Présidence de John Adams

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Présidence de John Adams

2e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Le président John Adams. Huile sur toile de John Trumbull, Maison-Blanche.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1796
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 4 ans
Présidence
Nom John Adams
Date de naissance
Date de décès (à 90 ans)
Appartenance politique Parti fédéraliste

La présidence de John Adams débuta le 4 mars 1797, date de l'investiture de John Adams en tant que 2e président des États-Unis, et prit fin le 4 mars 1801. Adams, qui avait servi au poste de vice-président sous le mandat de George Washington, entra en fonction après avoir remporté l'élection présidentielle de 1796, faisant de lui le seul membre du Parti fédéraliste à avoir accédé à la fonction suprême. Sa présidence ne dura que quatre ans car il fut battu à l'élection présidentielle de 1800 par le républicain-démocrate Thomas Jefferson, qui lui succéda à la Maison-Blanche.

Lorsque Adams arriva au pouvoir, la guerre qui se déroulait entre la France et la Grande-Bretagne causait des difficultés importantes aux marchands américains en haute mer et divisait profondément les factions politiques du pays. Les tentatives de négociations avec les Français aboutirent à l'affaire XYZ dans laquelle plusieurs responsables français exigèrent le versement de pots-de-vin avant de consentir à l'ouverture des négociations. À la suite de cette affaire qui scandalisa l'opinion publique américaine, un conflit naval non déclaré, connu sous le nom de « quasi-guerre », éclata entre la France et les États-Unis et domina le reste de la présidence d'Adams. Sous son mandat, l'armée de terre et la marine furent renforcées et cette dernière obtint plusieurs succès lors de la quasi-guerre.

La hausse des dépenses consécutive à ces événements rendit nécessaire une augmentation des recettes fédérales et le Congrès vota la Direct Tax de 1798. La guerre et le poids des impôts furent à l'origine de troubles internes illustrés par la rébellion de Fries en 1799. En réponse à cette agitation, tant sur le plan intérieur qu'à l'échelle internationale, le 5e Congrès adopta une série de textes connus sous le nom de « lois sur les étrangers et la sédition » qui rendaient plus difficile l'obtention de la nationalité américaine pour les immigrants, permettaient au président d'emprisonner ou d'expulser des non-citoyens considérés comme dangereux ou originaires d'une nation hostile aux États-Unis et condamnaient l'usage de fausses déclarations visant à critiquer l'action du gouvernement fédéral. Alors que la majorité fédéraliste soutenait que cette législation permettrait de renforcer la sécurité nationale dans une période de conflit, les démocrates-républicains s'opposèrent vivement à cette mesure.

L'opposition à la quasi-guerre et aux lois sur les étrangers et la sédition, ainsi que la rivalité entre Adams et Alexander Hamilton au sein-même du Parti fédéraliste, contribuèrent à la défaite d'Adams contre Jefferson lors de l'élection présidentielle de 1800. Les historiens ont des difficultés à évaluer la présidence d'Adams. Samuel Eliot Morison écrivit qu'« il était par tempérament inadapté à la présidence. Il en savait plus que n'importe quel Américain en matière de science politique, y compris James Madison, mais il était mal à l'aise en tant qu'administrateur ». Adams sut néanmoins éviter la guerre avec la France, estimant qu'un conflit armé ne devait être que l'ultime recours de l'action diplomatique, un positionnement qui lui valut d'être respecté y compris parmi ses adversaires politiques. Bien qu'abondamment critiqué pour la ratification des lois sur les étrangers et la sédition, il n'encouragea ni leur adoption ni leur mise en œuvre et il accorda sa grâce aux instigateurs de la rébellion de Fries. Pour l'historien C. James Taylor, « vu sous cet angle, l'héritage d'Adams est un héritage de raison, de gouvernance morale, de primauté du droit, de compassion et d'une politique étrangère prudente mais active visant à garantir l'intérêt de la nation et une paix honorable ».

Élection présidentielle de 1796[modifier | modifier le code]

Investiture[modifier | modifier le code]

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Cabinet[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cabinet (États-Unis).

En dehors du processus de nomination, la Constitution n'évoquait que brièvement le fonctionnement des départements fédéraux. Le terme de cabinet commença à être utilisé pour désigner les responsables des différents départements à la fin du premier mandat de George Washington, lequel n'accordait au cabinet qu'un rôle consultatif[1]. La Constitution stipulait que les individus nommés à la tête des départements étaient responsables devant le président mais était en revanche muette sur les conditions entourant la durée du service au sein du cabinet[2]. Lorsque Adams accéda à la présidence, aucune disposition ne permettait de savoir si les membres du cabinet précédent devaient ou non rester en poste. Plutôt que de recourir au favoritisme et ainsi se constituer un groupe de conseillers fidèles, Adams conserva le cabinet de Washington même s'il ne comptait en son sein aucun ami proche[3].

