Lanvéoc

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Lanvéoc
La mairie de Lanvéoc.
La mairie de Lanvéoc.
Blason de Lanvéoc
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Crozon
Intercommunalité Communauté de communes Presqu'île de Crozon-Aulne maritime
Maire
Mandat
Louis Ramoné
2014-2020
Code postal 29160
Code commune 29120
Démographie
Gentilé Lanvéociens
Population
municipale
2 186 hab. (2014)
Densité 114 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 12″ nord, 4° 27′ 39″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 87 m
Superficie 19,21 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune

Lanvéoc [lɑ̃veɔk] (en breton : Lañveog) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France. Située sur la côte nord de la presqu'île de Crozon, donnant sur la rade de Brest, la commune de Lanvéoc est enclavée dans la commune de Crozon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Carte de la commune de Lanvéoc

Lanvéoc est une commune située sur la rive nord de la Presqu'île de Crozon, en bordure de la Rade de Brest, face à Plougastel-Daoulas.

La commune est délimitée au sud par le ruisseau de Kerloch, qui la sépare de celle de Crozon. Le bois de Poulmic se trouve pour l'essentiel à l'extrémité est de son finage, mais une petite partie est située sur le territoire de la commune de Crozon, qui borde également Lanvéoc à l'est, ainsi qu'à l'ouest d'ailleurs.

Les deux tiers sud de la commune forment un plateau situé vers 80 mètres d'altitude, sur lequel s'est établi la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic (le point culminant est situé en son sein à 88 mètres d'altitude), échancré principalement par un petit vallon à sa limite sud , à son débouché maritime a été bâtie l'École navale de Lanvéoc-Poulmic. Les falaises bordant la Rade de Brest présentent un fort dénivelé et sont pour l'essentiel boisées, principalement entre la pointe de Lanvéoc (où se trouve un fort) et la pointe de Pen ar Vir (où se trouve une tourelle), ainsi que, plus à l'est, en limite maritime du Bois de Poulmic. À l'ouest, en direction du Fret, le littoral est formé de falaises moins élevées, mais également à pente oblique forte et boisées. Un petit port a pu s'établir au lieu-dit "La Cale", juste à l'est de la pointe de Lanvéoc, délimité à l'est par une grande digue portant les restes de l'ancien appontement pétrolier.

Le littoral de la commune est longé par le GR 34, sauf à hauteur de la base aéronavale, qu'il contourne par le sud.

Lanvéoc fait partie du Parc naturel régional d'Armorique.

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Géologie[modifier | modifier le code]

Falaise au lieu-dit "Le Gouar" entre la plage de Lanvéoc et la pointe de Pen-ar-Vir

La commune se situe dans la presqu'île de Crozon qui correspond au prolongement occidental du synclinorium médio-armoricain. La région est constituée d'un socle de schistes briovériens (-550 Ma) sur lequel reposent des séries paléozoïques du début de l'ordovicien (-480 Ma) à la fin du dévonien (-360 Ma), avec notamment les grès armoricains (cette formation qui peut atteindre 1 000 m dans le Sud de la presqu'île étant marquée par une forte subsidence). De grands plis hercyniens affectent la presqu'île. La commune est située sur l'axe de l'anticlinal Lanvéoc-Penfrat[1]. Le trait dominant de la géomorphologie de cette région est l'inversion de relief résultant de l'érosion différentielle[2].

La côte sud de la Rade de Brest, an niveau de la commune de Lanvéoc, est constituée « de grès, de schistes et de calcaires dans l'Anse du Poulmic [formant synclinal[3]], (...) de schistes et de quartzites depuis Pen-ar-Vir jusqu'à Lanvéoc, schistes et quartzites formant anticlinal »[4]. La grauwacke affleure dans la partie orientale de la grève de Lanvéoc ; elle est assez résistante, de teinte brûnâtre et se présente en bancs d'épaisseur variable, séparés par de petits lits schisteux ; elle est très fossilifère[5].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Port de Lanveoc en 1423, Lanveouc en 1425.

Le nom de la commune proviendrait du nom d'un saint breton dénommé saint Maeoc ou saint Maëc ou saint Mic ou saint Nic[réf. nécessaire] et signifierait l'ermitage (lan en breton) de saint Maeoc".

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

L'église Sainte-Anne.

