Basilique Saint-Urbain de Troyes

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Basilique Saint-Urbain de Troyes
Façade sud-ouest
Façade sud-ouest
Présentation
Culte Catholique romain
Type Basilique
Début de la construction 1262
Fin des travaux 1905
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Champagne-Ardenne
Département Aube
Ville Troyes
Coordonnées 48° 17′ 53″ nord, 4° 04′ 36″ est

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Basilique Saint-Urbain de Troyes

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Basilique Saint-Urbain de Troyes

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Basilique Saint-Urbain de Troyes

La Basilique Saint Urbain de Troyes est une grande église gothique située à Troyes, chef-lieu du département de l'Aube. En raison de nombreuses difficultés financières, sa construction s'est étendue sur plusieurs siècles, du XIIIe siècle jusqu'au XXe siècle, où la basilique est finalement achevée[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Façade sud-est sur la rue Urbain IV.

La construction de l’édifice est initiée par Jacques Pantaléon. Fils d'un cordonnier de Troyes, (vers 1185 - 1264), Jacques Pantaléon réalise une carrière ecclésiastique remarquable, en occupant les charges d'archidiacre de Laon, d'ambassadeur du Saint-Siège, d'évêque de Verdun puis de patriarche de Jérusalem. En 1261, il est élu pape sous le nom d'Urbain IV.

Il veut alors édifier à l'emplacement de l'échoppe de sa famille, où il avait, selon la tradition, vu le jour, une basilique dédiée à saint Urbain, son saint patron. D’importants moyens financiers permettent d'élever rapidement cette basilique. La majeure partie est construite en moins de trente ans, de 1262 à 1286. À la mort d'Urbain IV en 1264, son neveu, cardinal, en poursuit la construction. Les travaux sont interrompus pendant plusieurs années, entre 1266 et 1269, par l'obstruction d'Ode de Pougy, abbesse de Notre-Dame-aux-Nonnains à Troyes, qui refusait la construction sur son fief d'une église dépendant directement du Saint-Siège : elle envoie même des hommes d'armes pour dévaster le chantier, ce qui conduit à son excommunication.

vue de nuit.

L'église est un des témoins majeurs du style gothique dit rayonnant, qui se développe à Paris et dans le Nord de la France à partir du milieu du XIIIe siècle. Comme l'autre grand édifice rayonnant du nord de la France, la Sainte-Chapelle de Paris, l'église Saint-Urbain de Troyes magnifie la structure architecturale. Tous les éléments porteurs sont soulignés avec force, pour mettre en valeur le squelette de l'édifice. Ainsi, les colonnes fasciculées montant de fond, sans interruption, gagnent directement les voûtes et affirment la verticalité de la construction. De même, il y a une simplification de l'élévation. L'église Saint-Urbain de Troyes ne possède pas les trois niveaux, qui étaient alors de norme dans l'architecture gothique dite classique, c'est-à-dire grandes arcades, triforium et baies hautes. Ici, il n'y a que deux niveaux, grandes arcades et baies hautes. Cette disposition permet de renforcer la place des verrières, qui à Saint-Urbain de Troyes, occupent tous les emplacements qui ne sont pas dédiés à la structure porteuse. Les forces sont rejetées à l'extérieur et retenues par des arcs boutant. C'est donc une église constituée uniquement d'éléments porteurs et de verre. Un abondant cycle de vitraux se développe dans tout l'édifice.

Portail[modifier | modifier le code]

La basilique comporte trois portails du XIIIe siècle, le portail occidental divisé en trois parties a un tympan sur le thème du jugement dernier. Le portail du norrois est protégé par un étonnant dais en dentelle de pierre.

Intérieur[modifier | modifier le code]

C'est là que se déploie toute la lumière grâce à l'espace laissé aux vitraux. Les fonts baptismaux, provenant de l'église Saint-Pierre-aux-Nonnains, sont du XVe siècle[3] ils furent un temps à l'usage de margelle de puits ; le couvercle en bois est l'œuvre de Valtat.

Un des plus beaux lavabos du XIIIe siècle avec une scène du couronnement de la Vierge ainsi que es deux mécènes de la basilique, à droite le cardinal Ancher et à gauche le pape Urbain IV.

Lieu d'inhumation[modifier | modifier le code]

En plus du cénotaphe traité plus bas, la basilique est le lieu d'inhumation dont il reste de nombreuses dalles :

  • Dalle funéraire de Pierre le Breton, notaire des foires, et sa femme, Laurette Mérille, XVe siècle[4] ;
  • Dalle funéraire de Félis Gras de Chauchigny, bourgeois de Troyes, et sa femme Jehanne 1370, 1380[4] ;
  • Dalle funéraire de Jehanne, femme de feu Peireron Lannesval, 1471[5] ;
  • Dalle funéraire de Jean Bompas et sa femme Anne Saulnier, 1563[6] ;
  • Dalle funéraire de Gui de Bosco, 1361[7] ;
  • Dalle funéraire de la famille La Rüe[8] XVIe siècle ;
  • Dalle funéraire de Marguerite la Caillate de 1411[9].

Chronologie de la Construction[modifier | modifier le code]

L'édifice encore inachevé est consacré en 1389. Le portail occidental avec les parties hautes des premières travées est achevé en 1905. L'architecte diocésain Paul Selmersheim qui a réalisé le portail avait auparavant restauré le chœur et le transept de 1876 à 1886.

L'édifice était coiffé d'une flèche haute de 34 mètres qui a été incendié par la foudre en 1761 puis démolie sur ordre du chapitre.

Statuaire[modifier | modifier le code]

Intérieure[modifier | modifier le code]

Outre un gisant de la famille Cauchon-Maupas[10], au-dessus se trouve le blason au griffon d'or ailé d'argent, à toucher le coprs , un phylactère en latin[11] "laissez reposer un peu jusqu'à ce que vienne le jour désiré" passage de Job XIV, 6. Il y a des statues provenant de l'ancien couvent des cordeliers. Ces statues, Jean, la Vierge[12] qui seraient des pièces d'un calvaire ; elles sont du XVIe siècle ou du début XVIIe.

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Vierge aux raisins.

Une Vierge au raisin, se tenant sur un quartier de lune symbole de pureté porte sur son bras gauche l'enfant Jésus. Il tient une grappe de raisin et béni de la main droite. Sa mère a un anneau dans les cheveux qui tombent en cascade ondulée sur son manteau simple. Ce manteau garde encore des traces de polychromie et une bordure brodée. Il ne cache pas entièrement ces chaussures en gueule de vache. Les deux sujets ont les yeux mi-clos, bridés et légèrement obliques. Cette statuaire est classé au titre de monument historique[16].

Extérieure[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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