Présidence de George H. W. Bush

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Présidence de George H. W. Bush

41e président des États-Unis

Description de cette image, également commentée ci-après
Photographie officielle du président George H. W. Bush.
Type
Type Président des États-Unis
Résidence officielle Maison-Blanche, Washington, D.C.
Élection
Système électoral Grands électeurs
Mode de scrutin Suffrage universel indirect
Élection 1988
Début du mandat
Fin du mandat
Durée 4 ans
Présidence
Nom George H. W. Bush
Date de naissance
Date de décès (à 94 ans)
Appartenance politique Parti républicain
Divers
Voir aussi Politique aux États-Unis

La présidence de George H. W. Bush débuta le 20 janvier 1989, date de l'investiture de George H. W. Bush en tant que 41e président des États-Unis, et prit fin le 20 janvier 1993. Membre du Parti républicain et vice-président des États-Unis de 1981 à 1989 sous la présidence de Ronald Reagan, Bush entra en fonction après sa victoire face à son adversaire démocrate Michael Dukakis lors de l'élection présidentielle de 1988. Il fut lui-même battu quatre ans plus tard à l'élection de 1992 par le démocrate Bill Clinton, qui lui succéda à la Maison-Blanche.

Son mandat fut particulièrement marqué par les affaires internationales. En effet, la chute du mur de Berlin en 1989, qui conduisit à la dissolution de l'URSS deux ans plus tard, fut un événement international majeur qui mit un terme à la guerre froide engagée depuis 1947. Bush soutint alors les efforts en faveur de la réunification de l'Allemagne. Il mena également une politique étrangère militariste en rassemblant une coalition internationale pour forcer l'Irak à évacuer le Koweït lors de la guerre du Golfe et en déployant des soldats américains au Panama. Bien que ratifié après la fin de sa présidence, Bush signa l'accord de libre-échange nord-américain qui créait une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Sur le plan intérieur, Bush fut confronté au problème de l'augmentation de la dette publique, qui avait été multipliée par trois depuis 1980. Il s'engagea à réduire le déficit car il estimait que sans cela les États-Unis ne pourraient plus assurer leur rôle de puissance mondiale. Les négociations avec le Congrès furent cependant difficiles, les républicains pensant que la meilleure solution était de réduire les dépenses du gouvernement alors que les démocrates, majoritaires dans les deux chambres, affirmaient qu'il fallait augmenter les taxes. Bush se résigna finalement au compromis et revint sur sa promesse de campagne de ne pas augmenter les impôts, ce qui fit chuter sa popularité. La faible reprise qui eut lieu après la récession du début des années 1990 ne permit pas à son gouvernement de redresser le budget et les déficits budgétaires continuèrent de se creuser, ce qui accentua le ressentiment de la population au vu des augmentations d'impôts imposées. Sa gestion de la crise des Savings and loan, les caisses d'épargne américaines, fut elle aussi controversée.

Avec la victoire de la coalition dirigée par les États-Unis dans la guerre du Golfe, la réélection de Bush semblait assurée. Clinton parvint toutefois à s'imposer en concentrant principalement son discours sur la situation économique. Malgré sa défaite, Bush quitta ses fonctions avec 56 % d'avis favorables et il resta populaire auprès du public jusqu'à sa mort en 2018. D'une manière générale, les historiens le considèrent comme un président passif, dont le mandat fut « une réussite en politique étrangère mais une déception en politique intérieure ». Il figure généralement dans le milieu du classement des présidents américains.

Élection présidentielle de 1988[modifier | modifier le code]

Le vice-président Bush en campagne à Saint-Louis dans le Missouri aux côtés de John Ashcroft, en 1988.

Fort d'une longue expérience parlementaire et ministérielle, Bush se porta candidat aux primaires républicaines de 1980 afin d'être investi comme candidat du parti à l'élection présidentielle. Il échoua toutefois face à l'ancien gouverneur de la Californie Ronald Reagan, partisan de mesures conservatrices. Ce dernier était soucieux d'équilibrer le ticket et il désigna Bush, plus modéré sur le plan politique, en tant que colistier. Reagan battit le président démocrate en fonction Jimmy Carter à l'élection présidentielle de 1980 et Bush fut officiellement investi comme vice-président en 1981. Bush entretenait des relations amicales avec Reagan et il fut un conseiller important pendant toute la durée de son mandat. Il fit également de nombreuses apparitions publiques au nom de l'administration Reagan[1].

Bush entra dans la course à l'investiture républicaine de 1988 en octobre 1987[2]. Il promit de fournir « une gouvernance solide et forgée par l'expérience » et reçut le soutien de Ronald Reagan[3]. Les principaux rivaux de Bush dans le cadre de cette primaire étaient le chef de la minorité sénatoriale Bob Dole, du Kansas, le représentant conservateur Jack Kemp de New York et le télévangéliste Pat Robertson[4]. Donné grand favori face à ses adversaires, Bush n'arriva pourtant qu'en troisième position lors du caucus de l'Iowa, derrière Dole et Robertson[5]. Bénéficiant de moyens financiers plus importants que Dole, son principal concurrent, Bush parvint toutefois à s'imposer dans le New Hampshire, puis en Caroline du Nord et enfin dans 16 des 17 États organisant une primaire le jour du Super Tuesday. À la suite de cet événement, les adversaires de Bush se retirèrent de la course[6].

