Mer Morte

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Mer Morte
Image satellite de la mer Morte.
Image satellite de la mer Morte.
Administration
Pays Israël
Jordanie
Palestine
District d’Israël
Subdivisions de la Jordanie
Gouvernorats de l’Autorité palestinienne
Sud
Karak, Madaba, Balqa
Bethléem, Jéricho, Jérusalem
Géographie
Coordonnées 31° 30′ N 35° 30′ E / 31.5, 35.531° 30′ Nord 35° 30′ Est / 31.5, 35.5
Type Lac endoréique
Origine Naturel
Superficie 810 km2
Longueur 67 km
Largeur 18 km
Altitude -422 m
Profondeur
 · Maximale
118 m
378 m
Volume 147 km3
Hydrographie
Bassin versant 41 650 km2
Alimentation Jourdain et plusieurs oueds
Émissaire(s) aucun
Îles
Nombre d’îles aucune
Divers
Peuplement piscicole aucun
Commentaire Salinité d’environ 275 g/L

Géolocalisation sur la carte : Palestine (relief)

(Voir situation sur carte : Palestine (relief))
Mer Morte

Géolocalisation sur la carte : Jordanie (relief)

(Voir situation sur carte : Jordanie (relief))
Mer Morte

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Mer Morte

La mer Morte (arabe : البحر الميت al-Baḥr al-Mayyit ou arabe : النبي لوط Bahr-Lût « mer de Loth »[1], hébreu : יָם הַ‏‏מֶּ‏‏לַ‏ח, Yām HaMélaḥ, « mer de Sel ») est un lac salé du Proche-Orient partagé entre Israël, la Jordanie et la Palestine. D’une surface approximative de 810 km2, il est alimenté par le Jourdain. Alors que la salinité moyenne de l’eau de mer oscille entre 2 et 4 %, celle de la mer Morte est d’approximativement 27,5 % (soit 275 grammes par litre). Aucun poisson ni aucune algue macroscopique ne peut subsister dans de telles conditions, ce qui lui vaut le nom de « mer morte ». Néanmoins des organismes microscopiques (plancton, bactéries halophiles et halobacteriaetc.) s'y développent normalement. De plus, en 2011, des sources d'eau douce ont été découvertes au fond de la mer Morte qui permettent le développement d'autres micro-organismes non-halophiles[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Conséquence de la forte salinité sur les baigneurs.

L’eau de la mer Morte est une solution de sels dont la concentration diffère grandement de la salinité normale d’un océan. Le chlorure de magnésium et le chlorure de sodium sont les principaux composants de cette solution. Riches en minéraux, les eaux de la mer Morte sont réputées pour soigner le psoriasis et les rhumatismes.

La masse volumique de l’eau de la mer Morte, de 1 240 kg/m3, est telle qu’un être humain peut y flotter.

La mer Morte est le point le plus bas de la surface du globe avec une altitude de 429 mètres sous le niveau de la mer[3] (chiffre fluctuant au cours du temps puisque son niveau baisse continuellement), mais d’autres endroits de la vallée du grand rift pourraient un jour la supplanter. Le niveau de l'eau dans la mer Morte descend de 1,45 mètre par an en moyenne[3]. Ces cinquante dernières années, elle a ainsi perdu le tiers de sa superficie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de Madaba (VIe siècle) : navire sur la mer Morte
Rivage salé près d’Ein Gedi.
Image satellitaire de la mer Morte.

La mer Morte s'est déjà complètement asséchée il y a environ 120 000 ans (une période interglaciaire chaude et sèche qui a suivi la glaciation de Riss, troisième glaciation de l'ère quaternaire). De petits cailloux arrondis tels que ceux présents le long de ses rives, ont été trouvés lors d'un forage à 235 m de profondeur au centre de cette mer. Immédiatement sous ces petits galets, se trouve une couche de sel de 45 mètres d'épaisseur. L'association galets ronds et couche de sel permet de conclure à cet assèchement total, et de rendre plus probable un prochain assèchement de la mer Morte dont le niveau baisse de 70 cm par an depuis que le Jourdain est largement détourné pour l'irrigation[4].

La baisse de la pluviométrie, amorcée il y a 40 000 ans environ, a entraîné, en raison d’une très forte évaporation, une régression du lac et une augmentation constante de sa salinité.

