Présidence de Lyndon B. Johnson

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Présidence de Lyndon B. Johnson

36e président des États-Unis

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Le président Lyndon B. Johnson en 1969

Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1964
Début du mandat
(remplacement président décédé)
Fin du mandat
Durée 5 ans 1 mois et 29 jours
Présidence
Nom Lyndon B. Johnson
Date de naissance
Date de décès (à 64 ans)
Appartenance politique Parti démocrate
Divers
Site web [1]

La présidence de Lyndon B. Johnson, en cours de 1963 à 1969, voit Lyndon B. Johnson assumer le pouvoir en tant que 37e vice-président des États-Unis à la suite de l'assassinat de John F. Kennedy en 1963. Johnson est un démocrate du Texas, qui fut notamment chef de la majorité au Sénat. Après avoir succédé à Kennedy, il se présenta à l'élection présidentielle de 1964 pour effectuer un mandat complet et il remporta une victoire écrasante face à son adversaire républicain de l'Arizona, le sénateur fédéral Barry Goldwater. La présidence de Johnson fut marquée par l'entrée massive des États-Unis dans le libéralisme moderne avec son programme appelé Great Society qui est une extension considérable du New deal de Roosevelt.

Johnson, au travers de son programme, a notamment créé Medicare et Medicaid, défendu les droits civiques, promu les investissements fédéraux en matière d'éducation, d'art, de développement urbain et rural, de services publics et il mena une véritable « guerre contre la pauvreté ». Aidée en partie par une forte croissance de l'économie, la War on poverty a permis à des millions d'Américains de s'élever au-dessus du seuil de pauvreté sous la présidence de Johnson. Les décrets des droits civiques signés par Johnson interdisent la discrimination raciale lors du vote, dans les établissements publics, lors de la recherche d'un logement et sur le lieu de travail. Avec l'adoption de l'Immigration and Nationality Act of 1965, le système d'accueil des immigrés fut réformé et tous les quotas d'origine raciale furent supprimés et remplacés par des quotas d'origine nationale.

La popularité de Johnson a décliné lorsque d'autres sujets sont apparus au premier plan de la scène médiatique. Johnson a poursuivi la politique d'endiguement au Vietnam, dans l'espoir d'arrêter la propagation du communisme en Asie du Sud-Est durant la Guerre froide. Le nombre de militaires américains au Vietnam a ainsi augmenté de façon spectaculaire, de 16 000 conseillers occupant des postes de non-combat en 1963 à 550 000 au début de 1968, la plupart occupant des postes de combat. Le malaise s'est encore accru avec l'émergence d'un grand mouvement pacifiste opposé à la guerre du Vietnam (en) notamment dans les campus universitaires américains mais aussi à l'étranger. Johnson a également dû faire face à d'autres problèmes lorsque des émeutes ont éclaté dans la plupart des grandes villes après 1965 et que les taux de criminalité se sont mis à remonter, ses adversaires demandant alors des politiques de « loi et d'ordre (en) ». Alors qu'il avait entamé son mandat avec une large approbation, le soutien à Johnson s'est mis à décliner lorsque le peuple s'est senti concerné par les questions de guerre à l'étranger et de violences croissantes au niveau national. Le parti démocrate s'est divisé lorsque des membres pacifistes se sont mis à dénoncer la politique de Johnson. Johnson tenta de se représenter pour sa propre succession mais il subit une défaite lors des primaires du Parti démocrate de 1968 (en).

Succession[modifier | modifier le code]

Article connexe : Assassinat de John F. Kennedy.

Le 22 novembre 1963, le président John F. Kennedy, en fonction depuis 1961, est assassiné alors qu’il est en visite à Dallas au Texas. Deux heures et huit minutes après l’attentat, son vice-président Lyndon B. Johnson est investi comme président des États-Unis à bord d’Air Force One par le juge fédéral Sarah T. Hughes, une amie de la famille. Johnson n'a pas juré sur la Bible, car il n'y en avait aucune sur Air Force One et un missel catholique romain trouvé dans le tiroir du bureau de Kennedy fut utilisé pour le serment[1]. La photographie de l’événement prise par Cecil Stoughton, avec Johnson prêtant serment sous les yeux de Jacqueline Kennedy, est devenue l’image la plus célèbre jamais prise à bord d’un avion présidentiel[2].

Johnson était convaincu de la nécessité d’effectuer une transition immédiate du pouvoir afin de garantir la stabilité à un pays profondément endeuillé par l’assassinat. Lui et le Secret Service craignaient qu’il soit lui-même l’objet d’une conspiration et ils décidèrent de retourner le plus vite possible à Washington. La précipitation du nouveau président fut accueillie par certains comme la preuve que Johnson était impatient d’assumer l’exercice du pouvoir[3]. Dans les jours qui suivirent l’assassinat, Johnson s’adressa au Congrès et déclara qu’« aucune oraison funèbre, ni aucun éloge ne sauraient honorer de manière aussi éloquente la mémoire du président Kennedy que l’adoption dans les plus brefs délais de la loi sur les droits civiques pour laquelle il s’est tant battu »[4]. Le 29 novembre 1963, une semaine après l’assassinat de Kennedy, un ordre exécutif du président Johnson renommait le centre de lancement des missions Apollo géré par la NASA et la base de lancement de Cape Canaveral en « centre spatial Kennedy »[5].

