Présidence de James Monroe

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Présidence de James Monroe

5e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de James Monroe, en 1819.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1816
1820
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 8 ans
Présidence
Nom James Monroe
Date de naissance
Date de décès (à 73 ans)
Appartenance politique Parti républicain-démocrate

La présidence de James Monroe dura du 4 mars 1817, date de son entrée en fonction en tant que 5e président des États-Unis, jusqu'au 4 mars 1825. Membre du Parti républicain-démocrate, Monroe accéda à la présidence après avoir remporté l'élection présidentielle de 1816 par un score écrasant sur son adversaire fédéraliste Rufus King. Cette élection fut la dernière où les fédéralistes présentèrent un candidat et Monroe n'eut aucun concurrent lors de l'élection présidentielle de 1820. Son secrétaire d'État, John Quincy Adams, lui succéda à la Maison-Blanche.

Durant son mandat, Monroe chercha à apaiser les tensions partisanes en effectuant une tournée du pays qui fut plutôt bien reçue par la population. Sa présidence inaugura l'« ère des bons sentiments » à une période où les États-Unis, redynamisés par leur victoire lors de la guerre anglo-américaine de 1812, se développaient rapidement et où de nouvelles opportunités étaient offertes aux citoyens. Cette vague de nationalisme retomba avec la panique bancaire de 1819 et les tensions suscitées par l'adoption du compromis du Missouri en 1820, ce qui n'empêcha pas Monroe d'être réélu triomphalement la même année. Monroe développa une approche pragmatique des problèmes politiques et montra des capacités de travail impressionnantes au cours de sa présidence. Il visita plus d'une centaine de villes, voyageant du Maine jusqu'à la Géorgie ainsi que dans l'Ouest ; ses voyages étaient rapportés en détail dans la presse locale et nationale et il fut vu par plus d'Américains que n'importe lequel de ses prédécesseurs.

Avec la ratification de la convention de 1818, fruit de la diplomatie habile menée par le secrétaire d'État Adams, les États-Unis s'étendirent de l'Atlantique jusqu'au Pacifique et se voyaient octroyer des droits de pêche et d'implantation portuaire dans le Nord-Ouest Pacifique. Les États-Unis et la Grande-Bretagne se partageaient en outre le territoire de l'Oregon. En plus de l'acquisition de la Floride, le traité d'Adams-Onís de 1819 fixa la frontière entre le territoire américain et la Nouvelle-Espagne jusqu'aux Rocheuses et à l'océan Pacifique, le long du 42e parallèle nord. Cet accord est considéré comme la première tentative déterminée de fonder un « empire américain global ». L'administration Monroe soutint la création de colonies en Afrique pour les esclaves affranchis, conduisant plus tard à la formation du Libéria dont la capitale, Monrovia, fut nommée en son honneur. En 1823, le président déclara que les États-Unis s'opposeraient à toute ingérence européenne dans les affaires du continent américain par le biais de la doctrine Monroe, qui devint dès lors une composante essentielle de la politique étrangère américaine.

Monroe fut le dernier président à appartenir au groupe des Pères fondateurs des États-Unis et le dernier président de la « dynastie de Virginie », un terme parfois utilisé pour désigner le fait que quatre des cinq premiers présidents américains étaient originaires de Virginie. Il est généralement considéré par les historiens et les politologues comme un président au-dessus de la moyenne.

Élection présidentielle de 1816[modifier | modifier le code]

Résultats de l'élection présidentielle de 1816.

Les services rendus par Monroe au sein de l'administration Madison lors de la guerre anglo-américaine de 1812 faisait de lui un héritier potentiel du Parti démocrate-républicain, mais un certain nombre de dirigeants de ce parti n'étaient pas disposés à soutenir la candidature de Monroe en vue de l'élection présidentielle de 1816. Le secrétaire au Trésor, William H. Crawford, avait la faveur de nombreux membres du Congrès du Sud et de l'Ouest dont beaucoup se méfiaient du soutien apporté par Madison et Monroe à la création de la seconde banque des États-Unis. Les démocrates-républicains de New York ne voulaient pas d'un autre Virginien à la présidence et ils appuyèrent la candidature du gouverneur de leur État, Daniel D. Tompkins. Crawford souhaitait décrocher la nomination de son parti, mais il ne s'opposa pas franchement à la candidature de Monroe car il espérait se positionner pour succéder à Monroe en 1820 ou en 1824. Lors du caucus des nominations au Congrès, Monroe battit Crawford par 65 voix contre 54, Tompkins étant désigné comme candidat à la vice-présidence[1].

