Opinel

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Opinel
Description de l'image OpinelCrownedHand.jpg.
Création 1890
Fondateurs Joseph Opinel
Personnages clés Maurice Opinel (président)
Forme juridique SAS
Siège social Drapeau de France Chambéry (France)
Direction Denis Opinel
Activité Coutellerie
Produits Couteaux
Effectif 100
Site web www.opinel.com
Chiffre d’affaires 18 millions d'euros

Le couteau d'Opinel, ou par antonomase l'Opinel, est un couteau de poche pliable au manche en bois, avec le symbole de « main couronnée » sur la lame. Créé en 1890, Il est fabriqué par la société savoyarde du même nom. De nombreuses déclinaisons à lame fixe ou pliable ont vu le jour au fil du temps.

Histoire[modifier | modifier le code]

Différentes tailles d'Opinel.

Le couteau Opinel a été inventé par Joseph Opinel en 1890, à 18 ans à Albiez-le-Vieux (Savoie)[1]. À l'origine taillandier de métier[2], le jeune homme fabriquait parallèlement pour ses amis des couteaux de poche. Un de ses modèles ayant beaucoup plu, il s'est lancé dans la fabrication industrielle de couteaux et son invention a vite dépassé le cercle familial. En 1909, il dépose "la Main couronnée" du duché de Savoie, présente sur toute les lames[3]. La marque Opinel est déposée par son créateur en 1909 et la célèbre virole de sécurité date seulement de 1955[2]. Au début de la Seconde Guerre mondiale, 20 millions d'exemplaires avaient déjà été vendus, et en 2009 ce chiffre est porté à 280 millions d'unités[2]. Aujourd'hui, plus 300 millions de lames ont été vendues dans 71 pays différents.

En 1989, Opinel ouvre son propre musée en transformant l'atelier du grand-père de Jacques Opinel. En 2013, le musée subit une rénovation et un agrandissement[4].

En 2010, l'entreprise a réalisé près de 12 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 90 salariés produisant environ trois millions d'unités par an[2]. En 2013, le CA s'élève à 17 millions d'euros avec 100 salariés produisant environ quatre millions d'unités par an.

L'entreprise est toujours détenue et dirigée par la famille Opinel, avec Maurice Opinel (petit-fils du fondateur) comme président et Denis Opinel (arrière-petit-fils du fondateur) comme directeur général depuis 1998[2].

Sites[modifier | modifier le code]

L'Opinel est fabriqué en Savoie depuis les années 1890 jusqu'en 1916 dans le lieu-dit de Gevoudaz (commune de Albiez-le-Vieux) près de Saint-Jean-de-Maurienne[2] puis, dès 1917, à Cognin dans la banlieue de Chambéry. Depuis 1973, l'activité s'est progressivement délocalisée vers une nouvelle usine à Chambéry[2]. Depuis 2003, le siège est basé également à Chambéry, l'activité de fabrication des bagues de sécurité a été la dernière à partir de l'usine de Cognin pour intégrer le site de Chambéry en 2013.

Description[modifier | modifier le code]

Matériaux[modifier | modifier le code]

Le modèle traditionnel originel était composé d'un manche en bois de merisier et d'une lame en acier à haute teneur en carbone qui donne un bon tranchant mais nécessite d'être régulièrement aiguisée et doit être gardée propre pour éviter le ternissement et la rouille. Aujourd'hui le modèle traditionnel est en hêtre et disponible en lame acier inoxydable 12C27 modifié Sandvik. De multiples versions du manche sont également proposées en palissandre, chêne, noyer, olivier, rosier, bubinga, ou en corne blonde, il existe également des manches en diverses essences de bois assemblées suivant un procédé breveté.

Les gammes[modifier | modifier le code]

Il existe différentes gammes de couteaux à lame fixe ou repliable, à manche en bois ou en matériau synthétique.

Fabrication[modifier | modifier le code]

La bague de sécurité est tournée pour maintenir la lame en position ouverte.
Le même couteau avec la bague tournée pour replier la lame.