Bush, souvent critiqué pour son manque d'éloquence par rapport à Reagan, fit un discours très remarqué à la convention nationale républicaine de 1988, connu sous le nom de discours des « mille points de lumière », et dans lequel il décrivait sa vision de l'Amérique : il s'y déclarait notamment favorable au serment d'allégeance au drapeau, à la prière dans les écoles, à la peine de mort et à la liberté de porter des armes[7]. Il fit également la promesse de ne pas lever de nouveaux impôts, déclarant à ce sujet : « le Congrès me poussera à lever des impôts, et je dirai non, ils reviendront à la charge, et je dirai encore non, et ils reviendront encore. Et la seule chose que je pourrai leur dire, c'est : lisez sur mes lèvres. Pas de nouveaux impôts. »[8] Bush sélectionna ensuite le sénateur de l'Indiana, Dan Quayle, comme candidat à la vice-présidence. Quayle était relativement peu connu sur la scène politique et n'avait pas accumulé une grande expérience au Congrès, mais il était populaire chez les conservateurs et l'équipe de campagne de Bush espérait que sa jeunesse inciterait les électeurs les plus jeunes à voter pour le ticket républicain[9].

Résultats de l'élection présidentielle américaine de 1988.

Alors que Bush avait obtenu une victoire très nette aux primaires républicaines, les candidats aux primaires démocrates étaient couramment surnommés les « sept nains » par la presse en raison de l'absence des ténors du parti dans la course à l'investiture présidentielle. Le sénateur Ted Kennedy et le gouverneur Mario Cuomo restèrent en retrait tandis que l'ancien sénateur Gary Hart et le sénateur Joe Biden durent renoncer après une campagne entachée de controverses. Le gouverneur Michael Dukakis, qui avait entrepris des réformes économiques dans le Massachusetts, remporta en définitive l'investiture démocrate devant Jesse Jackson, Al Gore et plusieurs autres candidats[10]. Initialement en tête dans les sondages, Dukakis mena une campagne prudente qui se révéla totalement inefficace[11]. Sous la direction du stratège politique Lee Atwater, l'équipe de campagne de Bush présenta Dukakis comme un extrémiste progressiste antipatriote et prit argument du cas de Willie Horton, un criminel du Massachusetts qui avait violé sa femme alors qu'il était en liberté provisoire, pour montrer que Dukakis défendait un système comparable à celui d'une porte tambour[12]. La campagne de Dukakis perdit encore en crédibilité lorsque ce dernier se fit photographier à bord d'un char M1 Abrams, une initiative qui fut largement tournée en dérision, et par une performance médiocre lors du second débat présidentiel[13].

Le jour de l'élection, Bush défit Dukakis par 426 voix contre 111 au sein du collège électoral et 53,4 % du vote populaire[14]. Il arriva en tête dans quasiment tout le pays et plus particulièrement dans le Sud[15], devenant ainsi le premier vice-président en exercice à être élu président depuis Martin Van Buren en 1836 ainsi que la première personne à succéder à un président de son propre parti par la voie électorale depuis Herbert Hoover en 1929[2]. Lors des élections législatives qui se déroulèrent à la même période, les démocrates conservèrent leur majorité dans les deux chambres du Congrès[16].

Investiture[modifier | modifier le code]

George H. W. Bush lors de la prestation de serment sous l'autorité du juge en chef William Rehnquist, le 20 janvier 1989.

Bush fut investi en tant que président le 20 janvier 1989, succédant à Ronald Reagan. Son arrivée au pouvoir coïncida avec une époque de profonds bouleversements géopolitiques comme la chute du mur de Berlin ou la dissolution de l'Union soviétique, qui eurent lieu sous sa présidence[17]. Dans son discours d'investiture, le nouveau président déclara :

« Je suis venu à vous pour assumer les devoirs de la présidence à une période pleine de promesses. Nous vivons dans une époque paisible et prospère, mais nous pouvons la rendre encore meilleure. En effet, un vent nouveau souffle désormais et un monde, revigoré par la liberté, semble renaître ; en effet, dans le cœur de l'homme, sinon dans la réalité, l'ère des dictateurs est révolue. Le temps des totalitarismes est sur le point de s'achever, ses vieilles idées balayées comme les feuilles d'un vieil arbre mort. Un vent nouveau souffle désormais et une nation, revigorée par la liberté, est prête à aller de l'avant. Il y a du terrain à conquérir, et de nouvelles mesures à entreprendre[18]. »

Composition du gouvernement[modifier | modifier le code]

