chercheurs se sont succédé pendant 5 ans. Environ 40 rapports ont été écrits. Sous la direction de Roger Morillère, 5 films ont été tournés dans le cadre : Le Bourg, Les Pêcheurs, Les Agriculteurs, Les Gestes du repas et Le Costume. Un sixième film a été réalisé en 1999 par Ariel Nathan, Retour à Plozévet[16]. En 2000, une partie des archives de l'enquête (fonds Robert Gessain) a été déposée au Centre de recherche bretonne et celtique de l'Université de Bretagne occidentale.

Le sociologue Edgar Morin y a séjourné pendant près d'un an à partir du printemps 1965 pour y mener une étude qui a fait l'objet d'un livre : Commune de France, la métamorphose de Plodémet (sic)[17]. Il y décrit une population atypique par sa forte scolarisation (avec en particulier un grand nombre d'agrégés).

Le choix de Plozévet s'est fait notamment en raison de sa position reculée et du fort taux de luxation congénitale de la hanche dans le Finistère sud, dont la cause supposée à l'époque est la consanguinité[18]. L'ensemble de ces facteurs étaient le signe d'une culture rurale intacte.

À la suite de tous ces travaux et enquêtes se sont déroulées diverses manifestations ; par exemple, en mars 2005, Plozévet a reçu une délégation de chercheurs japonais ; en septembre 2005, l'université de Nishinomiya a organisé un colloque consacré à la commune. Une délégation de chercheurs mexicains a également parcouru récemment le territoire de Plozévet. Le projet Plozarch valorise, complète et actualise les enquêtes, en lien avec les habitants.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Plozévet depuis 1790[modifier | modifier le code]

Période Maire
1790-1791 Louis Le Guirriec[19]
1791-1794 Henri Strullu[19]
1794-1800 ? Alain Hénaff[20]
1800-1821 Charles Le Guellec[19]
1821-1829 Alain Strullu
1829-1833 J. Le Guellec
av.1839-1841 Roland Le Bail[21]
1841-?? Le Guellec[21]
1870-1874 Lucien Le Bail[21]
1874-1876 Yves Le Goff
1876-1898 Lucien Le Bail[21]
1898-1937 Georges Le Bail (fils de Lucien)[21]
1937-1952 Albert Le Bail (fils de Georges)
1958- Noël Larzul
1963-1969 Hervé Henry
1971-1989 Corentin Le Guellec
1989-2001 Marcel Le Floch
2001-en cours Pierre Plouzennec

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 746 2 336 1 664 1 992 1 496 2 675 2 779 2 863 2 979
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 083 3 242 3 384 3 254 3 518 3 482 3 783 4 058 4 210
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 390 4 575 4 699 4 604 4 355 4 259 4 323 4 078 3 804
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2012
3 675 3 541 3 249 3 102 2 838 2 748 2 900 2 943 2 972
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2004[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Personnalités[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

Église paroissiale.
Chapelle de la Trinité.
Chapelle Saint-Démet.

Église paroissiale[modifier | modifier le code]

En forme de croix latine, dévouée à saint Démet, elle est inscrite à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques depuis le 4 août 1951.

Elle est surmontée d'un clocher gothique. La façade ouest est du début du XVe siècle tandis que la file de colonnes provient d'un édifice antérieur remontant probablement au XIIIe siècle. La porte basse à l’ouest et le porche au sud sont tous les deux de style ogival (gothique). La nef avec son bas-côté date de la toute fin du XVIe siècle et est séparée du transept par un arc diaphragme. Récemment[Quand ?], une inscription a été découverte indiquant 1750 pour la construction de la charpente.

À l'intérieur de l'église, cinq arcades dont quatre romanes et une gothique (fin du XIIe et début du XIIIe siècle) séparent la nef de son bas-côté qui se trouve au nord. À noter des fonts baptismaux très anciens avec une curieuse tête de démon. L'église abrite des statues anciennes dont un saint Démet en évêque, une ancienne Pietà (du XVe siècle). Saint Alar, statue (XVIe siècle), tient une patte de cheval qu'il a coupée pour mieux la ferrer. Le maître autel semble être de la fin du XVIIIe siècle ainsi que les autels de transept. À l’autel de la Vierge, à droite, un tableau représente Marie donnant le rosaire à saint Dominique. L’enfant Jésus qu’elle porte en ses bras le donne à sainte Catherine de Sienne.

Un calvaire se dresse dans l’ancien cimetière, près de l’église : au milieu du fût, quelques grotesques personnages font saillie, des anges recueillent en des calices le sang qui sort des plaies du Sauveur ressuscité qui écarte des mains les pans de son manteau. Dans cet enclos également se trouvent les monuments aux morts des deux guerres et deux canons du vaisseau Les Droits de l’Homme.

Une fontaine sacrée dédiée à saint Théleau se trouve près du portail sud. D'après la légende, elle guérit les fièvres.