La fabrication du couteau est simple. Elle consiste en l'assemblage de cinq pièces : la lame, le manche en bois, une bague fixe en acier et son rivet, sur laquelle la lame pivote, et (sauf pour les plus petits modèles) une bague de sécurité tournante pour empêcher la lame de se refermer sur la main de l'utilisateur (il n'y a pas de ressort pour la garder ouverte). Ajoutée en 1955, la bague de sécurité a été modifiée en 2000 pour pouvoir aussi bloquer la lame en position fermée et éviter une ouverture accidentelle.

Le manche[modifier | modifier le code]

La fabrication du manche en bois n’a pas changé depuis sa création en 1890 et peut être en hêtre ou en buis, voire en bubinga ou en olivier pour la gamme « Effilé ». Un manche en polyoxyméthylène/fibre de verre est proposé en gammes « Bricolage » (avec porte-embout tournevis) et « Outdoor ».

La lame[modifier | modifier le code]

Les lames des Opinel sont soit en inox soit en carbone, selon les gammes. La lame de gamme « outdoor » est crantée et dotée d'une fente à l'instar des démanilleurs.

La lame est particulièrement effilée et tranchante comme peuvent l'être les cutteurs, qui, eux ne sont biseautés que d'un seul côté, même si elle peut s'émousser au fil des utilisations.[réf. souhaitée]

Une lame à bout rond est proposée dans la gamme « Enfants - Mon premier Opinel » en no 07.

Forme de la lame[modifier | modifier le code]

La courbe de la lame est un design traditionnel connu sous le nom de « Yatágan »[5], inspirée d'un sabre turc, à la pointe relevée.

La collection Opinel s'est élargie avec des couteaux de poche de forme plus élancée « Les Effilés », une gamme de petits outils de jardin (couteau à champignon, serpettes, scies), mais également des gammes de couteaux de cuisine et de table.

La bague de sécurité[modifier | modifier le code]

La bague de sécurité, baptisée « Virobloc » et inventée en 1955 par Marcel Opinel, permet de garder la lame ouverte à partir du no 06 ou de la garder fermée pour sécuriser l'utilisation ou le transport.

Logotype[modifier | modifier le code]

La main couronnée était déjà présente sur la lame des premiers modèles, tout maître coutelier depuis Charles IX avait en effet l'obligation d'apposer son emblème sur ses produits. Plus tard, les mots OPINEL et FRANCE ont été ajoutés, ainsi que INOX pour les lames inoxydables.

Les trois doigts sur la lame représentent les reliques de saint Jean-Baptiste que sainte Thècle rapporta d'Alexandrie (Égypte) au VIe siècle. Ils figurent également sur les armes de la ville de Saint-Jean-de-Maurienne.

Des couteaux Opinel ont également été commercialisés sous les marques « Le Savoyard », « Croix de Savoie », « Cœur de Savoie » ainsi que « Croix et palmes » ; pour cette dernière, la fabrication s'est arrêtée en 1967[6].

Tailles[modifier | modifier le code]

Les Opinels à lame repliable existent en 11 tailles numérotées de 2 à 13 (lame de 3,5 cm à 22 cm), les numéros 1 et 11 ayant été arrêtés respectivement en 1932 et 1935[réf. nécessaire]. Le numéro 8 (lame de 8,5 cm) est certainement la taille la plus appréciée et la plus pratique pour un usage courant, bien que les modèles plus grands soient utilisables comme couteaux de cuisine ou de camping.

  • no 02 : lame repliable 3,5 cm (existe en version porte-clé)
  • no 03 : lame repliable 4 cm
  • no 04 : lame repliable 5 cm (existe en version porte-clé)
  • no 05 : lame repliable 6 cm
  • no 06 : lame repliable 7 cm
  • no 07 : lame repliable 8 cm
  • no 08 : lame repliable 8,5 cm (existe en version "champignon" avec lame courbe et brosse)
  • no 09 : lame repliable 9 cm (existe en version "ouvre-huître")
  • no 10 : lame repliable 10 cm, avec ou sans tire-bouchon
  • no 12 : lame repliable 12 cm
  • no 13 : lame repliable 22 cm, dit « le Géant »
  • no 15 : lame repliable 15 cm, gamme « Effilé »
  • no 112 : lame fixe 10 cm
  • no 116 : lame fixe 21 cm (couteau à pain)
  • no 118 : lame fixe 10 cm (couteau de cuisine)
  • no 119 : lame fixe 10 cm (santoku)
  • no 120 : lame fixe 10 cm (couteau de cuisine)
  • no 121 : lame fixe 10 cm (couteau de cuisine)
  • no 122 : lame fixe 10 cm (couteau de cuisine)
  • no 123 : lame fixe 10 cm (couteau de cuisine)
  • no 124 : lame fixe 10 cm (fourchette)
  • no 126 : lame fixe 10 cm (couteau de cuisine)
  • no 216 : lame fixe 21 cm (couteau à pain)

