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Jean-Marie François Merlino

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Jean-Marie François Merlino
Fonctions
Membre du Conseil des Cinq-Cents
Membre du Conseil des Anciens
Biographie
Naissance
Décès
(à 67 ans)
Fareins
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de

Jean-Marie François Merlino, né le à Lyon, mort le 24 vendémiaire an XIV () à Fareins (département de l'Ain)[1], est un homme politique de la Révolution.

Entre 1789 et 1799, il est député de l'Ain à la Convention nationale où il vote la mort de Louis XVI, au Conseil des Anciens puis au Conseil des Cinq-Cents.

Du grand négoce au pouvoir

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Négociant à l'origine

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Négociant pour le compte de la firme « Veuve Antonio Merlino et fils » qui contribua notamment au financement de l'encyclopédie[2], il fit plusieurs voyages en Italie et rédigea un mémoire sur l'exploitation de la soie dans la péninsule.

Homme de loi sur le tard

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En 1783, il est reçu « conseiller de la sénéchaussée et siège d'élection de Trévoux »[3].

La cinquantaine avancée, il entreprit des études de droit pour acquérir une charge de conseiller de la Sénéchaussée de Trévoux. Il s'installa à Fareins et eut des démêlés, qui contribuèrent à sa notoriété, avec la secte convulsionnaire des fareinistes animée par le curé Bonjour. Ce combat, par bien des aspects rocambolesque, excita la verve des érudits locaux mais contribua surtout à sa notoriété en lui permettant d'élargir progressivement ses mandats électifs : recteur de la fabrique de Fareins puis premier consul et délégué de sa paroisse à l'assemblée sénéchale lors de la convocation des États généraux, commissaire à la rédaction du cahier de doléances du Tiers état de la sénéchaussée, administrateur du district de Trévoux, juge au tribunal du district puis au tribunal criminel du département de l'Ain à Bourg-en-Bresse.

Mandat à la Convention

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La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille à la tour du Temple.

En septembre 1792, Jean-Marie François Merlino est élu député de l'Ain, le sixième et dernier[4].

Il prend part aux institutions de la Convention girondine. Le 11 octobre 1792, il est élu membre du Comité de commerce. Le 4 janvier 1793, en cette qualité, aux côtés de Marc Giraud (député de Charente-Inférieure) et de Jacques Lacaze (de la Gironde), il est élu membre du Comité de défense générale[5].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, se prononce en faveur de l'appel au peuple mais rejette le sursis à l'exécution de la peine[6] :

Vous avez déclaré, à l'unanimité, que Louis Capet était coupable, et convaincu de trahison et de conspiration envers la nation ; comme juge, j'ai ouvert le livre de la loi, elle m'a indiqué la peine due aux conspirateurs ; fidèle à mes devoirs, fidèle à ma conscience, ainsi qu'à mes commettants, je vote pour la mort.

Le 13 avril 1793, il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[7]. Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[8].

Le 9 mars 1793, il est en effet envoyé en mission, aux côtés de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), dans les départements de l'Ain et de l'Isère afin d'y accélérer la levée en masse[9].

Le 1er messidor an II (19 juin 1794), il est élu secrétaire suppléant de la Convention, aux côtés d'Alexandre Besson (député du Doubs) et de Michel-Martial Cordier (député de Seine-et-Marne), sous la présidence d’Élie Lacoste (député de la Dordogne)[10].

Après la chute de Robespierre, Jean-Marie François Merlino prend part à la réaction thermidorienne. Le 13 thermidor (31 juillet), il dénonce la conduite de Grégoire Jagot (député de l'Ain) qui est exclu du Comité de sûreté générale[11] :

Je vous dénonce Jagot qui, dans les toutes les circonstances périlleuses de la législature et de la Convention, a toujours eu le soin de sa cacher ; il a encore tenu la même conduite la nuit du 9 au 10 thermidor, quoiqu'il fût du Comité de sûreté générale. [...] Dans ce moment, mon département gémit sous l'oppression la plus tyrannique qu'exercent des hébertistes et des robespierristes, puissamment soutenus par Jagot.

Le 16 brumaire an III (6 novembre 1794), il est élu secrétaire, aux côtés de Claude Duval (député de l'Aube) et de Didier Thirion (député de la Moselle), sous la présidence de Louis Legendre (député de la Seine)[12].