Le Parti fédéraliste, moribond, nomma Rufus King comme candidat à l'élection présidentielle ; toutefois les fédéralistes ne constituaient plus une force d'opposition sérieuse depuis la fin de la guerre de 1812 à laquelle ils s'étaient opposés. Des adversaires de Monroe essayèrent de convaincre DeWitt Clinton de présenter sa candidature, mais ce dernier refusa d'entrer dans la course[2]. Monroe fut finalement élu par 183 voix sur 217 au sein du collège électoral. Il remporta tous les États à l'exception du Massachusetts, du Delaware et du Connecticut[3]. À l'issue des élections congressionnelles qui eurent lieu à la même période, les démocrates-républicains remportèrent plusieurs sièges à la Chambre des représentants dont l'effectif devint composé aux trois-quarts de membres de ce parti[4].

Administration[modifier | modifier le code]

Monroe composa un cabinet géographiquement équilibré, à côté duquel il assurait la direction de la branche exécutive[5]. À la demande de Monroe, Crawford continua de servir en tant que secrétaire du Trésor. Monroe choisit également de conserver Benjamin Crowninshield du Massachusetts au poste de secrétaire à la Marine et Richard Rush comme procureur général. Conscient du mécontentement provoqué au Nord par la « dynastie de Virginie », Monroe désigna John Quincy Adams du Massachusetts comme secrétaire d'État, faisant de ce dernier le principal prétendant à sa succession. Diplomate expérimenté, Adams avait quitté le Parti fédéraliste en 1807 pour soutenir Thomas Jefferson et Monroe espérait que sa nomination encouragerait d'autres fédéralistes à faire défection. Monroe offrit le poste de secrétaire à la Guerre à Henry Clay du Kentucky, mais Clay ne consentait à servir dans le cabinet qu'à condition d'être nommé secrétaire d'État. La nomination d'Adams à ce dernier poste irrita profondément Clay qui s'opposa régulièrement par la suite à la politique conduite par l'administration Monroe. Le général Andrew Jackson et le gouverneur Isaac Shelby ayant à leur tour décliné leur nomination au secrétariat à la Guerre, le président se tourna vers un membre du Congrès originaire de Caroline du Sud, John C. Calhoun, laissant le cabinet sans personnalité occidentale éminente. À la fin de l'année 1817, Rush fut nommé ambassadeur en Grande-Bretagne et William Wirt lui succéda comme procureur général[6]. À l'exception de Crowninshield, les membres du cabinet de Monroe restèrent en place pendant toute la durée de sa présidence[7].

Monroe présidant une réunion du cabinet en 1823.
Cabinet Monroe
Fonction Nom Dates
Président James Monroe 1817-1825
Vice-président Daniel D. Tompkins 1817-1825
Secrétaire d'État Richard Rush 1817
John Quincy Adams 1817-1825
Secrétaire au Trésor William H. Crawford 1817-1825
Secrétaire à la Guerre John C. Calhoun 1817-1825
Procureur général Richard Rush 1817
William Wirt 1817-1825
Secrétaire à la Marine Benjamin Crowninshield 1817-1818
Smith Thompson 1819-1823
Samuel L. Southard (en) 1823-1825

Nominations judiciaires[modifier | modifier le code]

En septembre 1823, le secrétaire à la Marine Smith Thompson fut appelé à la Cour suprême par le président Monroe pour combler le siège laissé vacant par Henry Brockholst Livingston (en). Officiellement investi le 5 décembre 1823, il fut confirmé dans ses fonctions par le Sénat le 9 décembre[8].