Lanvéoc est un démembrement de l'ancienne paroisse de l'Armorique primitive dénommée Plougrozon (Crozon). Lanvéoc, ancienne trève de cette paroisse, dépendait de l'évêché de Cornouaille. Lanvéoc, dénommé Lanveouc en 1425, est érigé en paroisse en 1862, puis en commune en 1872[6].

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Un menhir existe à Kersualet. Des restes d'une villa gallo-romaine ont été découverts à la Boissière et des traces de l'ancienne voie romaine qui reliait Civitas Aquilonia (Quimper) à Gesocribate (Brest) ont été retrouvées entre Botsand et Kernaval[7].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La famille du Poulmic, une des plus anciennes de Bretagne, possédait une motte féodale (l'ancien château était « dans une anse qui se trouve à une petite demi-lieue dans l'est » du fort de Lanvéoc)[8] ; elle fut présente aux réformations et montres de Bretagne entre 1426 et 1536 (citée pour les paroisses de Crozon, Gouézec, Pleyben, Telgruc, Plounéventer, Plougasnou, Le Haut-Corlay, etc.. dans lesquelles elle possédait des fiefs) ; elle fut reconnue d'ancienne extraction chevaleresque lors de la réformation de la noblesse de 1669. Elle fut puissante au XIVe siècle : Mathieu de Poulmic figure au nombre des légataires d'Hervé VIII de Léon en 1363 ; Hervé de Poulmic fut abbé de Daoulas en 1351 ; Yves de Poulmic fut abbé de Landévennec et décéda en 1425 ; Jehan, sire de Poulmic, fit serment de fidélité au duc de Bretagne le et fut tué en 1426 lors du siège de Saint-James-de-Beuvron[9]. En 1459 Marie du Poulmic épousa Olivier II du Chastel.

Le chevalier de Fréminville décrit ainsi le château de Poulmic en 1835 :

« Le Poulmic était un grand fief dépendant en arrière vasselage de la maison de Rohan ; on y voyait jadis un château très fort, qui fut ruiné à l'époque où le cardinal de Richelieu, voulant anéantir la féodalité s'acharna à la destruction de ces forteresses (...). Un château construit dans le style d'architecture du temps de Louis XIII remplaça l'antique citadelle, et ce domaine passa en d'autres mains[10]. Le titre de baronnie lui fut néanmoins toujours affecté, et la maison du Poulmic portait pour armoiries, échiqueté d'argent et de gueules, cette devise : De bien en mieux. On ne voit plus donc aujourd'hui que les restes des bâtiments construits sous Louis XIII. À leurs hauts faîtages, à leurs longues cheminées, au style d'ornements des fenêtres et des corniches, on reconnaît facilement le cachet de cette époque. Ces bâtiments en ruines ne sont que peu de choses par eux-mêmes (...) »

— Fréminville, Antiquités de la Bretagne[8]

Une autre motte féodale, située à l'emplacement de l'actuel fort de Lanvéoc, portait le château des seigneurs de Crozon.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Carte du Bois du Loc'h et de l'Anse de Poulmic datant de la fin du XVIIIe siècle

Par la suite, les terres de la baronnie de Poulmic appartinrent, en raison de mariages, aux seigneurs de Crozon et notamment à la famille de Rosmadec, puis à la famille de Plœuc en raison du mariage de Jeanne de Rosmadec avec Vincent de Plœuc, décédé en 1520. François Louis Rousselet de Châteaurenault en devint le propriétaire en 1684 grâce à son mariage avec Marie-Anne Renée de la Porte, fille de René de la Porte, comte d'Artois[11] et de Crozon et Charles Henri d'Estaing lui succéda en raison de son mariage en 1746 avec Sophie Rousselet de Crozon (1727-1792), petite-fille de François Louis Rousselet de Châteaurenault.

En 1594, la cale de Lanvéoc voit le passage des troupes de Henri IV s'apprêtant à attaquer le fort de Roscanvel, alors occupé par les Espagnols[6].

La route royale de Nantes à Brest via Hennebont et Quimper passait par Lanvéoc (le trajet vers ou depuis Brest se faisait en bateau à travers la Rade de Brest), ce qui suscita l'essor des activités commerciales dans le bourg de Lanvéoc, marqua aussi par le passage de personnages célèbres, dont le les ambassadeurs du Siam (trois ambassadeurs et six mandarins accompagnés de leur suite), qui avaient débarqué à Brest et qui se rendaient à Versailles pour y rencontrer Louis XIV.