Bush conserva dans son cabinet une partie des membres de l'administration Reagan, dont le secrétaire du Trésor Nicholas Brady, le procureur général Dick Thornburgh et le secrétaire à l'Éducation Lauro Cavazos[19]. La première nomination importante de Bush fut celle de James Baker en tant que secrétaire d'État. Baker était un ami proche du nouveau président et il avait servi comme chef d'état-major de la Maison-Blanche sous Reagan[20]. Le choix initial de Bush pour le poste de secrétaire à la Défense, John Tower, fut rejeté par le Sénat, faisant de ce dernier le premier individu désigné à un poste du cabinet par un président entrant à ne pas voir sa nomination confirmée par le Sénat. Bush se tourna alors vers Dick Cheney, ancien chef de cabinet du président Gerald Ford et futur vice-président des États-Unis sous George W. Bush[21]. Jack Kemp intégra le cabinet en tant que secrétaire au Logement et au Développement urbain alors qu'Elizabeth Dole, l'épouse de Bob Dole et ancienne secrétaire aux Transports, devint secrétaire du Travail au sein de l'administration Bush[22].

Comme la plupart de ses prédécesseurs depuis Richard Nixon, Bush concentra l'essentiel du pouvoir exécutif au sein du bureau exécutif du président[23]. Le gouverneur du New Hampshire, John H. Sununu, qui avait joué un rôle particulièrement actif dans la campagne de Bush en 1988, fut nommé chef de cabinet[20]. Sununu supervisa la politique intérieure de l'administration jusqu'à sa démission en 1991[24]. Richard Darman, un ancien fonctionnaire du département du Trésor, devint quant à lui directeur du Bureau de la gestion et du budget[25]. Brent Scowcroft fut désigné en tant que conseiller à la sécurité nationale, un poste qu'il avait déjà occupé sous la présidence de Ford[26]. Tirant les leçons de l'affaire Iran-Contra qui avait éclaboussé le mandat de Reagan, Bush et Scowcroft firent du Conseil à la sécurité nationale un organe décisionnel important en matière de politique extérieure[27]. Le général Colin Powell, qui avait servi précédemment au Conseil de sécurité et que Bush avait nommé au poste de chef d'état-major des armées en 1989, fut également un conseiller écouté sur les questions de politique étrangère[28].

Au milieu du mois de mai 1991, plusieurs polémiques concernant Sununu apparurent sur la scène médiatique, notamment des voyages en jet privé payés par le contribuable. Bush était réticent à renvoyer Sununu mais ce dernier fut contraint de donner sa démission en décembre 1991. Le secrétaire aux Transports, Samuel Skinner, qui avait été complimenté pour sa bonne gestion de la marée noire consécutive à l'échouage de l’Exxon Valdez, remplaça Sununu en tant que chef de cabinet. Clayton Yeutter rejoignit à son tour l'administration en qualité de conseiller du président sur les questions de politique intérieure[29].

Le vice-président Dan Quayle entretenait des relations amicales avec Bush et il fut un intermédiaire précieux entre le président et les conservateurs du Congrès. Son influence était toutefois loin d'égaler celles des principaux membres du cabinet comme Baker ou Sununu. Il était souvent tourné en dérision pour ses gaffes verbales et des sondages réalisés au milieu de l'année 1992 montrèrent qu'il était le vice-président le plus impopulaire depuis Spiro Agnew. Certains républicains conseillèrent à Bush de retirer Quayle du ticket républicain en vue de l'élection présidentielle de 1992 mais Bush s'y opposa car il estimait que choisir un nouveau colistier à ce stade serait une erreur[30].

Le président Bush et son cabinet en 1992.
Cabinet Bush
Fonction Nom Dates
Président George H. W. Bush 1989-1993
Vice-président Dan Quayle 1989-1993
Secrétaire d'État James Baker 1989-1992
Lawrence Eagleburger 1992-1993
Secrétaire du Trésor Nicholas Brady 1989-1993
Secrétaire à la Défense Dick Cheney 1989-1993
Procureur général Dick Thornburgh 1989-1991
William P. Barr 1991-1993
Secrétaire à l'Intérieur Manuel Lujan, Jr. 1989-1993
Secrétaire à l'Agriculture Clayton Yeutter 1989-1991
Edward Madigan 1991-1993
Secrétaire du Commerce Robert Mosbacher 1989-1992
Barbara Franklin 1992-1993
Secrétaire au Travail Elizabeth Dole 1989-1990
Lynn Martin 1991-1993
Secrétaire à la Santé et aux services sociaux Louis Wade Sullivan 1989-1993
Secrétaire à l'Éducation Lauro Cavazos 1988-1990
Lamar Alexander 1990-1993
Secrétaire au Logement
et au Développement urbain
Jack Kemp 1989-1993
Secrétaire aux Transports Samuel Skinner 1989-1992
Andrew Card 1992-1993
Secrétaire à l'Énergie James Watkins 1989-1993
Secrétaire aux Anciens combattants Edward Derwinski 1989-1993
Chef de cabinet John H. Sununu 1989-1991
Samuel Skinner 1991-1992
James Baker 1992-1993
Administrateur de l'Agence de protection
de l'environnement
William K. Reilly 1989-1993
Directeur du Bureau de la gestion et du budget Richard Darman 1989-1993
Directeur du bureau national chargé
de la politique de contrôle des drogues
William John Bennett 1989-1991
Bob Martinez 1991-1993
Représentant américain au commerce Carla Anderson Hills 1989-1993

Nominations judiciaires[modifier | modifier le code]

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Article connexe : Géopolitique des années 1990.

