Présidence de Benjamin Harrison

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Présidence de Benjamin Harrison

23e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait officiel de Benjamin Harrison par Jonathan E. Johnson, 1895.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington
Élection
Système électoral Grands-électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1888
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 4 ans
Présidence
Nom Benjamin Harrison
Date de naissance
Date de décès (à 67 ans)
Appartenance politique Parti républicain

La présidence de Benjamin Harrison débuta le 4 mars 1889, date de l'investiture de Benjamin Harrison en tant que 23e président des États-Unis, et prit fin le 4 mars 1893. Membre du Parti républicain, Harrison entra en fonction après avoir battu le président Grover Cleveland, candidat du Parti démocrate, lors de l'élection présidentielle de 1888. Il fut lui-même défait quatre ans plus tard par Cleveland à l'élection de 1892. Il est ainsi le seul président à avoir été précédé puis remplacé par le même individu, et le seul à être le petit-fils d'un autre président.

Avec le soutien du Congrès contrôlé par les républicains, Harrison mit en œuvre le plus ambitieux programme de politique intérieure de la fin du XIXe siècle. Sa présidence fut marquée par des législations économiques importantes comme le McKinley Tariff, qui mit en place les droits de douane les plus élevés de l'histoire américaine, et par le Sherman Antitrust Act qui permit au gouvernement fédéral de lutter contre les trusts et les monopoles. En raison des excédents budgétaires engendrés par les droits de douane, les dépenses fédérales atteignirent pour la première fois le milliard de dollars sous son mandat. Harrison facilita la création des forêts nationales en amendant le Land Revision Act of 1891 et présida au renforcement et à la modernisation de la marine américaine. Il plaida sans succès pour un financement fédéral de l'éducation et pour la protection des droits civiques des Afro-Américains. Dans le domaine de la politique étrangère, Harrison tenta d'instaurer une réciprocité des droits de douane avec l'Amérique latine et étendit l'influence des États-Unis dans le Pacifique. La présidence d'Harrison vit également l'admission de six nouveaux États au sein de l'Union, plus que sous n'importe quel autre président.

Même si l'engagement d'Harrison en faveur des droits de vote des Afro-Américains est regardé sous un jour favorable, la plupart des spécialistes et des historiens considèrent son administration comme inférieure à la moyenne et il figure généralement dans la moitié inférieure du classement des présidents américains. Cependant, sa réputation d'intégrité avant, pendant et après sa présidence reste intacte. Avec sa politique intérieure ambitieuse et sa politique étrangère affirmée, Harrison annonce la présidence moderne du XXe siècle.

Élection présidentielle de 1888[modifier | modifier le code]

Affiche de campagne pour le ticket Harrison/Morton.

En 1888, le favori pour l'investiture républicaine était initialement le précédent candidat James G. Blaine du Maine. Cependant, Blaine écrivit de nombreuses lettres où il affirmait n'avoir aucune envie de participer à l'élection et ses partisans se répartirent entre les autres candidats[1]. John Sherman de l'Ohio était le nouveau favori devant Chauncey Depew de New York, Russell Alexander Alger du Michigan et le vieil adversaire de Harrison, Walter Q. Gresham, à présent juge fédéral à Chicago dans l'Illinois[1]. Blaine ne désigna aucun candidat comme son successeur et aucun d'entre eux n'entra à la convention avec une majorité de ses partisans[2].

Benjamin Harrison avait été sénateur de l'Indiana pendant six ans, de 1881 à 1887, mais il avait échoué à se faire réélire[3]. En février 1888, il se déclara candidat à l'investiture du Parti républicain, se définissant lui-même comme un « républicain vivant et rajeuni »[4]. Il arriva en quatrième position au premier tour avec Sherman en tête et les votes suivant ne firent pas évoluer le classement[5]. Les partisans de Blaine se rassemblèrent alors autour de Harrison qui, selon eux, pourrait attirer le vote du plus grand nombre de délégués[6]. Il fut finalement désigné au huitième tour par 544 voix contre 108[7] et Levi Morton de New York fut choisi pour briguer la vice-présidence au sein du ticket présidentiel[8].

Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1888.

L'opposant de Harrison lors de l'élection était le président sortant Grover Cleveland. Il fit une « campagne de perron », typique de l'époque, dans laquelle le candidat ne faisait pas campagne personnellement mais recevait des délégations et faisait des discours depuis sa propre maison[9]. Les républicains firent campagne sur la question des droits de douanes, ce qui leur permit de récupérer les votes protectionnistes dans les importants États industriels du Nord. L'élection se concentra sur les swing states de New York, du New Jersey, du Connecticut et de l'Indiana[10]. Harrison remporta la victoire dans l'Indiana et l'État de New York grâce à des manœuvres frauduleuses mais perdit dans les deux autres États[11]. Le taux de participation atteignit 79,3 % et près de 11 millions de votes furent recueillis[12]. Bien que Harrison ait recueilli 90 000 voix de moins que Cleveland, il fut élu par 233 voix contre 168 au collège électoral[13].