Plusieurs forts ont été construits dans la rade de Brest au cas où un ennemi aurait pu franchir le goulet de Brest. Parmi eux, le fort de Lanvéoc est construit entre 1772 et 1775 par Louis Lazare Dajot à l'emplacement de l'ancien château, mais Vauban l'avait déjà projeté. Établi là même où s'élevait autrefois le château féodal des comtes de Crozon, ce fort s'appuie sur un relief qui oblige à une construction en étages divisant le fort : en contrebas l'enceinte bastionnée, sur les hauteurs un fort carré. Ce fort fut remanié entre 1876 et 1880 pour tenir compte des progrès techniques : une batterie lourde fut alors installée, desservie par une porte d'entrée monumentale[12].

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Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les bateaux de Lanvéoc[modifier | modifier le code]

Notice explicative du "bateau de Lanvéoc"
Maquette d'un "bateau de Lanvéoc" (vers 1830) se trouvant dans l'église paroissiale Sainte-Anne

Les bateaux de Lanvéoc présentaient les caractéristiques des barques médiévales : ils dressent au centre de leur coque un mât unique supportant une voile carrée. Réputés pour leur sécurité, il le sont moins pour leur rapidité, mais leur faible tirant d'eau leur permet d'être échoués sur les grèves pour décharger leurs cargaisons. L'équipage se composait généralement de trois hommes, dont le patron. Ils effectuaient aussi le transport des passagers entre Brest et Lanvéoc, et pratiquaient aussi la pêche fraîche. Ces bateaux naviguèrent jusque vers 1900 ; ils furent remplacés par des sloops au début du XXe siècle : le dernier de ces sloops, L'Espérance, navigua jusqu'en 1960[13].

Le port de Lanvéoc en 1831[modifier | modifier le code]

Selon A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, un état des douanes de 1831 indique pour le port de Lanvéoc l'importation de 18 600 litres d'eau-de-vie, de 21 800 litres de vin, de 1 000 kg de rogue et l'exportation de 1545 hectolitres de farine de blé noir, 150 d'orge, 300 d'avoine, 3 790 de blé, 200 de pommes de terre, ainsi que de 60 000 œufs, 360 ruches à miel, 2 050 moutons et 447 stères de bois à brûler. Les mêmes auteurs précisent que le port de Lanvéoc accueille alors des navires de 20 à 200 tonneaux[14].

Le port de Lanvéoc resta longtemps un simple port d'échouage (les barques s'échouant sur la petite ou la grande grève en fonction de la direction du vent) ; la première cale fut construite en 1840, le môle en 1880[15] et une seconde cale en 1892[7]. L'accès terrestre au port était difficile en raison de la pente très forte : la rue était d'ailleurs dénommée "rue Casse-Cou" (actuelle rue du Fort, désormais en partie aménagée en escalier)[16].

En février 1852, un bateau ponté de Lanvéoc transportant onze passagers sombra entre l'Île Ronde et la pointe de l'Île Longue ; seuls les trois bateliers et un magasinier furent sauvés par un marin-pêcheur, les autres passagers furent noyés[17].

Une scène de chasse en 1853[modifier | modifier le code]

Une scène de chasse au sanglier et aux loups qui se déroula en septembre 1853 dans les bois de Landévennec et du Poulmic est décrite dans le Journal des débats politiques et littéraires[18].

L"épidémie de choléra de 1866[modifier | modifier le code]

Le journal Le Bas Breton de Châteaulin écrit dans son édition du  :

« Depuis quinze jours le choléra a fait son apparition dans l'arrondissement de Châteaulin. Le bourg de Lanvéoc, sur la Rade de Brest, a été le premier visité par le fléau, et ensuite Crozon. (...) Du 27 au 30 janvier, une vingtaine de cas ont été constatés à Lanvéoc : cinq personnes sont mortes. Au début du mal, le sous-préfet de Châteaulin s'est empressé de se rendre sur les lieux, a visité les malade et combattu la panique, qui prenait de grandes proportions dans une population malheureuse. Des souscriptions auxquelles il a pris part ont été organisées pour secourir les indigens [indigents]. Des médicamens [médicaments] ont été envoyés sans délai. Sur la demande de l'administration, un médecin de 1ère classe de la Marine est parti de Brest pour soigner les malades[19]. »

La rectification de la "rampe du Casse-Cou"[modifier | modifier le code]

Bien qu'ayant perdu de son importance en raison du nouveau tracé par Le Faou de l'ancienne route royale d'Hennebont à Brest via Quimper, cet itinéraire, devenu "route départementale no 1", comportait toujours un raidillon dangereux juste avant son accès au port de Lanvéoc, surnommé "rampe du Casse-Cou" ; le Conseil général du Finistère vota en 1868 les crédits permettant l'aménagement de cette portion de route, ce qui fit disparaître « l'effroi des habitants des six communes qui sont forcées d'emprunter cette voie de communication pour se rendre sur les marchés de Brest »[20].