Johnson savait que le grand public était en attente de réponses sur la mort de Kennedy. Pour couper court à toute rumeur de conspiration, il créa immédiatement une commission spéciale présidée par le juge en chef Earl Warren (connue sous le nom de « commission Warren ») chargée d’enquêter sur l’assassinat[6]. Les membres de la commission procédèrent à d’intenses recherches et entendirent de nombreux témoignages avant de conclure à l’unanimité que Lee Harvey Oswald, le principal suspect, avait agi seul. Les défenseurs de thèses conspirationnistes ne furent cependant pas convaincus par les conclusions de l’enquête et formulèrent de nombreuses théories qui continuent aujourd’hui de circuler[7].

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Johnson garda dans son administration de nombreux membres du cabinet Kennedy dont certains restèrent à ses côtés jusqu'à la fin de sa présidence. Robert Kennedy, le frère du président assassiné, fut maintenu comme procureur général malgré ses relations difficiles avec Johnson. Il resta en poste quelques mois avant de quitter le gouvernement en 1964 et concourut avec succès aux élections sénatoriales de l'État de New York[8]. Johnson n'eut jamais de véritable chef de cabinet mais certains assumèrent successivement des responsabilités équivalentes ; le plus important d'entre eux fut Walter Jenkins qui avait la gestion de l'agenda journalier de la Maison-Blanche. Pierre Salinger, qui avait été nommé par Kennedy au poste de porte-parole de la Maison-Blanche, démissionna en mars 1964 et fut remplacé par George Reedy, un fidèle de Johnson. Horace Busby — l'« homme à la triple menace » comme l'appelait Johnson devant ses proches —, servit essentiellement comme rédacteur de discours et analyste politique. Bill Moyers était le plus jeune membre de l'administration Johnson et se vit confier à temps partiel la rédaction de discours et la planification de l'emploi du temps du président[9].

Vice-président[modifier | modifier le code]

Le vice-président est élu en même temps que le président des États-Unis sur le « ticket présidentiel ». Il n'est pas membre à proprement parler du cabinet mais a le droit de siéger à ces réunions. Il est également président du Sénat. Si le président change de vice-président en cours de mandature, celui-ci est confirmé par un vote du sénat comme les autres membres de l'administration.

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
1 Seal of the Vice President of the United States.svg
Vice-président
vacant / / -
Hubert Humphrey Hubert Humphrey, half-length portrait, facing front.tif Démocrate -
(4 ans)

Membres du cabinet[modifier | modifier le code]

Les membres du cabinet sont nommés par le président puis présentés au Sénat des États-Unis pour avis et consentement (advice and consent, termes utilisés dans la Constitution, procédure par laquelle le Sénat approuve et confirme cette nomination ou la rejette, par un vote à la majorité simple). Si la nomination est approuvée, le nouveau membre du cabinet prête serment, reçoit le titre de secrétaire. Les secrétaires appartiennent à la ligne de succession présidentielle des États-Unis par ordre protocolaire.

Les membres occupant les fonctions par intérim ne sont pas soumis à la procédure de confirmation et ne prêtent pas serment.