Panama[modifier | modifier le code]

Bush discutant de l'opération Just Cause au téléphone, entouré du général Brent Scowcroft et du chef de cabinet John H. Sununu, en décembre 1989.

Dans les années 1980, les États-Unis avaient fourni de l'aide au dirigeant panaméen Manuel Noriega, un dictateur anticommuniste qui se livrait au trafic de drogue. En mai 1989, Guillermo Endara Galimany remporta l'élection présidentielle mais les résultats furent annulés par Noriega. Bush protesta vivement contre cette initiative et estima que Noriega constituait une menace pour les intérêts américains dans cette région, notamment le canal de Panama[31]. Il ordonna le déploiement de 2 000 soldats dans ce pays où ces derniers commencèrent à mener des exercices militaires réguliers, en violation des traités antérieurs[32]. Noriega réprima une tentative de coup d'État militaire en octobre alors que son régime faisait face à des protestations massives. En décembre 1989, après l'assassinat d'un soldat américain par les forces panaméennes, le président Bush envoya 24 000 soldats chasser Noriega du pouvoir[33]. L'invasion du Panama par les États-Unis, connue sous le nom d'« opération Just Cause », fut en plus de 40 ans la première intervention militaire américaine à grande échelle à ne pas être liée à la guerre froide[34]. Les troupes américaines prirent rapidement le contrôle de la zone du canal et de la capitale, mais Noriega se réfugia à l'ambassade du Vatican. Il se rendit finalement le 3 janvier 1990 et fut rapidement transféré aux États-Unis pour y être incarcéré. 23 soldats américains furent tués et 394 autres blessés au cours de l'opération. Noriega, reconnu coupable de racket et de trafic de drogue, fut emprisonné en avril 1992. De son côté, Endara fut officiellement investi comme président et exerça le pouvoir jusqu'en 1994[31].

Fin de la guerre froide[modifier | modifier le code]

Chute du bloc de l'Est[modifier | modifier le code]

Carte montrant la séparation entre Allemagne de l'Est et Allemagne de l'Ouest jusqu'en 1990, avec Berlin-Ouest en jaune.

Sous son second mandat, Reagan, avec l'aide du dirigeant de l'Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev, était parvenu à apaiser les tensions entre les États-Unis et l'URSS dans le cadre de la guerre froide, mais Bush se montra initialement sceptique vis-à-vis des intentions soviétiques[35]. Durant la première année de son mandat, il mit en place une nouvelle politique, surnommée la pauza, qui rompait avec la politique de détente de son prédécesseur[36]. Alors que Bush s'efforçait de faire appliquer la pauza, les pays satellites de l'URSS en Europe de l'Est commencèrent à remettre en cause la domination soviétique[37]. Au cours de l'année 1989, les gouvernements communistes de Pologne, de Hongrie et de Tchécoslovaquie chutèrent les uns après les autres tandis que ceux de Bulgarie et de Roumanie entreprirent d'importantes réformes. En novembre 1989, les autorités d'Allemagne de l'Est ouvrirent le mur de Berlin qui fut ensuite démoli par une population berlinoise en liesse[38]. De nombreux responsables soviétiques firent pression sur Gorbatchev pour l'inciter à réprimer les soulèvements en Europe de l'Est mais ce dernier refusa de recourir à la force armée, abandonnant de fait la doctrine Brejnev[39]. Les États-Unis n'étaient pas directement impliqués dans ces événements mais l'administration Bush cacha sa jubilation liée à la disparition du bloc de l'Est afin de ne pas compromettre la mise en œuvre de réformes démocratiques[38]. Bush fut également l'un de ceux qui convainquirent les dirigeants polonais d'autoriser la tenue d'élections démocratiques et il fut le premier président américain en exercice à visiter la Hongrie[40].

Au milieu de l'année 1989, alors que l'Europe de l'Est était secouée par des troubles, Bush demanda à s'entretenir directement avec Gorbatchev. Les deux hommes se rencontrèrent au mois de décembre à l'occasion du sommet de Malte[39]. À l'issue de cet entretien, Bush décida de coopérer étroitement avec Gorbatchev car il estimait que le dirigeant soviétique était la solution pour mettre fin pacifiquement à la domination soviétique sur l'Europe de l'Est[41]. Lors du sommet de Malte, l'un des principaux sujets évoqués fut la possibilité d'une réunification de l'Allemagne[42]. Alors que la Grande-Bretagne et la France ne voulaient pas d'une Allemagne réunifiée, Bush plaida en faveur du processus de réunification aux côtés du chancelier ouest-allemand Helmut Kohl. Gorbatchev était également réticent à l'idée d'une Allemagne réunifiée et a fortiori membre de l'OTAN mais les bouleversements politiques de l'année précédente avaient fortement diminué son influence aussi bien en URSS qu'à l'étranger[43]. Il accepta finalement des pourparlers à « deux-plus-quatre » entre l'Union soviétique, les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et les deux Allemagnes. Les discussions commencèrent en 1990 et donnèrent lieu à d'âpres négociations, mais Gorbatchev consentit finalement à ce que l'Allemagne fasse partie de l'OTAN. L'Allemagne fut officiellement réunifiée en octobre 1990 avec la signature du traité de Moscou[44].