La tempête de septembre 1871[modifier | modifier le code]

Une tempête qui dura trois jours entre le 26 et le provoqua d'importants dégâts à la chapelle Sainte-Anne, devenue église paroissiale, qui était vétuste. Une nouvelle église, dédiée aussi à sainte Anne, fut construite les années suivantes[21]

La création de la commune en 1872[modifier | modifier le code]

Les habitants de la section de Lanvéoc, qui était jusque-là incluse dans la commune de Crozon, émirent déjà en 1864 un vœu demandant l'érection de la section de Lanvéoc en commune ; ce vœu fut lors refusé par le Conseil municipal de Crozon et repoussé par le Conseil général du Finistère[22]. Ils émirent en 1871 un nouveau vœu demandant à obtenir l'érection de cette section en commune ; le Conseil municipal de Crozon cette fois accepta, s'opposant toutefois à l'annexion des villages de Kervéneuré, Kergrigent et Hirgars à cette nouvelle commune[23].

La nouvelle commune, qui disposait déjà d'une école des filles, décida l'acquisition d'une maison d'école pour les garçons[24].

En 1878, le Conseil municipal de Lanvéoc obtint la création de deux foires dans la commune les 23 janvier et 23 décembre de chaque année[25].

Le port de Lanvéoc en 1889[modifier | modifier le code]

Benjamin Girard décrit ainsi le port de Lanvéoc en 1889 :

« (...) C'était autrefois un passage très fréquenté pour se rendre de Quimper à Brest. Le port de Lanvéoc est situé sur la rive sud de la rade, vis-à-vis Lauberlach, à 14 km de Landévennec et immédiatement à l'est de la pointe de Lanvéoc. Comme celui de Landévennec, il consiste en une cale pour les embarcations. Construite en 1841, cette cale, qui dessert les relations avec Brest et les divers points de la rade, a 74 m de longueur, 8 m de largeur et 0,095 m de pente par mètre ; elle est abritée par la pointe de Lanvéoc contre les vents d'ouest ; mais les grands vents d'est et de nord-est la rendent inaccostable. Le petit port de Lanvéoc a un trafic relativement important, provenant exclusivement de la navigation batelière et consistant principalement, à l'entrée, en denrées de consommation et en engrais marins ; à la sortie, en céréales et légumes, à destination de Brest. Sur une pointe, au nord du bourg, dite Pointe de Lanvéoc, se trouve le fort du même nom, qui croise ses feux avec ceux des forts de l'Île Longue et de l'Armorique pour défendre l'accès de la partie de la rade qui précède l'embouchure de la rivière de Châteaulin[26]. »

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Lanvéoc

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Le , le Transvaal, un bateau de pêche de Douarnenez, chavira sous voiles en baie de Poulmic en raison d'un ouragan. Le naufrage fit quatre victimes[27].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Une plaque commémorative située dans l'église paroissiale porte les noms de 46 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 7 sont des marins disparus en mer (dont Louis Kervran[28], chevalier de la Légion d'honneur) ; deux soldats (Corentin Alix et Pierre Sénéchal) sont morts en Belgique dès 1914, le premier à Rossignol, le second à Dixmude ; les autres sont décédés sur le sol français, dont François Boulch[29], décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre, Joseph Binet et Jean Kéraudren, tous deux décorés de la Médaille militaire[30].