Affaires intérieures[modifier | modifier le code]

Domination du Parti républicain-démocrate[modifier | modifier le code]

Cette aquarelle réalisée en 1819 par John Lewis Kimmel, intitulée Independence Day Celebration in Centre Square, illustre l'état d'esprit de l'« ère des bons sentiments ».

Comme tous ses prédécesseurs, Monroe estimait que l'existence de partis politiques était préjudiciable aux États-Unis et il fit de l'éradication des partis politiques un objectif majeur de son administration[9]. Il chercha notamment à renforcer le Parti démocrate-républicain en évitant les sujets de division et en accueillant des ex-fédéralistes en son sein, le but recherché étant la dissolution du Parti fédéraliste[10]. Ce dernier ne parvint pas à développer un programme national unifié et les candidats fédéralistes faisaient souvent campagne sur des questions locales plutôt que nationales[11]. De son côté, Monroe fit deux longues tournées à travers le pays afin de restaurer la confiance de la population. Sa visite à Boston en 1817 fut saluée comme le début d'une « ère des bons sentiments ». Les nombreuses étapes qu'il effectua au cours de ses voyages donnèrent lieu à d'innombrables cérémonies d'accueil et de démonstrations de bonne volonté. Pendant ce temps, les fédéralistes continuèrent de décliner : le parti conservait sa vitalité et une forme d'organisation dans le Delaware mais n'avait plus qu'une influence réduite dans la politique nationale. Faute d'opposition sérieuse, le caucus du Congrès du Parti démocrate-républicain cessa de se réunir et, à des fins pratiques, mit un terme à ses activités[12].

Panique bancaire de 1819[modifier | modifier le code]

Deux ans après le début de son mandat, Monroe dut faire face à la crise bancaire de 1819[13]. La panique fut engendrée par une diminution des importations et des exportations ainsi que par le relâchement des prix agricoles[14], à une période où les marchés mondiaux se réajustaient à la production et au commerce en temps de paix au sortir de la guerre anglo-américaine de 1812 et des guerres napoléoniennes[15],[16]. La sévérité du ralentissement de l'économie américaine fut aggravée par la spéculation excessive sur les terres publiques[17], encouragée par l'émission sans restriction de papier-monnaie par les banques et les milieux d'affaires[18],[19]. La deuxième banque des États-Unis (BUS) n'était pas parvenu à contrôler l'inflation avant la fin de l'année 1818, lorsque les directeurs de la banque prirent des mesures tardives pour réduire le crédit. Les succursales reçurent l'ordre de ne plus accepter d'autres billets à ordre que ceux de la BUS, de régler les paiements par billets de banque d'un État en une seule fois et de ne renouveler aucun billet de banque personnel ou hypothèque[20]. Ces politiques budgétaires restrictives échouèrent car elles minèrent la confiance du public dans les banques et contribuèrent au début de la panique[21].

Monroe avait peu d'influence sur la politique économique, qui reposait en grande partie sur les États et sur la BUS[14]. Alors que la crise se propageait, il refusa de convoquer une session extraordinaire du Congrès pour traiter des problèmes économiques. Lorsque le Congrès reprit ses travaux en décembre 1819, Monroe plaida pour une augmentation des droits de douane mais sans recommander de tarifs spécifiques[22]. Les droits de douane ne furent finalement augmentés qu'en 1824 avec l'adoption par le Congrès du Tariff of 1824[23]. La crise bancaire provoqua une importante hausse du chômage, de nombreuses faillites et saisies[14],[24] et un fort mécontentement populaire à l'égard des banques et des sociétés commerciales[25]. Le ralentissement économique, qui persista pendant trois à quatre ans dans la plus grande partie du pays, fut la première récession en temps de paix depuis la ratification de la Constitution à avoir un impact majeur sur toutes les couches de la société[26].

