Siège des Nations unies

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Siège des Nations unies
United Nations Headquarters
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Le siège de l'ONU vu de l'East River.

Présentation
Type
Complexe immobilier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Style
Architecte
Construction
Hauteur
155 m
Destination actuelle
Propriétaire
Géographie
Pays
État
Ville
Localisation
Coordonnées
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Le siège des Nations unies est le bâtiment accueillant l'essentiel des institutions de l'Organisation des Nations unies. Il est situé à New York, au bord de l’East River dans l'arrondissement de Manhattan, dans le quartier de Turtle Bay à l’est de Midtown. Sa construction principale a commencé en 1947 et s’est achevée en 1952. Il a été inauguré le 9 janvier 1951.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le 10 décembre 1945, le Congrès américain proposa à l'unanimité d'inviter l'Organisation des Nations unies à venir établir son siège permanent aux États-Unis. L'Organisation y répondit favorablement lors de l'Assemblée générale à sa première session, tenue le 14 février 1946 à Londres[1].

Dès que la décision fut prise, un comité spécial des Nations unies passa le deuxième semestre de l'année 1946 à examiner divers emplacements éventuels dans différentes ville américaines comme Philadelphie, Boston et San Francisco, ainsi qu'au nord de New York et n'a pas spécialement pensé à Manhattan, quartier jugé trop populeux[1].

Mais l'offre de 8,5 millions de dollars faite à la dernière minute par le philanthrope John Davison Rockefeller Junior[2], pour l'achat du site actuel remporta finalement l'assentiment de la plupart des membres de l'Assemblée générale le 14 décembre 1946. Ce site était à l'époque un quartier formé d'abattoirs délabrés, d'installations industrielles et de docks pour barges ferroviaires, coincé entre deux voies de circulation importante : Première Avenue et l'East River Drive (rebaptisée depuis Franklin D. Roosevelt Drive). Néanmoins, la ville de New York accepta de céder des terrains pour compléter l'achat de celui-ci[1]. Ce bâtiment a été inauguré en 1954.

Cependant, en attendant la construction du nouveau siège, les institutions de l'organisation siègèrent provisoirement dans divers endroits[1] :

Paris accueillit la troisième assemblée générale des Nations unies au palais de Chaillot, bénéficiant d'une exception d'extraterritorialité temporaire. Pour cela, une cérémonie est organisée le 1er septembre 1948, lors de laquelle le ministre des affaires étrangères français Maurice Schumann remet symboliquement les clefs du palais au secrétaire général de l'ONU, Trygve Lie. L'Assemblée générale des Nations unies y adopte la Déclaration universelle des droits de l'homme le [3].

En 1951, la capitale française accueille de nouveau au palais de Chaillot la sixième assemblée générale des Nations unies. Des bâtiments provisoires préfabriqués sont construits à cet effet en 135 jours sur les plans de Jacques Carlu, entre l'actuelle avenue des Nations-Unies et autour de la fontaine du Trocadéro[4].

Rôle[modifier | modifier le code]

Le complexe abrite cinq des six principaux organes de l'ONU :

Le dernier organe principal, la Cour internationale de justice, a son siège à la Haye aux Pays-Bas.

Étant considéré comme un territoire international, le site de l’ONU bénéficie de l'immunité diplomatique ; les diplomates ne sont donc pas assujettis à la loi américaine. Cependant depuis les années 1990, la ville de New York a engagé des mesures pour que les diplomates respectent les règlements en vigueur hors de l’enceinte de l’ONU, notamment pour les problèmes de stationnement payant ou de conduite en état d’ivresse.

Architecture[modifier | modifier le code]

La conception est l’œuvre d’une équipe de onze architectes, parmi lesquels Wallace Harrison, Oscar Niemeyer et Le Corbusier. Le projet fut accepté en 1947 et les travaux durèrent jusqu'en 1952[2].

Le complexe comprend trois principaux bâtiments :

L’ensemble est entouré d’un grand jardin au bord de l’East River, décoré par des statues qui ont été offertes par les pays membres. Le long de la première avenue de New York sont alignés les 193 drapeaux des États membres, par ordre alphabétique du nom des pays en anglais — le premier étant l’Afghanistan et le dernier le Zimbabwe.

Visite[modifier | modifier le code]

On peut visiter les bâtiments, qui abritent des expositions, notamment sur les actions menées par l’ONU, et également plusieurs œuvres d’art :

  • Le vitrail réalisé par Marc Chagall est un don effectué en 1964 à la mémoire de Dag Hammarskjöld, le deuxième secrétaire général de l'ONU, tué avec quinze autres personnes dans un accident d’avion.
  • Une sculpture sur ivoire chinoise représente le train Chengtu-Kunming dans un paysage montagneux. Offerte par la Chine en 1970, cette œuvre a été réalisée par une centaine de personnes et représente deux ans de travail.
  • La mosaïque de Norman Rockwell est un don des États-Unis en 1985 et a été réalisée par des artistes de Venise ; elle reproduit une peinture de Norman Rockwell appelée Golden Rule, une œuvre figurative et très œcuménique, où l’on voit des gens de différentes couleurs, origines et religions, réunis dans une attitude de recueillement.
  • La Cloche japonaise de la paix a été fondue en 1954 à partir de pièces de monnaies rassemblées par des enfants de soixante pays différents. Elle est abritée sous un toit typiquement japonais, construit en cyprès. On la sonne deux fois par an, au premier jour du printemps et le 21 septembre, quand reprennent les travaux de l’Assemblée générale.
  • Un pendule de Foucault a été offert par les Pays-Bas en 1955. Il est animé par un système électromagnétique qui permet de visualiser la rotation de la terre.
  • Non-violence est une sculpture de Carl Fredrik Reuterswärd qui s'élève sur le parvis de l'Assemblée générale.
  • Guerre et paix, un diptyque monumental du peintre brésilien Candido Portinari, commandé en 1952, livré à l'ONU en 1956 et inauguré un an plus tard mais en l'absence de l'artiste en raison de ses sympathies pour le Parti communiste, à une époque où les États-Unis sont marqués par le maccarthysme[5].

En 2004, environ 360 000 touristes ont visité le bâtiment (dont 40 % de personnes vivant aux États-Unis). Depuis l'ouverture en 1952, il y aurait eu 37 millions de visites au siège de l'organisation internationale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a, b, c et d Histoire du Siège de l'Organisation des Nations Unies à New York
  2. a et b François Weil, Histoire de New York, Paris, Fayard, 2005 (ISBN 2213618569), p.270
  3. La Cité de l’architecture et du patrimoine / le musée des Monuments français / les Archives nationales, Esprits des lieux : Du Trocadéro au palais de Chaillot, 2011, p. 124.
  4. La Cité de l’architecture et du patrimoine / le musée des Monuments français / les Archives nationales, Esprits des lieux : Du Trocadéro au palais de Chaillot, 2011, p. 126.
  5. Clélia Bailly, « Candido Portinari, un géant porté ONU », Paris Match, semaine du 15 au 21 mai 2014, page 12.

Lien externe[modifier | modifier le code]