Des citoyens allemands et autrichiens, transportés depuis les États-Unis par le navire hollandais Nieuw-Amsterdan afin d'aller s'incorporer dans les armées de leurs pays respectifs, furent capturés par le navire français Savoie, et une partie d'entre eux furent internés pendant la Première Guerre mondiale au fort de Lanvéoc (davantage le furent à l'Île Longue)[31].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

L'ancien manoir des barons de Poulmic, détruit lors de la création de la base d'hydravions en 1920

La base d'hydravions de Lanvéoc-Poulmic fut créée en 1920 ; c'était alors l"un des 37 centres d'aviation maritime créés en France destinés à la surveillance et à la protection du littoral. Cette base est installée sur des terres qui avaient appartenu avant la Révolution française aux barons de Poulmic. Cette base est rebaptisée "Centre d'aéronautique maritime" en 1935 et "Base d'aéronautique navale de Lanvéoc-Poulmic" le [32].

En septembre 1924, la barque Notre-Dame-de-Rumengol, du Tinduff, qui transportait une douzaine de passagers se rendant au pardon de Sainte-Anne-la-Palud, chavira près de la grève du Poulmic ; tous les passagers furent précipités à la mer et deux d'entre eux furent noyés[33].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , la Royal Air Force bombarda la base d'hydravions de Poulmic, alors occupée par les Allemands[34]. Ce fut le premier d'une série de bombardements qui visaient la base aéronavale, mais qui touchèrent aussi le bourg ; la commune fut bombardée 18 fois pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment le , les 22, 23 et , le (ce fut le bombardement le plus meurtrier : il fit 5 morts et de nombreux blessés dans le bourg de Lanvéoc), les 14, 24 et , les 8, 9 et , le , , etc.[35]. Ces bombardements provoquèrent de nombreux morts civils et la destruction de l'école des garçons[7].

Une plaque commémorative située dans l'église paroissiale porte les noms de 48 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale, dont cinq sont des marins disparus en mer[36].

Le carré militaire du cimetière de Lanvéoc possède les tombes de 7 soldats du Commonwealth morts le [37].

L'appontement pétrolier de Lanvéoc[modifier | modifier le code]

Les restes de l'appontement pétrolier de Lanvéoc : les deux ducs-d'Albe et les six gabions

En 1942 les Allemands font construire à l'arsenal de Brest deux ducs-d'Albe qu'ils installent au large de la pointe de Lanvéoc afin de pouvoir y faire accoster leurs navires de guerre. À la fin de la décennie 1960, l'OTAN recherche un site pour le ravitaillement pétrolier de la 7e flotte américaine ; s'appuyant sur les deux ducs-d'Albe de forme rectangulaire construits par les Allemands, un appontement pétrolier est alors construit à cet endroit, complété par six gabions de palplanches et une vingtaine de travées, certaines reposant sur des piles intermédiaires ; cet équipement offre alors quatre postes d'accostage pour les navires. Une passerelle longue de près de 600 mètres permettait d'y accéder depuis la côte et portait les canalisations d'hydrocarbures alimentés par d'immenses réservoirs souterrains dissimulés face à cet appontement.

Le retrait de la France de l'organisation militaire intégrée de l'OTAN en 1966 rendit cet équipement impossible à utiliser pour la marine américaine ; de plus il vieillit mal en raison des conditions environnementales difficiles affectant les structures métalliques et le béton, aggravées par des coefficients de marée importants ; les installations furent toutefois utilisés par la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic comme zone de stockage de carburants jusqu'en 1992. L'appontement fut démoli en 2001 ; seuls subsistent les ducs-d'Albe et les six gabions[38].

Article détaillé : Appontement pétrolier de Lanvéoc.

L'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1945, les destructions importantes subies par l’École navale de Saint-Pierre-Quilbignon pendant la Seconde Guerre mondiale ne permettaient pas d’accueillir rapidement les élèves officiers dans des conditions acceptables. Elle fut transférée dans des baraquements provisoires à la base d'hydravions de Lanvéoc[39], située dans la baie du Poulmic. Les bâtiments définitifs de la nouvelle École navale à cet endroit furent inaugurés en 1965 par le général De Gaulle[40].

Article détaillé : École navale.

Une entreprise de renflouage et de démolition des bateaux coulés en Rade de Brest, établie à Lanvéoc, procura de nombreux emplois pendant plusieurs années après la Seconde Guerre mondiale.

