Jéricho

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Jéricho
أريحاיריחו
Jéricho
Vue aérienne de Jéricho.
Administration
Pays Drapeau de la Palestine Autorité palestinienne (administration)

Drapeau de la Palestine Palestine (revendication)

Gouvernorat Jéricho
Démographie
Population 20 400 hab.
Géographie
Coordonnées 31° 51′ 20″ nord, 35° 27′ 44″ est
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Palestine (administrative)
Voir sur la carte administrative de Palestine
City locator 14.svg
Jéricho

Jéricho (prononcer [ʒe.ʁi.ko] ; en arabe : أريحا Rīḥa ou Arīḥā ; en hébreu : יריחו Yerīḥo ; en grec : Iεριχώ) est une ville de Palestine située sur la rive ouest du Jourdain. Son nom est dérivé de la racine sémitique /wrḥ/ « lune » et indique que la ville fut l'un des premiers centres de culte des divinités lunaires. Jéricho a été mentionnée pour la première fois dans le Livre des Nombres. Elle est considérée comme une des plus anciennes villes (bien que ce terme soit aujourd'hui discuté) habitées dans le monde et les archéologues ont mis au jour les restes de plus de 20 établissements successifs, et dont le premier remonte à 9 000 ans av. J.-C. La cité a aujourd'hui une population d'environ 27 000 habitants.

Jéricho a été décrite dans la Torah comme la « ville des palmiers »[1], où d'abondantes sources d'eau tiède et d'eau froide jaillissent et donnent lieu à la culture de citrons, d'oranges, de bananes, de plantes oléagineuses, de melons, de figues et de raisins. La culture de la canne à sucre y est présente dès le Xe siècle[2]. Jéricho est la ville la plus basse du monde avec une altitude proche de -240 m.

Histoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

L’occupation du site remonterait au Xe millénaire av. J.-C., à une période où le niveau de la mer Morte était vraisemblablement beaucoup plus élevé qu'aujourd'hui. D'une superficie de 2 à 3 ha[3], Jéricho est parfois considérée comme l'une des plus anciennes cités du monde, bien que le terme de « ville », au sens d’une agglomération importante présentant une diversité économique et sociale, ne puisse être employé réellement qu’à partir du IVe millénaire av. J.-C. pour la Mésopotamie, la Syrie et l’Iran[4].

Les plus anciennes traces d'habitation ont été retrouvées près de la source de 'ēn es-Sultān. Elles se composent de murs défensifs imposants (3,5 m de large, 5 m de haut, eux-mêmes protégés par un fossé de 2 m de profondeur et 8 m de large[3]), d'un lieu de culte et d'une tour de 8,5 m datée de 9000 av. J.-C.[5] et considérée jusqu'en 2007 comme le vestige d'édifice public le plus ancien au monde, avant la découverte des tours de Tell Qaramel[6],[7]. Le terme de Néolithique précéramique, introduit à l'occasion des découvertes archéologiques faites à Jéricho a été par la suite adopté pour l'ensemble du Néolithique du Proche-Orient.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Entre 1550-1292 av. J.-C. s'établie la XVIIIe dynastie en Égypte[8] et en Palestine. Le site de Jéricho est détruit à la fin du bronze moyen (vers 1350 av. J.-C), peut-être à cause d'un tremblement de terre ou à cause des Égyptiens[9].

La ville, relativement petite et pauvre à l'âge du bronze final (vers 900 av. J.-C.), n'est plus fortifiée et est abandonnée. Elle n'est significativement réoccupé qu'au VIIe siècle av. J.-C.

L'inoccupation du site au XIIIe siècle av. J.-C. invalide la datation traditionnelle à l'époque ramesside du récit biblique de Josué et de la conquête de Canaan par les Hébreux[10],[11].