Le sécateur[modifier | modifier le code]

Lors de son 125e anniversaire, la marque lance un nouveau produit qui complète sa gamme horticole : le sécateur[7].

Statut culturel[modifier | modifier le code]

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Le couteau Opinel est un élément de la culture française depuis longtemps. On l'utilise pour ramasser pissenlits ou champignons, couper la viande à la maison ou le saucisson dans les bois, dénuder un fil électrique ou tailler un bâton. Pablo Picasso l'a utilisé pour sculpter[8], Francis Heaulme pour tuer, Alain Colas a échappé à la mort en coupant un lien qui lui bloquait la jambe[1], Éric Tabarly ne jurait que par son Opinel[8]. L'Opinel est également très employé chez les scouts ou dans les colonies de vacances.

Sa construction simple et ingénieuse, qui est restée quasiment inchangée depuis plus d'un siècle, est susceptible d'avoir transformé l'Opinel en un objet classique du design. Les seuls changements sont une lame inoxydable pour certains modèles et une bague de sécurité qui permet de bloquer la lame en position ouverte ou fermée. Les Opinels sont légers à porter et peu chers à remplacer. S'il est bien entretenu (les lames en acier particulièrement), un Opinel durera longtemps. La lame et le manche du couteau prendront alors un agréable aspect patiné. Le manche n’a pas changé depuis sa création en 1890.

Un des principaux avantages de la simplicité de la conception et de la fabrication de l'Opinel est le prix relativement bas. Les Opinels sont suffisamment bon marché pour pouvoir être vendus dans des ensembles en boîte, ou comme cadeaux d'entreprise, voire publicitaires. Certains utilisent même leurs couteaux comme supports pour leurs activités artistiques, décorant le manche en bois en pyrogravure ou y sculptant des formes issues de leur propre imagination.

Le prix littéraire « Charmettes Rousseau », créé par Maurice Opinel est destiné à couronner une œuvre proche de la nature dans l'esprit des rêveries et Confessions de Jean-Jacques Rousseau.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Séries télévisés[modifier | modifier le code]

  • Cosmos 1999 épisode 2 : le commandant John Koenig découpe un fruit avec un Opinel à la 36e minute de l'épisode.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Région Rhône-Alpes L'Opinel, une fine lame toujours à l'affût
  2. a, b, c, d, e, f et g « Opinel : plus qu'un couteau, un objet culte » dans Les Échos du 7 août 2009.
  3. « Le couteau Opinel (1909) », sur INPI (consulté le 1 février 2015)
  4. « Opinel : le petit couteau du paysan savoyard est devenu grand », sur Le Dauphiné,‎ (consulté le 3 février 2015)
  5. « Opinel n°8 inox », sur opinel.com (consulté le 15 mars 2015)
  6. Informations complémentaires pour les hobbyistes et collectionneurs
  7. Olivia Detroyat, « Pour ses 125 ans, l'Opinel se transforme en sécateur », sur lefigaro.fr, Le Figaro,‎ (consulté le 3 mai 2015)
  8. a et b Couteau Opinel, Une lame universelle dans Directsoir no 233 / Mardi 30 octobre 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Film[modifier | modifier le code]

  • L'âme des couteaux, de Claude-Pierre Chavanon (52'), Octogone-Productions. Un documentaire sur l'histoire du couteau Opinel, des frères Opinel, des premières fabrications dans les fermes jusqu'aux usines de Cognin, avec de nombreuses archives.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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