Un soldat (Joseph Guermeur) est mort pour la France en 1952 et un (Roger Canevet) en 1957, le premier probablement pendant la Guerre d'Indochine, le second probablement pendant la Guerre d'Algérie[36].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Lanvéoc

Échiqueté d'argent et de gueules de quatre tires, aux quatre mouchetures d'hermine de sable posées à plomb et rangées en bande sur quatre points d'argent de l'échiqueté, à la champagne d'azur chargée d'une ancre d'or sans trabe, brochant sur un vol stylisé d'argent.
Devise : Ene hag Enor (L'âme et l'honneur)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
2008 – en cours Louis Ramoné PS
(non encarté)
1989 – 2008 Michel Le Roux
1983 - 1989 Paul Le Glas
1969 Marcel Le Noir
1963 - 1 Rogel Pierre
1947 – 1952 Jean Le Bloas
1929 – 1944 Adolphe Jamault[41] Fils d'Adolphe Jamault, maire entre 1881 et 1922.
1922 – 1929 Jean-Marie Carn[42] Fourrier
1881 – 1922 Adolphe Jamault[43] Marchand de vins.
1879 – 1880 François Meillard[44]
1872 – 1878 Jean-Claude Gaonac'h[45]
1872 Louboutin

Démographie[modifier | modifier le code]

           Évolution de la population  [modifier]
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
1 210 1 256 1 216 1 240 1 234 1 177 1 246 1 255 1 050
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 063 1 038 1 603 1 589 2 261 1 570 1 964 1 957 1 945
1990 1999 2004 2009 2014 - - - -
1 857 1 876 2 209 2 208 2 186 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[46] puis Insee à partir de 2006[47].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments[modifier | modifier le code]

Monument aux morts de 1914-1918.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bateaux[modifier | modifier le code]

Le , une canonnière de l'État, baptisée Poulmic, remorquait une chaloupe des constructions navales ; celle-ci heurta très violemment le pont Gueydon[48] dans le port de Brest ; l'accident fit deux morts parmi la soixantaine d'ouvriers qu'elle transportait[49]. Le même bateau fut victime d'un autre accident (son youyou se renversa) qui se produisit le et fit 2 noyés[50].

Un bateau de transport baptisé Lanvéoc fut mis en service en mars 1937 ; construit à Granville et long de 43 mètres, il fut affecté au transport des hommes et du matériel entre Brest et la base aéronavale de Lanvéoc-Poulmic[51].

Un navire de guerre, un remorqueur baptisé Poulmic, lancé le [52], coula victime d'une mine le [53].

Film[modifier | modifier le code]

  • Certaines scènes du film USS Alabama ont été tournées à Lanvéoc.

Économie[modifier | modifier le code]

Base militaire[modifier | modifier le code]

L'École navale[modifier | modifier le code]

Le site de l'École navale et des écoles du Poulmic (ENGEP) est situé sur la commune de Lanvéoc.

Appontement pétrolier de Lanvéoc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Appontement pétrolier de Lanvéoc.