La ville est probablement le centre administratif d'un district rattaché à Yehoud, nom araméen d'une province de l'empire perse achéménide formée à partir de l'ancien royaume de Juda fondé par les exilés judéens revenant de Babylonie[12]. Elle est l'endroit où Bacchidès aurait construit une de ses forteresses en raison de la révolte des Maccabées entre -175 et -140 (1 Macc 9:50). Bacchidès (En grec : Βακχίδης) était un général grec ami du roi séleucide de Syrie Démétrios Ier Sôter (-162/-150). Il régnait dans « le pays au-delà de la rivière » (l'Euphrate). Démétrios I lui aurait envoyé en -161 une grande armée afin de conquérir la Judée. À la suite de la victoire des Maccabées, la ville fut administrée par les Hasmonéens jusqu’à ce que les Romains proclament Hérode Ier le Grand comme roi de Judée en -40 à la suite de la victoire de l'armée romaine sur les Parthes.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Sous domination arabe, Jéricho fut rattachée à la province de Palestine (Jund Filastin), et c'est son nom araméen אריחא ('ᵊrīḥā), qui a été transposé en arabe.

Période ottomane[modifier | modifier le code]

La période ottomane s'étend de 1517 à 1918.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Jéricho passe sous mandat britannique après la Première Guerre mondiale.

Elle passe sous contrôle jordanien après la guerre israélo-arabe de 1948-1949. Elle est officiellement annexée avec le reste de la Transjordanie par le royaume de Jordanie.

Jéricho passe sous contrôle israélien après la guerre des Six Jours de 1967, ainsi que le reste de la Cisjordanie.

Jéricho est la première ville des futurs territoires palestiniens autonomes, passés sous l'administration de l'Autorité palestinienne le après la signature des premiers accords d'Oslo, puis des accords israélo-palestiniens sur Jéricho et Gaza en 1994. Les drapeaux palestiniens et les portraits de Yasser Arafat qui étaient interdits envahissent la ville.

Après une période de réoccupation israélienne pendant la seconde intifada, Jéricho a été rendue à l'Autorité palestinienne le .

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Les Israélites devant les murailles de Jéricho par Julius Schnorr von Carolsfeld.

Jéricho est, selon le livre de Josué, la première ville du pays de Canaan conquise par Josué et les Hébreux en 1493 av. J.-C.[réf. nécessaire]. Le livre de Josué relate la prise de Jéricho et comment, le septième jour après l'arrivée des Hébreux, les murailles de Jéricho s'effondrèrent par la volonté de Dieu après le défilé sept fois autour de la cité pendant sept jours, de l'Arche d'alliance et de sept prêtres sonnant sept chofars (trompettes). Jéricho est rasée intégralement. Sauf Rahab et sa maison, tous les habitants, femmes, vieillards et enfants, et tous les animaux sans exception sont massacrés. La ville et son butin furent alors maudits. Josué déclare : « Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho ! Il en jettera les fondements au prix de son premier-né, et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils. »[13] La majorité des archéologues s'accordent sur le fait que le récit de la bataille de Jéricho ne correspond pas à la réalité historique car le site n'était ni fortifié ni occupé à l'époque supposée des faits, au XIIIe siècle av. J.-C.[10].

Jéricho est citée sous le règne du roi David[14]. Dans le Premier livre des Rois, des siècles plus tard au temps du roi Achab, Hiel de Béthel rebâtit Jéricho : « Il en jeta les fondements au prix d'Abiram, son premier-né, et il en posa les portes au prix de Segub, son plus jeune fils, selon la parole que l'Éternel avait dite par Josué, fils de Nun. […] »[15].

Dans le Nouveau Testament, Jésus-Christ guérit deux aveugles aux portes de Jéricho (Matthieu, 20). Une fois dans la ville, il y fait une surprenante rencontre avec Zachée (Luc 19).

C'est sur la route de Jérusalem à Jéricho que Luc situe la « Parabole du bon Samaritain » (Luc 10,25-37).

