Goulien

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Goulien
Goulien
L'église Saint-Goulven.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Douarnenez
Intercommunalité Communauté de communes du Cap-Sizun
Maire
Mandat
Henri Goardon
2014-2020
Code postal 29770
Code commune 29063
Démographie
Gentilé Gouliennois
Population
municipale
434 hab. (2015 en augmentation de 0,93 % par rapport à 2010)
Densité 34 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 03′ 27″ nord, 4° 35′ 29″ ouest
Altitude Min. 0[1] m
Max. 97[1] m
Superficie 12,77 km2
Localisation

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Goulien [guljɛn] est une commune française du département du Finistère, en région Bretagne. Elle est située vers l'extrémité du Cap Sizun, non loin de la pointe du Raz.

Géographie[modifier | modifier le code]

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Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Golthuen en 1192 et 1202, Golchuen en 1267, Goulchen en 1364, 1368, 1426 et 1536, Goulhien en 1540 et Goulien en 1623.

Goulien vient de saint Goulven.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

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Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le manoir de Lezoualc'h, demeure des seigneurs de Lezoualc'h, se situe à environ 1 km du bourg de Goulien, sur la route de Cléden-Cap-Sizun. En 1913 il est ainsi décrit : « Une haute muraille, toute couverte de lierres, en grande partie écroulée, cerne le domaine le long du chemin. Un portail au cintre surbaissé donne accès à la cour intérieure, inégale, au pavage défait. À gauche s'élève le bâtiment principal, édifice du XVIe siècle, composé d'un grand corps de logis à deux étages, surmonté d'un toit aigu. L'intérieur n'offre rien de remarquable, sauf un grand escalier en pierre de taille et la monumentale cheminée du rez-de-chaussée ». Ce manoir fut le berceau de la famille Autret, déjà attestée comme noble dans le registre de réformation de la noblesse de 1426[2].

Le seigneur de Lezoualc'h disposait d'un « droit de sennage consistant en le septième des merlus, dorades et autres poissons pêchés sur les côtes de Cléden, Plogoff, Goulien et aux environs de l'Île de Sein ». Il jouissait également « au port et rade du Loc'h [en Plogoff et Primelin], de la faculté de prendre une fois l'an, un merlu sur tout "compagnon de bateau" qui déchargeait au dit port »[3].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1741, une épidémie de dysenterie sévit : « Dans chacune des paroisses de Goulien, Plogoff, Esquibien, Plouinec, Plozévet, Mahelon, Poulan, Beuzet-Cap-Sizun, Pouldergat, Douarnenez, on compte le chiffre énorme de dix à douze morts par jour (...) En 1768, ce sont les paroisses de Primelin Cléden, Goulien, Esquibien et Plogoff qui sont envahies »[4].

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Goullien [Goulien] de fournir 10 hommes et de payer 65 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[5].

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Goulien en 1778 :

« Goulien, à sept lieues trois-quarts à l'ouest de Quimper, son Évêché et son ressort ; à quarante-six lieues et demie de Rennes, et à une lieue deux-tiers de Pontcroix, sa subdélégation. Cette paroisse, située dans la presqu'île du Rarz, relève du Roi et compte 600 communiants[6]. La cure est à l'alternative. Son territoire, borné au nord et au sud [faux, pas au sud] par la mer, est très bon et très bien cultivé ; on y voit peu de terres incultes[7]. »

Révolution française[modifier | modifier le code]

La paroisse de Goulien, qui comprenait alors 220 feux, élit deux délégués, Mathieu Kerloch et Yves Urcun, pour la représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée de Quimper au printemps 1789[8].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Goulien en 1843 :

« Goulien (sous l'invocation de saint Goulven ou Golhen, évêque de Léon ; en breton, dans ce pays, saint Goulien) ; commune formée par l'ancienne paroisse du même nom, aujourd'hui succursale. (...). Principaux villages : Kerguend'hui, Lezoulein, Kerizit, Kervéguen, Trohalu, Bréhonet, Bréharadec. Maison rarquable : manoir de Lezoualc'h. Superficie totale 1 279 hectares dont (...) terres labourables 618 ha, prés et pâtures 81 ha, bois 11 ha, vergers et jardins 19 ha, landes et incultes 506 ha (...). Moulins : 9 ( de Kerbeulec, de Kervongan, de Cotegoalarn, à vent ; de Kervoën, de Bréhonnet, de Kervongan, à eau). Il y a, outre l'église, la chapelle de Saint-Laurent. Celle-ci et l'église ont chacune leur pardon, qui dure un jour. Il y a près de Goulien un menhir ayant environ 5 m de hauteur. L'agriculture emploie le goémon ; il coûte 4 fr 50 centimes la charretée, sur place. Chaque année cette commune exporte deux cents à deux cent cinquante hectolitres de blé dans les communes voisines. On fait aussi quelques élèves de bestiaux ; mais depuis quelques années on a augmenté sensiblement l'élève des chevaux. Ogée se trompe en parlant du petit nombre des terres incultes, puisqu'aujoud'hui il y a encore en cet état près de la moitié de la commune. Géologie : au nord de la commune, constitution granitique ; à l'est micaschiste. On parle le breton[9]. »

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

En 1911, le presbytère de Goulien est construit par l'architecte Charles Chaussepied.

