Printemps silencieux

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Printemps silencieux
Auteur Rachel Carson
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Version originale
Langue anglais américain
Titre Silent Spring
Éditeur Houghton Mifflin
Lieu de parution Boston
Date de parution
Version française
Traducteur Jean-François Gravrand
Éditeur Plon
Lieu de parution Paris
Date de parution
Nombre de pages 287

Printemps silencieux (Silent Spring) est un livre écrit par la biologiste Rachel Carson et publié aux États-Unis par Houghton Mifflin en . Ce livre est connu pour avoir contribué à lancer le mouvement écologiste dans le monde occidental[1].

Quand Printemps silencieux fut publié, Rachel Carson était déjà connue pour ses écrits sur l'histoire naturelle, mais n'était pas encore connue pour son rôle de critique sociale. Le livre, dont de larges extraits parurent dans quatre numéros consécutifs spéciaux du New Yorker intitulés Printemps silencieux, fut un succès (surtout après sa sélection au « Livre du Mois (en) » et le soutien du Juge de la Cour Suprême William O. Douglas). Il resta dans la liste des bestsellers du New York Times pendant plusieurs semaines et provoqua une prise de conscience par le public des problèmes liés aux pesticides et à la pollution de l'environnement. Printemps silencieux contribua à l'interdiction du pesticide DDT ou dichlorodiphényltrichloroéthane aux États-Unis en 1972[2].

L'ouvrage traitait des effets négatifs des pesticides sur l'environnement, et plus particulièrement sur les oiseaux. Rachel Carson déclarait que le DDT s'avérait être la cause de coquilles d'œufs plus fines chez les oiseaux, et occasionnait une hausse de la mortalité ainsi que des problèmes de reproduction. Elle accusait également l'industrie chimique de pratiquer la désinformation, et les autorités publiques de répondre aux attentes de l'industrie chimique sans se poser de questions.

Printemps silencieux apparaît dans de nombreux classements des meilleurs œuvres littéraires hors-fiction du XXe siècle. Il est classé 5e dans la liste Modern Library des meilleurs écrits non romanesques du XXe siècle ; et 78e dans le classement de la revue conservatrice National Review[3]. Plus récemment, Printemps silencieux fut déclaré comme faisant partie des 25 plus grands ouvrages de tous les temps par l'éditeur du Discover Magazine[4].

Une suite lui fut donnée dans Beyond Silent Spring[5], un ouvrage coécrit par Helmut van Emden (en) et David Peakall et publié en 1986.

Contenu[modifier | modifier le code]

Le livre documente comment l'utilisation non contrôlée de pesticides peut entraîner une mortalité non seulement chez les animaux, en particulier les oiseaux, mais aussi chez les humains. Rachel Carson y soutient que les pesticides devraient être renommés biocides, en raison de leur effet létal sur d'autres organismes que ceux ciblés[6]. Le titre évoque un printemps où l'on n'entendrait pas le chant des oiseaux parce qu'ils seraient tous morts à cause des pesticides. Ce titre a été inspiré par un poème de John Keats, La Belle Dame sans merci, qui contient les lignes : « The sedge is wither'd from the lake, And no birds sing » ; ce qui signifie en français : « La laîche est fanée près du lac, et nul oiseau ne chante. »[7]

Soutien[modifier | modifier le code]

Le professeur d'histoire Gary Kroll (en) fit observer que « Printemps silencieux de Rachel Carson a joué un grand rôle dans l'établissement de l'écologisme comme « sujet subversif », c'est-à-dire comme une vision allant à l'encontre du matérialisme, du scientisme, et du contrôle de la nature par la technologie. »[8]

Dans son ouvrage Les grands textes fondateurs de l'écologie, Ariane Debourdeau[9] rappelle que selon Al Gore, Printemps silencieux est l'alter ego de La Case de l'oncle Tom en ce qui concerne l'impact que l'ouvrage a pu avoir sur la société américaine. Mais contrairement à l'esclavage, qui a été aboli, la crise environnementale ne fait que croître malgré l'interdiction du DDT.

