Park Chung-hee

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dans ce nom coréen, le nom de famille, Park, précède le nom personnel.
Park Chung-hee
박정희
Image illustrative de l'article Park Chung-hee
Fonctions
Président de la République de Corée[N 1]

(17 ans 7 mois et 2 jours)
Élection
Réélection


Prédécesseur Yun Po-sun
Successeur Choi Kyu-ha
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Gumi (Empire du Japon), Corée
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Séoul (Corée du Sud)
Nature du décès assassinat
Nationalité sud-coréenne
Parti politique Parti démocratique républicain
Conjoint Yuk Young-soo (1925-1974)
Enfants Park Geun-hye
Religion bouddhisme

Signature de Park Chung-hee박정희

Park Chung-hee
Présidents de la République de Corée
Park Chung-hee
Hangeul 박정희
Hanja 朴正熙
Romanisation révisée Bak Jeonghui
McCune-Reischauer Pak Chŏnghŭi

Park Chung-hee (en hangul : 박정희, en hanja : 朴正熙), né le à Gumi et mort le à Séoul, est un militaire et homme d'État sud-coréen, président de la République de 1962 à 1979. Sous son régime autoritaire, la Corée du Sud prend son essor économique pour se hisser parmi les vingt pays les plus riches de la planète.

Sous l’occupation japonaise, Park Chung-hee a porté également les noms de Takaki Masao et Okamoto Minoru.

Biographie[modifier | modifier le code]

Park Chung-hee est né à Gumi, une petite ville dans le Gyeongsang du Nord, près de Daegu, le . Il est diplômé de l'académie militaire japonaise de Mandchourie en 1944. Soupçonné de participation à une cellule communiste au sein de l'armée sud-coréenne et de projeter un soulèvement, il est condamné à mort, puis gracié, en 1948[1]. Il a ensuite trahi ses collègues dans l'armée[2].

Coup d’État[modifier | modifier le code]

Le , Park prit la tête d'un coup d'État militaire qui renversa le gouvernement civil du Premier ministre Chang Myon tout en maintenant en fonction pendant un an le président Yun Po-sun. Dirigeant politique de fait du pays, Park devint président du Conseil suprême pour la Reconstruction nationale en juillet 1961, puis, après la démission du président Yun en mars 1962, il succéda à ce dernier comme président intérimaire. Mais face aux pressions de l'administration Kennedy, un gouvernement civil fut rétabli. Une nouvelle constitution fut adoptée puis des élections générales furent organisée en octobre 1963. Park remporta la présidentielle le et fut investi président de la République le 17 décembre suivant. Il devait par la suite être réélu à quatre reprises en 1967, 1971, 1972 et 1978.

Politique économique[modifier | modifier le code]

Park Chung Hee met en place une politique d’industrialisation accélérée sous la direction d’une planification autoritaire. Le premier plan quinquennal est lancé en 1962 et sera suivi de deux autres. La Corée applique un protectionnisme strict tant à l’égard de sa production agricole (interdiction d’importation de riz) qu’industrielle. Par ailleurs l’État prend possession de l’ensemble du système financier et n’emprunte que très peu sur les marchés internationaux[3].

Sous son gouvernement, on vit le développement des chaebol (jaebeol), sociétés familiales soutenues par l’État dont le système est similaire à celui des zaibatsu japonais. On compte, entre autres, parmi ces sociétés, Hyundai, LG et Samsung. Mais le développement économique de la Corée du Sud se poursuit au prix de sacrifices importants pour la classe ouvrière : le gouvernement ne reconnait pas de salaire minimum ou de congé hebdomadaire, impose des périodes de travail gratuit à son bénéfice et les journées de travail sont d'une durée de douze heures. En outre, les syndicats et actions collectives ouvrières sont interdites[4].