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
2 Seal of the United States Department of State.svg
Secrétaire d'État
Dean Rusk Dean Rusk.jpg Démocrate -
(7 ans, 11 mois et 30 jours)
3 Seal of the United States Department of the Treasury.svg
Secrétaire du Trésor
C. Douglas Dillon Photo officielle de C. Douglas Dillon.jpg Républicain -
(4 ans et 3 mois)
Henry H. Fowler HFowler2.jpg Démocrate -
(3 ans, 8 mois et 19 jours)
Joseph W. Barr Joseph W Barr.jpg Démocrate -
(30 jours)
4 United States Department of Defense Seal.svg
Secrétaire à la Défense
Robert McNamara Robert McNamara official portrait.jpg Démocrate -
(7 ans, 1 mois et 8 jours)
Clark Clifford Clark Clifford photo portrait.jpg Démocrate -
(10 mois et 22 jours)
5 Seal of the United States Department of Justice.svg
Procureur général
(Attorney General)
Robert F. Kennedy Robert F. Kennedy 1964.jpeg Démocrate -
(3 ans, 7 mois et 13 jours)
Nicholas Katzenbach Portrait officiel de Nicholas Katzenbach.jpg Démocrate -
(2 ans et 28 jours)
Ramsey Clark Portrait officiel de Clark Ramsey.jpg Démocrate -
(2 ans, 1 mois et 23 jours)
6 Seal of the United States Department of the Interior.svg
Secrétaire à l'Intérieur
Stewart Lee Udall Stewart L Udall - 1960s.gif Démocrate -
(8 ans)
7 Seal of the United States Department of Agriculture.svg
Secrétaire à l'Agriculture
Orville Freeman Orville L. Freeman, Secretary of Agriculture (1961-1969).jpg Démocrate -
(8 ans et 1 jour)
8 Seal of the United States Department of Commerce.svg
Secrétaire au Commerce
Luther H. Hodges Luther Hartwell Hodges.jpg Démocrate -
(3 ans, 11 mois et 25 jours)
John T. Connor JohnThomasConnor.jpg Démocrate -
(2 ans et 13 jours)
Alexander Trowbridge AlexanderBuelTrowbridge.jpg Démocrate -
(8 mois et 16 jours)
C. R. Smith CyrusRowlettSmith.jpg Démocrate -
(10 mois et 13 jours)
9 Seal of the United States Department of Labor.svg
Secrétaire au Travail
W. Willard Wirtz W. Willard Wirtz.jpg Démocrate -
(6 ans, 3 mois et 26 jours)
10 Seal of the United States Department of Health, Education, and Welfare.png
Secrétaire à la Santé,
à l'Éducation et aux Services sociaux
Anthony J. Celebrezze Celebrez.jpg Démocrate -
(3 ans et 17 jours)
John W. Gardner John W. Gardner, U.S. Secretary of Health, Education, and Welfare.jpg Républicain -
(2 ans, 6 mois et 12 jours)
Wilbur J. Cohen Wilburportrait.jpg Démocrate -
(8 mois et 4 jours)
11 Seal of the United States Department of Housing and Urban Development.svg
Secrétaire au Logement
et au Développement urbain
Robert C. Weaver Robert C. Weaver official portrait.jpg Démocrate -
(2 ans et 11 mois)
Robert Coldwell Wood Robert C. Wood, the second Secretary of the U.S. Department of Housing and Urban Development.jpg Démocrate -
(13 jours)
12 Seal of the United States Department of Transportation.svg
Secrétaire aux Transports
Alan Stephenson Boyd Alan S Boyd, 1978.jpg Démocrate -
(2 ans et 4 jours)

Postes de gouvernement ayant rang au cabinet[modifier | modifier le code]

Cinq postes officiels ont rang au cabinet, ce qui signifie qu'ils sont autorisés à assister aux réunions du cabinet, mais ne sont pas des ministres (Secretary) responsables d'un ministère (Department) et ils n’entrent pas dans la ligne de succession présidentielle. Deux postes supplémentaires seront créés dans les décennies suivantes (Administrateur de l'Agence de protection de l'environnement et Administrateur de la Small Business Administration), ce qui nous donne les 7 postes de l'administration ayant rang au cabinet que nous connaissons aujourd'hui.

Rang Fonction Titulaire Parti Mandat
13 Chef de cabinet de la Maison-Blanche W. Marvin Watson Portrait officiel de W. Marvin Watson.jpg Démocrate -
(4 ans, 5 mois et 4 jours)
14 Directeur du Bureau de la gestion et du budget Kermit Gordon (en) Portrait de Kermit Gordon.jpg Démocrate -
(2 ans, 5 mois et 4 jours)
Charles Schultze (en) Portrait de Charles Schultze.jpg Démocrate -
(2 ans, 7 mois et 27 jours)
Charles Zwick (en) Portrait de Charles Zwick.jpg Démocrate -
(11 mois et 23 jours)
15 Représentant au commerce William M. Roth Portrait de William M. Roth.jpg Démocrate -
(2 ans et 17 jours)
16 Ambassadeur américain aux Nations unies Arthur Goldberg Arthur goldberg.jpg Démocrate -
(2 ans, 10 mois et 27 jours)
George W. Ball (en) GeorgeWildmanBall.jpg Démocrate -
(2 mois et 30 jours)
James_Russell_Wiggins (en) JamesWiggins.jpg Démocrate -
(3 mois et 13 jours)
17 Président du Council of Economic Advisers Walter Heller Walter Heller 1962.jpg Démocrate -
(3 ans, 9 mois et 17 jours)
Gardner Ackley (en) Portrait de Gardner Ackley.jpg Démocrate -
(3 ans, 2 mois et 30 jours)
Arthur Okun Démocrate -
(11 mois et 5 jours)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Simon Usborne, « The LBJ missal: Why a prayer book given to John F Kennedy was used to swear in the 36th US President », sur Independent, (consulté le 14 avril 2017).
  2. (en) Kenneth T. Walsh, Air Force One : a history of the presidents and their planes, New York, Hyperion, (ISBN 1-4013-0004-9).
  3. Dallek 1998, p. 49 à 51.
  4. (en) « 1963 Year in Review – Transition to Johnson », sur UPI, (consulté le 14 avril 2017).
  5. (en) « Lyndon B. Johnson Executive Order 11129 », sur The National Archives (consulté le 14 avril 2017).
  6. Dallek 1998, p. 51.
  7. (en) Robert D. Chapman, « The Kennedy Assassination 50 Years Later », International Journal of Intelligence and Counter Intelligence, vol. 27, no 3,‎ , p. 615 à 619.
  8. Dallek 1998, p. 58.
  9. Dallek 1998, p. 66 à 68.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Robert Dallek, Flawed Giant : Lyndon Johnson and his Times, 1961–1973, New York, Oxford University Press, . Document utilisé pour la rédaction de l’article