Brick (bateau)

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Le brick Lady Washington.
Schéma des principales voiles d'un brick

Un brick (en anglais brig) est un voilier exclusivement à deux mâts : un grand mât (arrière) et un mât de misaine[1] (avant) gréé en voiles carrées, avec une brigantine à l'arrière.

Détail du gréement[modifier | modifier le code]

Les deux mâts portent très fréquemment des voiles multiples, classiquement 3 voiles carrées par mât :

À ceci s'ajoute des voiles triangulaires d'appoint :

Toutes les voiles ne sont pas déployées en même temps, on distingue deux principales configurations :

  • Vent arrière : Toutes les voiles carrées sont déployées avec les vergues perpendiculaire au bateau (et au vent arrière), les voiles triangulaires (focs, voiles d'étai et brigantine) restent fermées car elles n'ont pas d'utilité.
  • Vent latéral : Les vergues sont orientées pour positionner les voiles carrés perpendiculairement au vent, toutes les voiles triangulaires sont déployées. La grand-voile est fermée : son usage n'est pas utile car elle est recouverte presque intégralement par la brigantine, les voiles d'étai et la voile de Misaine.

Les mâts peuvent avoir une quête (être un peu inclinés).

Point forts, points faibles[modifier | modifier le code]

Les voiles carrées offrent au vent une surface optimale qui permet de très bonnes performances par vent arrière. Sous allure de largue (vent latéral), la maniabilité et la vitesse des navires à gréements carrés deviennent moins optimales, les vergues portant les voiles carrées sont pivotées pour être orientées perpendiculairement au vent et des voiles auriques ou triangulaires sont sollicitées lorsque ces voiles existent sur le navire.

Le brick tchèque La Grâce est un modèle typique de navire du 18e siècle ; Ici par vent latéral : la brigantine, les voiles d'étai et focs sont déployés, les grandes voiles fermées.

Un peu moins maniable au largue qu'une goélette mais plus rapide par vent arrière, ce type de navire léger, manœuvrable et rapide, était très utilisé comme navire de commerce, navire militaire et par la piraterie. En effet, il constituait un bon équilibre charge / vitesse / maniabilité permettant à la fois un emport en marchandises ou en hommes acceptable, avec un équipage minimal (entre 12 et 16 marins). Sur le plan militaire, ils avaient aussi la possibilité d'être armés avec un nombre réduit de canons (entre 8 et 18 pièces de petits calibres), toutefois suffisant pour attaquer de petites unités, des navires de commerce ou pour rattraper de plus gros navires à aborder.

Aussi bien taillé pour la course en mer (corsaire), que pour le cabotage ou le convoyage, les bricks étaient parmi les navires les plus rapides du XVIIIe siècle, avec des vitesses de l'ordre de 11 à 15 nœuds que seuls quelques frégates ou cotres pouvaient égaler. Leurs notoires qualités nautiques en matière de vitesse et de manœuvrabilité, en ont fait un type de navire très apprécié et fort utilisé comme navire négrier durant les années sombres du commerce triangulaire. Ils ont été particulièrement populaires au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Les bricks ont été supplantés par les grands clippers au cours du XIXe siècle (de plus grande capacité), puis par l'arrivée des navires à vapeur qui nécessitaient un équipage moindre pour une capacité de chargement plus forte et une navigation possible sous toutes orientation des vents.

Variantes de gréement[modifier | modifier le code]

il existe des variantes de gréements voisins des bricks :

  • Le brick-goélette, gréé en voiles carrées sur le mât de misaine et en voiles auriques à corne sur le grand mât arrière.
  • La goélette se distingue du brick par son gréement complet avec des voiles auriques ou triangulaires.
  • Le Senau est un deux-mâts de commerce proche du brick, gréé en voiles carrées avec un mât de tapecul et un mâtereau légèrement sur l'arrière du grand mât, plus petit et allant seulement jusqu'aux hunes.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Brick est dérivé du terme anglais "brig" lui même une abréviation de "brigantine", traduction en Anglais du type de navire appelé brigantin en français (la voile nommée "brigantine" en français se traduit par "spanker" en anglais).

Ainsi le brick est désigné par un type de gréement voisin du brick sensu stricto. Le brick effectivement développé comme une variante du brigantin avec deux mâts gréés en carré au lieu d'un seul génère une plus grande puissance par vent arrière. Un autre avantage du brick gréé en carré sur le brigantin vient du fait que les voiles plus petites et plus nombreuses sont plus faciles à manœuvrer et nécessitent moins d'hommes. La variante a été si populaire que le terme "brick" est venu caractériser ce type de gréement.

Au 17e siècle, la Royal Navy, marine royale britannique, défini par "brick" un bâtiment ayant deux mâts gréés en carrés.

Historique[modifier | modifier le code]

Bien que leur utilisation remonte d'avant le 17e siècle, l'usage des brick se maintient au 18e siècle et 19e siècle avec leur implication dans la piraterie, des batailles navales célèbres telles que la bataille du Lac Érié et le commerce avec les colonies. Des bricks était aussi construits avec des dimensions parfois supérieures à celles des goélettes, navires à trois-mâts. Les longueurs des bricks variait de 23 à 50 m avec un déplacement allant jusqu'à 480 t.

Dans la Royal Navy britannique, les bricks étaient dénommés "brig sloops" et constituaient avec les corvettes à 3 mâts ("ship sloops") la catégorie des sloops of war. Quoique d'une taille plus réduite que celle d'une frégate, leur rôle était voisin : bateau messager, d'exploration, d'escorte de navire marchand ou de navires de lignes, de blocus, ou de guérilla maritime.

Au début du 19e siècle, le brick était un cargo standard rapide, d'abord à coque bois, puis à coque et mâts en acier vers la fin du 19e siècle. Même si l'équipage des bricks était réduit, ils furent supplantés au cours du 19e siècle par les navires gréés à plus de deux mâts également plus grands mais ne nécessitant pas plus de marins pour les manœuvrer. Ils ont été remplacés dans le trafic commercial par les goélettes à voiles auriques (qui avaient besoin de moins de personnel) puis par les bateaux à vapeur.

Le Telos, construit à Bangor, Maine en 1883, aurait été le dernier brick à se joindre à la marine marchande américaine. Il a fait naufrage sur l'île Aves, au large de Bonaire dans les Caraïbes, en 1900 signant symboliquement la fin des bricks dans la marine marchande.

Les bricks construits par la suite serviront de voiliers d'agrément ainsi que de navire école.

Quelques bricks modernes et répliques[modifier | modifier le code]

Navire état de naviguer[modifier | modifier le code]

Le Lady Washington a tourné dans Pirates des Caraïbes sous les couleurs de "L'interceptor"
Le brick Phoenix au mouillage à Fowey.
L'Aphrodite est un brick hollandais moderne à 5 voiles carrées par mat
La Grace à quai à sete en 2013

Navire disparus[modifier | modifier le code]

Quelques bricks historiques[modifier | modifier le code]



Quelques bricks de fiction[modifier | modifier le code]

Le Somers

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Petit dictionnaire de marine R.Grüss (1943) : « Un brick est un navire à deux mâts : mât de misaine et grand mât, gréés à voiles carrées à l'instar des deux mâts avant d'un trois mâts carré ou d'une barque. »
  2. (en) « Brigantine », Wikipedia, the free encyclopedia,‎ (lire en ligne)
  3. (en) « The "Stockholm Brig" Tre Kronor Homepage » (consulté le 17 juin 2008)
  4. « Mitsegeln auf der Roald Amundsen : Homepage », sur www.sailtraining.de (consulté le 6 juin 2016)