Lorsque Matthew Quay, « boss » de Pennsylvanie, entendit que Harrison attribuait sa courte victoire à la divine providence, il déclara que Harrison ne saura jamais « combien d'hommes ont risqué le pénitencier pour le faire devenir président »[14]. Lors des élections législatives qui se déroulèrent à la même période, les républicains remportèrent 19 sièges à la Chambre des représentants, faisant basculer cette assemblée du côté républicain[15], tout en conservant leur majorité au Sénat, leur donnant le contrôle de la présidence et des deux chambres du Congrès pour la première fois depuis 1874. L'écrasante victoire des républicains à ces élections permit à Harrison de proposer des réformes législatives ambitieuses[16]. Harrison fut surnommé le « président du centenaire » car son investiture coïncidait avec le centenaire de la première investiture de George Washington en 1789[17].

Investiture[modifier | modifier le code]

Photographie d'une estrade décorée par des drapeaux américains. De nombreux participants tiennent des parapluies et toutes les personnes de la foule en contre-bas portent des chapeaux.
Investiture de Benjamin Harrison le 4 mars 1889. Cleveland tient le parapluie de Harrison.

Harrison prêta serment le lundi en présence du juge en chef Melville Fuller[18]. La cérémonie d'investiture de Harrison eut lieu sous une pluie battante à Washington D.C.. Cleveland assista à la cérémonie et tint le parapluie au-dessus de la tête de Harrison alors qu'il prêtait serment. Son discours fut bref et dura deux fois moins longtemps que celui de son grand-père William Henry Harrison, qui détient le record du plus long discours d'investiture[18]. Dans son discours, Harrison attribua la croissance de la nation aux influences de l'éducation et de la religion, pressa les États agricoles d'atteindre les proportions industrielles des États du Nord-Est et promit la mise en place de droits de douane protectionnistes. Il demanda l'attribution rapide du statut d'État aux territoires et l'augmentation des pensions pour les vétérans, ce qui lui valut de longs applaudissements. Pour les affaires étrangères, Harrison réaffirma la doctrine Monroe comme clé de voûte de sa politique dans le domaine. Tandis qu'il demandait la construction d'une marine de guerre moderne et d'une flotte de commerce, il réaffirma son attachement à une paix internationale obtenue par la non-intervention dans les affaires intérieurs d'un autre État[19]. L'United States Marine Band de John Philip Sousa joua lors du bal d'investiture dans le National Building Museum auquel assista une large foule[20].

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Cabinet de Benjamin Harrison en 1889
Premier rang, de gauche à droite : Harrison, William Windom, John Wanamaker, Redfield Proctor, James G. Blaine
Deuxième rang, de gauche à droite : William H. H. Miller, John W. Noble, Jeremiah M. Rusk, Benjamin F. Tracy

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Calhoun 2005, p. 47.
  2. Socolofsky et Spetter 1987, p. 8.
  3. Calhoun 2005, p. 45 et 46.
  4. (en) Allan B. Spetter, « Benjamin Harrison: Campaigns and Elections », sur millercenter.org, Université de Virginie (consulté le 28 novembre 2018).
  5. Calhoun 2005, p. 50.
  6. Calhoun 2005, p. 51 et 52.
  7. Wallace 1888, p. 271.
  8. Socolofsky et Spetter 1987, p. 9.
  9. Socolofsky et Spetter 1987, p. 11.
  10. Socolofsky et Spetter 1987, p. 10.
  11. Calhoun 2005, p. 43 ; Socolofsky et Spetter 1987, p. 13.
  12. Calhoun 2005, p. 57.
  13. « Résultats de l'élection de 1888 », sur www.archives.org, National Archives and Records Administration.
  14. Calhoun 2005, p. 55 et 60.
  15. Socolofsky et Spetter 1987, p. 14.
  16. Calhoun 2005, p. 252.
  17. Calhoun 2005, p. 47 à 54.
  18. a et b Socolofsky et Spetter 1987, p. 1 et 2.
  19. « Benjamin Harrison - Inauguration », Advameg, Inc., Profiles of U.S. Presidents (consulté le 25 février 2011).
  20. Socolofsky et Spetter 1987, p. 5 et 6.