Balaam
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Péthor (en) |
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Nombres 31 (en) |
Balaam (hébreu : בִּלְעָם, Bilʻam) est un personnage biblique, fils de Béor et devin de Péthor (en) en Mésopotamie. Le roi de Moab (actuelle Jordanie) Balak, espérant vaincre le peuple d’Israël, décide de recourir au devin Balaam et lui promet de le couvrir d'honneurs s'il accepte de maudire Israël. Les tentatives de Balaam seront infructueuses car ses malédictions seront transformées en bénédiction (Nb. 22-24 ; Jos. 13 : 22).
En dehors de la Bible, Balaam est connu par les inscriptions de Deir Alla.
Les récits bibliques
[modifier | modifier le code]Balaam et Balak
[modifier | modifier le code]Aux chapitres 22 à 24 du Livre des Nombres, Balaam est mandé par Balak, roi de Moab, pour maudire les Israélites qui, après avoir traversé le désert, traversaient ses territoires vers le pays de Canaan.
Le devin, monté sur une ânesse, se rend chez Balak ; mais, en chemin, l'ange du Seigneur, tenant une épée nue à la main, empêche l'ânesse d'avancer malgré les coups donnés par son maître. L'ânesse, douée tout à coup de la parole, reproche à son maître sa dureté. Dieu ouvre alors les yeux de Balaam ; devant Balak, il bénit, par trois fois, le peuple qu'il avait pour mission de maudire (cf. Dt 23 5-6., Jos 24 9-10., Ne 13 2., Mi 6 5.).
Il prophétise : « De Jacob monte une étoile, d'Israël surgit un sceptre » (Nb 24, 17). Dans la tradition juive, ce passage a parfois été associé à un futur roi issu d'Israël. Dans la tradition chrétienne, il est fréquemment interprété comme une annonce du Messie, reliée à Jésus de Nazareth et à l'étoile des mages dans l'Évangile selon Matthieu.
L'infidélité de Péor
[modifier | modifier le code]À Péor, sur le conseil de Balaam, les filles de Madian vont séduire les Israélites pour qu'ils se livrent à la débauche et au culte de Baal (Baal Péor = Belphégor) (Nombres 25).
Balaam est tué par les Hébreux (Nombres 31. 8) durant les combats contre Madian organisé en représailles (Nombres 31. 17).
Dans le Nouveau Testament
[modifier | modifier le code]Balaam est cité comme occasion de chute du peuple de Dieu dans les épîtres de Jude et l'Apocalypse (Jude 1. 11.Apocalypse 2. 14).
Dans la Deuxième épître de Pierre, ceux qui écoutent les faux docteurs, introducteurs d'hérésies, s'égarent en suivant la voix de Balaam (2 P 2. 15).
Dans le Coran
[modifier | modifier le code]Bien que le Coran ne mentionne pas explicitement Balaam, plusieurs exégètes musulmans voient en lui le personnage évoqué dans la sourate 7 (Al-A‘rāf), versets (ʾāyāt) 175-176 :
« 175. Et raconte-leur l'histoire de celui à qui Nous avions donné Nos signes et qui s'en écarta. Le Diable, donc, l'entraîna dans sa suite et il devint ainsi du nombre des égarés.
176. Et si Nous avions voulu, Nous l'aurions élevé par ces mêmes enseignements, mais il s'inclina vers la terre et suivit sa propre passion. Il est semblable à un chien qui halète si tu l'attaques, et qui halète aussi si tu le laisses. Tel est l'exemple des gens qui traitent de mensonges Nos signes. Eh bien, raconte le récit. Peut-être réfléchiront-ils ! »
Selon la tradition islamique, Bal‘am ibn Ba‘ura était un homme doté d'une connaissance sacrée, notamment du Nom suprême de Dieu (Allah). Son peuple lui demanda de maudire Moïse et les Israélites. Après avoir résisté, il céda à la pression et fut puni : sa langue devint pendante et il se mit à haleter « comme un chien », image reprise par le Coran.
Des auteurs comme Al-Tabari rapportent aussi des récits proches de la Bible (isra'iliyat), où Balaam tente de maudire Israël mais voit finalement ses paroles transformées en bénédictions.
Il convient toutefois de souligner que le texte coranique ne permet pas d'identifier avec certitude la personne visée dans ce passage de la sourate ; l'association avec Balaam relève principalement d'interprétations exégétiques postérieures.
Dans la littérature rabbinique
[modifier | modifier le code]Balaam est souvent mentionné dans les sources rabbiniques[1]. Il est présenté comme l'archétype du méchant : idolâtre, magicien et corrupteur d'Israël. Pourtant, malgré les richesses promises, il refuse de désobéir à la parole de son Dieu (cf. Livre des Nombres 22:18). La tradition lui attribue même des pouvoirs surnaturels, comme celui de s'élever dans les airs. Dans certains récits, il est rapproché de Jésus de Nazareth, voire parfois confondu avec lui. Selon l'historien Thierry Murcia, dans le Talmud, Jésus est « identique à Balaam : idolâtre, sorcier et séducteur »[2].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Thierry Murcia, Jésus dans le Talmud et la littérature rabbinique ancienne, Brepols, Turnhout, 2014, p. 397-669.
- ↑ Thierry Murcia, Jésus dans le Talmud et la littérature rabbinique ancienne, Brepols, Turnhout, 2014, p. 677. Sur ces accusations talmudiques à l'encontre de Jésus, voir : B. Sanhédrin 43a ; B. Sanhédrin 107b ; B. Sota 47b.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Charles Schoebel, L'Histoire de Balaam, l'authenticité de sa prophétie, 1860.
- Thierry Murcia, Jésus dans le Talmud et la littérature rabbinique ancienne, Brepols, Turnhout, 2014.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (en) « Balaam », sur jewishencyclopedia.com.
- Bileam l'artiste maudit. Balak La désobéissance sacrée : Conférence Yehouda Moraly.
- Balak : Le génie pervers : Conférence de David Saada.