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Grégoire Jagot

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Grégoire Marie Jagot
Fonctions
Député de l'Ain

(1 an)
Député de l'Ain

(3 ans)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Nantua
Date de décès (à 87 ans)
Lieu de décès Toul
Nationalité Française
Parti politique Montagnard

Grégoire Marie Jagot, né le à Nantua (généralité de Bourgogne, actuel département de l'Ain)[1], mort le 22 janvier 1838 à Toul (département de Meurthe-et-Moselle)[2], est un homme politique de la Révolution française.

Il est le fils de Jean-Baptiste Jagot (1709-1791), marchand drapier, fermier du prieur, contrôleur du grenier à sel, et de Marie Béatrix (1711-1769).

Mandat à la Législative

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La France devient une monarchie constitutionnelle en application de la constitution du 3 septembre 1791.

Le même mois, Grégoire Jagot, alors juge de paix à Nantua, est élu député du département de l'Ain, le cinquième sur six, à l'Assemblée nationale législative[3].

Il siège sur les bancs de la gauche de l'Assemblée. En février 1792, il vote en faveur de la mise en accusation de Bertrand de Molleville, le ministre de la Marine[4]. En avril, il vote pour que les soldats du régiment de Châteauvieux, qui s'étaient mutinés lors de l'affaire de Nancy, soient admis aux honneurs de la séance[5]. En août, il vote en faveur de la mise en accusation du marquis de La Fayette[6].

Mandat à la Convention

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La monarchie prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En septembre 1792, Grégoire Jagot est réélu député de l'Ain, le quatrième sur six, à la Convention nationale[7].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Il est « absent par commission » lors du procès de Louis XVI[8]. Le 29 novembre 1792, lui et ses collègues Henri Grégoire (député du Loir-et-Cher), Marie-Jean Hérault de Séchelles (député de la Seine) et Philibert Simond (député du Bas-Rhin) sont envoyés en mission en Savoie pour y organiser les institutions du département du Mont-Blanc[9].

Le 13 janvier 1793, lui et ses collègues adressent une lettre à la Convention[10] :

Nous apprenons, par les papiers publics, que la Convention nationale doit prononcer demain sur Louis Capet. [...] Nous déclarons que notre vœu est pour la condamnation de Louis Capet, par la Convention nationale, sans appel au peuple.

Le même jour, ils adressent une lettre à Jean-Bon Saint-André (député du Lot), publiée dans le journal Le Créole Patriote[11] :

Cher Saint-André [...] ; votre opinion pour la mort du monstre est bien connue, vous y avez mis le courage et la constance du vrai républicain. Que tout le monde ne vous ressemble-t-il ? Nous avons cherché à vous imiter, et nous écrivons à la Convention notre vœu formel sur la délibération de demain. Il est pour la mort de Louis, sans appel au peuple.

Le 3 février, ils écrivent une lettre à Georges Danton (député de la Seine) pour lui confier « le net refroidissement de la population savoyarde à l'égard de la Révolution »[12].

Le 13 avril 1793, Jagot est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[13]. Le 28 mai, il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[14].

Le 22 vendémiaire an II (13 octobre 1793), aux côtés de Joseph-Nicolas Barbeau-Dubarran (député du Gers), de Pierre-Antoine Lalloy (député de la Haute-Marne) et de Jean-Antoine Louis (député du Bas-Rhin), Jagot est élu membre du Comité de sûreté générale où il siège de façon permanente[15],[16].

Après la chute de Robespierre, Jagot siège parmi les « derniers Montagnards »[17]. Le 13 thermidor (31 juillet), il est dénoncé par Jean-Marie Merlino (député de l'Ain) et lui et ses collègues Jacques-Louis David (député de la Seine) et Louis-Charles de Lavicomterie (député de la Seine) sont exclus du Comité de sûreté générale[18] :

Je vous dénonce Jagot qui, dans les toutes les circonstances périlleuses de la législature et de la Convention, a toujours eu le soin de sa cacher ; il a encore tenu la même conduite la nuit du 9 au 10 thermidor, quoiqu'il fût du Comité de sûreté générale. [...] Dans ce moment, mon département gémit sous l'oppression la plus tyrannique qu'exercent des hébertistes et des robespierristes, puissamment soutenus par Jagot.

Le 9 prairial an III (le 28 mai 1795), après l'insurrection du 1er prairial (20 mai), Jagot est dénoncé par Benoît-Louis Gouly (député de l'Île-de-France) et décrété d’arrestation aux côtés de ses anciens collègues du Comité de sûreté générale[19]. Il est libéré à la faveur de l'amnistie votée à la séparation de la Convention.

Après le 18 brumaire an VIII (), il se retira à Toul, où il vécut jusqu’à sa mort.

Notes et références

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  1. Archives départementales de l'Ain, « Registre paroissial de Nantua, baptêmes mariages et décès de 1749 à 1750, vue 28 / 40, FRAD001_EC LOT66299 » Accès libre, sur https://www.archives.ain.fr (consulté le )
  2. Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, « État-civil de Toul, registre des décès de 1823 à 1842, vue 556 / 781, 5 Mi 527/R 64 » Accès libre, sur https://archivesenligne.archives.cg54.fr (consulté le )
  3. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 34, Liste des députés » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 39, séance du 8 mars 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 41, séance du 9 avril 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Laurent, Émile (1819-1897), Mavidal, Jérôme (1825-1896), Pionnier, Constant (1857-1924) et Tonnier, E., « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 47, séance du 8 août 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  8. Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux . Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 53, séance du 29 novembre 1792 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 19 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. Milscent, Claude (1740-1794), « Le Créole Patriote. Bulletin de Milscent-Créole n°257 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )Jean-Daniel Piquet, "L'abbé Grégoire, un régicide panthéonisé" Cahiers d'Histoire revue d'histoire critique n° 61 1996 ; "L'abbé Grégoire et ses trois collègues en mission dans le Mont-Blanc furent régicides ; article et documents inédits" Annales Historiques de la révolution Française, 1996
  12. Jean-Daniel Piquet, « Lettre secrète de l'abbé Grégoire, et de ses trois collègues en mission dans le Mont-Blanc, à Danton » Cahiers d'histoire n° 46-3/4, 2001, [en ligne] https://journals.openedition.org/ch/421.
  13. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  14. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924),, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  15. Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 76, séance du 22 vendémiaire an II (13 octobre 1793) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  16. Michel Eude, « Le Comité de Sûreté Générale en 1793-1794. », Annales historiques de la Révolution française, vol. 261, no 1,‎ , p. 295–306 (DOI 10.3406/ahrf.1985.1118, lire en ligne, consulté le )
  17. Françoise Brunel, « Les derniers Montagnards et l'unité révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, vol. 229, no 1,‎ , p. 385–404 (DOI 10.3406/ahrf.1977.1009, lire en ligne, consulté le )
  18. Alquier, Aline et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 94, séance du 13 thermidor an II (31 juillet 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  19. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°254, « Convention nationale, séance du 9 prairial (28 mai) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 14 prairial an 3 (2 juin 1795) (consulté le )

Bibliographie

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Articles connexes

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Liens externes

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