Dissolution de l'Union soviétique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Dislocation de l'URSS.
George Bush et Mikhaïl Gorbatchev au sommet d'Helsinki en septembre 1990.

Alors que Gorbatchev était d'accord avec la démocratisation des États satellites de l'Union soviétique, il réprima durement les mouvements nationalistes au sein-même de l'URSS[45]. Dans les années 1940, l'URSS avait occupé la Lituanie, la Lettonie et l'Estonie mais beaucoup de citoyens de ces pays n'avaient jamais accepté la domination soviétique. Lorsque la Lituanie proclama son indépendance en 1990, Gorbatchev désapprouva fortement cette initiative car il pensait que l'URSS risquait de s'effondrer s'il décidait de reconnaître l'indépendance de la Lituanie. Les États-Unis n'avaient jamais reconnu l'occupation soviétique des États baltes, et la crise lituanienne mit Bush dans une situation difficile. Bush avait besoin de la coopération de Gorbatchev pour la réunification de l'Allemagne et il craignait que la chute de l'Union soviétique ne fasse tomber la bombe nucléaire dans de mauvaises mains. L'administration Bush protesta mollement contre la dissolution du mouvement indépendantiste lituanien par Gorbatchev et décida de ne pas intervenir directement[46]. Bush mit en garde les indépendantistes sur le désordre qu'engendrerait une sécession d'avec l'URSS ; dans un discours prononcé en 1991, surnommé le discours du « poulet à la Kiev » par ses opposants, il manifesta clairement son opposition à un « nationalisme suicidaire »[47].

En juillet 1991, Bush et Gorbatchev signèrent le traité de réduction des armes stratégiques (START I), le premier accord d'importance concernant les armes nucléaires depuis le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en 1987[48]. Les deux pays acceptaient de réduire leur stock d'armes nucléaires de 30 % et l'Union soviétique promettait de diminuer de 50 % son arsenal de missiles balistiques intercontinentaux[49]. En août 1991, des communistes partisans d'une « ligne dure » organisèrent un putsch contre Gorbatchev qui échoua rapidement mais qui brisa le peu d'autorité qui restait à Gorbatchev et au gouvernement central soviétique[50]. Le même mois, Gorbatchev démissionna de son poste de secrétaire général du Parti communiste et le président russe Boris Eltsine ordonna la saisie des biens soviétiques. Gorbatchev resta au pouvoir comme président de l'Union soviétique jusqu'à la dissolution de l'URSS au mois de décembre[51]. Des ruines de l'Union soviétique naquirent quinze nouveaux États, la Russie étant le plus grand et le plus peuplé. Bush et Eltsine se rencontrèrent en février 1992 et inaugurèrent à cette occasion une « nouvelle ère d'amitié et de partenariat »[52]. En janvier 1993, les deux dirigeants signèrent le traité START II qui prévoyait une nouvelle réduction des arsenaux nucléaires par rapport au traité initial[53].

L'Union soviétique et les États-Unis avaient généralement été considérées comme les deux superpuissances de la guerre froide, mais avec l'effondrement de l'URSS, des spécialistes commencèrent à désigner les États-Unis comme une « hyperpuissance ». Le politologue Francis Fukuyama émit l'hypothèse que l'humanité avait atteint la « fin de l'histoire » en ce sens que la démocratie libérale et capitaliste avait définitivement triomphé du communisme et du fascisme[54]. Toutefois, la chute de l'URSS et des autres gouvernements communistes engendra des conflits en Europe centrale, en Europe de l'Est, en Asie centrale et en Afrique[55]. Les guerres de Yougoslavie éclatèrent en 1991 lorsque plusieurs républiques intégrées à la Yougoslavie réclamèrent leur indépendance, et l'administration Bush soutint les tentatives de médiation des Européens en faveur de l'apaisement[56].

Guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

Invasion du Koweït par l'Irak[modifier | modifier le code]

George Bush rendant visite aux troupes stationnées en Arabie saoudite en novembre 1990.

Sur décision de son dirigeant Saddam Hussein, l'Irak envahit l'Iran en 1980, démarrant la guerre Iran-Irak qui ne prit fin qu'en 1988[57]. Les États-Unis, hostiles à l'Iran, avaient soutenu l'Irak pendant le conflit mais Bush ordonna de ne plus accorder de prêts à l'Irak en raison de la répression brutale menée par Saddam Hussein contre les dissidents et ses menaces de guerre contre Israël. Confronté à une hausse massive de la dette et à une chute du prix du pétrole, Hussein décida d'occuper le Koweït, un petit État riche en ressources pétrolières situé à la frontière sud de l'Irak[58].