Il normalisa les relations avec le Japon en 1965 avec le traité nippo-sud-coréen du 22 juin 1965. Ce traité fut très mal accueilli et causa une agitation généralisée car les méfaits japonais de la Seconde Guerre mondiale étaient encore trop présents dans les esprits des deux Corées. Néanmoins, en renonçant aux réparations de guerre et aux excuses en échange d'investissements, Park permit l'arrivée de capitaux japonais dans le pays.

Park n'encourt pas les accusations de corruption des militaires qui lui ont succédé. En effet, il considérait important d'affecter un style de vie austère s’il voulait demander aux Coréens des sacrifices pour la prospérité future. Il s'habillait simplement et mélangeait son riz avec de l'orge pour l'économiser. Pourtant, selon le témoignage d'un ancien responsable des services secrets, il détournait à son avantage une petite portion des investissements étrangers en Corée du Sud[5]

Un régime répressif[modifier | modifier le code]

Après presque dix ans au pouvoir, dans un régime électoral qui vit Park remporter de justesse une élection présidentielle très serrée contre Kim Dae-Jung en 1971, Park instaura l'état d'urgence et adopta la constitution yusin en 1972, ce qui transforma effectivement la présidence en régime dictatorial légal : il devient alors président à vie. De nombreuses franges de la population sud-coréenne se détournèrent de lui à la suite de cette action.

À partir de 1973, il lança un programme de conversion forcée des prisonniers politiques, auquel des détenus communistes comme Ri In-mo refusèrent de se soumettre. Il donne son accord au moins tacite à la tentative d'assassinat contre Kim Dae-jung, enlevé en août 1973 à Tokyo et libéré in extremis grâce à la pression de l'ambassadeur Philip Habib, qui agit de sa propre initiative, malgré le soutien de l'administration Nixon à son régime. En octobre 1979, Kim Hyung-wook, chef des services secrets jusqu'à sa défection en 1973, disparait à Paris, probablement assassiné par des agents sud-coréens.

En 1975, il ordonne de « libérer » les rues de Séoul des sans-abri. Des milliers de personnes sont capturées par la police et envoyées dans trente-six camps. Les détenus étaient ensuite utilisés comme main d’œuvre gratuite par les autorités, et constamment sujets à des traitements dégradants[6] .

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le , des agents de la Corée du Nord attaquent le palais présidentiel à Séoul mais échouent à abattre Park Chung Hee. Lors des combats, 28 Nord-coréens, 68 Sud-coréens et 3 Américains sont tués.

Le , une tentative d'assassinat par Moon Se-gwang (un agent nord-coréen selon Séoul) échoua, mais causa la mort de son épouse Yuk Yeong-su. Park fut lui-même assassiné le par Kim Jae-kyu, son ami de longue date, alors à la tête de la KCIA (Korean Central Intelligence Agency), la police secrète sud-coréenne. Kim Jae-kyu et d'autres membres de la KCIA accusés de participation au complot sont torturés et exécutés.

Park Chung-hee est le père de Park Geun-hye, élue présidente de la République[7],[8] le . Elle s'est timidement excusée pour les dégâts causés par son père sous son régime.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Président du Conseil suprême pour la reconstruction nationale du au .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Éric Bidet, Corée du Sud. Économie sociale et société civile, l'Harmattan/Innoval, 2003, p. 77, se référant à M. Breen, The Koreans, Orion Business Books, London, 1998
  2. « Quelle appréciation sur l’époque de Park Chung Hee et le développement coréen », sur Korea is one!).
  3. « CADTM - Corée du Sud : le miracle démasqué », sur www.cadtm.org
  4. « Corée : l'ébranlement d'une dictature », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  5. Ex-Director informs on KCIA action
  6. Sputnik, « JO de Séoul 1988: une histoire inconnue des camps de concentration modernes », sur fr.sputniknews.com
  7. « La Corée du Sud choisit Park Geun-hye comme Président », Aujourd'hui la Corée, (consulté le 17 décembre 2012)
  8. Reuters, « Corée du Sud : la candidate conservatrice donnée gagnante de la présidentielle », Le Monde, (consulté le 17 décembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]