Trois membres du cabinet, Timothy Pickering, James McHenry et Oliver Wolcott, Jr., étaient dévoués à Hamilton et informaient celui-ci de toutes les questions politiques importantes à New York. Simultanément, ils adressaient au président les recommandations d'Hamilton et s'opposèrent régulièrement aux décisions d'Adams[4],[5]. Dans une lettre rédigée en mai 1797, Jefferson écrivit que « les hamiltoniens dont il [Adams] est entouré lui sont à peine moins hostiles qu'envers moi »[6]. Une autre figure importante de l'administration Washington, le procureur général Charles Lee, travailla en étroite collaboration avec Adams et demeura au sein du cabinet pendant toute la durée du mandat présidentiel[7]. En 1798, Benjamin Stoddert du Maryland devint le premier secrétaire à la Marine des États-Unis et fut l'un des conseillers les plus influents d'Adams[8]. Dans la seconde moitié du mandat d'Adams, les divergences entre ce dernier et la branche hamiltonienne du Parti fédéraliste s'accentuèrent et le président accorda moins d'attention aux conseils de Pickering, McHenry et Wolcott[9]. S'étant rendu compte des agissements d'Hamilton, Adams congédia Pickering et McHenry au cours de l'année 1800 et les remplaça respectivement par John Marshall et Samuel Dexter[10].

Le président John Adams.
Cabinet Adams
Fonction Nom Dates
Président John Adams 1797-1801
Vice-président Thomas Jefferson 1797-1801
Secrétaire d'État Timothy Pickering 1797-1800
Charles Lee 1800
John Marshall 1800-1801
Secrétaire au Trésor Oliver Wolcott, Jr. 1797-1801
Samuel Dexter 1801
Secrétaire à la Guerre James McHenry 1796-1800
Samuel Dexter 1800-1801
Procureur général Charles Lee 1797-1801
Secrétaire à la Marine Benjamin Stoddert 1798-1801

Vice-présidence[modifier | modifier le code]

Adams entretenait des relations cordiales avec Jefferson depuis qu'ils étaient devenus amis vingt ans plus tôt, lorsqu'ils siégeaient ensemble au second Congrès continental. Le jour précédant leur investiture, les deux hommes se rencontrèrent brièvement pour discuter de la possibilité d'envoyer Jefferson en France afin d'apaiser les tensions entre les deux pays. Ils en arrivèrent toutefois à la conclusion que ce rôle était inapproprié pour le vice-président et ils décidèrent de confier cette mission à James Madison, allié de Jefferson sur le plan politique. Peu après la cérémonie d'investiture, Jefferson informa Adams que Madison n'était pas intéressé par l'offre. Adams répondit qu'il n'aurait de toute façon pas pu nommer Madison en raison des pressions exercées par son cabinet pour que fût désigné un fédéraliste. Ce fut la dernière fois qu'Adams consulta Jefferson sur une question politique d'importance nationale. De son côté, le vice-président se consacra exclusivement à ses responsabilités politiques en tant que chef des républicains-démocrates et à ses fonctions de président du Sénat[11].

Nominations judiciaires[modifier | modifier le code]

Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Affaires intérieures[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 1800[modifier | modifier le code]

Héritage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brown 1975, p. 26.
  2. (en) « Ten Facts About Washington’s Presidency », sur mountvernon.org, Mount Vernon Ladies' Association (consulté le 26 août 2018).
  3. (en) John Ferling, Adams vs. Jefferson: The Tumultuous Election of 1800, New York, Oxford University Press, (ISBN 0-19-516771-6), p. 96 et 97.
  4. Morison 1965, p. 347.
  5. Diggins 2003, p. 392.
  6. (en) « From Thomas Jefferson to Elbridge Gerry, 13 May 1797 », sur founders.archives.gov, National Archives and Records Administration (consulté le 26 août 2018).
  7. Brown 1975, p. 29.
  8. Brown 1975, p. 55.
  9. Brown 1975, p. 168.
  10. Brown 1975, p. 170 à 172.
  11. (en) « Thomas Jefferson, 2nd Vice President (1797-1801) », sur senate.gov, Sénat des États-Unis (consulté le 26 août 2018).