Après l'invasion du Koweït par l'Irak en août 1990, Bush imposa des sanctions économiques contre l'Irak et réunit une coalition multinationale pour s'opposer à cette agression[57]. L'administration craignait en effet qu'une riposte inadaptée à l'invasion du Koweït encouragerait Hussein à attaquer l'Arabie saoudite ou Israël et souhaitait par conséquent décourager les autres pays de se comporter de façon similaire[59]. La communauté internationale approuva dans une large mesure la position des États-Unis : Margaret Thatcher déclara par exemple que « si l'Irak gagne, aucun petit État n'est en sécurité »[60]. Bush voulait également s'assurer un accès permanent aux réserves de pétrole — l'Irak et le Koweït représentant collectivement 20 % de la production mondiale de pétrole tandis que la part de l'Arabie saoudite dans cette production était de 26 %[61].

En prévision d'une intervention militaire contre l'Irak, les États-Unis transférèrent des milliers de soldats en Arabie saoudite et le général Norman Schwarzkopf élabora un plan d'invasion[62]. Pendant plusieurs semaines, l'administration Bush était prête à renoncer à l'usage de la force contre l'Irak si les sanctions économiques et la pression internationale incitaient Saddam Hussein à se retirer du Koweït[63]. Sur l'insistance de Bush, le Conseil de sécurité des Nations unies vota en novembre 1990 une résolution autorisant le recours à la force si l'Irak ne se retirait pas du Koweït avant le 15 janvier 1991[64]. Le soutien de Gorbatchev et l'abstention de la Chine permirent à cette résolution d'être adoptée[65]. Bush convainquit par ailleurs la Grande-Bretagne, la France et d'autres pays à participer militairement aux opérations et il obtint un soutien financier important de la part de l'Allemagne, du Japon, de la Corée du Sud, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis[66].

Opération Tempête du désert[modifier | modifier le code]

En janvier 1991, Bush demanda au Congrès d'approuver une résolution conjointe autorisant une guerre contre l'Irak[67]. Le président estimait que la résolution votée par les Nations unies lui accordait déjà une légitimité suffisante mais il voulait montrer que son pays tout entier était prêt à entrer en guerre[68]. S'exprimant devant une session conjointe du Congrès à propos d'une offensive aérienne et terrestre, Bush définit quatre objectifs principaux : « l'Irak doit se retirer complètement du Koweït, immédiatement et sans condition. Le gouvernement légitime du Koweït doit être restauré. La sécurité et la stabilité du golfe Persique doit être assuré et les citoyens américains à l'étranger doivent être protégés ». Il présenta ensuite un cinquième objectif, sur le long terme : « notre cinquième objectif, un nouvel ordre mondial, peut émerger de cette période troublée : une nouvelle ère, en passe d'être libérée de la menace de la terreur, plus forte dans sa quête de justice, et plus sûre dans sa recherche de la paix. Une ère dans laquelle les nations du monde, à l'est et à l'ouest, au nord et au sud, peuvent prospérer et vivre en harmonie… Un monde où le droit supplante la loi de la jungle. Un monde dans lequel les nations assument le partage des responsabilités en faveur de la liberté et de la justice. Un monde où les forts respectent les droits des faibles »[69]. Malgré l'opposition de la plupart des démocrates à la Chambre et au Sénat, le Congrès adopta la résolution autorisant le recours à la force contre l'Irak[67].

Le président Bush discutant avec Robert Gates, le général Colin Powell, le secrétaire à la Défense Dick Cheney et d'autres responsables à propos de la situation dans le golfe Persique et de l'opération Tempête du désert, le 15 janvier 1991.

Le délai accordé aux forces irakiennes pour évacuer le Koweït ayant expiré le 15 janvier, les troupes de la coalition bombardèrent pendant 39 jours les positions irakiennes et en premier lieu la capitale, Bagdad. Les réseaux de communications du pays furent ravagés et 100 000 soldats irakiens désertèrent. En guise de représailles, l'Irak envoya des missiles Scud contre Israël et l'Arabie saoudite mais les dégâts furent minimes. Le 23 février, les forces de la coalition déclenchèrent une offensive terrestre au Koweït et expulsèrent l'armée irakienne du territoire dans la soirée du 27. Les pertes de la coalition se chiffrèrent à environ 300 Américains et 65 militaires d'autres nationalités[70]. Un cessez-le-feu fut proclamé le 3 mars et les Nations unies adoptèrent une résolution instaurant une mission de maintien de la paix dans une zone démilitarisée entre le Koweït et l'Irak[71]. D'après un sondage Gallup de mars 1991, la cote de popularité de Bush atteignait 89 %, soit le plus haut taux jamais mesuré dans l'histoire de cet institut[72].

