Malaise dans la civilisation

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Malaise dans la civilisation
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Édition originale allemande du Malaise dans la civilisation de Freud.

Auteur Sigmund Freud
Version originale
Langue Allemand
Titre Das Unbehagen in der Kultur
Version française
Éditeur Internationaler Psychoanalytiker Verlag
Lieu de parution Vienne (Autriche)
Date de parution 1930

Malaise dans la civilisation, ou Le Malaise dans la culture (titre original : Das Unbehagen in der Kultur), est un livre de Sigmund Freud écrit durant l'été 1929 et paru en 1930 à Vienne à l' Internationaler Psychoanalytischer Verlag.

Histoire du livre[modifier | modifier le code]

Freud commence de travailler à ce livre en . Il appelle d'abord une ébauche de son essai Das Glück und die Kultur (« Le bonheur et la culture »), puis Das Unglück in der Kultur (« Le malheur dans la culture »), avant d'en arriver au titre définitif[1], sous lequel le livre paraîtra en 1930, Das Unbehagen in der Kultur, soit Le malaise dans la culture dans la traduction française des Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse.

Éditions[modifier | modifier le code]

Premières éditions allemandes[modifier | modifier le code]

  • 1930: (1e publication) : Das Unbehagen in der Kultur, Wien, Internationaler Psychoanalytischer Verlag, 136 p. [1].
  • 1931: 2e édition, avec des ajouts[1].
  • 1934 : Gesammelte Schriften, t. XII, p. 29-114[1].
  • 1948 : Gesammelte Werke, t. XIV, p. 421-506[1].
  • 1974 : Studienausgabe, t. IX, p. 197-270[1].

Traduction anglaise[modifier | modifier le code]

Traductions françaises[modifier | modifier le code]

La question du titre : civilisation ou culture ?[modifier | modifier le code]

Une longue tradition française a imposé le titre Malaise dans la civilisation, alors même que le titre original est Das Unbehagen in der Kultur. Néanmoins certaines traductions optent pour Malaise dans la culture. Dans une nouvelle édition française, parue en 2010, le traducteur Dorian Astor explique comment le terme « culture » correspond davantage au texte et aux idées de Freud, qui choisit d'utiliser ce seul terme de « Kultur », « méprisant souverainement l'opposition entre Kultur et Zivilisation sans cesse réactivée par les intellectuels allemands tout au long du XIXe siècle et jusqu'à la fin du troisième Reich. »[2]. Freud écrit d'ailleurs dans L'Avenir d'une illusion (1927) : « je dédaigne de séparer culture et civilisation » [Und ich verschmäche es, Kultur und Zivilisation zu trennen][3]. Il s'oppose ainsi à une grande partie de ses contemporains allemands dans leur combat idéologique, des auteurs comme Nietzsche, Oswald Spengler ou Thomas Mann opposant « la Zivilisation, état avancé des techniques et des formations politiques et sociales brillant d'un éclat artificiel et mensonger (comme en France), et la Kultur, développement spirituel, organique et authentique, tel que l'Allemagne devait l'incarner. » Dorian Astor poursuit en disant que le choix en français de « civilisation » se réfère à une défense du « citoyen » (civis) et de la mission « civilisatrice » de la France, au mieux universaliste, au pire colonialiste ; dès lors, « la logique se voulait simple : si c'est Kultur qui est mélioratif en allemand, c'est “civilisation” qui l'est en français. »[2]. Ainsi, selon lui et Pierre Pellegrin, qui présente l'édition de sa nouvelle traduction, le terme « culture » semble plus juste, aussi bien dans son acception étroite (Freud étant un grand admirateur des grandes figures de la culture que sont les penseurs, les artistes, les savants), que dans son sens d'arrachement à la nature qui fait qu'un homme ne saurait se passer de culture, « parce qu'un humain hors culture n'est plus humain »[4]. Dorian Astor justifie ce choix en concluant ainsi sa note : « Précisément parce qu'il y a un Malaise dans la culture, le terme de civilisation s'entacherait, dans une traduction française de Freud, de ce suspect “narcissisme des petites différences” que dénonce notre auteur, et ne ferait que trahir le sentiment névrotique de notre sentiment de supériorité »[2].

Citations[modifier | modifier le code]

  • «  On ne peut se défendre de l'impression que les hommes mesurent communément selon des étalons faux, qu'ils désirent pour eux-mêmes le pouvoir, le succès et la richesse, les admirent chez les autres, mais sous-estiment les vraies valeurs de la vie.[5] » (première phrase du Malaise dans la civilisation).
  • « On peut clairement retracer l'origine de la disposition religieuse jusqu'au sentiment de la dépendance enfantine. »[6]
  • « Il est encore plus honteux d'apprendre qu'une bonne part de ceux qui vivent aujourd'hui, devant reconnaître que cette religion est intenable, tentent pourtant de la défendre pied à pied dans de pitoyables combats d'arrière-garde. »[7]
  • "La vie des êtres humains entre eux ne devient possible qu'à partir du moment où il se trouve une majorité plus forte que tout individu et faisant bloc face à tout individu. Le pouvoir de cette communauté s'oppose dès lors en tant que "droit" au pouvoir individuel, condamné comme "violence". C'est le remplacement du pouvoir de l'individu par celui de la communauté qui constitue le pas décisif vers la civilisation."(in chapitre III)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i Notice des OCF.P, tome XVIII, Paris, PUF, 1994, p. 246-247.
  2. a b et c Dorian Astor, Note du traducteur dans : S. Freud, Le Malaise dans la culture, trad. de l'allemand par Dorian Astor, présentation de Pierre Pellegrin, Paris, GF Flammarion, 2010, p. 69-70 (note du traducteur).
  3. S. Freud, L'Avenir d'une illusion, trad. de l'allemand par Anne Balseinte, Jean-Gilbert Delarbre, Daniel Hartmann, Paris, PUF, collection « Quadrige Grands textes », 2004, p. 6.
  4. S. Freud, Le Malaise dans la culture, Paris, GF Flammarion, 2010, p. 64.
  5. S. Freud, Le Malaise dans la culture, chapitre I, Paris, GF Flammarion, 2010, p. 73.
  6. S. Freud, Le Malaise dans la culture, chapitre I, Paris, GF Flammarion, 2010, p. 84.
  7. S. Freud, Le Malaise dans la culture, chapitre II, Paris, GF Flammarion, 2010, p. 86.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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(Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]