L'après-Seconde-Guerre-mondiale[modifier | modifier le code]

En 1958, est créée la réserve du Cap Sizun ; il s'agit de la première réserve créée par la SEPNB (Société pour l'Étude et la Protection de la Nature en Bretagne), ouverte d'emblée au public. En juin 2000, sont implantées huit éoliennes de 750 kW. Un centre d'interprétation ludique et scientifique, la Maison du vent, est aménagé dans l'ancienne école du bourg.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
? en cours Henri Goardon   Vétérinaire
Les données manquantes sont à compléter.

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8751 4338948878911 0011 0241 0531 080
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0911 1081 1151 0811 0851 0741 1451 1351 163
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1441 1851 1401 0781 092982966807703
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
721667617566512428418416438
2015 - - - - - - - -
434--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Goulven, de la première moitié du XVIe siècle.
  • La chapelle Saint-Laurent, ou encore de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, au lieu-dit Lannourec.

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  • Le sentier littoral (une partie du GR 34) allant de Douarnenez à la Pointe du Van, est long d’une cinquantaine de kilomètres et il faut une douzaine d’heures à de bons marcheurs pour le parcourir. Très accidenté, en tout l’addition des dénivelés dépasse 2 000 mètres) ce sentier permet de découvrir les pointes de Leydé, de la Jument, du Millier, de Beuzec, de Luguénez, de Brézellec et du Van (avec sa chapelle Saint-They), les éperons barrés de Castel-Meur et de Kastel-Koz (Castel Coz), Pors Lanvers , Pors Péron et Pors Théolenn, la réserve de Goulien-Cap Sizun, le phare du Millier (qui accueille l’été des expositions), Ti Félix (maison achetée et restaurée par la commune de Goulien).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Goulien dans les arts et la littérature[modifier | modifier le code]

À l'occasion de son séjour à Goulien, Christian Pelras, ethnologue, avait filmé en 8 mm des scènes de la vie quotidienne à Goulien. Le film est disponible en bande vidéo de 2h50 sous le titre Goulien, le retour à la cinémathèque de Bretagne à Brest.

Un documentaire sur la réserve a été tourné en 1995 : L'aventure d'une réserve : Goulien, Cap Sizun, documentaire réalisé par Yvon Le Gars, Skravig images, Plouha (Côtes d'Armor), 1995, 26 min (VHS).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Delroeux, Étude d'anthropologie sociale de trois sociétés rurales occidentales : Goulien, Plogoff et Lescoff, Sud-Finistère : de 1800 à 1970, Université Paris 5, 1979, 2 vol., 659 p. (thèse de doctorat de Lettres).
  • Denise Glück, Une salle commune à Goulien en Basse-Bretagne : galerie culturelle, Musée national des arts et traditions populaires, Réunion des musées nationaux, Paris, 1992, 23 p. (ISBN 2-7118-0609-X)
  • Christian Pelras[Note 1], Goulien, commune bretonne du Cap Sizun. Entre XIXe siècle et IIIe Millénaire, Presses universitaires de Rennes, collection « Mémoire commune », 2001, 486 p. (ISBN 2-86847-649-X).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En 1962, Christian Pelras, jeune ethnologue du musée de l'Homme, revenant d'Indonésie, vint s'établir pour deux ans à Goulien. Il a complété son étude en y revenant en 2000.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fiche de Goulien sur le site CartesFrance.fr
  2. Daniel Bernard, Les Autret et la seigneurie de Lezoualc'h, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère", 1913, consultable http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=BERNARD_Daniel_-_Les_Autret_et_la_seigneurie_de_Lezoualc%27h
  3. Joachim Darsel, Les seigneuries maritimes en Bretagne, "Bulletin philologique et historique jusqu'à 1610 du Comité des travaux historiques et scientifiques", 1966, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6430324f/f110.image.r=Plogoff.langFR
  4. A. Dupuy, Les épidémies en Bretagne au XVIIIème siècle", revue "Annales de Bretagne", 1886, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k214900h/f31.image.r=Plogoff.langFR
  5. "Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f7.image.r=Plovan?rk=21459;2
  6. Personne en âge de communier
  7. Jean-Baptiste Ogée, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1778, consultable https://archive.org/details/dictionnairehist02og
  8. "Archives parlementaires de 1787 à 1860 ; 2-7. États généraux ; Cahiers des sénéchaussées et bailliages", série 1, tome 5, 1879, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49520z/f514.image.r=Plovan?rk=4206029;2
  9. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 1, 1843, consultable https://books.google.fr/books?id=DI8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj1m73dhsXYAhUKD8AKHZYPB0kQ6AEINzAD#v=onepage&q=Goulien&f=false
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  12. a b et c L'ouest de la Cornouaille dans les tourments de l'histoire, guide de découverte sur le patrimoine fortifié du Pays Bigouden, du Cap-Sizun et du Pays de Douarnenez, Syndicat Mixte, Pointe du Raz, (ISBN 9782952581004), p. 2, et voir : Plan d'interprétation du patrimoine bâti de l'ouest de la Cornouaille.