Au cours de l'opération, les troupes de la coalition ne se lancèrent pas à la poursuite des forces irakiennes au-delà de la frontière, permettant à Saddam Hussein de rester au pouvoir en Irak avec le soutien de la garde républicaine irakienne[70]. Bush expliqua que son intention n'était pas de renverser le gouvernement irakien car cela aurait entraîné selon lui un « coût politique et humain incalculable… Nous aurions été forcé d'occuper Bagdad et, de fait, de diriger l'Irak »[73]. Sa décision de ne pas poursuivre jusqu'à Bagdad reste controversée[74]. Le secrétaire à la Défense Dick Cheney déclara à ce propos : « une fois que nous nous serions débarrassés de Hussein et de son gouvernement, alors je vous pose la question : qu'est-ce que vous auriez mis à la place ? »[75] Au lendemain du conflit, l'administration Bush encouragea les mouvements insurrectionnels contre l'Irak, et les Kurdes ainsi que les Arabes chiites se soulevèrent contre Saddam Hussein. Les États-Unis refusèrent néanmoins de soutenir les rebelles et Hussein réprima violemment les insurgés[76]. Après 1991, les Nations unies maintinrent des sanctions économiques contre l'Irak et une commission de contrôle fut créée pour veiller au démantèlement par les autorités irakiennes du programme sur les armes de destruction massive[77].

Chine[modifier | modifier le code]

L'une des priorités du président Bush fut de renforcer les relations entre les États-Unis et la République populaire de Chine. Avant même son accession à la présidence, Bush avait noué des relations amicales avec le Premier ministre chinois Deng Xiaoping. En dépit de la proximité entre ces deux dirigeants, les questions relatives aux droits de l'homme furent un obstacle important à la politique chinoise du président américain[78]. Au milieu de l'année 1989, des étudiants et des citoyens de tous bords manifestèrent dans 200 villes du pays en faveur de la démocratie et de la liberté intellectuelle. En juin de la même année, les manifestations de la place Tian'anmen à Pékin furent violemment réprimées par l'Armée populaire de libération. Bush était enclin à maintenir de bonnes relations avec la Chine, dont le rapprochement avec les États-Unis s'était amorcé depuis les années 1970, mais il fut outré par l'attitude du gouvernement chinois face aux manifestants. En réponse au massacre de la place Tian'anmen, l'administration américaine mit en place des sanctions économiques et un embargo sur les ventes d'armes[79]. Les pressions menées en coulisse par Bush et le gouvernement japonais convainquirent finalement les autorités chinoises de libérer les dissidents emprisonnés[80].

ALENA[modifier | modifier le code]

Signature de l'Accord de libre-échange nord-américain en octobre 1992. De gauche à droite (debout) : le président mexicain Carlos Salinas de Gortari, le président Bush et le Premier ministre canadien Brian Mulroney ; (assis) Jaime Serra Puche, Carla Anderson Hills et Michael Wilson.

En 1987, les États-Unis et le Canada avaient négocié un accord de libre-échange qui supprimait la majeure partie des droits de douane entre ces deux pays. Le président Reagan avait pensé cet accord comme la première étape d'un accord plus large visant à abolir la plupart des droits de douane existants entre les États-Unis, le Canada et le Mexique[81]. À l'époque, ce dernier avait refusé d'être associé au traité, mais le nouveau président Carlos Salinas de Gortari, arrivé au pouvoir en 1988, se déclara favorable à la mise en place d'un nouvel accord[82]. L'administration Bush, conjointement avec le Premier ministre canadien Brian Mulroney, supervisa les discussions avec le Mexique autour de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). En plus de l'abaissement des droits de douane, les clauses du projet de traité prévoyaient une restriction des brevets, des droits d'auteur et des marques déposées[83].

En 1991, Bush demanda une accélération de procédure (fast track authority), donnant au président le pouvoir de soumettre un accord commercial international au Congrès sans possibilité d'amendement. En dépit de l'opposition d'une partie des parlementaires conduits par le chef de la majorité à la Chambre des représentants, Dick Gephardt, le Congrès donna son feu vert au président. L'ALENA fut signé en décembre 1992, après la défaite de Bush à l'élection présidentielle[82], et fut définitivement ratifié par le président Clinton en 1993[84]. L'impact de cet accord sur les salaires, l'emploi et la croissance économique reste néanmoins controversé[85].

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

Crise des Savings and loan[modifier | modifier le code]

Situation économique[modifier | modifier le code]

Négociations budgétaires de 1990[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Droits civiques[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

En juin 1989, l'administration Bush élabora un projet de loi visant à amender le Clean Air Act. Avec l'appui du chef de la majorité au Sénat George J. Mitchell, le texte fut adopté malgré l'opposition d'un certain nombre de membres du Congrès liés au monde des affaires et qui ne voulaient pas d'une législation plus contraignante[86]. L'objectif de cette loi était de lutter contre les pluies acides et le smog des villes en exigeant une réduction des émissions de substances chimiques comme le dioxyde de soufre[87]. Ce fut la première modification importante du Clean Air Act depuis son adoption en 1977[88]. Bush signa également l'Oil Pollution Act 1990 à la suite de la marée noire de l'Exxon Valdez. La « ligue des électeurs de la conservation », un groupe favorable à la protection de l'environnement, critiqua cependant plusieurs initiatives de Bush dans le domaine environnemental, en particulier son opposition à des normes de kilométrage plus strictes pour les voitures[89].