Chapelle de la Trinité[modifier | modifier le code]

La chapelle de la Trinité est l’une de ces multiples chapelles de dévotion et de pardon qui parsèment la campagne de Basse-Bretagne. Elle fut l’un des fleurons religieux de l’extrême ouest cornouaillais. La Trinité constituant l’un des mystères de la foi chrétienne (en témoigne le signe de croix) on aurait pu imaginer ce culte bien établi. En fait, dans le Finistère, seules deux églises paroissiales et une douzaine de chapelles furent placées sur ce vocable. Cela tient peut-être à ce que le maillage des paroisses et lieux de culte locaux est souvent antérieur à l’instauration d’une fête de la Trinité. La chapelle de la Trinité a été partiellement classée monument historique en 1914. Les deux statues représentant la Trinité, le bas-relief de la crucifixion, le maître-autel, le retable à 7 bas-reliefs de 1666, la statue de la Vierge et l’enfant et saint Démet ont été classés en 1991. Onze autres statues ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire en 1983 et 1989[24].

Chapelle de Saint-Démet[modifier | modifier le code]

La chapelle de Saint-Démet se trouve presque à la limite sud de la commune, à six kilomètres environ du bourg. Elle est bâtie sur la crête d’un mouvement de terrain qui va de Keristenvet à Lababan en Pouldreuzic. La chapelle a sans doute été implantée à cet endroit en raison du nombre de hameaux très populeux en cette région : Lesneut, Kéronguard, Kerveugard, Kéristin, Penlan et toute la bande côtière où la population était moitié paysans, moitié marins. Elle porte le nom du Saint Patron de la paroisse. C’est une bâtisse du XVIe siècle, orientée vers l’est. Elle est en forme de tau avec un chevet peu accentué et un clocher à dôme sur meneaux d’aspect XVIe siècle. L’enclos qui entoure la chapelle servait de cimetière. De nombreuses dalles funéraires ont été récupérées par les familles et dispersées aujourd’hui dans les villages avoisinants. Sur la face nord, la sacristie, tombée en ruines, a été rasée.

Chapelle de Saint-Ronan[modifier | modifier le code]

La chapelle de Saint-Ronan se trouve dans la campagne, à quatre kilomètres à l'est du bourg. La chapelle a été bâtie à partir des pierres du manoir de Keringard, vendu en 1702 par son propriétaire, Guy de Lopriac, chantre et chanoine de Quimper. Sur le pignon de la chapelle, une pierre gravée indique 1720. Plusieurs indications attestent qu'elle fût construite sur un édifice plus ancien, notamment quatre pierres ovoïdes, signe d’un lieu de culte païen ou druidique. Elle fut restaurée en 1979.

Un sarcophage taillé dans le granit sied, avec son couvercle, près de la chapelle.

À quelques pas derrière la chapelle, se trouve une fontaine sacrée, avec niche et console à godrons.

Sculptures de René Quillivic[modifier | modifier le code]

La commune compte plusieurs œuvres du sculpteur René Quillivic, natif de la commune voisine de Plouhinec :

  • Monument aux morts de la Grande Guerre, il fut inauguré le 12 septembre 1922 près de l'église, au centre du bourg. Comme souvent chez ce sculpteur et ceux de sa mouvance, l'œuvre insiste sur les effets réels de la guerre et non sur la gloire, la bravoure ou la victoire ; elle représente un vieil homme, Sébastien Le Gouill, digne, mais foudroyé par la perte de trois fils et d'un gendre.
  • Monument aux morts de la dernière guerre, stèle de granit dont la partie supérieure représente le buste d'une bigoudène éplorée.
  • Groupe des sonneurs bretons. Statue en bronze représentant deux sonneurs de biniou et bombarde, les frères Pascal et Philibert Guéguen. Inaugurée en grande pompe en 1937[25], elle a depuis été déplacée de quelques mètres près de l'office du tourisme.
  • Statue de la bigoudène, près du port de Pors-Poulhan, inaugurée le 6 août 1961. Elle porte un blason avec l'hermine, symbole de l'Armor, et des épis de blé, hommage de Quillivic à son père. Gravée en breton et en français de ces mots : Amañ echu ar Vro Vigoudenn (« Ici finit le pays Bigouden »), elle symbolise l'extrémité ouest du pays Bigouden. Cette frontière avec le Cap Sizun se poursuit par le ruisseau de Kersandy. Son modèle, selon la tradition locale, aurait été la cousine de l'écrivain Pierre-Jakez Hélias, employée de la famille de Georges et Albert Le Bail, anciens députés-maires de Plozévet.
  • Buste en bronze de l'ancien député-maire Georges Le Bail.

Autres monuments[modifier | modifier le code]

Menhir commémoratif du naufrage du Droits de l'Homme.
  • Menhir commémoratif du naufrage du vaisseau les Droits de l'Homme, coulé pendant la Révolution devant la plage de Canté, dans la baie d'Audierne ; les restes des victimes (entre 300 et 600 marins) du naufrage ont été inhumés dans l'ancien cimetière, derrière l'église, où on peut voir une dalle de granite gravée d'une inscription rappelant cet événement, flanquée de chaque côté de vieux canons rongés par la mer, en provenance de l'épave. Le menhir a été classé par les Monuments historiques en 1881[26].
  • Calvaires : divers calvaires (bourg, la Trinité, Kermao, Kerguinaou, etc.) Celui de Lesneut pourrait être le plus ancien.
  • Statue de la Vierge, à la sortie du bourg, vers Audierne.