Le 22 thermidor (le 9 août 1795), il appuie, aux côtés de Denis-Toussaint Lesage (député d'Eure-et-Loir) le décret d'arrestation contre Joseph Fouché (député de Loire-Inférieure)[13].

Mandats aux Anciens et aux Cinq-Cents

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Sous le Directoire, Jean-Marie François Merlino est réélu député de l'Ain et siège au Conseil des Anciens.

Le 1er ventôse an IV (), il est élu secrétaire, aux côtés de Louis Bernard de Saint-Affrique (député de l'Aveyron), de Siméon Bonnesœur (député de la Manche) et de Jean-François-Philibert Rossée (député du Haut-Rhin), sous la présidence de Claude Ambroise Régnier (député de la Meurthe)[14].

Il tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le 20 mai 1798)[15]. Lors des élections législatives de 1798, il est élu député au Conseil des Cinq-Cents et son élection est validée par la loi du 22 floréal an VI (11 mai 1798)[16].

Jean-Marie François Merlino se retire au lieu-dit du Graberet à Fareins (département de l'Ain), où il meurt le 24 vendémiaire an XIV (16 octobre 1805), où sa tombe existe encore.

Antiesclavagiste agissant

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Son hostilité à l'esclavage a été mise en lumière par Dorigny et Gainot[17] qui soulignent notamment : « Il est tout à fait symptomatique de voir grandir au sein de la société l'influence de plusieurs personnalités de premier plan de cette opposition parlementaire comme Duplantier, Deydier et surtout Merlino. C'est ce dernier que les rapports de police présentent comme membre actif des réunions qui cherchent à articuler opposition législative et opposition néo-jacobine extra-parlementaire... » Ce court extrait, qui concerne la fin du Directoire, suffit à souligner la générosité du personnage et la fermeté de ses convictions.

Notes et références

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  1. Archives départementales de l'Ain, « État civil de Fareins, registre des décès de l'an XIII à 1807, vue 16 / 44, FRAD001_EC LOT38100 » Accès libre, sur https://www.archives.ain.fr (consulté le )
  2. Robert Darnton, L'Aventure de l'encyclopédie, Perrin, 1982.
  3. Archives nationales. Salle de lecture virtuelle, « Grande Chancellerie (sous-série V/1). Lettres de provision d'office : années 1781, 1782 et 1783 » Accès libre, sur https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr (consulté le )
  4. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 1 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Aulard, François-Alphonse (1849-1928), « Recueil des actes du Comité de salut public, avec la correspondance officielle des représentants en mission et le registre du conseil exécutif provisoire. Tome 2 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Alquier, Aline, Brunel, Françoise (née en 1948) et Gut, Philippe, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 92, séance du soir du 1er messidor an II (19 juin 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  11. Alquier, Aline et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 94, séance du 13 thermidor an II (31 juillet 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  12. Baron, Marie-Claude (1945-2002) et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 100, séance du soir du 16 brumaire an III (6 novembre 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  13. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°327, « Convention nationale, séance du 22 thermidor (9 août) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 27 thermidor an 3 (14 août 1795) (consulté le )
  14. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°157, « Conseil des Anciens, séance du 1er ventôse (20 février) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 7 ventôse an 4 (26 février 1796) (consulté le )
  15. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  16. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°235, « Conseil des Anciens, séance du 22 floréal (11 mai) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 25 floréal an 6 (14 mai 1798) (consulté le )
  17. Marcel Dorigny et Bernard Gainot, La société des amis des noirs, 1788-1799, contribution à l'histoire de l'abolition de l'esclavage, Paris, Éditions UNESCO, .

Bibliographie

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Merlino n'est pas ignoré par l’historiographie. Si les dictionnaires biographiques ne lui consacrent que quelques colonnes, les historiens locaux sont plus prolixes et même, s'ils n'en ont pas toujours fait leur sujet principal, ont mis en relief son combat, aux épisodes picaresques, contre le fareinisme. La revue Sine dolo par une société de gens d'histoire a consacré plusieurs articles liés à ce personnage, à partir des sources archivistiques :

  • n° 1, , « Un négociant lyonnais à la fin du XVIIIe », p. 93-128;
  • n° 3, , « Jean-Marie François Merlino, conseiller à la sénéchaussée de Dombes », p. 255-309;
  • n° 6, , « Jean-Marie François Merlino, et les débuts de la Révolution dans l'Ain », p. 128-283;
  • n° 7, , « Jean-Marie-François Merlino et les débuts de la Convention », p. 111-178.

Liens externes

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