Fondation des « mille points de lumière »[modifier | modifier le code]

Autres actions et réformes[modifier | modifier le code]

Pardons[modifier | modifier le code]

Élection présidentielle de 1992[modifier | modifier le code]

Le président Bush en campagne dans l'Alabama, en août 1992.

Bush annonça sa candidature à un second mandat au début de l'année 1992. Très populaire après la victoire de la coalition dans la guerre du Golfe, sa réélection semblait assurée[90]. Beaucoup d'experts pensaient que les démocrates ne feraient pas mieux que Dukakis en 1988 et la plupart des ténors du Parti démocrate, comme Mario Cuomo, Dick Gephardt et Al Gore, renoncèrent à briguer la nomination de leur parti pour l'élection présidentielle[91]. Toutefois, l'augmentation des impôts décidée par Bush avait mécontenté un certain nombre de conservateurs et le président sortant fut défié par la droite de son parti aux primaires républicaines de 1992[92]. Le journaliste conservateur Pat Buchanan critiqua le reniement de Bush en matière fiscale et son soutien à la loi sur les droits civiques de 1991[93]. Buchanan surprit la plupart des observateurs en terminant deuxième à la primaire du New Hampshire[94]. Bush parvint néanmoins à conserver l'avantage et à décrocher la nomination de son parti à la convention nationale républicaine de 1992 ; cependant, sous l'influence de la droite chrétienne, la convention adopta une plateforme conservatrice sur les questions sociales[95].

À mesure que la situation économique empirait et que la cote de popularité de Bush déclinait, plusieurs démocrates décidèrent de participer aux primaires de leur parti. L'ancien sénateur Paul Tsongas du Massachusetts remporta la primaire du New Hampshire, mais le gouverneur Bill Clinton de l'Arkansas s'affirma rapidement comme le favori dans la course à la nomination. Modéré affilié au Democratic Leadership Council, Clinton était favorable à une réforme de la protection sociale, à une réduction des déficits et à une diminution des impôts pour la classe moyenne. Clinton résista aux attaques sur sa vie personnelle et remporta la nomination face à Tsongas, l'ancien gouverneur de Californie Jerry Brown et d'autres candidats. Il désigna ensuite le sénateur Al Gore du Tennessee, un compatriote du Sud, en tant que colistier[96]. Des sondages effectués juste après la convention démocrate montrèrent que Clinton distançait son adversaire de vingt points dans les intentions de vote[97]. Le candidat démocrate concentra sa campagne sur l'économie en critiquant le bilan de Reagan et de Bush en la matière[98].

Dans les premiers mois de 1992, la campagne prit un tournant inattendu avec l'irruption d'un troisième candidat, le milliardaire texan Ross Perot, qui accusait les républicains et les démocrates d'être incapables de résorber le déficit et d'améliorer l'efficacité du gouvernement. Son discours séduisit des électeurs de tous les bords politiques déçus par les politiques fiscales des deux principaux partis. Perot critiqua également l'ALENA qui entraînerait selon lui de nombreuses pertes d'emploi[99]. Perot quitta temporairement la course en juillet 1992 avant de revenir début octobre[100].

Clinton remporta finalement l'élection, récoltant 43 % du vote populaire et 370 grands électeurs contre 37,5 % des voix et 168 grands électeurs pour Bush. Perot arriva troisième avec 19 % du vote populaire, obtenant l'un des meilleurs résultats d'un candidat de tiers parti à une élection présidentielle[101]. Clinton arriva en tête dans le Nord-Ouest, le Midwest et la côte Ouest et obtint également les scores les plus élevés pour un candidat démocrate dans le Sud depuis l'élection de 1976. Bush remporta quant à lui la majorité des États du Sud ainsi que la plupart des États des montagnes et des Grandes Plaines. Lors des élections législatives qui se déroulèrent à la même période, les démocrates restèrent majoritaires à la Chambre des représentants et au Sénat[102].

Plusieurs facteurs contribuèrent à la défaite de Bush. La crise économique engendrée par la récession ne fut pas le moins important, 7 électeurs sur 10 ayant déclaré le jour du scrutin que l'économie n'était « pas très bonne » voire « médiocre »[103],[104]. À la veille de l'élection, le taux de chômage était de 7,8 %, son niveau le plus élevé depuis 1984[105]. La campagne de Bush pâtit également de l'absence de Lee Atwater, mort en 1991, ce qui la rendit probablement moins efficace qu'en 1988[106], ainsi que de l'hostilité d'un grand nombre de conservateurs au sein du Parti républicain[107].

Héritage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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