Culture[modifier | modifier le code]

Langue bretonne[modifier | modifier le code]

  • L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le conseil municipal le 23 novembre 2007.
  • À la rentrée 2013, 71 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 29,7 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire) [27].

Divers[modifier | modifier le code]

  • Chaque été, depuis 1982, a lieu le festival Mondial'Folk dont le thème est la musique folklorique du monde. Ce festival dure une semaine et rassemble plusieurs centaines de musiciens et danseurs venus de l'étranger.
  • Fin 1999, Plozévet a été choisie pour être une des douze villes de France commémorant le centenaire de la loi de 1901 relative aux associations.
  • C'est dans cette commune qu'ont lieu les rencontres « Sciences et citoyens » Bretagne-Pays de Loire du CNRS, en 2002, 2005, 2009 et en 2011.
  • Parmi les nombreux peintres ayant immortalisé les paysages de la commune nous noterons : Claudine Béréchel (1925-2011) avec une aquarelle Marée-basse à Plozévet.

Villes jumelles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A. Dupuy, Les épidémies en Bretagne au XVIIIème siècle", revue "Annales de Bretagne", 1886, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f31.image.r=Plogoff.langFR
  2. Le Monde illustré du 19 août 1882, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6377056d/f6.image.r=Penmarch.langFR
  3. "Sur le chemin des écoliers", consultable sur Plozarch
  4. Lénaïg Gravis, "Les grandes affaires criminelles du Finistère", De Borée éditions, 2008 [ISBN 978-2-84494-808-3]
  5. Gustave Geffroy, La Bretagne du Sud, "Le Tour du monde", Paris, 1904, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k344479/f484.image.r=Penmarch.langFR
  6. Étonnant à l'poque ; ne s'agirait-il pas plutôt de cidre ?
  7. http://fr.topic-topos.com/chapelle-de-la-trinite-plozevet
  8. Augustin De Croze, La Bretagne païenne : le fétichisme et le clergé en Cornouaille, "La Revue (Paris. 1900)", Paris, 15 octobre 1900, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6275757c/f139.image.r=Landudal.langFR
  9. "Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés", séance du , consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65530867/f2.image.r=Plobannalec.langFR
  10. Journal L'Aurore n° 4554 du 25 avril 1910, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7522439/f2.image.r=Plobannalec.langFR
  11. Journal Ouest-Éclair no 7198 du 19 avril 1919, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k645790t.r=Landudal.langFR
  12. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Cie, 2011, [ISBN 9-782364-28007-6]
  13. Pierre Brasquer, né le à Riantec (Morbihan
  14. http://www.memorial-genweb.org/~memorial2/html/fr/complementter.php?id=1363702&largeur=1600&hauteur=900
  15. Jean-Jacques Monnier, "Résistance et conscience bretonne, Yoran Embanner, Fouesnant, 2007, [ISBN 978-2-916579-09-2]
  16. Visible sur Dailymotion.
  17. Edgar Morin, Commune de France, la métamorphose de Plodémet, Fayard, 1967.
  18. Sutter J., Goux J-M., et de Desse G., Giot P-R., Reynès F., La luxation congénitale de la hanche, Paris, Presses universitaires de France, 1972.
  19. a, b et c « Charles Le Guellec », sur sourdaine.org.
  20. Christian Mens, http://www.cadsic.fr/Maire-de-Plozevet
  21. a, b, c, d et e Renée Rochefort, Géographie sociale d'une commune bretonne d'après les délibérations de son conseil municipal. Différent de ce qu'indiquent les départementales du Finistère
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.
  24. La chapelle et ses beaux retables
  25. Le Cheval d'orgueil : mémoires d'un Breton du pays Bigouden, Pierre-Jakez Hélias, 1995.
  26. Classement par arrêté du 25 novembre 1881
  27. http://www.opab-oplb.org/98-kelenn.htm

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Commune en France : la métamorphose de Plodémet, Edgar Morin, Fayard, 1967.
  • Bretons de Plozévet, André Burguière, Flammarion, 1975.
  • Le Cheval d'orgueil, Pierre-Jakez Hélias, Plon.
  • Journal de Plozévet : Bretagne 1965, Edgar Morin, éditions de l'Aube, 2001.
  • L'Odyssée du vaisseau Droits de l'Homme, Jakez Cornou, Bruno Jonin, Éditions Dufa, 1996.
  • Quand s'essoufflait le train carottes, Serge Duigou, Quimper, Ressac, 1984.
  • Quand les Bigoudens étaient pilleurs d'épaves, Serge Duigou, Ressac, 1985.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Pays Bigouden

Liens externes[modifier | modifier le code]