Le magazine Time a déclaré dans une publication de 1999, qu'environ un an après la publication de Printemps silencieux, « tous les critiques de Carson, excepté ceux qui servaient leurs propres intérêts, cherchèrent très vite un terrain plus sûr. Par leur ignoble campagne destinée à réduire les protestations d'une courageuse scientifique à un simple problème de relations publiques, les intérêts de l'industrie chimique n'ont fait qu'éveiller plus encore la conscience du public. »

Carson a clairement fait comprendre qu'elle ne préconisait pas l'interdiction totale des pesticides utiles, mais qu'elle encourageait au contraire une utilisation prudente et responsable qui tiendrait compte de l'impact des produits chimiques sur tout l'écosystème. Toutefois, certains de ses détracteurs affirmèrent qu'elle demandait l'élimination de tous les pesticides[10].

Impact international[modifier | modifier le code]

Printemps silencieux fut vendu à plus de deux millions d'exemplaires dans le monde[11]. L’œuvre contribua à la création de l'Agence américaine de protection de l’environnement[11] en 1970 et à l'interdiction du pesticide dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) aux États-Unis en 1972[2]. Elle sema aussi les graines du mouvement écologiste[11]. Il a été interdit en Chine pendant la révolution culturelle.

Printemps silencieux apparaît dans de nombreux classements des meilleures œuvres littéraires hors-fiction du XXe siècle. Il est classé cinquième dans la liste Modern Library des meilleurs écrits non romanesques du XXe siècle ; et 78e dans le classement de la revue conservatrice National Review[3]. Plus récemment, Printemps silencieux fut déclaré comme faisant partie des 25 plus grands ouvrages de tous les temps par l'éditeur du Discover Magazine[4].

Dans son tableau The Last Leaf of Rachel Carson, la peintre féministe et environnementale Luchita Hurtado rend hommage à Carson et à son livre Printemps silencieux[12].

Traduction française[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Josie Glausiusz (2007), Better Planet: Can a Maligned Pesticide Save Lives?, Discover Magazine, p. 34.
  2. a et b (en) « EPA reference: DDT » [archive du ] (consulté le ).
  3. a et b (en) The 100 Best Non-Fiction Books of the Century. National Review. Consulté le 4 mars 2007.
  4. a et b (en) « 25 Greatest Science Books of All Time ». Discover Magazine, consulté le 4 novembre 2007.
  5. (en) « Beyond Silent Spring: Integrated Pest Management and Chemical Safety. Edited by Helmut F. van Emden and David B. Peakall ». SpringerLink. Consulté le 4 novembre 2007.
  6. Sarah E. Boslaugh, « Silent Spring - Work by Carson », sur britannica.com,
  7. Peter A. Coates. (October 2005), (en) « The Strange Stillness of the Past: Toward an Environmental History of Sound and Noise » « Copie archivée » (version du 16 juillet 2007 sur l'Internet Archive). Environmental History, Volume 10, Issue 4. Consulté le 4 novembre 2007.
  8. Gary Kroll, (en) « Rachel Carson-Silent Spring: A Brief History of Ecology as a Subversive Subject ». Onlineethics.org: National Academy of Engineering. Consulté le 4 novembre 2007.
  9. Ariane Debourdeau. Les grands textes fondateurs de l'écologie. Flammarion, 2013. (ISBN 978-2-08-127231-6)
  10. Murphy, Priscilla Coit. What a Book Can Do: The Publication and Reception of Silent Spring. Amherst: University of Massachusetts Press, 2005. (ISBN 978-1-55849-582-1)
  11. a b et c Catherine Perrin, « Printemps silencieux », Terre sauvage, no 326,‎ .
  12. (en) Louis Jebb, « Remembering Luchita Hurtado, painter, eco-warrior and witness to a century of art », sur theartnewspaper.com, (consulté le ).
  13. http://www.wildproject.org/carson-printemps-silencieux-poche

Sources[modifier | modifier le code]