Sites archéologiques[modifier | modifier le code]

Mosaïque de la Synagogue « Shalom Al Yisrael »
  • La Tour de Jéricho sur le site de Tell es-Sultan
  • Palais royaux d'hiver hasmonéens
  • Le palais d'Hisham :
  • La synagogue « Shalom Al Yisrael », des Ve – VIe siècles, avec un sol en mosaïque représentant une menorah, un Shophar et une branche de palmier (loulav) ainsi qu'une inscription en hébreu ancien : « שלום על ישראל » (paix sur Israël) dans un cercle d'environ un mètre de diamètre. L'ensemble de la mosaïque couvre une surface de 10 mètres sur 13. Elle a été redécouverte en 1936 lors des fouilles de D.C. Baramki de la Direction des Antiquités à l'époque du Mandat Britannique.
  • La synagogue de Wadi Qelt

La ville moderne[modifier | modifier le code]

La ville de Jéricho vue depuis le sud
Monastère de la Tentation

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Jéricho est jumelée avec[16] :

La ville de Jéricho entretient des relations de coopération avec[17] :

Jéricho dans la culture[modifier | modifier le code]

(Les murs tombent [...] et quand je les verrai s’écraser, je serai satisfait, comme pour Jéricho)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.interbible.org/interBible/caravane/voyage/2007/voy_070126.html
  2. Mohamed Ouerfelli, Le sucre: production, commercialisation et usages dans la Méditerranée médiévale, Volume 71 de The medieval Mediterranean, BRILL, 2008, pp. 36
  3. a et b Jean Guilaine, Caïn, Abel, Ötzi : L'héritage néolithique, Paris, Gallimard, , 284 p. (ISBN 978-2-07-013238-6), chap. 9 (« Imaginaire, idéologies »).
  4. Pierre Bordreuil (dir.), Françoise Briquel-Chatonnet (dir.) et Cécile Michel (dir.), Les débuts de l'histoire, Paris, La Martinière, , 420 p. (ISBN 978-2-84675-230-5), « La naissance des villes »
  5. Ran Barkai et Roy Liran, « Midsummer Sunset at Neolithic Jericho », Time and Mind, vol.1, n°3, nov.2008, p.273.
  6. (en) « World’s first skyscraper sought to intimidate masses », Tel Aviv University News.
  7. (en) Anna Ślązak, « Yet another sensational discovery by Polish archaeologists in Syria », Science in Poland service, Polish Press Agency (en), (consulté le 23 février 2016)
  8. (en) Thomas A. Holland et Ehud Netzer, « Jericho », dans David Noel Freedman (dir.), Anchor Bible Dictionary (en), vol. 3, Doubleday,
  9. (en) Thomas A. Holland, « Jericho », dans Eric M. Meyers (dir.), Oxford Encyclopaedia of Archaeology in the Near East, vol. 3, Oxford et New York, Oxford University Press,
  10. a et b Israel Finkelstein et Neil Asher Silberman (trad. de l'anglais par Patrice Ghirardi), La Bible dévoilée : les Nouvelles Révélations de l'archéologie, Paris, Bayard, , 554 p. (ISBN 2-07-042939-3) p. 133.
  11. L'Ancien Testament expliqué à ceux qui n'y comprennent rien ou presque, Jean Louis Ska, Bayard, 2012
  12. Charles E. Carter, The Emergence of Yehud in the Persian Period : a Social and Demographic Study, Sheffield U.K., Sheffield Academic Press (en), coll. « Journal for the Study of the Old Testament » (no 294), , 386 p. (ISBN 1-84127-012-1, lire en ligne) p. 98
  13. La plupart de Rabbanut ont donc interdit aux Juifs d'atteindre les hauteurs de Jéricho et cela est connu et accepté par les Juifs très religieux et par tout le monde en Israel
  14. 2 Samuel 10,5.
  15. 1 Rois 16,34.
  16. « Twinning Relations »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 5 juillet 2017)
  17. « Cooperation Relations »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 5 juillet 2017)
  18. Texte et analyse du poème sur bacdefrancais.net

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]