L'exaspération de la population vis-à-vis de la BUS poussa l'État du Maryland à taxer la succursale de la banque nationale dans cet État[27]. Peu de temps après, la Cour suprême rendit son verdict dans l'affaire McCulloch v. Maryland en interdisant aux États de mettre en place des taxes sur les succursales de la BUS, ce qui constituait une défaite majeure pour les défenseurs des droits des États[20]. Le juge en chef John Marshall fit également une lecture assez large de la « clause nécessaire et appropriée » en affirmant qu'elle accordait au Congrès des pouvoirs qui n'étaient pas définis expressément dans la Constitution[28]. Cette décision alimenta le mépris populaire à l'égard de la BUS et suscita des craintes sur le potentiel accroissement du pouvoir fédéral[20].

Compromis du Missouri[modifier | modifier le code]

Améliorations internes[modifier | modifier le code]

Problèmes et événements divers[modifier | modifier le code]

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Traités avec la Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

Floride espagnole[modifier | modifier le code]

Guerres séminoles[modifier | modifier le code]

Acquisition de la Floride[modifier | modifier le code]

Amérique latine[modifier | modifier le code]

Implication américaine[modifier | modifier le code]

Doctrine Monroe[modifier | modifier le code]

Traité russo-américain[modifier | modifier le code]

États admis dans l'Union[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 1820[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 1824[modifier | modifier le code]

Héritage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cunningham 1996, p. 15 à 18.
  2. Cunningham 1996, p. 18 et 19.
  3. (en) Harlow G. Unger, The Last Founding Father: James Monroe and a Nation's Call to Greatness, Da Capo Press, , p. 258 à 260.
  4. Cunningham 1996, p. 51.
  5. Cunningham 1996, p. 28 et 29.
  6. Cunningham 1996, p. 21 à 23.
  7. Cunningham 1996, p. 118 et 119.
  8. (en) « Biographical Directory of Federal Judges: Thompson, Smith », sur History of the Federal Judiciary, Federal Judicial Center (consulté le 22 mai 2018).
  9. Howe 2007, p. 93 et 94.
  10. Cunningham 1996, p. 19 à 21.
  11. Howe 2007, p. 95.
  12. (en) Arthur Meier Schlesinger, Jr. (éditeur), History of U.S. Political Parties, vol. 1, Chelsea House Publishers, , p. 24, 25 et 267.
  13. Cunningham 1996, p. 81.
  14. a, b et c (en) Daniel Preston, « James Monroe: Domestic Affairs », sur millercenter.org, Miller Center of Public Affairs (consulté le 24 mai 2018).
  15. Ammon 1990, p. 462.
  16. Wilentz 2008, p. 208 et 215.
  17. Dangerfield 1965, p. 82, 84 et 86.
  18. Wilentz 2008, p. 216.
  19. Dangerfield 1965, p. 87.
  20. a, b et c Morison 1965, p. 403.
  21. Howe 2007, p. 142 à 144.
  22. Cunningham 1996, p. 84 à 86.
  23. Cunningham 1996, p. 167.
  24. Dangerfield 1965, p. 82, 84 et 85.
  25. Dangerfield 1965, p. 89 et 90.
  26. Howe 2007, p. 143 et 144.
  27. Howe 2007, p. 144 et 145.
  28. Howe 2007, p. 144 à 146.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) Harry Ammon, James Monroe: The Quest for National Identity, University of Virginia Press, (1re éd. 1971) (ISBN 0-8139-1266-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Noble Cunningham, The Presidency of James Monroe, University Press of Kansas, (ISBN 0-7006-0728-5). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) George Dangerfield, The Awakening of American Nationalism: 1815–1828, HarperCollins, (ISBN 0-88133-823-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Daniel W. Howe, What Hath God Wrought: The Transformation of America, 1815–1848, Oxford University Press, coll. « Oxford History of the United States », (ISBN 0-19-507894-2, OCLC 122701433). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Samuel E. Morison, The Oxford History of the American People, New York, Oxford University Press, . Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Sean Wilentz, « Jeffersonian Democracy and the Origins of Political Antislavery in the United States: The Missouri Crisis Revisited », Journal of The Historical Society, vol. 4, no 3,‎ , p. 375 à 401 (DOI 10.1111/j.1529-921X.2004.00105.x). Document utilisé pour la rédaction de l’article