La carte de Madaba qui date du VIe siècle montre une mer Morte sans langue de terre, sur laquelle voguent deux bateaux, tous détails qui pourraient montrer des conditions moins difficiles[5].

Comme la mer d'Aral et le lac Tchad, la mer Morte a perdu, ces cinquante dernières années, le tiers de sa superficie. Le dessèchement est tel qu’une large bande de terre craquelée la scinde désormais en deux bassins distincts. La cause essentielle en est la surexploitation croissante du Jourdain, sa principale source d’eau douce, à des fins d’irrigation. Une autre cause majeure est l’évaporation de volumes importants d’eau par les usines de production de sel de la mer Morte. Elles seraient responsables de l’évaporation de 300 millions de mètres cubes d’eau par an[réf. nécessaire].

La réduction de la superficie de la mer Morte se poursuit jour après jour, et crée à terme un risque écologique, économique et géostratégique dans la région.

Projets de réhabilitation[modifier | modifier le code]

Une des solutions envisagées à l'assèchement de la mer Morte consisterait à creuser le canal de la mer Morte (surnommé « canal de la paix »), un canal depuis la mer Rouge, sur une longueur de 180 kilomètres. La différence de niveau permettrait d’ajouter une centrale de production d’électricité à laquelle pourrait être adjointe également une centrale de dessalement. Fin 2006, la Banque mondiale, l’Union européenne, le Japon et les États-Unis ont financé une étude de faisabilité d’une durée de deux ans pour un coût estimé de quinze millions de dollars. Le coût total du projet est estimé à trois ou quatre milliards de dollars[réf. nécessaire].

Cette solution avait déjà été envisagée en 1902 par Theodor Herzl, mais à partir de la mer Méditerranée, plus proche quoique séparée par des dénivelés plus importants. Il avait été prévu plusieurs projets dont l’un consistait en un canal souterrain. Les premiers mètres furent inaugurés par Menahem Begin, mais le creusement fut suspendu puis l’idée abandonnée en 1985.

À la suite des Accords d'Oslo en 1993, le projet est remis au goût du jour en impliquant l’Autorité palestinienne et la Jordanie. Le principe proposé est de pomper l’eau de la mer Rouge jusque dans les montagnes proches du golfe d'Aqaba (soit 600 mètres au-dessus du niveau de la mer Morte), puis, un canal de 184 kilomètres serait creusé en territoire jordanien, dont 134 kilomètres couverts, pour amener l’eau. Plusieurs organisations environnementales émettent de sérieux doutes quant à cette solution, craignant même des impacts négatifs sur l’écosystème[réf. nécessaire].

Le 9 décembre 2013, un accord est signé entre Israël, la Jordanie et l'Autorité palestinienne afin de « sauver » la mer Morte. Il s'agira de construire une canalisation depuis la mer Rouge ainsi qu'une usine de dessalement afin de perfuser l'étendue d'eau en partie asséchée. D'un coût compris entre 250 et 400 millions de dollars, le canal pourra commencer à être creusé lorsque les pays signataires auront sollicité des donateurs et la Banque mondiale[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Documentaire[modifier | modifier le code]

Que vive la mer Morte[7], de German Gutierrez. Ce documentaire relate les conflits autour de la mer Morte, qui oppose la Jordanie, Israël et la Palestine, ainsi que des intérêts économiques d'entreprises privées, et les conséquences de cette situation sur la réduction de la surface de la mer Morte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Anthony Ham, Jordan, Lonely Planet,‎ 2003, p. 131
  2. (en)« BGU and German Researchers discover Freshwater Springs and New Life-forms in the Dead Sea », sur Université Ben Gourion du Néguev,‎ (consulté le 4 janvier 2012)
  3. a et b « Des gouffres s’ouvrent chaque jour autour de la mer Morte », sur Sciences et Avenir,‎ (consulté le 6 mai 2015)
  4. « La mer Morte s'est déjà éclipsée il y a 120 000 ans » par Pa.G., Science et Vie no 1133, février 2012, p. 28.
  5. « Carte de Madaba », sur Biblélieux.com
  6. Marc Henry, « La mer Morte sauvée par les eaux de la mer Rouge » dans Le Figaro du 10 décembre 2013, page 4.
  7. Documentaire, Que vive la mer Morte