Non loin de la pointe de Lanvéoc se trouvent les vestiges de l'ancien appontement pétrolier de Lanvéoc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Carte géologique simplifiée de Crozon
  2. S. Durand, H. Lardeux, Bretagne, Masson, (lire en ligne), p. 16.
  3. L. Collin, Compte-rendu de l'excursion Le Fret-Lanvéoc, "Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", 1922, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9692225w/f57.image.r=Poulmic?rk=42918;4
  4. L. Collin, Géologie probable du fond de la rade de Brest et de ses environs, "Bulletin de la Société géologique et minéralogique de Bretagne", 1921, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k96910128/f24.image.r=Poulmic?rk=386268;0
  5. Renaud Alzine, "Le Dévonien du synclinorium médian Brest-Laval. 2e fascicule. Paléontologie", 1942, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9737535f/f90.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=257512;0
  6. a et b http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Miog
  7. a, b et c http://www.lanveoc.com/index.php?option=com_content&view=article&id=32&Itemid=35
  8. a et b Christophe-Paulin de la Poix Fréminville, Antiquités de la Bretagne : Finistère, vol. 2, (lire en ligne)
  9. Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", tome 2, 1862, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f306.image.r=poulmic?rk=1351938;0 et Paul Aveneau de La Grancière, "Notes historiques sur la paroisse de Pluguffan... : avec notices généalogiques sur la plupart des familles de la Basse-Bretagne", 1896, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5474912f/f120.image.r=Poulmic?rk=472105;2
  10. En 1835, Emmanuel Le Gentil de Quélern (1775-1843), polytechnicien, qui participa à la campagne d'Égypte, maréchal d'Empire, en était le propriétaire
  11. La terre d'Artois, située juste au sud-ouest de Rennes, fut érigée en vicomté en 1711 au profit du maréchal de Châteaurenault
  12. Panneau d'information touristique situé à proximité de la porte d'entrée du fort
  13. Panneau d'information touristique situé à la pointe de Lanvéoc
  14. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 1, 1843, consultable https://books.google.fr/books?id=DI8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiJ8tGUn8nVAhVQkRQKHcUTCP0Q6AEIMTAC#v=onepage&q=Crozon&f=false
  15. "Rapports et délibérations/Conseil général du Finistère", avril 1878, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5565128t/f145.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=278971;2
  16. https://www.presqu-ile-de-crozon.com/lanveoc/003l-lanveoc-rue-casse-cou.php
  17. Journal La Presse du 9 février 1852, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4757773/f3.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=64378;0
  18. Journal des débats politiques et littéraires du 2 octobre 1853, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k449957d/f3.image.r=poulmic?rk=21459;2
  19. Cité par le Journal des débats politiques et littéraires du 12 février 1866, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4560558/f3.image.r=Crozon?rk=429186;4
  20. "Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère", 1868, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5565213q/f405.image.r=Lanv%C3%A9oc
  21. http://www.crozon-bretagne.com/tourisme/decouverte/lanveoc/eglise.php
  22. "Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère", 1864, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5564488t/f254.image.r=Lanvéoc
  23. "Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère", avril 1872, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562178s/f147.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=42918;4
  24. "Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère", avril 1874, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55620363/f214.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=171674;4
  25. "Rapports et délibérations / Conseil général du Finistère", août 1878, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5562132s/f277.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=85837;2
  26. Benjamin Girard, "La Bretagne maritime", 1889, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r/f300.image.r=Crozon
  27. Journal L'Ouest-Éclair du 30 décembre 1911, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k643124h/f4.image.r=Poulmic?rk=708158;0
  28. Louis Kervran, né le à Lanvéoc, enseigne de vaisseau à bord du contre-torpilleur Bouclier, tué par l'explosion d'une grenade anti-sous-marine le
  29. François Boulch, né le à Mespaul, sous-lieutenant au 19e régiment d'infanterie, tué à l'ennemi le à Tahure (Marne)
  30. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=52467
  31. Journal L'Ouest-Éclair du 25 janvier 1915, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k644246j/f4.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=515024;0
  32. http://www.ffaa.net/naval_stations/lanveoc-poulmic/lanveoc-poulmic_fr.htm
  33. Journal Le Temps du 3 septembre 1924, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2455835/f3.image.r=Poulmic?rk=64378;0
  34. Le Petit Journal du , consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k637305p/f1.image.r=Poulmic?rk=300430;4
  35. http://www.avel-gornog.fr/spip.php?article4
  36. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=52468
  37. http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=990194
  38. Panneau d'information touristique situé à proximité du site
  39. Ayant pris en compte le développement dans les marines du "fait aérien" et l'importance des opérations aéronavales au cours de la Seconde Guerre mondiale, ce transfert visait en même temps à placer les élèves dans un environnement aéronautique propre à leur en inculquer la culture.
  40. http://www.lanveoc.com/index.php?option=com_content&view=article&id=62&Itemid=37
  41. Adolphe Ernest Jules Marie Jamault, né le à Brest (quartier de Recouvrance), décédé le à Brest
  42. Jean-Marie Carn, né le à Lanvéoc
  43. Adolphe François Marie Jamault, né le , quai Saint-Houardon à Landerneau, décédé le à Lanvéoc
  44. François Meillard, né le à Crozon, décédé le au Petit Launay en Lanvéoc
  45. Jean-Claude Gaonac'h, né le à Crozon, décédé le à Lanvéoc
  46. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  47. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  48. Un pont flottant situé dans le port de Brest
  49. Le Journal du 30 juin 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7628850j/f3.image.r=poulmic?rk=85837;2
  50. Journal Le Radical du 21 octobre 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7612387q/f2.image.r=poulmic?rk=21459;2
  51. Journal L'Ouest-Éclair du 26 mars 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660843n/f8.image.r=Lanv%C3%A9oc?rk=1309019;2
  52. Journal des débats politiques et littéraires du 14 mars 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k508710q/f6.image.r=poulmic?rk=42918;4
  53. Journal L'Écho d'Alger du 15 juin 1943, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7587075q/f2.image.r=Poulmic?rk=858373;2

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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